Nos Concerts

Concerts 2026 Part 2

Il y a bien des choses que l’on peut reprocher à cette moitié d’année. Il faut tout de même admettre qu’elle était radieuse, en termes de concerts. En effet, les amateurs de pop/indie ont été plus que servis. Entre Mitski et Damso, j’ai été surprise de voir à quel point le monde du spectacle parvient encore et toujours à se réinventer.
Quitte à diviser, voici la deuxième partie de mon top 5 des concerts de 2026, du moins convaincant au plus exceptionnel.

3 | Laufey – ING Arena (février)

Je n’ai toujours pas les mots pour exprimer à quel point le concert de Laufey était féérique.

Sa voix en live est tout bonnement saisissante et montre toute sa sensibilité. Je tiens également à mentionner la présence de danseuses de ballet et de véritables instruments d’orchestre, mis en avant sur scène, ce qui peut être pour certains, une superbe manière de s’intéresser au monde de la musique classique.

Ici, les fans faisaient partie intégrante du concert, j’ai adoré voir tout le monde créer des tenues, des couronnes brodées ou encore se maquiller pour entrer dans l’univers de l’artiste.

Je suis Laufey depuis 2022. Je dois dire que j’ai été très émue de voir à quel point elle a réussi à se réapproprier et partager sa passion pour le jazz et le classique, dans un espace musical qui ne donne pas assez de crédit à ces genres musicaux.

2 | The Last Dinner Party – Forest National (février)

J’ai failli mettre ce concert en premier. The Last Dinner Party en live, c’est quelque chose à voir au moins une fois dans sa vie. Il ne s’agissait pas d’un spectacle over the top, car les décors étaient très sobres mais la présence scénique d’Abigail envahissait la salle et finalement on ne s’ennuyait pas une seule seconde. J’ai adoré. Chaque artiste a été mise en avant lors d’interludes ou autres. Une énergie féminine époustouflante était présente en fosse.

J’étais barricadé et j’ai eu la chance de lui serrer la main donc, forcément, mon jugement ne sera jamais impartial. Cependant, il n’y avait pas de grand écran. Je me demande un peu comment les personnes à l’arrière de la salle ont pu vivre le concert parce qu’elles n’ont pas dû voir grand chose.

1 | Damso – Plenitude Arena (mai)

Dinguerie sur dinguerie.

Je connaissais vite fait Damso mais sans plus, je ne savais donc pas trop à quoi m’attendre et j’ai été choquée de la qualité du concert. Les lumières s’éteignent, une ambiance pesante s’installe. D’un coup, un espèce de gros Shinigami à la Death Note apparaît sur scène dans un silence froid, semant la confusion dans toute la salle. Puis, Damso arrive et c’est le feu. Le rappeur montre son évolution vers la quiétude à travers une mise en scène qui se démarque énormément des autres.

J’étais en fosse. C’était vachement cardio mais pour moi, un tel concert ne peut pas se vivre dans les gradins.

Beaucoup ont critiqué le fait qu’il ne parle pas sur scène mais je n’ai pas du tout trouvé ça dérangeant parce que ça aurait cassé tout le personnage, ainsi que l’histoire racontée au public. On repart du concert avec des interprétations, on est un peu dans le flou et c’est ça aussi qui le rend si marquant.

Smash – texte & photo

Publié le 17 septembre 2026

Esperanzah! en une journée

Esperanzah! compte quasiment 1600 travailleurs et travailleuses. Ces personnes réalisent un projet ambitieux : rêver d’un monde juste et solidaire. Rien à voir avec l’objectif des politiciens à droite de la droite. Ils ne cachent pas leurs opinions. Les chômeurs sont des parasites. Les artistes sont non-essentiels. Et le capitalisme sera notre salut… le festival wallon symbolise alors une parenthèse dans le temps.
Sensibiliser et fêter, quoi de mieux ? Le dernier jour de l’évènement, Colt, Ko Shin Moon et La Niña enflamment la scène !

