Musique

Du bruit ! Part 2

Notre époque est chaotique. Comment s’évader ? Il faut du bruit. Pas n’importe quel bruit. Des groupes offrent qualité et brutalité, en quelques notes ! Découvrez Better Lovers, All Them Witches et Loathe.

Better Lovers

Il faut suivre les projets de Greg Puciato (The Dillinger Escape Plan, Killer Be Killed). En compagnie des membres de Everytime I Die, il chante, toujours les tripes à l’air. Ecouter leur album, Highly Irresponsible, revient à galoper à 300km/h, dans une tornade. Puis, Better Lovers rassure quant à l’avenir du punk hardcore, musique caractérisee par un son plus rapide, agressif et saturé que le punk traditionnel. Espérons voir Better Lovers partager l’affiche avec Dead Cross, histoire d’assister à un délirant mosh pit !

All Them Witches

Lightning At The Door, ATW, Nothing as the Ideal… combien d’albums incroyables sont composés par All Them Witches !? Originaire de Nashville, la bande construit son univers autour d’une sainte trinité : stoner, blues et psychédélisme. Que demander de plus ? Si vous écoutez « Funeral for a great drunken bird », en plein milieu du désert, à mon avis, vous ressentirez la force d’un coyote. Car le groupe aime jouer aussi bien sur la tension, comme sur le sentiment de puissance.
House of Mirrors, nouvel album, ne me sidère pas autant que les opus cités précédemment. Est-ce dû à des morceaux aux ambiances moins épiques ? Probablement. Il n’empêche, ce quatuor demeure des musiciens talentueux.

Loathe

Loathe procure d’étranges sensations. Le groupe rappelle Twelve Foot Ninja dans sa douceur et rage. Je me sens alors enveloppé par les cordes vocales du chanteur. Quant aux rondeurs mélodiques de la basse, elles procurent le même effet, celui d’être dans un cocon, grâce à une musique hyper bien mixée. Sans oublier, les coups de batteries savamment frappés. Ils rendent l’expérience d’autant plus agréable.

brunoaleas – Illustration ©Gipi

Publié le 14 juillet 2026

Qui soigne les artistes qu’on n’a même pas le droit de voir ? Part 1

La santé mentale des artistes, on en parle ? Faut-il souffrir pour composer de la musique ? Erin s’attaque à ces questions, dévoilant les raisons de son exaspération.

J’écris avec un peu de colère. De la colère envers l’industrie musicale. 

Parce que la musique, pour moi, c’est vital. En concert, en festival, dans mon casque à 2h du matin. Et je sais que je ne suis pas la seule à en avoir besoin pour tenir. Une chanson peut traverser une dépression avec toi, accompagner un deuil, recoller des morceaux qu’on croyait perdus. 

Mais aujourd’hui, j’ai envie qu’on retourne la question, et qu’on la complique. Parce que si la musique soigne ceux qui l’écoutent… qui soigne les artistes qui la font ? Et surtout, est-ce que tout le monde a vraiment accès à cette musique qui soigne ?

Prenons Chappell Roan. En 2024, au sommet de sa popularité, elle annule 2 festivals, en dernière minute. Pourquoi ? Pour préserver sa santé mentale. Et dans une interview, elle lâche quelque chose qui m’a marquée : l’industrie musicale prospère sur la maladie mentale, l’épuisement, le surmenage.
Plus tu es dans un mauvais état, plus tu as du succès. Elle pose la vraie question : « Comment faire ce métier sans se détester soi-même ? ».

Elle n’est pas seule. Halsey a pris la parole après des commentaires cruels. Hayley Williams de Paramore a soutenu publiquement Chappell, en disant que c’était courageux et malheureusement nécessaire. Noah Kahan, lui, a fondé The Busyhead Project. Cette initiative a levé des millions de dollars pour rendre les soins, concernant la santé mentale, accessibles. Pour l’auteur-compositeur, les artistes, qui ont une plateforme, ont la responsabilité d’être honnêtes sur la maladie mentale.

Ce que ces artistes nomment tous, c’est que l’industrie refuse encore entendre : on a construit autour de l’artiste un mythe dangereux, celui de la souffrance créatrice. L’idée que pour faire de l’art vrai, il faut souffrir. Que l’instabilité est une condition du talent. Ce mythe fait des dégâts. Il décourage les artistes de demander de l’aide. Il normalise l’épuisement. Il fait passer la détresse pour de la profondeur. 

