Erudition Sans Complexe

Idles et son ossature

Mon meilleur ami est alien. Lui-aussi porte sa croix. Mais rien ne l’arrête ! Il participe aux manifestations et élève sa voix. Bizarrement, il aime charmer un peuple, même s’il ressent des difficultés pour se débrouiller, à cause des barrières linguistiques, du manque d’argent, de sa couleur de peau. Il capte très vite le fonctionnement du système. Pour l’instant, la vie se résume à 2 actions : amasser de l’argent et trouver un emploi. Bref, se faire chier.

L’alien nous accepte. Il sait que l’envie de profit n’effacera pas son empathie. Autour de lui, les gens ne pensent qu’au pognon. Il peut comprendre… mais personne ne veut le comprendre. Il sait juste qu’il doit faire face à un ennemi plus creux qu’une coquille vide. Nous ne nommerons pas ses ennemis. Définissons une réalité, voici l’Europe gangrénée par un venin vieux comme le monde.

L’extra-terrestre s’en bat les couilles. Il préfère écouter des chansons punk. Il assiste alors à un concert mémorable. Les mélodies sont plutôt sophistiquées. Les musiciens sonnent vachement bien. Ils possèdent du beau matos sur scène. L’alien entre dans un pogo et sniffe sa sueur. Il endosse l’ossature d’Idles. Qu’est-ce que ça signifie ? Qu’il embrasse la philosophie du groupe. Elle pousse à réfléchir. Leurs paroles ne sont pas complexes. Elles décrivent ce qui mène au chaos. Comment le prouver ? Ecoutez ‘Danny Nedelko’.

Fear leads to panic. Panic leads to pain. Pain leads to anger. Anger leads to hate.

Le petit homme vert retourne chez les siens. Il sait désormais qu’il faut assumer une évidence… les politiciens ne sauveront rien, tant qu’ils mêleront la peur à leur propagande. Puis, ça se sait, les illuminés respectent une stratégie : diviser pour mieux régner. Des mots terrifiants. Des actes inacceptables. Néanmoins, restons optimistes ! La vie ne se résume pas à 2 actions. Ne perdons pas le goût de la confrontation, le désir de dialoguer. Là-bas, dans l’espace, ils chantent déjà comme Joe Talbot.

He’s made of bones, he’s made of blood. He’s made of flesh, he’s made of love. He’s made of you, he’s made of me. Unity.

brunoaleas – Illustration ©Selçuk Mutlu / Il faut que tu respires (2011), 70 x 100cm, huile sur papier (courtesy of Espace 251 Nord)

We Hate You Please Die, parlons émotions

Quand on devient de plus en plus sensible, quand on aimerait exprimer ce que traverse le cerveau… mettre des mots sur ses émotions est salvateur. Ensuite, la vie serait vraiment plus simple ? Réponses d’un groupe de Rouen.

We Hate You Please Die est une bande punk, active depuis 2017. Lorsque je découvre leur titre ‘Adrenaline’, mes yeux s’arrêtent sur les paroles. Euphorie, âme, ces sujets chantés sont souvent fascinants. La première question frappant mon esprit se réfère à l’adrénaline. L’hormone parfois recherchée lors de situations tendues. Je contacte alors le trio pour savoir si c’est une bonne chose de ressentir l’adrénaline sur scène. La réponse fut franche et directe.

Evidemment. Ça aide à se déstresser, à se motiver, à donner le meilleur de soi-même à chaque concert. Si on ne sait pas trop la gérer, ça peut nous faire accélérer les tempos des morceaux mais c’est intéressant d’apprendre à gérer ça au fur et à mesure. Et puis, globalement, si on avait jamais d’adrénaline, la vie serait bien triste.

Pour les personnes trop paumées, trop larguées, en inadéquation avec leur époque, dialoguer n’est parfois pas l’action la plus aisée. Dès lors, une interrogation se pose. S’exprimer au sujet de ses émotions, ça s’apprend ou pas ?