Colt

Direction Le Jardin. Je vois une deuxième fois Colt sur scène. La première, à Liège, me laisse un souvenir flamboyant. Ici, l’expérience est encore plus agréable. La performance confirme une qualité du groupe : leur énergie est inépuisable. Quand des musiciens se donnent sur scène, impossible de ne pas ressentir leur panache ! D’ailleurs, Coline et Antoine communiquent leur joie assez facilement.

« Demi-mot » demeure un hommage grisant. « Invincible » colle parfaitement à l’ambiance du festival. Quant à « Petite féline », qualifions cette chanson d’utilité publique. Des enfants dans le public écoutent et écouteront les paroles d’une chanteuse, assumant d’aimer les femmes. Briser les tabous et stopper les haines, voici l’ambition de Colt. Ambition encore plus pertinente, quand Coline demande au public de chanter : « C’est la fin du monde ! ». Les voix deviennent un cri de ralliement.

Dernier point : Colt n’oublie pas les peuples opprimés. Une bougie sur scène sert à rappeler la chance qu’on a de s’exprimer librement.

Le show est intense. La chaleur me transforme en flaque d’eau. Mais je ne perds pas une miette du concert !

Ko Shin Moon

Après avoir vu la beauté des associations, prônant solidarité et justice au Village des Possibles, je me dirige vers Nova. Ko Shin Moon y mêle les musiques anatoliennes aux rythmes dansants. Le trio crée une piste de danse atypique. Leur son vintage capte mon attention, rapidement.

Quelle est leur principale force ? Me pousser à aimer le disco. Cette musique est initialement une sous-culture. Elle émerge au début des années 70, aux États-Unis. Selon 1001 Artistes, le disco est à l’origine d’un mouvement particulier : la sexualité est libérée, les styles vestimentaires extravagants et colorés sont répandus et la drogue est désinhibée. Les boîtes de nuit apparaissent ensuite comme des lieux incontournables. Elles s’inscrivent dans le nouveau mode de vie des étudiants américains.

J’adore le grunge, le metal ou l’electro. Je délaisse les sonorités disco, trop ennuyantes à mon goût. Ko Shin Moon me déboussole… tant mieux ! Au son du saz, un luth à manche long, l’électricité me traverse le corps !

La Niña

Retour au Jardin. La musique de La Niña ne m’est pas inconnue. Ces musiciennes sont la principale raison de ma venue à Floreffe. L’année passée, les Italiennes sortent Furèsta. Le nom du disque détermine leur univers : indomptable et sauvage.

Allons droit au but. La Niña exécute le meilleur concert de la journée. Plus le spectacle avance, plus je reste ébahi par ces femmes vêtues de noir, aux voix angéliques, à la prestance mystique. La bande mélange tradition napolitaine et modernité. Ce choix artistique est si bien mené… je suis à deux doigts de pleurer !

Pourquoi ? Délivrer une telle perfomance mérite le respect. Partager son amour pour Naples, les légendes urbaines, le féminisme, c’est tout bonnement miraculeux. En d’autres mots, La Niña préserve le patrimoine napolitain formidablement bien. Comment plus précisément ? En chantant en napolitain, en jouant un rythme méditerranéen, devant un public silencieux car fasciné. Je kiffe, du début à la fin.

Dès le départ, l’ambiance est posée. Nos oreilles saisissent des bruits : le galop des chevaux, les criquets chantonnant, le vent de la forêt. Dès les premières ballades, me voici envoûté par les douces mélodies. Puis, les derniers morceaux rappellent à quel point l’electro est un genre musical inspirant.

Sicilia e Calabria nel sangue. Le spectacle me transporte vers mes origines. Le Sud n’est plus un mystère. Le Sud est une fierté.

brunoaleas – Photos ©Erin Terlier

Publié le 8 août 2026

Concerts 2026 Part 1

Il y a bien des choses que l’on peut reprocher à cette moitié d’année. Il faut tout de même admettre qu’elle était radieuse, en termes de concerts. En effet, les amateurs de pop/indie ont été plus que servis. Entre Mitski et Damso, j’ai été surprise de voir à quel point le monde du spectacle parvient encore et toujours à se réinventer.
Quitte à diviser, voici la première partie de mon top 5 des concerts de 2026, du moins convaincant au plus exceptionnel.