Mais il y a une autre face de ce problème qu’on évoque moins. Une face qui nous concerne directement, nous, les fans.

Olivia Rodrigo en tournée. Harry Styles en tournée. Ariana Grande en tournée. Des concerts soldout, en quelques minutes, des billets revendus 3 fois leur prix sur Viagogo, des dates concentrées sur quelques grandes capitales : Paris, Londres, Amsterdam. Puis rien. Pour beaucoup d’entre nous, aller voir un artiste qu’on aime, c’est devenu un luxe. Un billet en fosse pour un grand nom, c’est facilement, 100, 140, parfois 180 euros. Auxquels s’ajoutent le train, l’hôtel, si le concert n’est pas dans ta ville, les frais de services qui s’accumulent discrètement au moment de payer.

Le cas Harry Styles est particulièrement parlant. Sa tournée Together, together, en 2026, ne passe que dans 7 villes dans le monde entier. Pour toute l’Europe continentale : Amsterdam, ou rien. Si tu vis en Belgique, en Allemagne, en Espagne : tu prends un avion ou tu regardes les vidéos sur Insta. Les prix de base à Amsterdam ont doublé, par rapport à à sa dernière tournée, en 2023. Le résultat, ce sont des milliers de places qui finissent en revente sur Ticketmaster, parce que les fans qui ont acheté un billet ne peuvent finalement pas se déplacer jusque là-bas.

Et pendant ce temps, à New York, des scalpers utilisaient de faux comptes pour acheter des billets en masse et les revendre jusqu’à 700, voire 1000 dollars, grâce au dynamic pricing de Ticketmaster (et choisi par l’artiste), qui gonfle les prix en temps réel, selon la demande.

Quand le scandale éclate, Ticketmaster annule les tickets des scalpers (personne ou bot qui achète des billets de concert en grande quantité, dès leur sortie, pour les revendre beaucoup plus cher)… mais refuse de rembourser ceux qui avaient payé des centaines de dollars de trop, dès le départ. Le système se protège lui-même. Et il recommencera.

Pour une étudiante, pour quelqu’un en précarité, pour quelqu’un qui vit dans une ville moyenne en Belgique, c’est tout simplement inaccessible…

Erin Terlier – texte & photo

Publié le 13 juillet 2026

La réincarnation de Gorillaz

Les plus faibles d’esprit sont attirés par les narcissiques. Sinon, comment expliquer la présence de sociopathes au gouvernement ? Plongés dans une faiblesse sans nom, nous sommes donc plus manipulables. Voici l’argument du vidéaste Mario Sturniolo. Je suis d’accord.
Heureusement, il existe des groupes comme Gorillaz. La bande fédère divers publics, en prônant les cultures et passions… à la différence de nos politiciens ! Gorillaz est incomparable. Il s’agit de dessins animés, symbole d’un univers assumé. Le projet de Damon Albarn et Jamie Hewlett ressemble bien plus à une famille sympatoche qu’à une crèche hystérique. Ces artistes mêlent les genres musicaux, dans des collectifs rarement atteints par d’autres groupes.

Mon expérience en quelques mots ? J’ai grandi avec 2-D, Noodle, Murdoc et Russel. J’aimerais d’ailleurs rendre hommage à Damon et Jamie, tant mon imagination fut stimulée grâce à leurs clips.
Encore aujourd’hui, j’accorde beaucoup d’importance à cet exercice. Le clip est souvent le prolongement artistique d’une musique. La vidéo sert souvent d’attraction enrichissante. C’est pourquoi, je nie les clips dévoilant des musiciens jouer en playback. Je recherche bien plus de créativité.

Ces dernières années n’étaient pas folles, en termes de propositions musicales. Il en va de même pour Gorillaz. Je déteste HumanZ, opus froid et cacophonique. The Now Now ne révolutionne pas grand-chose. Par contre, Meanwhile est une réussite. Puis, j’adore l’aventure nommée The Song Machine, un instant purement ludique, où les styles musicaux s’entre-choquent. Quant à Craker Island, j’évite son écoute… trop d’attentes, pas mal de déceptions – le feat avec Kevin Parker est si lassant –.

