Musique

Faith No More – Sol Invictus

Sol Invictus est ce que j’appelle… un album qui déchire l’anus de Cerbère, gardien des enfers !

Ces derniers temps, des vieux groupes se sont réunis à la pelle pour déverser un dernier jet musical, histoire de laisser vivre encore leurs mythes d’antan (Blur, Pixies, The Libertines, Pink Floyd). Cependant, les meilleures surprises sont celles où aucune déception, ou zéro routine, n’est au rendez-vous. Faith No More a encore une fois pu démontrer que sa force est éternelle.

Mike Patton déploie toujours une énergie du feu de Dieu ! Il n’y a qu’à écouter « Superhero ». Cette envolée musicale est magnifique et provoquée via ses cordes vocales (les plus rock’n’roll de ce siècle). Mickey commence la piste avec des va-et-vient de « Go ! » qu’on se prend en pleine ouïe. Ses paroles sont savourées, juste avant de longs chants. Ces parties détiennent une espèce d’effet à ondes d’opéras. Cette chanson, à elle seule, montre et résume à quel point le groupe est prométhéen dans le domaine artistique.

Continuons. Les cris du Mickey enragé dans « Black Friday », la mélodie apocalyptique de « Matador », les « Motherfuckers ! » solennels soufflés dans « Motherfucker » et « From The Dead » qui clôt de façon joyeuse les 45 minutes… valident les code faithnomorien ! « Sunny Side Up » suscite aussi un plaisir auditif : la basse lourde débute le morceau, accompagnée d’un piano allègre. Mike Patton, lui, se coordonne avec les sons produits par la guitare au refrain et c’est à 1min25 que le guitariste utilise un effet funky, annonçant la deuxième partie grandiose.

Inutile de vous dire que tous les membres du groupes ont su garder leurs qualités d’artistes. Ils sont capables de composer des chansons différentes mais liées par le cordon ombilical de la violence. Je pense notamment à l’enchainement des titres, de « Separation Anxiety » à « Cone of Shame ».

Cet opus ne détrône pas, à mon humble avis, la force brutale de l’album Album of The Year (sorti en 1997, probablement mon petit favori). Néanmoins, on ne peut synthétiser ce groupe à leur agressivité : « Easy » et « Evidence » en sont de belles preuves de polyvalence. Quant à Sol Invictus, le disque reste du Faith No More tout craché. Comment aurait-il pu décevoir les fans de cette bande menée par un Mike Patton plus que productif, ces dernières années ?

brunoaleas

Publié le 23 juin 2026

LA DURE A CUIRE #152

La Dure à Cuire est un concept né en 2018. Commentons l’actu rock de la plus douce, à la plus brutale. Puis, écoutons sa playlist !

Interpol

Rester fidèle à son style musical est souvent illusoire. On évolue chaque jour. Quant à Interpol, le groupe réussit à m’attraper encore et encore, via sa musique si reconnaissable. Moi, amoureux des guitares, valide « See out lourd ».

It It Anita

It It Anita semble ne jamais se reposer. 6 albums en 10 ans, c’est une belle perf’ ! Le clip de « Lion Tamer » présente le trio dans leur local. Dans Ma Cabane est un lieu de création, à Liège. Il accueille également Empty Head, De Parrot et d’autres musiciens talentueux.
Revenons au single signé IIA. Les artistes vont à l’essentiel, en honorant une ligne de basse claire et un chant crasseux ! Prochain concert : Actitud Fest, en Espagne !

Umberto Maria Giardini

Ma che strano effetto mi fai. Ma che ambigua energia mi dai.
Megalomania di casa mia. Che rinascimento a fuoco lento.

Olivia Rodrigo

Olivia Rodrigo captait déjà mon attention sur Help(2). Cet été sera le moment idéal pour critiquer son nouvel album, You seem pretty sad for a girl so in love. Il ne s’agira pas de la couler, mais de la féliciter – je n’en dis pas plus –. « What’s wrong with me » est un titre partagé entre une fan et son idole, pour le meilleur et non le pire.

brunoaleas

Publié le 13 juin 2026

Jeunesse & colère

Vous oublierez peut-être, nous pas.

Parce qu’en 2026, la démocratie souffre, que des jeunes qui manifestent pour leur avenir se font battre, que des professeurs qui craignent pour leur emploi se font gazer, que des ministres isolés du coût de la vie exercent, une fois de plus, leur mépris vis-à-vis des classes ouvrières.