5 | Mitski – Forest National (mai)

Même si ça me brise le cœur de mettre Mitski en dernière position, il faut avouer qu’elle le cherchait un peu. Son dernier album, Nothing’s About to Happen to Me, était peut-être un avertissement des émotions qu’elle allait nous faire ressentir en concert : littéralement rien.

Elle a chanté très peu de hits. Par moment, j’avais vraiment l’impression d’entendre la bande originale de Brokeback Mountain… sans compter la première partie, Gwenifer Raymond, très talentueuse, mais se résumant à 35 minutes de guitare acoustique aux sonorités de Breaking Bad, sans aucunes paroles. Ce n’était pas ce à quoi je m’attendais, je l’avoue.

Plus sérieusement, le nouvel album est pas mal du tout. Mais je pense qu’il ne marche pas en concert ; c’est difficile de se mettre dedans et ça se ressentait fort dans l’ambiance qu’il y avait en fosse. Je pense surtout que Forest National était une salle bien trop grande pour Mitski. On ne retrouvait pas vraiment la chaleur qu’elle a tendance à transmettre, lorsqu’elle performe. Pour l’avoir vue il y a 2 ans au Cirque Royal, je remarque une grosse différence qui m’a assez déçue.

Cependant, elle a l’air d’aller mieux et de s’être tournée vers une nouvelle direction artistique qui ne correspond pas à ce que j’attendais, certes. Toutefois, elle semble lui permettre de s’épanouir, et c’est le plus important.

4 | Conan Gray – AFAS Dome (mai)

J’ai déjà vu Conan Gray il y a 2 ans. Il va sans dire que sa popularité l’a encouragé à se montrer plus créatif dans la manière de mettre en scène un album. C’est ça que j’ai adoré avec le Wishbone Tour : on voit Conan prenant le temps de construire un véritable spectacle, autour d’un schéma narratif.

Non seulement il sait se réinventer, mais en plus, il adore interagir avec son public. Ça se ressent. 

Les décors étaient magnifiques, un peu comme des décors de théâtre peints à la main. Ils collaient parfaitement à l’ordre des chansons.

Smash – texte & photo

Publié le 1 août 2026

Florence + The Machine à l’AFAS Dome

Anticipons les « Il y en a qui disent… ». Se réjouir, profiter des nouveaux albums ou des concerts de nos artistes préféré·e·s, avec tout ce qui se passe dans le monde, c’est fermer les yeux sur une réalité très négative ?

Si on ne doit se concentrer que sur ce qui se passe mal, comment sommes-nous censés tenir le coup ? Evidemment, il faut être à jour, manifester, faire du relais d’infos… mais il n’y aura plus personne pour le faire si on a aucune échappatoire. Et c’est le but de notre gouvernement aujourd’hui avec l’augmentation de la TVA, entre autres, dans le culturel, sur le sport, etc.

Personnellement, je ne saurais pas vivre sans concerts. Mais, entre le fait que les prix des billets sont de plus en plus chers et que le gouvernement belge n’en fait qu’à sa tête, il n’y aura bientôt que les riches qui pourront en profiter. 

J’ai eu la chance d’aller voir Florence + The Machine, à l’AFAS Dome. Ce genre de concert me rappelle à quel point la musique doit rester accessible. 

On connait déjà le talent de Florence grâce à « Dog Days Are Over », « Shake It Out », ou encore « Say My Name », cependant, c’est son dernier album Everybody Scream qui a vraiment donné vie à ce spectacle. Avec une scéno très « witchy » et un peu gothique, j’ai vu quelque chose de différent. Elle a transporté le public (majoritairement queer) dans son univers du début à la fin. 

L’ouverture de concert avec les danseuses, appelées witchchoir, nous a tout de suite mis dans l’ambiance. Quant aux moments plus intimistes, où il n’y avait que Florence et son micro, ils ont permis une profondeur émotionnelle qu’on voit de plus en plus rarement chez les artistes. 