The Moutain apparait au bon moment ! Les conflits dans le monde démontrent le mépris de l’Occident envers l’Orient. TikTok façonne trop les formats et durées des zics, définissant le culte de l’attention. Les rockeurs et rappeurs tombent souvent comme des mouches car accusés d’agressions sexuelles… bref, The Mountain est un bol d’air frais. Comme si son écoute encourageait à aller de l’avant. Comment ? Pourquoi ?
Damon et Jamie partent en Inde. Là-bas, la mort n’est pas une catastrophe, mais une étape avant la réincarnation. Le concept de l’opus repose alors sur des chansons incluant les amis défunts : Tony Allen, Mark E. Smith, etc.
L’idée procure du réconfort à Jamie : « On n’avait jamais pensé à utiliser les voix de nos collaborateurs disparus jusque-là, mais on a senti que c’était une bonne chose que la famille Gorillaz reste rassemblée. Ils sont toujours là pour nous ». Puis, il détaille sa philosophie.

Nous avons travaillé avec des artistes qui viennent des quatre coins de la planète. L’album montre à quel point c’est merveilleux de réunir les gens et d’arrêter de vouloir constamment diviser tout le monde.

Mettons fin aux divisions. Acceptons la mort. Laissons de côté notre ego, afin de ne plus être absorbé par nos désirs, nos peurs et l’illusion de notre propre importance. En suivant, ou testant, ces croyances, les paroles de Damon deviendront plus limpides : « You will never recognise me again ».

brunoaleas
Photo ©Gorillaz & Reuben Bastienne-Lewis

Publié le 10 juillet 2026

LA DURE A CUIRE #153

La Dure à Cuire est un concept né en 2018. Commentons l’actu rock de la plus douce, à la plus brutale. Puis, écoutons sa playlist !

Zed Yun Pavarotti

Zed Yun Pavorotti touche au cœur, via ses paroles incisives. Si sa voix dérange, si son instru bouscule, tant mieux ! Puis, « La nouvelle » résume mon état d’esprit actuel. Hâte d’écouter la suite.

Chat Pile

Into the deep blue sea. You move deeper into screens. Landfill has crept into our home. Demons are dancing in the halls of empty domes. Washed away beneath the chemical dirt. Might be a bug now but I still gotta get to work.

Fervents

Lucie Marmiesse fut interviewée en 2024. Elle s’occupe de promouvoir plusieurs groupes dont Fervents. Lucie nous explicite la force des Belges : « Ce qui fait la force de Fervents, c’est avant tout sa cohérence. Le groupe propose des textes sincères qui abordent des thèmes comme le conformisme, les addictions ou la santé mentale avec une intensité en parfaite adéquation avec sa musique. Cette authenticité prend toute son ampleur sur scène, où l’énergie, la précision et l’engagement du trio renforcent une identité forte et immédiatement reconnaissable, bien au-delà de la Belgique ».

Rodrigo y Gabriela

Quand Naoki Urasawa dessine, on s’incline. Primo, ses histoires font de lui l’un des meilleurs mangakas (20th Century Boys, Asadora, Monster). Secundo, il illustre un manga que j’adore plus que tout : Pluto. L’honorer est appréciable. Merci Rodrigo y Gabriela !

brunoaleas

Publié le 5 juillet 2026

Muse, sacrées coïncidences !

Muse… j’arrête de prendre le train, juste après Drones (2015). En 2018, je consacrais un article entier concernant la raison de cet abandon. J’observais le trio devenir une mauvaise caricature de Queen, un mauvais sosie de Prince. Cette année, la bande de Matthew Bellamy est de retour. The Wow ! Signal est le dixième projet des Anglais. Résultat ? Voici des chansons agréables à découvrir. La production de Dan Lancaster semble offrir un nouveau versant musical à Muse. Ses membres modernisent ce qu’ils font de mieux, en termes de compositions. Chant d’opéra, violons en veux-tu en voilà, guitares criantes de joie ! La recette est bonne. Ce nouvel album sonne comme un vrai retour aux sources.

Mais le plus fou est de remarquer une similitude liée aux sorties de certains albums. Je note de sacrées coïncidences entre certaines sorties et des évènements de ma vie. Muse berce énormément mes séparations. Un fil rouge se dessine entre leurs disques. Je n’ai pas fumé la moquette !

Laissez-moi le prouver.