Nous sommes en colère.

L’avenir de notre pays s’annonce bien sombre, alors que la moitié de sa population reste endormie sur des préjugés infondés. Pendant la manifestation du 4 juin, à Bruxelles, ce ne sont pas des citoyens que la police a sauvagement maltraités, mais des personnes qui ont une vie, des intérêts. Des personnes qui ont peur de ce que l’avenir leur réserve et qui n’ont plus forcément envie de vivre dans un monde qui les traite comme de la merde.

Enfin, la parole se lève sur les conditions misérables dans lesquelles on nous plonge de plus en plus. C’est fini, le silence. L’élite a du pouvoir, certes. Mais nous nous battrons et nous nous entraiderons afin de recevoir enfin le respect et la considération que nous méritons. Parce qu’en Belgique, nous méritons d’être traités avec les mêmes chances, tous les enfants devraient avoir le droit d’accéder à du matériel scolaire, à des repas chauds. Tous les professeurs, qui travaillent dur pour former nos futurs citoyens, devraient avoir le droit et la garantie de se sentir en sécurité et respectés pour le travail qu’ils fournissent. Tous les étudiants devraient pouvoir accéder aux études de leur choix, sans devoir hésiter entre payer le minerval ou manger. Parce que non, ce n’est pas à 14 ans qu’un avenir doit être tracé. Chacun devrait avoir le droit de faire des erreurs et de se rattraper, parce que c’est comme ça qu’une société se tourne vers le progrès.

La politique devrait être utilisée pour faire entendre le peuple, pour construire, ensemble, un pays avec des valeurs partagées. Pas pour générer du profit, s’enrichir et laisser les plus désavantagés crever. La jeunesse est belle, la jeunesse est consciente, la jeunesse est déterminée, la jeunesse est en colère. Vous oublierez peut-être, nous pas.

Smash
Photo ©brunoaleas

Publié le 7 juin 2026

LA DURE A CUIRE #151

La Dure à Cuire est un concept né en 2018. Commentons l’actu rock de la plus douce, à la plus brutale. Puis, écoutons sa playlist !

Edges

Guillaume Vierset ne s’arrête jamais ! L’adrénaline aux mains. La créativité au maximum. Début mai, il partage un mini album : Error 404 : Bug Not Found. Il joue à nouveau, au sein de Edges. Ce projet mêle rock et jazz. Deux univers excitants ! Pour s’en rappeler, écoutons « Punk You ».

Nico Arezzo

Cette année, j’assistais au plus grand concert gratuit d’Europe. Je fêtais le premier mai, à Rome. La plus belle découverte fut, sans nul doute, Nico Arezzo. Il faut danser, chanter et répéter ces actions, en écoutant ses chansons. Pourquoi ? Pour sentir les vibrations siciliennes !

The Bernadette Maries

Belgique. Shoegaze. Rêver. Tout est permis, si on s’ouvre aux Bernadette Maries. Les Bruxellois font partie de Géographie. Ce label régale, en signant des artistes comme Good Morning TV.

Snail Mail

I guess we were doomed from the beginning. Outside the world kept spinning.
Miles beyond what we could see. Something keeps on dragging me.

brunoaleas

Publié le 24 mai 2026

Sarah Kinsley, l’avenir de la pop ?

Si en Europe, beaucoup de gens sont passés à côté du phénomène indie du moment, l’Amérique, elle, a la vision. Sarah Kinsley, révélée notamment grâce à son titre « The King » sur TikTok, est absolument l’artiste sur laquelle se brancher en 2026.

Elle fait partie de la génération d’artistes émergents, créatifs mais surtout polyvalents. Formée dès l’enfance à la musique classique, puis passée par des études en ingénierie du son, elle développe un univers mélodramatique qu’elle maîtrise avec une précision remarquable. 

Après plusieurs EP aux ambiances introspectives et mélancoliques, elle dévoile en 2024 son premier album, Escaper. Honnêtement, ça claque. C’est un album qui sait varier dans l’intensité des morceaux qu’il propose, sans pour autant qu’il y ait d’incohérences. Il reste énergique, malgré des thèmes comme la quête de soi ou le désir d’évasion qui peuvent vite devenir lassants et finir en bruit de fond. 

Escaper, c’est un album que j’aime qualifier de graphique, parce que les prods sont minutieusement travaillées et permettent de le vivre de manière immersive. 