Une autre artiste m’a étonnée. Paris Paloma était en première partie. Je la connaissais grâce à son titre très connu « Labour ». Elle était parfaitement en accord avec la direction artistique du groupe. Des textes féministes, engagés, ajoutés à ça, une énergie douce mais entrainante. Le public était conquis ! Elle a terminé son set avec « Labour » et c’est ce moment qui m’a le plus marqué. J’ai enlevé mes bouchons et j’ai juste eu une vague d’émotions, en entendant tout le public chanter le refrain de cette hymne féministe. 

Et c’est ça aussi les concerts. Ça nous rappelle les raisons pour lesquelles on se bat contre le système actuel.

Erin Terlier – texte & photos

Publié le 27 février 2026

Weite au Magasin 4

Me voici, Bruxelles ! Mon baptême de l’air au Magasin 4 se fait en compagnie de Weite. Je parle bien des cieux car le groupe nous emporte dès le décollage, dès les premières notes. Au rendez-vous : un concert de rock psychédélique. Les 2 guitaristes se coordonnent pour répéter les mélodies en boucle, monter et descendre en tension.

« Versteinert » annonce un voyage sans secousse. Planer toujours plus, tel est l’objectif. « Roter Traum » me propulse au-delà des nuages. Le morceau de plus de 10 minutes instaure une ambiance rétro-futuriste ! Comme si j’étais en train de vivre une bataille steampunk face à des golems sans foi, ni loi. Mention honorable au titre « Eigengrau », rappelant qu’il y a des membres d’Elder au sein de Weite, de vrais artisans du son.

Durant la soirée, le quintette use de sa virtuosité pour nous faire oublier la grisaille, ce gouvernement de merde ou les problèmes personnels. Tantôt au Maroc, tantôt dans la stratosphère, les mélodies orientales, ainsi que le côté pinkfloydien, font de ce concert une expérience unique.

Il faut voir ce groupe au moins une fois dans sa vie. On n’est jamais assez à voler près de la Lune.
Puis, comme dirait le vieil ami, Alexis Docquier, il faut voir deux à trois concerts par semaine afin de rester en bonne santé !

brunoaleas – Photos ©Alexis Docquier – 29/11/2025

Publié le 5 décembre 2025

Colt à l’OM

La nausée me vient instantanément, en pensant à Bertrand Cantat, à Sean Combs. Ces dernières années, des dossiers ouverts ou réouverts démontrent qu’il y a encore trop d’agresseurs en circulation. Aussi bien dans le secteur du cinéma, comme au sein de la sphère musicale. Parfois, l’industrie musicale apparaît telle une baignoire pour requins.

Un duo y propage la lumière. Colt communique son énergie, depuis quelques années. Elle est belle ! Je le comprends à l’OM, à Seraing. Les artistes y jouent majoritairement leur premier album, Saveur Cœur Abimé. 

Quelles sont mes impressions ? Les langues se délient, à l’écoute de plusieurs chansons. L’esprit est fédérateur. Puis, arrive une famille unie sur scène. Pour la première fois, Diego et Coline chantent devant un public.
On observe aussi une bougie posée pour les opprimés. Et en face ? Un public de feu !

Le spectacle est intense. L’electro froide et chaleureuse provoque une ambiance berlinoise de fin de siècle. Et qu’en est-il de la performance vocale ? Incroyable. Coline, au cardio de zinzin, défonce tous les records athlétiques. Quant au jeu de lumière, il impressionne par son minimalisme (« Chaos »), de par sa tension (« Invincible »).

La poésie des Bruxellois me transporte si loin. Adieu société apathique et vengeresse. Je suis épaté, du début à la fin. Colt mitraille des mots forts, une fois sur scène ! 

Quand on rencontre les personnes qui nous écoutent, on se rend compte de l’utilité que notre musique a eu dans leur vie et c’est à chaque fois quelque chose de différent.
C’est toujours hyper touchant. « Demi-mot », « Reboot », ça leur a beaucoup parlé. Le fait que nos chansons soient hyper intenses – autant les joyeuses que les tristes –, ça permet aux gens d’extérioriser ce qu’ils ressentent. C’est pour ça qu’on aime aller dans l’intensité : on sait que ça va résonner.