  • Drones : ma première copine me largue et nous entrons dans le Guiness Book. Durée de vie de notre couple ? Six minutes et trois centièmes de seconde
  • The Wow ! Signal : mon job ne me correspond plus, je rompt le cordon ombilical relié au marché du travail

Une autre rupture date de mon enfance, quand j’écoute un opus aussi ambitieux que la construction d’une fusée. Origin of Symmetry demeure une expérience sonore à part. Nous sommes en 2001. Les musiciens défoncent les portes d’un univers unique. Guitares saturées à gogo, invitation au voyage spatial et morceaux mêlant rock et musique classique ! Cet album me sépare des autres groupes et genres musicaux. En l’écoutant, je m’éloigne vers d’autres galaxies. En d’autres mots, je vis ma meilleure séparation.

brunoaleas

Publié le 1 juillet 2026

Faith No More – Sol Invictus

Sol Invictus est ce que j’appelle… un album qui déchire l’anus de Cerbère, gardien des enfers !

Ces derniers temps, des vieux groupes se sont réunis à la pelle pour déverser un dernier jet musical, histoire de laisser vivre encore leurs mythes d’antan (Blur, Pixies, The Libertines, Pink Floyd). Cependant, les meilleures surprises sont celles où aucune déception, ou zéro routine, n’est au rendez-vous. Faith No More a encore une fois pu démontrer que sa force est éternelle.

Mike Patton déploie toujours une énergie du feu de Dieu ! Il n’y a qu’à écouter « Superhero ». Cette envolée musicale est magnifique et provoquée via ses cordes vocales (les plus rock’n’roll de ce siècle). Mickey commence la piste avec des va-et-vient de « Go ! » qu’on se prend en pleine ouïe. Ses paroles sont savourées, juste avant de longs chants. Ces parties détiennent une espèce d’effet à ondes d’opéras. Cette chanson, à elle seule, montre et résume à quel point le groupe est prométhéen dans le domaine artistique.

Continuons. Les cris du Mickey enragé dans « Black Friday », la mélodie apocalyptique de « Matador », les « Motherfuckers ! » solennels soufflés dans « Motherfucker » et « From The Dead » qui clôt de façon joyeuse les 45 minutes… valident les code faithnomorien ! « Sunny Side Up » suscite aussi un plaisir auditif : la basse lourde débute le morceau, accompagnée d’un piano allègre. Mike Patton, lui, se coordonne avec les sons produits par la guitare au refrain et c’est à 1min25 que le guitariste utilise un effet funky, annonçant la deuxième partie grandiose.

Inutile de vous dire que tous les membres du groupes ont su garder leurs qualités d’artistes. Ils sont capables de composer des chansons différentes mais liées par le cordon ombilical de la violence. Je pense notamment à l’enchainement des titres, de « Separation Anxiety » à « Cone of Shame ».

Cet opus ne détrône pas, à mon humble avis, la force brutale de l’album Album of The Year (sorti en 1997, probablement mon petit favori). Néanmoins, on ne peut synthétiser ce groupe à leur agressivité : « Easy » et « Evidence » en sont de belles preuves de polyvalence. Quant à Sol Invictus, le disque reste du Faith No More tout craché. Comment aurait-il pu décevoir les fans de cette bande menée par un Mike Patton plus que productif, ces dernières années ?

brunoaleas

Publié le 23 juin 2026

LA DURE A CUIRE #152

La Dure à Cuire est un concept né en 2018. Commentons l’actu rock de la plus douce, à la plus brutale. Puis, écoutons sa playlist !

Interpol

Rester fidèle à son style musical est souvent illusoire. On évolue chaque jour. Quant à Interpol, le groupe réussit à m’attraper encore et encore, via sa musique si reconnaissable. Moi, amoureux des guitares, valide « See out lourd ».

It It Anita

It It Anita semble ne jamais se reposer. 6 albums en 10 ans, c’est une belle perf’ ! Le clip de « Lion Tamer » présente le trio dans leur local. Dans Ma Cabane est un lieu de création, à Liège. Il accueille également Empty Head, De Parrot et d’autres musiciens talentueux.
Revenons au single signé IIA. Les artistes vont à l’essentiel, en honorant une ligne de basse claire et un chant crasseux ! Prochain concert : Actitud Fest, en Espagne !

Umberto Maria Giardini

Ma che strano effetto mi fai. Ma che ambigua energia mi dai.
Megalomania di casa mia. Che rinascimento a fuoco lento.