Oui, mais ça ne devrait pas. Quand on est enfant, on nous apprend les émotions simples, à mettre des noms dessus. Puis, en grandissant on est de plus en plus contraint.e à garder tout ce qu’on ressent pour soi-même, à paraître en permanence maitre.sse de ses émotions et à ne pas avoir de faille. Du coup, il faut désapprendre cette pudeur, parce qu’elle nous bloque et nous renferme sur nous-mêmes, alors qu’en vrai, il faut dire aux gens qu’on aime qu’on les aime, et aux connards, de rester loin.

brunoaleas – Photo ©Charlotte Romer

Musique, politique, fusion compliquée ?

Année 2000. 3 couplets. 3 refrains. Rage Against The Machine pénètre les esprits en interprétant ‘Sleep Now in the Fire’. Les paroles dénoncent le système capitalisme et rappellent 2 catastrophes américaines (Vietnam et Hiroshima). Cerise sur la gâteau, pour magnifier sa colère, le groupe donne un concert aux abords de Wall Street, filmé par le réalisateur Michael Moore !
Les membres ne stagnent pas sur place. Les forces de l’ordre commencent à s’agglutiner. Les musiciens se hissent alors sur une statue de George Washington. Conséquences ? Michael Moore et le bassiste Tim Commerford sont coffrés. Quant à la Bourse de New York, elle annonce sa fermeture pour la fin de journée, 2 heures plus tôt qu’à l’accoutumée (une première depuis le krach de 1929). Quelle époque. Quel culot.

Aujourd’hui, qui oserait réaliser une telle action ? Les artistes engagés existent toujours, heureusement. L’humoriste Aymeric Lompret, parrain des mal logés. Zerocalcare dessinant les préoccupations locales et internationales. Les photographies de Marjorie Goffart. Jérôme Colin, auteur ému face aux souffrances juvéniles. Adèle Haenel qui politise son arrêt du cinéma. La liste est longue.
Mais qu’en est-il de la musique actuelle ? Plusieurs noms me viennent en tête : Idles, Médine, Pomme, Caparezza, OrelSan, Nekfeu, Giancane… mais franchement, personne n’arrive à la hauteur de Rage Against The Machine (je vous laisse découvrir le pourquoi du comment).

Faut-il désespérer ? Jamais. L’espoir fait vivre. Un phénomène offrant joie et énergie se nomme ‘le chant’. Il est primordial de savoir qu’on peut s’engager en chantant, sans étudier le solfège, sans oreille absolue. Comment s’en rendre compte ? En allant manifester. Des chants s’organisent de A à Z, bien avant de marcher tous ensemble dans les rues. Mehdi Salhi détaille le modus operandi.

M. Salhi à la marche contre le centre fermé de Vottem. – ©Mouche (avril 2024)

Dans la composition du chant, il y a 3 éléments à avoir en tête : l’idée politique, le rythme et des gens capables de chanter une idée simple, facile, reconnaissable. Dans la plupart des manifestations, il est important d’avoir une réflexion collective avec tous les militants autour de toi. Savoir quel message va percer, comment l’organiser.

L’homme de gauche creuse sa pensée. Mélomane, il aime lancer des chansons en manifestation. Il cite les Français, quand ils criaient contre la réforme des retraites : Pas de retraités sur une planète brûlée ! Si on voyage un peu plus loin, la vision de l’Afrique du Sud se présente tel un modèle pour se réapproprier les rues. Mehdi Salhi le constate sur les lieux, aux côtés de Peter Mertens, ancien président du Parti du Travail de Belgique.

En Afrique du Sud, le peuple chante tout le temps dans toutes leurs manifs. C’est devenu une identité sociale. C’est ultra fort. Leur façon de faire date de leur lutte contre l’apartheid. On doit s’inspirer des sudafricains. Ils avancent, dansent et chantent ensemble. Quelle leçon ! Il n’y a qu’à voir leurs manifs durant les années 90, c’est bien plus impressionnant que les nôtres.

Il aimerait aussi expérimenter une activité : se calquer sur les pratiques des supporters de football. Les ultras (fanatiques de foot) ne sont pas des exemples de vertus. Néanmoins, chanter comme ils le font dans les stades serait une manière de faire vibrer la rue, selon Mehdi Salhi.
L’espace public ne doit pas incarner le pouvoir autoritaire d’une certaine élite politique… le peuple doit symboliser un contre-pouvoir, vu que les médias traditionnels ont du mal à l’être. Un réflexe à adopter, surtout face aux systèmes étouffants, absurdes et inégalitaires. Mehdi Salhi désire défendre les jeunes. Il espère un avenir débarrassé des désillusions. Et nous ? Sommes-nous prêts à militer en composant de nouvelles mélodies ? Bien sûr ! La musique est à la portée de tout le monde.

brunoaleas – Photo bannière ©Gie Knaeps

Joann Sfar, idiot utile de trop ?