Antoine

brunoaleas – Photos ©Erin Terlier

Publié le 3 décembre 2025

Fcukers chez Boiler Room

Bon, on laisse Botenga détruire Madame Von der Leyen. Pour l’instant, parler politique n’est plus ma préoccupation première. Pourquoi ? Le flot de haine serait incommensurable. Autant ne pas gaspiller d’énergie pour écrire au sujet de nos dirigeants… capitalistes, individualistes et souvent, insultants.

Alors, où se réfugier ? Dans le club de Fcuckers. Oui, j’aurais aimé participé au Boiler Room du groupe, à San Francisco. Pourquoi ? Pour suer avec des amis d’un soir. Danser au sein d’une foule difforme. Ne plus réfléchir ni au passé, ni au futur. Vivre l’instant présent. Bercée par la voix de Shannon Wise, tout en étant possédé par le Malin. L’énergie house et festive suffit amplement à faire de ce concert, une merveille.

En somme, nous observons une sorte de rave-party, à petite échelle. Afin de comprendre l’ampleur de la situation, définissons la chose. Loïc Lafargue de Grangeneuve décrit le phénomène dans son livre, L’État face aux rave-parties. Les enjeux politiques du mouvement techno (2010).

Trip hop. Rock. Minimalisme efficace. La fréquence des Fcukers est foutrement accessible à tout un chacun. Un son qui rappelle les compositions de Bat for Lashes ou Portishead, artistes fort inspirants, encore aujourd’hui. Que la fête bat son plein !

brunoaleas

Publié le 22 avril 2025

Lorenzo Hengeller à la Casa del Jazz

Comment dépeindre le charme de l’Italie ? En écoutant La Zanzara, infâme émission radio ? En lisant un livre diabolique écrit par Roberto Vannacci ? Ces questions rhétoriques obligent à s’ouvrir. Elles amènent à s’éloigner des personnalités beaucoup trop médiatisées. La réponse se situe donc ailleurs. Soufflons. La musique sublime nos vies. La Botte est assez bien illustrée via les chansons de Lorenzo Hengeller.

Un soir d’avril, je me dirige vers la Casa del Jazz. Cet endroit est plutôt particulier. On y trouve un parc, un studio d’enregistrement et une salle de concert. Quel plaisir ! La découverte du lieu enflamme mon envie de visiter Rome, le plus possible.
Lorenzo Hengeller emmène son quartet pour un concert aucunement ennuyeux. De premières notes de piano présentent l’univers du jazzman. Ses chaussettes rouges balaient mon regard. Sa danse assise transmet son bonheur. L’artiste joue un morceau dynamique, annonçant la couleur. S’évader se fait avec le sourire !

« Frasi Fatte » revient sur le côté (trop) terre à terre des Romains. « O’ scuntroso » illustre un personnage toujours à contre-courant. N’oublions pas l’instant où le musicien chante son envie de se suicider, un humour noir prononcé sur une mélodie douce et dansante ! Quant à la musique de « La strada verso casa », elle enveloppe dans un cocon doré. Mention honorable à Bernardo Guerra, batteur exceptionnel, mesurant les coups portés et offrant un solo de batterie mémorable.

Lorenzo Hengeller livre sa joie napolitaine. Il conte ses aventures à Rome, face à un public applaudissant chacune des performances. Le concert se différencie évidemment des spectacles où les musiciens sont plus muets qu’une porte de prison. Dès lors, ce souvenir de printemps demeure un beau moment passé entre mélomanes d’un soir. L’Italie, c’est ça aussi.

brunoaleas – Photo ©Giovanni Russo

Publié le 14 avril 2025

M83 chez KEXP

Dans les premières sociétés humaines, l’instrument de musique est un outil de pouvoir. Il sert à communiquer avec les esprits de la nature, il est le lien entre les hommes et les éléments.