Olivia Rodrigo

Olivia Rodrigo captait déjà mon attention sur Help(2). Cet été sera le moment idéal pour critiquer son nouvel album, You seem pretty sad for a girl so in love. Il ne s’agira pas de la couler, mais de la féliciter – je n’en dis pas plus –. « What’s wrong with me » est un titre partagé entre une fan et son idole, pour le meilleur et non le pire.

brunoaleas

Publié le 13 juin 2026

Jeunesse & colère

Vous oublierez peut-être, nous pas.

Parce qu’en 2026, la démocratie souffre, que des jeunes qui manifestent pour leur avenir se font battre, que des professeurs qui craignent pour leur emploi se font gazer, que des ministres isolés du coût de la vie exercent, une fois de plus, leur mépris vis-à-vis des classes ouvrières.

Nous sommes en colère.

L’avenir de notre pays s’annonce bien sombre, alors que la moitié de sa population reste endormie sur des préjugés infondés. Pendant la manifestation du 4 juin, à Bruxelles, ce ne sont pas des citoyens que la police a sauvagement maltraités, mais des personnes qui ont une vie, des intérêts. Des personnes qui ont peur de ce que l’avenir leur réserve et qui n’ont plus forcément envie de vivre dans un monde qui les traite comme de la merde.

Enfin, la parole se lève sur les conditions misérables dans lesquelles on nous plonge de plus en plus. C’est fini, le silence. L’élite a du pouvoir, certes. Mais nous nous battrons et nous nous entraiderons afin de recevoir enfin le respect et la considération que nous méritons. Parce qu’en Belgique, nous méritons d’être traités avec les mêmes chances, tous les enfants devraient avoir le droit d’accéder à du matériel scolaire, à des repas chauds. Tous les professeurs, qui travaillent dur pour former nos futurs citoyens, devraient avoir le droit et la garantie de se sentir en sécurité et respectés pour le travail qu’ils fournissent. Tous les étudiants devraient pouvoir accéder aux études de leur choix, sans devoir hésiter entre payer le minerval ou manger. Parce que non, ce n’est pas à 14 ans qu’un avenir doit être tracé. Chacun devrait avoir le droit de faire des erreurs et de se rattraper, parce que c’est comme ça qu’une société se tourne vers le progrès.

La politique devrait être utilisée pour faire entendre le peuple, pour construire, ensemble, un pays avec des valeurs partagées. Pas pour générer du profit, s’enrichir et laisser les plus désavantagés crever. La jeunesse est belle, la jeunesse est consciente, la jeunesse est déterminée, la jeunesse est en colère. Vous oublierez peut-être, nous pas.

Smash
Photo ©brunoaleas

Publié le 7 juin 2026

LA DURE A CUIRE #151

La Dure à Cuire est un concept né en 2018. Commentons l’actu rock de la plus douce, à la plus brutale. Puis, écoutons sa playlist !

Edges

Guillaume Vierset ne s’arrête jamais ! L’adrénaline aux mains. La créativité au maximum. Début mai, il partage un mini album : Error 404 : Bug Not Found. Il joue à nouveau, au sein de Edges. Ce projet mêle rock et jazz. Deux univers excitants ! Pour s’en rappeler, écoutons « Punk You ».

Nico Arezzo

Cette année, j’assistais au plus grand concert gratuit d’Europe. Je fêtais le premier mai, à Rome. La plus belle découverte fut, sans nul doute, Nico Arezzo. Il faut danser, chanter et répéter ces actions, en écoutant ses chansons. Pourquoi ? Pour sentir les vibrations siciliennes !

The Bernadette Maries

Belgique. Shoegaze. Rêver. Tout est permis, si on s’ouvre aux Bernadette Maries. Les Bruxellois font partie de Géographie. Ce label régale, en signant des artistes comme Good Morning TV.

Snail Mail

I guess we were doomed from the beginning. Outside the world kept spinning.
Miles beyond what we could see. Something keeps on dragging me.

brunoaleas

Publié le 24 mai 2026

Sarah Kinsley, l’avenir de la pop ?

Si en Europe, beaucoup de gens sont passés à côté du phénomène indie du moment, l’Amérique, elle, a la vision. Sarah Kinsley, révélée notamment grâce à son titre « The King » sur TikTok, est absolument l’artiste sur laquelle se brancher en 2026.