L’Amour est le Message. J’espère promouvoir cette pensée à travers mes écrits. Pourquoi ? Nous vivons des heures sombres. Pourquoi ? Nos sociétés se percutent, s’entrechoquent, se saignent pour glorifier des idées meurtrières. S’il fallait donner un et un seul exemple, parlons de la Palestine. Juste après la Seconde Guerre mondiale, son peuple s’engouffre dans une lutte infernale pour faire valoir ses droits. N’oublions pas. 1948, l’exode de plusieurs Palestiniens…

Aujourd’hui, d’autres chiffres terrifient à tout point de vue. Gaza est hécatombe. Selon l’Organisation des Nations Unis, on y compte plus d’enfants tués en 4 mois, qu’en 4 ans de conflits dans le monde. Il est temps de condamner Israël. Destituez ce Netanyahou fasciste. Remettons en question les propos de Joann Sfar. Récemment, l’auteur français publie Nous vivrons, une enquête sur l’avenir des juifs.

Je ne déteste pas ce dessinateur. Il est important de l’écrire. La haine est un frein toxique pour tout un chacun. Par contre, même s’il prône le dialogue avec les peuples, même s’il souhaite l’espoir d’une cohabitation possible… quelle tristesse de ne pas citer les actions insupportables d’un Etat israélien extrêmement belliciste ! Au sein d’espaces médiatiques, Joann Sfar se présente, non pas comme géopoliticien, mais comme alarmiste. Les tensions entre juifs et arabes existent et existeront encore et encore. Surtout si personne n’arrête le Hamas et les personnes finançant ces terroristes ! Pour quelle raison l’artiste ne pointe pas du doigt la probable implication israélienne ?

Pour empêcher la création d’un Etat palestinien, il faut épauler ceux qui soutiennent le Hamas et lui transfèrent des financements.

Voici ce qu’aurait affirmer Benyamin Netanyahou, lors d’une réunion des parlementaires du Likoud (2019), d’après The Observer (2023). Autre information provenant du même journal, dans les médias israéliens, un représentant du ministère de la Défense certifie qu’à terme, Gaza ne sera plus qu’une ville de tentes, sans aucun bâtiment.

Par honnêteté, j’avoue un détail important… je n’ai pas lu Nous vivrons. Néanmoins, la promo orchestrée par Joann Sfar mérite un article, cet article ! Car l’individu passe pour un idiot utile. C’est-à-dire, une personne qui sert, involontairement, une cause qu’il ignore, contredisant parfois ses convictions profondes. Je ne peux pas définir Joann Sfar de la sorte. Pour l’instant, je constate qu’il semble nier la réalité palestienne… mais je ne veux être aucunement insultant envers une personnalité aussi engagée, aussi pacifiste, se rendant compte qu’il est de plus en plus rude de débattre avec les 2 populations.
Donnons une chance à la paix. Il est difficile d’être juif en France, Joann, ça se comprend. Cependant, le passé éclaire le présent.

brunoaleas – Photo ©Antonino Caruana

Quelques lettres sur un bout de papier

Vit-on aujourd’hui dans un monde où l’oral prime sur l’écrit ?

Aujourd’hui, l’art oratoire semble dominer tandis que l’écrit, lui, paraît subir un vrai déclin. Que dire du manque d’intérêt que peut susciter la lecture et de sa diminution chez les jeunes, alors que ces derniers se ruent devant des vidéos YouTube où seuls l’oral et la vidéo comptent ? Que dire du langage SMS ou du niveau d’orthographe en baisse depuis quelques (longues) années ? L’écriture est-elle morte aujourd’hui parmi la jeune génération ?

Écrire et inventer des histoires est ma passion depuis aussi longtemps que je m’en souvienne. Cependant, cet attrait pour l’écriture ne me semble pas être majoritaire dans ma génération. Comme si devenir influenceur ou star des réseaux était plus un rêve partagé actuellement que de laisser une petite trace écrite dans l’histoire.

