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Bo Burnham : la génération de la fin du monde (3/4)

Juin 2016. Barack Obama coule ses derniers mois de présidence, et nous sommes dans les derniers mois d’une période historique. Cinq mois plus tard, les Américains éliront celui qui ridiculisera son pays des années durant. Pendant l’ère Obama, l’époque était caractérisée par un espoir en la gauche, en le progrès. Même l’élection écarte le socialiste Bernie Sanders… les Américains croient encore en un avenir égalitaire et inclusif.

C’est sans changement radical dans son style que Bo Burnham écrit Make Happy. Trois ans après What, l’artiste a encore pris en notoriété et les maladresses sont bien moins présentes. Comparer les deux spectacles pourrait montrer une évolution. Pourtant, ils sont très proches. D’un format semblable, ils sortent tous deux à des époques très similaires. Pendant le mandat d’Obama, Burnham et le public sont bien loin de savoir que le monde du spectacle allait profondément changer. Continuer la lecture

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Aussi tribal que The Smile

Moult médias affichent leur condescendance vis-à-vis de The Smile. Le nouveau projet de Thom Yorke et Johny Greenwood est trop souvent comparé à Radiohead. Les Anglais ont toujours une empreinte reconnaissable dans chacun de leur projet. L’amour electro de Yorke chez Atoms for Peace. Ou le soin apporté aux instruments à cordes, lorsque Greenwood compose des bandes originales. Continuer la lecture

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Bienvenue dans l’Enfer selon black midi

black midi est de retour (déjà ?) après Cavalcade, album qui à lui seul aurait pu assurer la satisfaction d’un jeune groupe pour pour le restant de leurs jours. Les feux de l’enfer font rage. Le vertige de la chaleur omniprésente, de la grandeur presque théâtrale, du rythme immodéré, ferait perdre la tête à quiconque, avertis y compris, s’aventurerait dans le terrible Hellfire. L’Enfer de black midi n’a rien d’une solitude éternelle chargée de lentes lamentations. Bienvenue en Enfer. Un message adressé à ceux qui oseraient poursuivre la route effrénée aux milles péchés, où nous mènent les Londoniens. Continuer la lecture

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Dead Cross et la triste vérité

Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l’avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques. -Tiré d’un édito d’Albert Camus (Combat, 1945)

2 jours après l’explosion de la bombe atomique sur Hiroshima, Albert Camus fustige l’invention infernale. Il dénonce cette révolution scientifique créée par des hommes prêts à livrer l’arme ultime. L’écrivain pointe déjà le mal incarné, à savoir les côtés toxiques et fatalistes de l’humanité. L’être humain ne se limite pas à dévorer d’autres êtres vivants pour survivre… en 1945, il balance un fléau sur le Japon. Résultat ? 70.000 morts.
Aujourd’hui, un artiste rejoint la pensée de l’auteur : Mike Patton. De retour après avoir affronté son agoraphobie et ses problèmes d’alcool, le musicien avant-gardiste (écoutez Fantomas ou sa collab’ avec Vannier) bouscule la doxa. Il chante une triste vérité sur Reign of Error.

Who is our problem ? We are the problem. Continuer la lecture

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Nope

Jordan Peele attire les regards. Comme s’il lançait un effet de mode. Comme s’il affirmait que le cinéma de genre portait un discours critique sur nos sociétés… Lors de la diffusion de Blade Runner 2049, je ressentais déjà une crainte amplifiée à la sortie de Nope. Et si le public d’aujourd’hui n’était plus habitué à voir des œuvres éminemment politiques ?
A force de bouffer Marvel et des comédies françaises de merde, les spectateurs subissent l’endormissement du cerveau.

Où sommes-nous transportés ? OJ et Emerald font partie de la famille Haywood. Ils gèrent un ranch californien et veulent sauver ce patrimoine laissé par leur père. Comment y parvenir ? Il suffit de prendre en photo une force mystérieuse sillonnant le ciel. Continuer la lecture

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The Psychotic Monks Interview

LA RECHERCHE DE SENSATIONS DANS LE CORPS SUR LE MOMENT

Il y a énormément de façons de danser. Il y a énormément de façons de vivre et de ressentir la puissance aux multiples facettes du déferlement d’émotions d’un concert de Psychotic Monks. Au Micro Festival de Liège, le groupe parisien s’expose, viscères au dehors. Il partage cette intimité avec un public transcendé, prêt à recevoir encore davantage. Il est bien vite comblé, bien vite submergé. A un rock qui met des claques, les Moines ajoutent, explorent, et nous suivons, tous parcourus de cette énergie, des virages intenses entre larmes d’euphorie et rires frénétiques. La transe s’installe. Chacun dansant à sa manière, tous au même rythme.
Rencontre désarçonnante avec des personnes cohérentes, pas uniquement dans l’apparence, et inspirantes pour l’artiste, pour l’individu, pour l’âme.

tpm triptique

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His House

Nous sommes à Londres, dans un centre de demandeur d’asile. Bol et Rial font face à 3 personnes. Ces dernières leur annoncent que l’Etat leur octroie un habitat. Un sourire et des rires de soulagement transparaissent de notre couple. Enfin il va avoir la maison dont il rêvait. Arrivés chez eux, la désillusion et le passé les hantent. Et si cette maison n’était pas vraiment la leur ? Continuer la lecture