Le 3 mars 2017 est sans doute devenu la date la plus importante dans la carrière de Deen Burbigo parce qu’elle correspond à la sortie de son premier album, modestement nommé Grand Cru.
Deen Burbigo découvert par la plupart, dont je fais partie, grâce à sa participation au « Rap Contenders », tout comme un certain Nekfeu.
Mais revenons-en à ce fameux Grand Cru.
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Glass Museum Interview
ILS RESPIRENT MUSIQUE
Antoine Flipo et Martin Grégoire, les membres de Glass Museum, nous ont confessé de profondes pensées. Leur adoration de la musique, leurs goûts musicaux ou encore le jazz sont au centre de l’interview. Ce talentueux duo de Louvain promet!
De nos jours le public qui écoute du jazz est un public très particulier et unique en son genre?
Antoine : Ça dépend parce qu’en fait, on s’en rend compte qu’il y a une certaine « démocratisation du jazz » comme dirait Martin (rire). Aujourd’hui, le jazz part un peu dans tous les sens et du coup, c’est beaucoup plus accessible pour un public beaucoup plus large. On est amené à jouer devant différents types de personnes. Autant on a fait des cafés concerts où c’était plutôt des vieilles personnes qui appréciaient notre musique, autant on a déjà fait des festivals avec des publics de tout âge. Pour nous, le public ne se restreint pas.
Qu’est-ce que tu entends par « le jazz part dans tous les sens »?
Antoine : Avant le jazz était assez élitiste. Il fallait avoir une certaine connaissance pour apprécier le jazz parce que c’est une musique assez compliquée qui nécessitait un savoir de base pour pouvoir l’aimer dans sa complexité. Tandis que maintenant, ce genre de musique se définit comme une musique qui fait passer des émotions. C’est au final une musique de dialogues. Quand on joue ensemble, on fait pas forcément du jazz, mais il y a quand même un dialogue qui se crée entre nous deux et on retrouve énormément cela dans des vieux groupes de jazz.
Martin : Je pense que le fait que le jazz s’inspire de plus en plus du rock et de l’électro, montre que des gens qui n’en écoutaient pas, vont alors s’y intéresser. Ça peut se noter par une première porte d’un groupe jazz au sens large, comme Snarky Puppy ou BadBadNotGood qui font un jazz proche du rock et qui sortent de l’aspect traditionnel du genre. Ces types de groupes vont amener la curiosité du public à écouter du jazz brut parce que c’est une voie d’accès plus libre.
Je suppose qu’Internet aide beaucoup à rendre plus accessible cette musique.
Antoine : Oui c’est certain. Ça s’avère être vrai beaucoup plus chez les jeunes que chez les personnes un peu plus âgées.
N’avez-vous jamais pensé choisir un chanteur ou une chanteuse pour vos chansons?
Antoine : Jamais.
Martin : C’était vraiment naturel dès qu’on a commencé à faire de la musique à deux. On avait commencé à « jamer » et à aucun moment on s’est posé la question de mettre un chant. Par contre, on a déjà pensé vouloir faire une collaboration avec un violoncelliste ou encore avec un trompettiste. On est super ouvert à plein de collaborations et si on était amené à ajouter un chant, ce serait toujours dans cette optique de collaboration, mais pas dans notre projet même. Dans nos styles respectifs, les choses font qu’on aime avoir énormément d’espace pour s’exprimer un maximum.
Antoine : je pense que si on devait ajouter un chant, on ferait alors un autre projet.
Martin : Ce serait une autre manière de composer et de réfléchir la musique.
Antoine : Le chant c’est nous qui le faisons.
C’est joli. Qu’est-ce qui vous motive le plus à faire de la musique?
Antoine : Martin dirait: « Les meufs. ».
(rire)
Martin : Le plaisir simple de faire de la musique est motivant parce que j’ai toujours aimé en faire. J’aime bien être derrière ma batterie et faire des concerts. C’est ce que je préfère faire et je me sens bien sur une scène. Alors que je me sens très mal à parler sur une scène, les approches productives et créatives qui se dégagent en studio et sur scène sont hyper enrichissantes, ce qui nourrit mon bonheur.
Antoine : Moi je pense que j’en ai toujours eu besoin. C’est comme si t’avais besoin de faire du sport…
Martin : Comme on respire.