Pourtant, à l’origine, c’est par l’écrit qu’un nombre incalculable de savoirs ont été partagés, c’est l’écriture qui a révolutionné l’histoire de l’humanité et permis au monde d’évoluer. Être capable d’écrire était source de savoirs il y a encore quelques temps de ça et les poètes étaient des gens reconnus il y a encore quelques décennies.

Mais quelques lettres sur un bout de papier ou un autre support est-il maintenant quelque chose de dépassé à l’heure où Netflix et YouTube semblent dominer notre monde avec la vidéo, à l’heure où lire des classiques semblent être une corvée scolaire plutôt qu’un choix que l’on fait ? Malgré le pessimisme qui peut ressortir de ce texte, je tiens à vous dire que tout n’est pas perdu. Quelques irréductibles membres, de ce qu’on pourrait appeler jeunesse, cultivent encore ce goût pour l’écriture. Que ce soit par le journal de ma fac ou par les rencontres faites avec Scan-R, je me rends compte que l’écriture n’est pas morte et que s’appliquer à écrire est encore important pour certains.

Alors prenez tous un crayon ou un Bic et gravez sur le papier ou même sur un ordi ce que vous voulez exprimer et qui parfois, vaut 1000 images.

Emma Muselle – Photo ©brunoaleas
Texte écrit lors d’un atelier Scan-R

The Smile… la musique idéale ?

Le titre de cet article surprend, n’est-ce pas ? Il n’existe pas de musique idéale. La perfection n’existe pas. Alors, pourquoi titrer ainsi, alors qu’il s’agit de l’une de mes profondes pensées ? Je souhaite citer un groupe qui touche à la perfection. Un trio pas comme les autres. Thom Yorke, Jonny Greenwod et Tom Skinner dévoile un second album fascinant. The Smile est de retour. Le ton est sophistiqué, plus que jamais.

De fait, en peu de morceaux, les Anglais font encore preuve de magie. Wall of Eyes est un opus procurant une sensation à part. Voyager n’est plus un obstacle. The Smile réunit plusieurs mélodies accrocheuses. Une basse aux notes rondes, claires, chaleureuses. Une guitare jamais timide, assumée et piquante. Une batterie au service de musiciens débordant d’imagination. Antoine Pierre est batteur chez TaxiWars, Nex.Ape et bien d’autres projets. Il apporte son point de vue quant au jeu de Tom Skinner. Le jeune Bruxellois dépeint un musicien inspirant.

Tom Skinner est l’un des descendants de Tony Allen. J’entends beaucoup d’afrobeat lorsqu’il bat son instrument. Pour moi, c’est de la haute voltige en ce qui concerne la musique. Tom Skinner fait du bien à Thom Yorke. Ca fait du bien de l’écouter. J’ai l’impression d’écouter Radiohead avec un nouveau batteur, d’une certaine manière.

L’ADN de Radiohead est là, accompagné d’un batteur qui va un peu plus loin en termes de figures rythmiques. Rien que le premier album dévoilait des figures rythmiques ultra subtiles et intelligentes. Même si elles sonnent hyper simples, elles ne sont pas du tout carrées. Tom Skinner est super fin. Ca groove bien.

Quant aux cordes, car oui, un orchestre accompagne le groupe, que dire ? Si ce n’est : Félicitations les gars, vos composition sont toujours aussi classieuses ! Le mixage de Sam-Pett Davies (déjà présent aux côtés de Thom Yorke sur la bande originale de Suspiria) n’a rien à envier aux méthodes du grand gourou radioheadesque, Nigel Godrich.
Puis, The Smile impose la procrastination. Quand on est mélomane, il n’y a pas à craindre d’attendre la nuit la plus propice pour l’écoute d’un nouvel album. Procrastination n’est pas ignominie, d’après d’après le Christian Science Monitor⁠.

Pour éviter une tâche difficile, on finit par en accomplir une autre, comme quand Isaac Newton a procrastiné sur ses recherches alchimiques et découvert le calcul infinitésimal.