Elle fait partie de la génération d’artistes émergents, créatifs mais surtout polyvalents. Formée dès l’enfance à la musique classique, puis passée par des études en ingénierie du son, elle développe un univers mélodramatique qu’elle maîtrise avec une précision remarquable. 

Après plusieurs EP aux ambiances introspectives et mélancoliques, elle dévoile en 2024 son premier album, Escaper. Honnêtement, ça claque. C’est un album qui sait varier dans l’intensité des morceaux qu’il propose, sans pour autant qu’il y ait d’incohérences. Il reste énergique, malgré des thèmes comme la quête de soi ou le désir d’évasion qui peuvent vite devenir lassants et finir en bruit de fond. 

Escaper, c’est un album que j’aime qualifier de graphique, parce que les prods sont minutieusement travaillées et permettent de le vivre de manière immersive. 

Certains sons me font par exemple penser à des décors de dark fantasy, tout en restant pétillants et modernes, créant un super contraste. Une forme de nostalgie dans laquelle on se projette s’impose et c’est là que la magie de Kinsley opère.

Plus récemment, l’artiste a dévoilé Fleeting, un EP à la fois plus moderne et plus épuré, qui se démarque par un style électro-pop qui  pulse entre des percussions tonitruantes, des nappes de synthés texturées et la voix aérienne de l’artiste. 
S’il ne fallait retenir que quelques titres de sa discographie, peu importe l’humeur ressentie, on pourrait citer « Fleeting », « The Escape », « Reverie », « Lovegod », « I’m not a mountain » ou encore « Cypress », dont le clip, aux couleurs saisissantes, mérite largement le détour.

Smash
Photo ©Dillon Matthew

Publié le 15 mai 2026

LA DURE A CUIRE #150

La Dure à Cuire est un concept né en 2018. Commentons l’actu rock de la plus douce, à la plus brutale. Puis, écoutons sa playlist !

Lorenzo Di Maio

Lorenzo Di Maio est le meilleur guitariste du Plat Pays ? L’un des meilleurs. Pourquoi ? Via Ruby II, il joue une patte reconnaissable, tant ses arpèges font voyager !

Salmo

Forse l’amore non esiste. Non è una favola di Disney. È un’odissea e non sono Ulisse, nah.
È inutile capirsi, è colpa dell’eclissi, baby.

Violet Grohl

Après quelques paragraphes dédiés à Violet Grohl, « Cool Buzz » mérite amplement sa place dans la Dure à Cuire. Hâte d’écouter son premier album, fin mai !

Perseide

Depuis 2010, Perseide mélange rock, metal et punk. Les Français balancent la sauce sur « Shadows ». Les fioritures electro ne sont jamais de trop et le refrain demeure accrocheur.

brunoaleas

Publié le 12 mai 2026

Violet Grohl, déjà vu ?

La musique de Violet Grohl me rappelle ô combien faire du neuf avec l’ancien est accrocheur. Rock, vif et mélodieux, voici des qualificatifs parfaits pour désigner ses productions. Be Sweet to Me, tel est le nom de son premier album dont la sortie est prévue fin mai. Parmi ses inspirations, l’artiste cite Pixies, Soundgarden, Cocteau Twins et The Breeders.

Puis, insistons un instant sur son travail. Elle n’a pas composé une soupe déjà vue et revue – à la différence d’un groupe comme Oasis, englué dans son genre musical, de facto, peu intéressant –. Non. Elle semble bel et bien suivre la marque des grands ! En d’autres mots, c’est comme si elle continuait de tracer le chemin entamé par les musiciens grunge. Et ce, sans pour autant singer les vieux de la vieille. D’ailleurs, son daron, ex-batteur de Nirvana, avoue s’être inspiré du mixage de son album pour concevoir Your Favorite Toy, le nouvel opus des Foo Fighters !

Pourquoi s’arrêter à un seul parallèle ? Giulio Greco écrit la préface de La Fragranza della Terra (Giuliano Ladolfi Editore, 2025). Il décrit une expérience vitale.

Comme l’enseigne l’histoire, nulle génération n’est révolutionnaire au point de supprimer les éléments de la précédente. Pour construire le futur, les racines sont nécessaires. Elles se trouvent dans le passé.

Donc, personne n’a de futur, si on n’a pas de passé. Brava Violet !

brunoaleas
Photo ©Bella Newman

Publié le 11 mai 2026