Le Comte de Monte-Cristo

Un miracle advient ! Un film français est digne d’un souffle épique ! Le Comte de Monte-Cristo est réalisé par Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière. L’adaptation du classique de la littérature force le respect. Les cinéastes s’éloignent quelques fois du roman. Mais, ils présentent toujours un protagoniste qui renaît de ses cendres. Edmond Dantès, jeune marin, débarque à Marseille pour s’y fiancer avec Mercédès Herrera. À la suite d’un exploit en pleine mer, on lui promet la place de capitaine. Trahi, il est dénoncé comme conspirateur bonapartiste. Il est alors enfermé au château d’If. La souffrance est au rendez-vous. Son mental sombre petit à petit. Soudain, il s’évade et prend possession d’un trésor caché sur l’île de Montecristo. Il va désormais se venger et retrouver ses accusateurs.  

Comment ne pas ressentir un ennui profond devant une histoire de vengeance ? L’œuvre propose une relecture foutrement bien filmée, affichant des actrices et acteurs talentueux.

Laurent Lafitte incarne la crasse. Ce procureur du roi symbolise un adage clair et net : la fin justifie les moyens. Encore une fois, l’artiste n’a rien à prouver. Son dédain, mépris et indifférence frôlent l’excellence. Son personnage s’observe comme un être abject qu’on aimerait condamner dans les flammes de l’Enfer.

Anaïs Demoustier joue Mercédès, une dame fascinante. Elle semblait être la dernière lueur d’espoir d’Edmond. Malheureusement, lors de son retour à la civilisation, il découvre qu’elle est mariée à un homme peu vertueux.
Lire Dumas, c’est découvrir les nombreuses nuances des passions et relations humaines. Face à sa bien-aimée, Edmond se perd dans la confusion et le doute… des sentiments vécus tout au long de notre vie. Le caractère universel de l’œuvre se résume bel et bien aux dialogues entre Mercédès et Edmond.

Enfin, Pierre Niney porte le rôle principal de main de maître. J’aurais souhaité le voir partager plus de moments avec l’abbé Faria, son mentor et aide divine. Alexandre Dumas rédige des instants poétiques, d’une sagesse folle, lors de leur rencontre à la forteresse. Le film met de côté ces passages si beaux.
Le scénario demeure tout de même pertinent. La transformation d’Edmond en Monte-Cristo. Ses alliés et ennemis. Sa soif de justice. Tant d’éléments font de ce personnage l’un des meilleurs, toute fiction confondue !

Monte­-Cristo n’est pas un Robin des bois, c’est quelqu’un qui a tout l’argent du monde, mais il ne le donne pas. Il le consacre à sa vengeance. C’est un héros totalement moderne dans cette dimension individualiste, égoïste. Matthieu Delaporte

brunoaleas

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