André Manoukian écrit ces mots dans son livre nommé Les Pouvoirs Extraordinaires de la Musique (2024). Le mélomane prend pour exemple un instrument préhistorique, le bull roarer, provoquant des rugissements de bison. D’ailleurs, l’objet est encore utilisé en Nouvelle-Guinée.

Une formation française, elle, communique avec les forces astrales ! M83 se fait notamment connaître grâce au titre « Midnight City ». Aujourd’hui, sa bande fait partie du cercle des groupes français connus à l’international. Anthony Gonzalez et Nicolas Fromageau créent le projet, en 1999. Et comment décrire leurs sonorités ? Spatiales ! Bien sûr, les musiciens explorent l’electro à fond les ballons. Synthés en veux-tu en voilà. Guitares spatialisant le son toujours plus. Bref, M83 suit la droite lignée d’un Jean-Michel Jarre. Ecoutez Zoolook (1984), vous comprendrez la folie.

Revenons à nos moutons. M83 s’adresse aux forces supérieures, chez KEXP. Le concert le prouve assez bien. Pourquoi ? Diantre, a-t-on encore l’occasion de voyager autant ?! La navette est prête dès les premières notes de « Water Deep », parfaite intro avant le décollage. « Ocean Niagara » nous propulse vers le Cosmos ! Guitares et synthés s’allient pour un moment épique. « Noise » secoue inévitablement… le périple était si délirant qu’on croirait n’être plus de ce monde. Le discours de Manoukian est donc toujours actuel.

brunoaleas – Photo ©Jake Hanson

Publié le 12 février 2025

Vampire Weekend à l’Adidas Arena

Dans quelques années, je souffle sur 30 bougies. Les cheveux blancs sont déjà sur la tête mais le choc sera à vivre. Après avoir vu Vampire Weekend à l’Adidas Arena, à Paris, une idée persiste… je tourne la page d’un chapitre de ma vie.

Les New-Yorkais symbolisent la fougue et joie de mélanger diverses cultures musicales. On le comprend, en savourant les chansons du premier disque éponyme. Quant au dernier album en date, il prouve encore une fois que les mélomanes n’abandonnent pas leur démesure. Les nombreux instruments de Only God Was Above Us se retrouvent sur scène. Ils illustrent un tableau surnaturel, où on ne compte plus les brillants musiciens.

Au départ, 3 membres jouent sur scène. Ensuite, un grand rideau tombe et voici une armée de personnes, prêtes à enflammer la soirée. Que retenir ? Le minimalisme des vampires l’emporte sur la grandiosité présente sous nos yeux.
La couleur rouge envahit et se pose sur tout le monde, une fois lancé le titre à l’ambiance tribale, « New Dorp. New York ». On aperçoit aussi un néon blanc, brandi par Ezra Koenig, lorsqu’il chante « Mary Boone », près de ses musiciens. « Capricorn » rayonne grâce des lumières dorées. Bref, la mise en scène ne laisse pas indifférent.

Qu’ajouter de plus ? Je me fais vieux. Mais je préfère vieillir en écoutant mes groupes préférés, qu’isolé comme un rat écrasé sur l’E25. Vampire Weekend épate énormément. A leur concert, je trouve la formation inspirante car inspirée par la culture africaine, rock et baroque. A leur show, je signe la fin d’une époque, celle où l’excitation était comparable à l’énergie de « Cousins » ou d’un « A-Punk ». Contempler la bande, au moment où je visite pour la première fois la Ville Lumière, demeure un souvenir délicieux. Puis, sur « Capricorn », les paroles d’Ezra résument finalement mon état d’esprit.

Too old for dyin’ young
Too young to live alone
Sifting through centuries
For moments of your own

brunoaleas – texte & photo – Adidas Arena, 13/12/2024

Publié le 22 janvier 2025

Slomosa au Misery Fest

Ce n’est plus un secret. En Belgique, les douches sont gratuites en été. Il suffit de mettre sa tête dehors pour recevoir la pisse des Dieux. Mais ! Mais, mais, mais ! Lorsqu’une brasserie organise un petit festival pour fêter son anniversaire, en pleine campagne, comment refuser ?! Il faut affronter vents et marées !