Certains sons me font par exemple penser à des décors de dark fantasy, tout en restant pétillants et modernes, créant un super contraste. Une forme de nostalgie dans laquelle on se projette s’impose et c’est là que la magie de Kinsley opère.

Plus récemment, l’artiste a dévoilé Fleeting, un EP à la fois plus moderne et plus épuré, qui se démarque par un style électro-pop qui  pulse entre des percussions tonitruantes, des nappes de synthés texturées et la voix aérienne de l’artiste. 
S’il ne fallait retenir que quelques titres de sa discographie, peu importe l’humeur ressentie, on pourrait citer « Fleeting », « The Escape », « Reverie », « Lovegod », « I’m not a mountain » ou encore « Cypress », dont le clip, aux couleurs saisissantes, mérite largement le détour.

Smash
Photo ©Dillon Matthew

Publié le 15 mai 2026

LA DURE A CUIRE #150

La Dure à Cuire est un concept né en 2018. Commentons l’actu rock de la plus douce, à la plus brutale. Puis, écoutons sa playlist !

Lorenzo Di Maio

Lorenzo Di Maio est le meilleur guitariste du Plat Pays ? L’un des meilleurs. Pourquoi ? Via Ruby II, il joue une patte reconnaissable, tant ses arpèges font voyager !

Salmo

Forse l’amore non esiste. Non è una favola di Disney. È un’odissea e non sono Ulisse, nah.
È inutile capirsi, è colpa dell’eclissi, baby.

Violet Grohl

Après quelques paragraphes dédiés à Violet Grohl, « Cool Buzz » mérite amplement sa place dans la Dure à Cuire. Hâte d’écouter son premier album, fin mai !

Perseide

Depuis 2010, Perseide mélange rock, metal et punk. Les Français balancent la sauce sur « Shadows ». Les fioritures electro ne sont jamais de trop et le refrain demeure accrocheur.

brunoaleas

Publié le 12 mai 2026

Violet Grohl, déjà vu ?

La musique de Violet Grohl me rappelle ô combien faire du neuf avec l’ancien est accrocheur. Rock, vif et mélodieux, voici des qualificatifs parfaits pour désigner ses productions. Be Sweet to Me, tel est le nom de son premier album dont la sortie est prévue fin mai. Parmi ses inspirations, l’artiste cite Pixies, Soundgarden, Cocteau Twins et The Breeders.

Puis, insistons un instant sur son travail. Elle n’a pas composé une soupe déjà vue et revue – à la différence d’un groupe comme Oasis, englué dans son genre musical, de facto, peu intéressant –. Non. Elle semble bel et bien suivre la marque des grands ! En d’autres mots, c’est comme si elle continuait de tracer le chemin entamé par les musiciens grunge. Et ce, sans pour autant singer les vieux de la vieille. D’ailleurs, son daron, ex-batteur de Nirvana, avoue s’être inspiré du mixage de son album pour concevoir Your Favorite Toy, le nouvel opus des Foo Fighters !

Pourquoi s’arrêter à un seul parallèle ? Giulio Greco écrit la préface de La Fragranza della Terra (Giuliano Ladolfi Editore, 2025). Il décrit une expérience vitale.

Comme l’enseigne l’histoire, nulle génération n’est révolutionnaire au point de supprimer les éléments de la précédente. Pour construire le futur, les racines sont nécessaires. Elles se trouvent dans le passé.

Donc, personne n’a de futur, si on n’a pas de passé. Brava Violet !

brunoaleas
Photo ©Bella Newman

Publié le 11 mai 2026

L’univers de Theodora : entre identité, corps et esthétique contemporaine

L’univers de Theodora, révélée notamment par le titre « Kongolese sous BBL », s’impose comme une proposition artistique hybride, à la croisée des influences culturelles et des esthétiques contemporaines. À travers ce morceau emblématique, la chanteuse affirme un univers singulier, où se rencontrent identité, corporalité et affirmation de soi.

Avec « Kongolese sous BBL », Theodora ne se contente pas de livrer un titre musical : elle pose les bases d’un imaginaire fort, ancré dans une double culture et nourri de références diasporiques. L’univers qu’elle développe s’inscrit dans une dynamique à la fois intime et politique, où le corps devient un territoire d’expression. Le titre, provocateur et revendicatif, interroge les standards de beauté et célèbre des esthétiques longtemps marginalisées.