C’est pourquoi, à l’heure où j’écris ces mots, je n’ai toujours pas écouter Wall of Eyes dans son entièreté. Mais je sais qu’il n’y a rien de mal à imaginer déjà cette expérience musicale comme un moment spécial et atypique. Je serai encore largué vers une autre dimension, tels les spontanés enfants filmés pour le clip de ‘Friend Of A Friend’.

brunoaleas – Photo ©Frank Lebon

L’histoire de Bob Casino

Bob Casino cherche la Lune. Il sait comment y accéder. Sauf qu’il lui manque la clé pour atteindre son but. Il ne sait ressentir une once d’amour. Il subit un tas d’obligations : obtenir un emploi stable, fonder une famille, choper un permis de conduire, maigrir, se vacciner, voter encore et encore. La déprime pourrit ses neurones.

Bob Casino cherche un sens à sa vie. Souvent, il traine des pieds. Aux diners de famille, il fait pâle figure. Des fantômes seraient bien plus loquaces. Mais son regard se perd vers un néant visible. Il ne sait plus où se mettre. Qui l’accepte vraiment tel qu’il est ? Cette question le hante depuis quelques temps.

L’homme aux grandes oreilles ne baissent pas les bras. Il sait qu’aimer, c’est d’abord s’aimer. Il pète un câble lorsque son père fête son départ à la pension. Il sort bourré, prêt à bousculer tout le monde. Il fracasse une vitre pour démarrer une voiture garée en face de sa maison. Bob Casino perd ses repères. Bob Casino n’est plus le même.

Il appuie sur le champignon. La voiture dépasse les 80km/h…. elle fonce alors sur un arbre situé près d’un parc pour enfants. Il est minuit. Bob Casino entrevoit la Lune. Un sourire apparaît sur son visage ensanglanté. Il aime sa vie. Mais jusque quand sera-t-il libre de l’aimer ?

brunoaleas

L’ignorance, source de bonheur ?

Parfois, ne rien savoir est bénéfique. Nul besoin d’oublier, d’encaisser. Lorsqu’on n’obtient pas d’infos sur telle ou telle catastrophe, on se protège d’un mal. Pour les plus empathiques, regarder le journal télévisé équivaut à se fouetter chaque seconde. La torture est telle que je préfère éteindre cette merde et me focaliser sur mes passions. Mais nier devient alors gravissime ? Non. Nous pouvons nous renseigner quoi qu’il arrive, sans suivre les canaux traditionnels. Médias indépendants, fanzines, artistes engagés et bien d’autres vecteurs d’informations sont à notre portée.

Puis, il s’agirait de savoir si la satisfaction de nos désirs permet d’atteindre le bonheur. Double non. Atteindre une accalmie peut-être, mais jamais l’ataraxie. Je préfère développer ma pensée à la manière d’Arthur Schopenhauer. Si l’on désire se renseigner, c’est qu’on ressent un manque de savoir. Mais quand on apprend les nouvelles, la souffrance est inévitable. L’ignorance est par conséquent source de bonheur… jusqu’à un certain point !

Le titre ‘Dumb’ de Nirvana semble illustrer mes propos. Le morceau a désormais un clip attribué, une sortie définie pour les 30 ans de l’album In Utero. La vidéo fut réalisée et créée par l’illustrateur et animateur Ruff Mercy. Elle est animée à partir d’une pellicule Super-8mm peinte à la main. Focalisons notre attention sur quelques paroles de la chanson.

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I’m not like them, but I can pretend
The sun is gone, but I have a light
The day is done, but I’m having fun
I think I’m dumb or maybe I’m just happy

Que dire ? Ignorer n’est pas un crime. Néanmoins, se rendre compte de son ignorance est nécessaire. C’est même vital ! Si vous souhaitez ne rien connaître de la Shoah, grand bien vous fasse, mais ne venez pas pleurer si vous votez des néo-nazis, en toute insouciance !

Le bonheur est relatif. Tout un chacun partage une vision unique à ce sujet. Tant mieux. Ne mélangeons pas nos désirs et convictions. Veux-tu croire qu’il est impossible de se fier aux médias ? Pas de soucis. Cependant, ne feins pas d’éviter les bouquins d’Histoire ou d’autres aides culturelles pour analyser passé, présent et probable futur.

brunoaleas – Illustration ©Ruff Mercy

L’importance de l’art

A quel point l’art a un rôle important dans nos vies ? Deux jeunes personnes s’expriment sur le sujet. Elise résume la beauté de l’écriture. Bruno, lui, joue carte sur table.