Je me dirige alors vers le Misery Beer. Le manoir est plutôt connu pour ses bières spéciales, son cadre verdoyant et son ambiance rock’n roll. L’endroit fête son cinquième anniversaire. Fonçons. E25, me voilà !

La Province de Liège s’apparente aux décors de Silent Hill… rien ne m’arrête. A 20h se pointe un quatuor plutôt incroyable. Slomosa fut surprenant à Leuven (Het Depot, novembre 2023). Ma mémoire ne peut défaire ce souvenir. La voix fédératrice. Les gros riffs efficaces. Une nostalgie aimée et retrouvée pour les fans de Kyuss ou Fu Manchu. Juste avant l’arrivée des Norvégiens sur scène, 2 personnes souriantes prennent le micro. Le propriétaire de la brasserie entame un discours émouvant, aux côtés de sa femme.

Recevoir Slomosa, ici… je ne comprends rien à ma vie. Merci ! Les gars, sachez-le, j’étais un cancre. J’étais un cancre !

Le concert commence, l’énergie du groupe est à nouveau remarquable. Epaté par la force de frappe, je confirme une vieille idée. Slomosa est vraiment balèze sur scène. 2 membres de Silenceless acquiescent et valident cette observation. Nul besoin de feu d’artifice, lumières psychédéliques ou costumes carnavalesques… ici, on se concentre sur un jeu stoner, décoiffant. Le groupe kiffe sa vie et sourit face à un public en délire.

Pogos en veux-tu en voilà et joyeux lurons frôlant les airs – plusieurs personnes se laissent porter par d’autres bras pour ensuite être bousculées h24, l’euphorie au max –. J’ai rarement autant ri, lors d’un concert. A ce point là ?! Fuck yeah. Le public crée le show, digne d’une comédie inouïe ! Un dinosaure muni d’une coupe afro, un masque de cheval ou d’autres fantaisies rythment le spectacle.

Like animals, we dig the earth, chante Benjamin Berdous. ‘Battling Guns’ illustre l’absurdité de la guerre et pointe une sorte de fatalisme… mais à cette soirée, tout le monde souffle un vent de joie incomparable. Comme quoi, danser et fêter sont des actes salvateurs – clin d’œil aux politicards pro confinements –.

Longue vie à Slomosa ! Hâte d’écouter Tundra Rock, un prochain album à hurler haut et fort !

brunoaleas – Photos ©Dominique Bernard – Misery Beer, 27/07/2024

Publié le 7 août 2024

Alice on The Roof au Centre Culturel de Seraing

Alice, je m’excuse de te livrer une critique de ton concert, après 6 mois de retard…

Lorsque je sors de la salle, après le sublime moment offert le 8 septembre 2023, je fus surprise de voir le lapin de ton spectacle au détour d’un des couloirs du Centre Culturel de Seraing. Envoûtée, je le suis et comme par magie, il me transporte dans un univers, reflet de ta personnalité artistique, où tout est douceur, enchantement et drôlerie. Après des mois d’émerveillement, il est de temps de revenir à Liège afin de te dire que ta performance, que tu surnommais crash test, est infiniment réussie ! S’il existait une compagnie ‘Alice on The Roof Airlines’, ma phobie de l’avion disparaîtrait en un claquement de doigt.

Ta musique, ta présence scénique, ta direction artistique sont vectrices d’amour, de rêve. Ton public fait partie intégrante de ta performance. Quel plaisir de ne pas être juste consommateurs de divertissement. Tu crées des sons avec nous, tu ris avec nous, tu nous demandes notre avis, le tout avec une sincérité d’une rare pureté. Nous nous sentons exister, inclus. Tu réussis à faire de nous une famille, le temps d’un instant.

Je sors de ce moment les paillettes pleins des yeux et le sourire au cœur.

Je me réjouis du prochain concert. Je me réjouis de te retrouver de l’autre côté miroir.

Mouche – Centre Culturel de Seraing, 08/09/2023

Publié le 25 février 2024