Antoine : Ouais c’est ça.
Une passion.
Antoine : C’est quelque chose que tu développes très tôt. C’est un besoin au final. Je me lève le matin et joue de la musique, tout comme le soir. J’entends la musique chaque jour. Je ne suis que musique! (rire) Je ne sais pas imaginer ma vie sans musique parce qu’elle fait partie de moi maintenant. Depuis que je suis tout petit, j’ai tout de suite accroché à ça. C’est devenu une passion, c’est devenu un besoin. Physique et émotionnel.
(rire)
Martin : Sinon au niveau des meufs c’est clair que…
(rire)
Est-ce que vous essayez de dépasser certains modèles de la musique, des artistes inoubliables?
Martin : Ce serait prétentieux de vouloir prétendre dépasser quelque chose parce que je pense que « créer » passe par une série d’influence, de recyclage d’idées et de groupe qu’on aime bien. On a pas la prétention de vouloir innover ni le jazz ni le rock.
Antoine : Ah je sais pas…
Martin : On a envie de faire un truc différent. On a envie que les gens nous voient en concert. Ce qui est intéressant dans ce projet-ci, c’est que la formule est assez originale au niveau du son.
Antoine : Ce qu’on fait a déjà été entendu mais en Belgique, il n’y a pas beaucoup de groupes avec un duo formé juste d’un pianiste et batteur. Même si tu n’aimes pas spécialement ce type de musique, il te reste en mémoire si tu n’as pas vu ça ailleurs.
Martin : A notre niveau, ça ne fait qu’un an qu’on joue et on est encore un groupe qui se fait connaître. On ne peut pas encore dire qu’on a été influent sur une scène. Glass Museum est encore en développement. Un groupe qui est influent sur un style propre, est un groupe qui a déjà fait quelques albums et qui est assez entendu à travers le monde. C’est ainsi qu’il pourra influencer d’autres artistes.
J’ai noté que vous pouvez jouer assez rapidement et ralentir la cadence très aisément. Est-ce qu’il y a des artistes qui se rapprochent de ce que vous faîtes?
Antoine : Gogo Penguin ou encore Tigran Hamasyan s’y rapprochent. Ce sont deux de nos influences importantes. Quand on a commencé à jouer, on s’est basé là-dessus parce que c’était un style qui nous convenait tous les deux. Au fur et à mesure, on se décroche petit à petit de ce style pour construire quelque chose de beaucoup plus personnel.
Martin : Je suis tout à fait d’accord. Tu peux aussi associer ça au free-jazz même si on est pas vraiment des amateurs de free-jazz. Personnellement, je suis suis un très grand fan de math rock. C’est un style rock où au niveau des compositions, c’est un peu barré et ça peut partir dans tous les sens.
Les sons sont quand même bien calculés dans le math rock, non?
Il n’y a rien qu’à penser à Foals.
Martin : Foals est déjà plus droit. C’est vrai que c’est un style de musique assez coordonné.
Avez-vous eu du mal à commencer à faire du jazz vu que c’est un genre qui a la réputation de demander beaucoup de travail?
Antoine : Aucun de nous deux n’a vraiment étudié le jazz. Quand on a débuté, on ne s’est pas dit : « On veut faire du jazz. ». On veut faire de la musique. Après quelques concerts, des gens se sont dits qu’on participait à « un réseau jazz ». On nous a juste posé une étiquette.
Martin : Les gens aiment bien définir des styles.
Antoine : On n’avait pas du tout l’envie de faire du jazz au départ. On veut juste faire de la musique via quelque chose de différent.
Martin : Et rigoler quoi.
(rire)
Martin : On s’est juste dit qu’on allait prendre un piano et une batterie pour faire des jams et pour s’amuser.
Si vous deviez ne prendre qu’un seul album avec vous dans une île déserte, lequel choisiseriez-vous?
Martin : Je prendrais le premier album éponyme de SBTRKT.
Antoine : Je n’ai pas vraiment de réponse mais pour l’instant, j’opte pour un album que j’écoute cette semaine et qui se nomme Elaenia de Floating Points.