Cet univers se distingue par une énergie plus affirmée que dans certaines formes traditionnelles de chanson introspective. Ici, la retenue laisse place à une présence assumée. Les sonorités, souvent rythmées et influencées par des courants afro, urbains et pop, participent à construire un espace sonore vibrant, en phase avec les scènes actuelles. Theodora y affirme une identité artistique qui ne cherche pas à se lisser, mais au contraire à revendiquer ses contrastes. Visuellement, l’univers associé à « Kongolese sous BBL » prolonge cette démarche. L’esthétique est plus frontale, plus incarnée : les corps sont mis en avant, les images jouent avec les codes de la représentation et détournent certains clichés. Couleurs marquées, attitudes affirmées, symboliques culturelles. Tout concourt à créer un univers visuel puissant, en dialogue direct avec le propos du morceau.

Mais au-delà de l’affirmation, l’univers de Theodora conserve une dimension réflexive. Derrière l’énergie et la mise en scène, se dessine une volonté de questionner les regards, de déplacer les normes et de proposer de nouvelles représentations. Son travail s’inscrit ainsi dans une génération d’artistes qui utilise la musique comme un outil d’expression identitaire, autant qu’un vecteur esthétique.

En définitive, l’univers de Theodora, tel qu’il se déploie avec « Kongolese sous BBL », repose sur un équilibre entre puissance et intention. Un univers qui assume sa visibilité, joue avec les codes contemporains et s’inscrit dans une réflexion plus large sur le corps, la culture et la représentation.

Fortuné Beya Kabala
Deuxième photo ©Lea Esmaili

Publié le 4 mai 2026

Help(2) : s’engager est aussi artistique

L’album Help(2) est sorti le 6 mars et il m’a posé une question immédiate : participer à ce projet, est-ce un engagement politique suffisant pour un artiste ? Ou simplement un beau geste humanitaire ? Help(2) est un album produit par War Child dans le but de récolter des fonds pour les familles touchées par des conflits militaires, sur le plan psychologique, éducatif et matériel.
L’album n’est qu’un fragment du travail réalisé par l’organisation ; leur site donne une idée de l’ampleur de leurs actions.

Sur l’album, on retrouve des artistes déjà connus pour leurs prises de position : Fontaines DC, Olivia Rodrigo, Big Thief, Damon Albarn, English Teacher, Pulp, Sampha, Young Fathers. Des noms dont on connaît la colonne vertébrale. Et puis, il y en a d’autres qui m’ont surprise : Arctic Monkeys, Depeche Mode, Wet Leg ; des artistes qui ont longtemps cultivé une certaine discrétion politique, et dont la présence ici dit peut-être quelque chose. Peut-être que le contexte actuel rend le silence de moins en moins tenable, même pour ceux qui l’avaient choisi.

Il y a toujours ce débat : un artiste a-t-il le choix de rester neutre ? Pour moi, la réponse est non. L’art n’est jamais neutre. Avec son art, sa communauté, son influence vient une responsabilité : celle de ne pas regarder ailleurs quand le monde brûle. Prendre position sur des valeurs fondamentales ne fait pas couler une carrière, au contraire, ça construit une relation de confiance durable avec son public.

Olivia Rodrigo en est l’exemple le plus parlant. Artiste pop devenue célèbre via Disney Channel. Depuis 2022, elle soutient activement les organisations qui défendent l’éducation sexuelle, la contraception et le droit à l’avortement. Elle s’est publiquement positionnée contre l’administration Trump. Elle a dénoncé la situation à Gaza. Dans un univers (la pop) où prendre position reste rare et risqué, elle le fait quand même. Et ça compte.

Parce que de mon côté, écouter de la musique n’est plus un acte anodin. Je veux savoir à qui je donne mon argent, mon écoute, mon attention. Pas par idéalisme naïf, mais parce que ces ressources ont une valeur réelle, et je refuse de les offrir à des artistes dont les valeurs sont contraires aux miennes, ou pire, à ceux qui profitent d’un système qu’ils ne remettent jamais en question. Ce n’est pas un boycott systématique, c’est un choix conscient. Celui de soutenir des artistes qui luttent, résistent et utilisent leurs plateformes pour quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes.

Dans le contexte politique dans lequel on vit, c’est le minimum qu’on peut demander.

Erin Terlier 

Publié le 10 avril 2026

LA DURE A CUIRE #148

La Dure à Cuire est un concept né en 2018. Commentons l’actualité rock de la plus douce, à la plus brutale. Puis, écoutons sa playlist !

