Esperanzah! compte quasiment 1600 travailleurs et travailleuses. Ces personnes réalisent un projet ambitieux : rêver d’un monde juste et solidaire. Rien à voir avec l’objectif des politiciens à droite de la droite. Ils ne cachent pas leurs opinions. Les chômeurs sont des parasites. Les artistes sont non-essentiels. Et le capitalisme sera notre salut… le festival wallon symbolise alors une parenthèse dans le temps.
Sensibiliser et fêter, quoi de mieux ? Le dernier jour de l’évènement, Colt, Ko Shin Moon et La Niña enflamment la scène !
Colt
Direction Le Jardin. Je vois une deuxième fois Colt sur scène. La première, à Liège, me laisse un souvenir flamboyant. Ici, l’expérience est encore plus agréable. La performance confirme une qualité du groupe : leur énergie est inépuisable. Quand des musiciens se donnent sur scène, impossible de ne pas ressentir leur panache ! D’ailleurs, Coline et Antoine communiquent leur joie assez facilement.
« Demi-mot » demeure un hommage grisant. « Invincible » colle parfaitement à l’ambiance du festival. Quant à « Petite féline », qualifions cette chanson d’utilité publique. Des enfants dans le public écoutent et écouteront les paroles d’une chanteuse, assumant d’aimer les femmes. Briser les tabous et stopper les haines, voici l’ambition de Colt. Ambition encore plus pertinente, quand Coline demande au public de chanter : « C’est la fin du monde ! ». Les voix deviennent un cri de ralliement.
Dernier point : Colt n’oublie pas les peuples opprimés. Une bougie sur scène sert à rappeler la chance qu’on a de s’exprimer librement.
Le show est intense. La chaleur me transforme en flaque d’eau. Mais je ne perds pas une miette du concert !
Ko Shin Moon
Après avoir vu la beauté des associations, prônant solidarité et justice au Village des Possibles, je me dirige vers Nova. Ko Shin Moon y mêle les musiques anatoliennes aux rythmes dansants. Le trio crée une piste de danse atypique. Leur son vintage capte mon attention, rapidement.
Quelle est leur principale force ? Me pousser à aimer le disco. Cette musique est initialement une sous-culture. Elle émerge au début des années 70, aux États-Unis. Selon 1001 Artistes, le disco est à l’origine d’un mouvement particulier : la sexualité est libérée, les styles vestimentaires extravagants et colorés sont répandus et la drogue est désinhibée. Les boîtes de nuit apparaissent ensuite comme des lieux incontournables. Elles s’inscrivent dans le nouveau mode de vie des étudiants américains.
J’adore le grunge, le metal ou l’electro. Je délaisse les sonorités disco, trop ennuyantes à mon goût. Ko Shin Moon me déboussole… tant mieux ! Au son du saz, un luth à manche long, l’électricité me traverse le corps !
La Niña
Retour au Jardin. La musique de La Niña ne m’est pas inconnue. Ces musiciennes sont la principale raison de ma venue à Floreffe. L’année passée, les Italiennes sortent Furèsta. Le nom du disque détermine leur univers : indomptable et sauvage.
Allons droit au but. La Niña exécute le meilleur concert de la journée. Plus le spectacle avance, plus je reste ébahi par ces femmes vêtues de noir, aux voix angéliques, à la prestance mystique. La bande mélange tradition napolitaine et modernité. Ce choix artistique est si bien mené… je suis à deux doigts de pleurer !
Pourquoi ? Délivrer une telle perfomance mérite le respect. Partager son amour pour Naples, les légendes urbaines, le féminisme, c’est tout bonnement miraculeux. En d’autres mots, La Niña préserve le patrimoine napolitain formidablement bien. Comment plus précisément ? En chantant en napolitain, en jouant un rythme méditerranéen, devant un public silencieux car fasciné. Je kiffe, du début à la fin.
Dès le départ, l’ambiance est posée. Nos oreilles saisissent des bruits : le galop des chevaux, les criquets chantonnant, le vent de la forêt. Dès les premières ballades, me voici envoûté par les douces mélodies. Puis, les derniers morceaux rappellent à quel point l’electro est un genre musical inspirant.
Sicilia e Calabria nel sangue. Le spectacle me transporte vers mes origines. Le Sud n’est plus un mystère. Le Sud est une fierté.
brunoaleas – Photos ©Erin Terlier