DRAMA
Interview faite le 23/02/17
Photos ©DRAMA – Kultura, le 23/02/17
Dead Sullivan – Imbecile
Cette critique est une dédicace à tous ceux qui croyaient que le rock était mort après la séparation d’Oasis. Non pas que Dead Sullivan soit comparable au groupe des frères Gallaghers, c’est juste qu’il dépoussière la scène musicale pour y imposer son « rock ».
En terme de découvertes, je ne peux que remercier une chaîne Youtube qui a mis en avant la chanson « Server » de l’album Imbecile : The Lazylazyme (check this, it’s worth it).
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L’Autre Côté De L’Espoir
« C’est facile de mourir, mais j’ai préféré vivre », cette réplique entendue dans L’autre côté de l’espoir peut résumer à elle seule le cinéma du finlandais Aki Kaurismäki. Pouvant être considéré comme l’un des héritiers du réalisme poétique, ce réalisateur trop méconnu a passé sa carrière à filmer les laissés pour compte, les marginaux, les prolétaires avec une profonde mélancolie. Ce à quoi s’ajoute également une tendresse absolue et un humour pince-sans-rire subtil mais souvent efficace qui ne sont pas sans rappeler Jean Renoir, Marcel Carné, ou encore Charlie Chaplin dans un tout autre registre. C’est ainsi qu’il revient dans sa Finlande natale, six ans après le somptueux Le Havre, et onze ans après son dernier film finlandais, Les Lumières du Faubourg. Ce film, duquel Kaurismäki a dit que ce serait son dernier, pourrait bien être un de ses plus radicaux. Mais pas que.
TOP MANGAS 2016
DOKMA : L’année 2016 a été une année vraiment chargée avec un nombre obscène de sorties. J’ai décidé de faire un petit tri des animés qui m’ont le plus plu. J’ai automatiquement retiré les animés les plus connus parce que je fais ce que je veux !!!
Plus sérieusement, c’est surtout parce que les mangas « mainstream » sont connus de tous et ce top n’aurait aucun intérêt s’il ne faisait que les citer… J’ai aussi décidé de me limiter à un animé de chaque « genre » pour essayer de diversifier mon top.
5. Jojo’s Bizarre Adventure : Diamond is unbreakable
CYMOPHAN : Grande année que 2016 pour les mangas. Avec la parution de One Punch Man en Europe, L’Attaque Des Titans, dépassant enfin l’anime, ou encore le début de deux shonens prometteurs: My Hero Academia et Twin Star Exorcist.
Mais pas que, de nombreux mangas moins connus, non pas en version animée mais qui ont commencé à prendre leurs essors.
C’est avec fierté que je vous dresse ici la liste des meilleurs mangas de 2016 !
Le top ne prend pas en compte les mangas étant adapté en anime, mais bien les sorties françaises mangas de 2016 . Il s’agit d’un top 5, mais la dernière place est en réalité un ex-aequo entre les mangas sortis seulement en fin d’année, qui n’ont pas encore assez de tomes pour avoir une critique digne de ce nom mais qui sont néanmoins très prometteurs.
3. I Am A Hero
5. Gunnm, Mars Chronicles / Ninja Slayer / Atom The Beginning
Les Enfants De La Baleine

Dans un monde où tout est recouvert d’une mer de sable, un petite communauté d’êtres humains vit des jours paisibles sur la baleine de glaise, une sorte d’île flottante sur des dunes infinies. La grande majorité des habitants de la baleine sont des « marqués »: ils peuvent manier une forme de télékinésie mais vivent bien moins longtemps que les « non-marqués » qui les gouvernent.
Le héros est un scribe marqué vivant des jours sereins avec ses amis. Mais un jour, on repère une petite embarcation échouée dans la mer de sable et notre héros sera envoyé dans le groupe de reconnaissance. Ce qu’ils y trouverons pourrait changer à jamais le destin de la baleine.
Les Enfants De La Baleine est ma grande découverte 2016.
Logan
ATTENTION CRITIQUE AVEC SPOILERS
Wolverine va sortir ses griffes… Une dernière fois.
On ne l’attendais plus, on n’y croyait plus, depuis le temps nous avions abandonné tout espoir de voir enfin le film Wolverine de nos rêves. Un film qui explore la psyché torturée du personnage, tout en rendant hommage à sa bestialité, mais aussi à son humanité.