Ecrire, un moyen de voyager, s’instruire, s’évader – Elise

L’écriture est étroitement liée à la lecture. Elles se complètent mais je me pencherai principalement sur la première. Les mots ont un pouvoir, souvent inconscients sur nous. Ils nous interpellent, touchent, renversent. Ils nous transmettent des sensations, des émotions, des passions.

La pointe du stylo à bille glisse sur la feuille comme un surfeur sur sa planche. Les sons se mélangent et comme un orchestre, s’arrangent. La vibe s’installe, l’ambiance prend place sans que l’on s’en lasse. Pour les adeptes de la technologie, les touches du clavier sont frappées comme un forgeron avec son enclume.

Peu à peu, l’esprit sort de la brume, s’éclaircit, s’en voit allégé. Vraiment, l’écriture nous permet de voyager.

Questionner sa motivation – brunoaleas

Qu’est-ce qui me motive à me lever le matin ? A vrai dire, je crois que l’art joue un rôle important et nécessaire dans ma vie. J’ai perdu la personne que j’aimais le plus au monde, il y a quelques années. Peut-être qu’inconsciemment, je cherche de pures évasions, là où je peux éternellement stimuler mon imagination.

Alors, chaque jour, mes yeux s’entre-choquent à d’autres imaginaires. Qui sait ? Ils m’inspirent et m’inspireront pour toujours. Tant que l’art reste un terrain de jeu pour tout le monde, je me lèverai chaque matin.

Photo ©elve_photographie / Textes écrits lors d’ateliers Scan-R

Où se trouve la chaleur humaine ?

Où se trouve la chaleur humaine ? Désigner l’art comme non-essentiel. Observer nos abeilles disparaître petit à petit. Voir des manifestations devenir de vraies scènes de guerre… l’heure est à la réconciliation. Nicolas Michaux partage ‘Chaleur Humaine’. Il semble faire la paix avec soi-même. Son clip dévoile une ambiance chaleureuse. Le guitariste se promène vers des décors ensoleillés. On aurait envie de se perdre à ses côtés, au milieu des plages méditerranéennes. Le Soleil, c’est bien beau mais peut-on y déceler un message clair et net ? Sur Instagram, l’artiste décrit vouloir garder espoir en chantant ‘Chaleur Humaine’, malgré nos deux maux actuels : le dérèglement climatique et le capitalisme débridé.

En 2021, Nicolas Michaux exprime déjà un élan d’optimisme, tout en tenant un discours nuancé. Lorsque je rédige mon mémoire au sujet de la critique musicale francophone, ses mots donnent à réfléchir.

Le confinement et toute cette histoire de corona bouleversent beaucoup de choses. J’aperçois de la bienveillance de la part des médias envers les artistes belges. Je vois ça d’un bon œil. Sauf que j’ai toujours eu le sentiment que la Belgique fran­cophone est un territoire peu chauvin. C’est vrai que ça a aussi plein d’avantages. Je n’ai pas envie qu’on devienne des patriotes culturels qui bran­dissent les couleurs des artistes pour tout et pour rien. Je ne vois pas le monde, la culture et la vie de cette façon. Je pense vraiment que les mentalités évoluent.

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Il y a quelques années, il fallait être connu ailleurs pour être reconnu chez soi. Aujourd’hui, une vraie réflexion s’impose. On devrait soutenir mieux, ou encore plus, nos ar­tistes, sans avoir peur d’en être fier. Pour ma part, je me considère extrêmement chanceux quant à la réception d’Amour Colère. Des dizaines d’artistes produisent des œuvres pleines de valeurs et dont on ne parle jamais ! Il y a également un engoue­ment autour de Capitane Records (ndlr : label musical géré par Nicolas Michaux). Il y a un in­térêt chez la sphère médiatique pour les initiatives similaires à la création du label.

