Melting God

Coline & Toitoine – Soma

Coline et Toitoine, c’est le duo électropop qui renverse la scène bruxelloise. En mai 2021, la bande sort leur premier EP, Soma. Inspiré du roman Le Meilleur des Mondes, cet EP est composé de sept chansons. Ils ont pour thème la société dans son ensemble, le tout en dépeignant un monde dystopique. Les sujets sont variés, et terriblement actuels : l’urgence climatique, les dérives politiques, la pression sociale et ses travers, etc.

D’un point de vue musical, malgré le sérieux des paroles si joliment chantées par Coline, le duo nous balance des sonorités tantôt légères, solaires, tantôt lourdes et tendues. L’EP est dansant, mais représentatif d’une génération prête à déconstruire tous les codes. Il traduit notre façon bien à nous de chanter que tout va bien, en dansant dans un monde en flammes. 

« Lâchez-moi », seule chanson en français du mini-album, dégage une puissance qui me coupe le souffle à chaque écoute. Apothéose de cette dystopie, tout ce qui est retenu sort. On ne chante plus, on crie. On se décharge d’une impuissance qui nous colle à la peau. Un fond sonore explose, s’accordant à une voix sur le point de se briser, un crescendo grandissant. Il nous laisse d’autant plus pantelant à l’arrivée du refrain. Et même à bout de souffle, on est prêt à hurler avec eux à s’en casser les cordes vocales… et même à s’en briser les chaînes.

ephios – Bannière ©Coline & Toitoine

Publié le 5 septembre 2021

Tim Dup – La course folle

Une pastille pour l’été, voilà ce dont nous avions besoin. Une pastille sucrée, un bonbon qui dégouline de gourmandise. Tim Dup débarque avec un album hédoniste où son principal terrain d’action s’ancre en Italie. Pas de chichi. Ce pays est parfait pour célébrer l’ivresse de la vie.
L’artiste se lâche alors en délaissant ses tics hip hop. Il dépeint des cadres méditerranéens à travers un chant parfois haut perché. Sa poésie emporte les auditeurs vers les doux souvenirs d’été, à notre amour du voyage.

Ce nouveau disque est singulier car j’y trouve une certaine forme de paix,
de lumière et de Soleil.
 –Tim Dup Continuer la lecture

Publié le 17 août 2021

Suber Oaks – Out Of Time

Out of Time est le premier EP de Suber Oaks, groupe liégeois d’indie rock tout fraichement né – oui, début 2020 c’est récent, les mois de confinement ne comptent pas. Premier EP donc, premiers pas dans la cour des grands, premier contact avec le public.

Enfin premier contact, c’est beaucoup dire : vous connaissez peut-être déjà trois de ses membres du groupe tribute d’Arctic Monkeys, Dandelion & Burdock (pour les habitués de l’Unifestival de Liège, ils y ont joué lors de l’édition 2019). Le groupe nous a aussi bien fait mariner avant la sortie de l’EP début avril. En effet, deux titres ont été diffusés sur Youtube il y a déjà un an, tout ça pour prendre le temps de se construire une petite fanbase avant de balancer la sauce.
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Publié le 23 avril 2021

Feu! Chatterton et son cocon

Depuis des années, Feu! Chatterton construit son cocon. A la sortie de son troisième album, tout devient plus limpide. Palais d’argile apporte une véritable richesse sonore à la scène française.

Ce même cocon est peut-être à l’image de l’idée du club de Bagarre. On y accepte tout et tout le monde : les rockeurs puant le tabac des beaux jours, les possédés vibrant sur l’electro, et surtout, les amoureux des lettres. Le nouvel album des Français fédère grâce à une poésie portant un regard sur l’époque contemporaine. Arthur Teboul parle d’écran total, de message à porter à la mer, d’ombres et de rêves. Le dandy assume d’avantage ses envolées lyriques et ses contes n’ennuient jamais. Sa poésie permet de s’imaginer plusieurs histoires originales.

Est-ce que « L’homme qui vient » décrit un inconnu dont les ambitions le dépassent ? Est-ce que « Laissons filer » exprime le besoin de placer la Nature au centre de nos préoccupations ? Inutile de se lancer dans des débats stériles. Il n’existe point une et une seule interprétation de ces textes. Feu! Chatterton peint diverses images aussi abstraites qu’universelles. A leur écoute, nous nous changeons en de simples fugitifs. Nous jouissons du confort linguistique et instrumental d’une bande au sommet.

Les jeunes musiciens s’aident d’Arnaud Rebotini afin de jouer sur différents terrains. Le personnage est notamment connu pour faire l’amour aux machines.
Ce qui n’empêche pas Feu! de se méfier des dérives technologiques.

On est dans une société où le mot ‘‘accélération’’ est central. Quand on fait de la physique, c’est un concept qu’on utilise beaucoup. Mais je ne sais pas s’il va bien aux humains. Alors, on est obligé de se poser et de prendre de la distance, de remettre un peu de lenteur, d’essayer de retrouver des forces apaisantes. C’est ce qu’on essaye de mettre dans ce disque. Ca vient vraiment de nos propres réflexions et problèmes face à ce monde liquide accéléré. –Sébastien Wolf

Le guitariste/physicien craint d’ailleurs un constat : les personnes deviennent de moins en moins sensibles. Palais d’argile questionne bel et bien nos désirs et notre évolution. Parmi ces inquiétudes, une interrogation demeurera toujours en tête.

Mais que savions-nous faire de nos mains ?

« Monde Nouveau », au ton prophétique (écrit avant la période Covid-19), rappelle une espèce d’évidence : profitons de nos capacités pour réaliser nos rêves tant qu’il est encore temps. Qui souhaite disparaître à cause de loisirs superficiels ?

DRAMA – Photo ©Fanny Latour Lambert/SDP

Publié le 27 mars 2021