En Route, Boys

Technique. Pointu. Apaisant. Rêvez yeux ouverts, en écoutant En Route, Boys. Ces Canadiens forment un trio. Ils offrent un album éponyme à savourer lors d’un long voyage.

Sevendust

Sevendust est mon groupe metal préféré. Je ne connais pas leur discographie par cœur, j’avoue. Toutefois, je sais quand un morceau est bon sa race de ses grands morts fini au napalm. « Unbreakable » est d’une durée trop grande, mais demeure jouissif !

Muse

I won’t bow to the universe. I can break its curse. And build us something new. I long to fall into the sun (be with you). It can’t just be with anyonе. It’s got to be with you.

The Antlers

Blight est le dernier album en date des Antlers. Ce groupe, on aimerait le voir jouer, face au coucher de Soleil, quand on fête son dernier anniversaire.

brunoaleas

Publié le 25 mars 2026

LA DURE A CUIRE #147

La Dure à Cuire est un concept né en 2018. Commentons l’actualité rock de la plus douce, à la plus brutale. Puis, écoutons sa playlist !

A.gris

Alex Delamard se lance en solo pour proposer une musique ultra moderne. Le chanteur s’associe à la voix de Tessa Gustin. Le résultat : un morceau fort, rappelant la maestria d’Alex G.

Father John Misty

God said, « No »
I said, « Twice »
C’mon, big man
Won’t you make me?
Year Zero in the summertime

Messa

The Spin est un album si riche ! Le groupe déploie son talent. Chaque morceau est une pièce unique de l’héritage stoner.

Jules Henriel

« Pour Jules Henriel « Our own self assurance » représente donc la première pierre d’une nouvelle aventure humaine, personnelle et musicale ». Le communiqué de presse est clair. Ici, les oreilles apprécient la magie éternelle d’une guitare et d’une voix.

brunoaleas

Publié le 3 mars 2026

Florence + The Machine à l’AFAS Dome

Anticipons les « Il y en a qui disent… »Se réjouir, profiter des nouveaux albums ou des concerts de nos artistes préféré·e·s, avec tout ce qui se passe dans le monde, c’est fermer les yeux sur une réalité très négative ?

Si on ne doit se concentrer que sur ce qui se passe mal, comment sommes-nous censés tenir le coup ? Evidemment, il faut être à jour, manifester, faire du relais d’infos… mais il n’y aura plus personne pour le faire si on a aucune échappatoire. Et c’est le but de notre gouvernement aujourd’hui avec l’augmentation de la TVA, entre autres, dans le culturel, sur le sport, etc.

Personnellement, je ne saurais pas vivre sans concerts. Mais, entre le fait que les prix des billets sont de plus en plus chers et que le gouvernement belge n’en fait qu’à sa tête, il n’y aura bientôt que les riches qui pourront en profiter. 

J’ai eu la chance d’aller voir Florence + The Machine, à l’AFAS Dome. Ce genre de concert me rappelle à quel point la musique doit rester accessible. 

On connait déjà le talent de Florence grâce à « Dog Days Are Over », « Shake It Out », ou encore « Say My Name », cependant, c’est son dernier album Everybody Scream qui a vraiment donné vie à ce spectacle. Avec une scéno très « witchy » et un peu gothique, j’ai vu quelque chose de différent. Elle a transporté le public (majoritairement queer) dans son univers du début à la fin. 

L’ouverture de concert avec les danseuses, appelées witchchoir, nous a tout de suite mis dans l’ambiance. Quant aux moments plus intimistes, où il n’y avait que Florence et son micro, ils ont permis une profondeur émotionnelle qu’on voit de plus en plus rarement chez les artistes. 

Une autre artiste m’a étonnée. Paris Paloma était en première partie. Je la connaissais grâce à son titre très connu « Labour ». Elle était parfaitement en accord avec la direction artistique du groupe. Des textes féministes, engagés, ajoutés à ça, une énergie douce mais entrainante. Le public était conquis ! Elle a terminé son set avec « Labour » et c’est ce moment qui m’a le plus marqué. J’ai enlevé mes bouchons et j’ai juste eu une vague d’émotions, en entendant tout le public chanter le refrain de cette hymne féministe. 

Et c’est ça aussi les concerts. Ça nous rappelle les raisons pour lesquelles on se bat contre le système actuel.

Erin Terlier – texte & photos

Publié le 27 février 2026