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Lomepal : exit urbi

Lomepal n’est plus à ranger dans la case rap. Le fan des Strokes annonçait déjà la volonté d’insuffler du rock à son prochain album. Cette envie s’écoute et se comprend à l’arrivée de « Tee ». L’ombre d’une guitare règne en première partie du morceau. A sa conclusion, deux grattes bercent les auditeurs. Laissons de côté ces mélodies. Il est temps de se focaliser sur l’imaginaire de son nouveau clip. Il fascine mes yeux.

L’image l’emporte sur l’instru. Un plan égale une idée. Une philosophie visuelle déjà aperçue à foison sur les derniers clips de Kendrick Lamar.
Le single du francophone suit une direction assez similaire. Chaque séquence se calque sur les paroles de Lomepal (la marinade, le combiné, etc.).
Puis, un contraste se note excellemment bien. Les premières minutes de « Tee » affichent un Antoine Valentinelli caché. En ville, il fuit les regards, évite notre attention, tourne le dos à la caméra. Comme s’il trainait sur trop d’endroits anxiogènes. Une fois en pleine campagne, on admire le visage de l’artiste. Le décor s’ouvre sur une verdure rayonnante. Loin de la pluie et de la froide architecture des mégapoles, Lomepal forme un quatuor.

« Tee » synthétise l’ambiance de ces deux dernières années. La ville enfermait les citoyens dans une espèce de cauchemar. Surveillés. Epiés. Contrôlés. L’urbanisme s’apparentait à une dystopie. Des mesures liberticides dictaient nos pas. Sortir de chez soi devenait une contrainte. Dès lors, la nature était notre porte ouverte vers un Ailleurs plus que nécessaire. Nous avions tout le temps de découvrir de nouveaux coins abandonnés ou isolés. Se reconnecter à la nature fait un bien fou. Parfois, le vrai visage des humains se révèle s’il se trouve sur des plaines verdoyantes. Qui sait ? La foule n’a jamais été de bon augure. La présence des insectes, des plantes ou de l’air frais sont à des années lumières des quelconques préoccupations existentielles.

DRAMA
Photo ©Victor Boccard

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