Quelques années plus tard, l’artiste propose un morceau classieux, propre à son rock minimaliste. Un titre solaire et solidaire. ‘Chaleur Humaine’ me rappelle à quel point j’aime rencontrer les artistes. Ces derniers ne suivent pas le modus operandi des politiciens. Rien n’est calculé à l’avance pour la plupart d’entre eux. La spontanéité domine bien plus leur manière d’être.
Nicolas Michaux comprend sûrement cette opinion, lui-même favorisant le pouvoir à la sainte collectivité, et non à l’idéologie libérale de plus en plus superficielle.

brunoaleas – Photo ©Valentine Riccardi

La beauté de la vie, c’est l’art

L’art est une chose que l’on voit tous les jours mais qu’on prend rarement le temps de regarder et apprécier. L’art est un débat mondial, l’art, c’est tout et rien en même temps. Est-ce que les jeux-vidéo, c’est de l’art ? Est-ce qu’une casserole, c’est de l’art ? Est-ce qu’une banane scotchée à un mur, c’est de l’art ? Ect.

Car oui la banane scotchée à un mur est une œuvre d’art créée par Maurizio Cattelan vendue à 120 000 dollars. Cet artiste italien a voulu défier les règles de l’art et ce n’est pas le seul.

Et c’est là que je reviens à mon sujet principal la beauté de la vie c’est… l’art car l’art, c’est la beauté de la vie pour ses catégories classiques ; l’écriture, le dessin, la danse, la peinture et j’en passe… Mais c’est aussi la beauté de la vie car c’est une banane scotchée à un mur, une toilette retournée, et plein d’autres choses aussi farfelues vu que cette forme d’art, sa seule limite, c’est la créativité de l’homme, qui elle, est illimitée.

L’art, c’est la beauté de la vie car c’est c’est ce qui l’a écrite.

Simon M. – Photo ©brunoaleas, David vs Goliath d’Osch
Texte écrit lors d’un atelier Scan-R

Arthur Teboul : devenir poète public

La vie nous réserve bien des surprises, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Des hauts et des bas. Des montagnes russes plutôt incontrôlables. Lire des poésies revient à profiter de notre meilleure évasion.
Comment mieux le comprendre ? Au 24 juin 1936, de sages paroles s’immortalisent à Londres. Lors d’une conférence à l’occasion de l’Exposition des surréalistes, organisée par Roland Penrose, Paul Eluard se prononce sur la figure du poète.

Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré. Les poèmes ont toujours de grandes marges blanches, de grandes marges de silence où la mémoire ardente se consume pour recréer un délire sans passé. Leur principale qualité est non pas, je le répète, d’invoquer, mais d’inspirer. Tant de poèmes d’amour sans objet réuniront, un beau jour, des amants.

Aujourd’hui, un artiste suit les traces du surréalisme littéraire. Arthur Teboul publie un premier livre nommé Le Déversoir. Connu pour jouer au sein de Feu! Chatterton, le voici désormais auteur d’un recueil de poèmes-minute. L’objectif est simple. Ecrire des poésies en très peu de temps. L’écriture automatique est le seul moyen d’y parvenir. Rédiger sans réfléchir. Encrer sans calculer. La poésie équivaut à un terrain de jeu formidable. Le Français nous le rappelle en plus de 200 pages. Lui qui aime interpréter Jacques Prévert ou Aragon, il livre ses pensées brutes sur le papier. On y ressent une certaine légèreté. Tout un chacun peut s’identifier à tel ou tel passage farfelu. D’ailleurs, un poème me parle énormément. Je voyage vers mes souvenirs urbains, teintés de mélancolie, lorsque mes yeux se posent sur Boulevard vide.

Mais pourquoi découvrir Le Déversoir plus qu’un autre bouquin ?! L’œuvre se veut plus qu’une lecture. Arthur Teboul ouvre un cabinet. Le but est d’y prendre rendez-vous afin de recevoir son écrit personnalisé. La Ville Lumière apparaît différente, l’espace d’un instant. Devenir poète public, telle est la mission atypique du jeune Parisien. Un jour, verra-t-on plus d’initiatives de ce genre aux coins des rues… qui sait ? Je ne possède aucune boule de cristal. Voir surgir des lieux culturels si émouvants, si ludiques, serait génialissime ! Depuis l’adolescence, je suis juste conscient d’un fait impérissable : j’aime partager mes poésies. En d’autres mots, confronter les mots et provoquer d’inédites réactions.
Souhaitons joie et bonheur à Arthur. La poésie est un reflet indescriptible de nos réalités. Je désire qu’elle le demeure pour l’éternité.

brunoaleas – Photo ©Clément Doumic