Dagashi Kashi & Bungo Stray Dogs
Nekfeu – Cyborg
Une fois le deuxième album de Nekfeu dévoilé au grand jour, je ne pouvais que réagir et me mettre à écrire! C’est plus fort que moi. Ce jeune rappeur français fait partie de mes coups de cœur musicaux.
Sans aucune promotion, lors de son concert à Bercy, Ken expose au calme à ses fans, son nouveau projet nommé Cyborg. Quelle classe! Autant avouer que j’étais sur le cul à la connaissance de cette nouvelle ébouriffante. Continuer la lecture
Grave
Si les films de genre étaient monnaie courante dans le cinéma français entre les années 60 et 80, difficile aujourd’hui d’imaginer autre chose que les trop fréquents drames et comédies dramatiques à qualité variable. De fait, son seul statut de film de genre fait déjà de Grave un OVNI au sein du paysage cinématographique français actuel. Mais pas que.
Omar Rodríguez López – Ensayo De Un Desaparacido
CARAMBA!
Dès que le guitariste Omar Rodríguez López signe en 2016 sur le label Ipecac, dirigé
par Mike Patton, une promesse est lâchée: sortir 12 albums en 6 mois pour finir en beauté l’année 2016!
Ce guitariste aux projets multiples a débuté dans les années nonante avec le groupe At The Drive In, notamment aux côtés de son frère d’arme nommé Cédric Bixler Zavala.
Omar a une carrière folle en termes de production musicales.
Tokyo Ghoul : Re
Tokyo Ghoul : Re, la suite du très populaire seinen Tokyo Ghoul, change l’atmosphère de la série. Après avoir découvert le monde caché des goules, nous suivons désormais Haise Sasaki, un nouveau protagoniste membre des « Colombes », la police chargée d’exterminer la menace représentée par les goules. Il sera notamment chargé de superviser l’entrainement des « Quinkes », des membres des Colombes, modifiées génétiquement pour posséder les mêmes attributs qu’une goule.
Est-ce que ces nouvelles « armes » seront-elles à la hauteur des tâches qui leurs seront confiées? Et quel sombre secret cache les pouvoirs de l’équipe de Sasaki ?
La suite de l’excellent Tokyo Ghoul est classé numéro 1 de mon classement de 2016 pour de très bonnes raisons: ce manga est presque parfait. On peut y retrouver une esthétique travaillée et pleine de personnalité ajoutée à un scénario riche avec des personnages extrêmement bien développés.
La série suit un nouvel arc mais est strictement réservée à ceux qui ont lu la première série. On nous ouvre à de nouveaux personnages et à un nouvel univers, celui des Colombes. On suit ainsi avec plus de précision le système de hiérarchie policière, la façon dont les enquêtes sont conduites, etc. Ce nouvel arc donne une bouffée d’air frais mais n’oublie cependant pas les questions non-résolues de la première série.
Ce qui est si bon dans le scénario de Tokyo Ghoul, c’est l’excellent rythme du récit. Elle marche un peu comme une bouilloire qu’on remplit d’eau et fait chauffer: d’abord, on prend le temps de développer les personnages de chaque factions, on comprend leurs motivations (on remplit la bouilloire). Ensuite, on leurs affecte à chacun un objectif propre qui les mènerons inévitablement à une rencontre fatidique et à une confrontation magistrale (on la met sur le feu), puis la tension monte, les pièces se mettent en place (la bouilloire siffle) et c’est le climax gorgé d’actions: le thé est servi et on peut remplir à nouveau la bouilloire.
Les nombreux retournements de situations, les moments de tensions ou d’excitations, tout cela marche tellement bien grâce au temps mis dans le développement des personnages qui vous sont ainsi extrêmement sympathiques.
Le dessin est très recherché et en constante évolution. Il suffit de comparer le premier et le dernier tome parut pour se rendre compte de l’évolution flagrante de l’esthétisme. Cependant, contrairement à d’autres auteurs qui améliorent simplement leurs techniques de dessin au fur et à mesure de leurs publications (comme Hiro Mashima qui a commencé avec un dessin assez pauvre dans Rave et qui aujourd’hui détient une très belle patte), l’auteur de Tokyo Ghoul est en constante expérimentation. Il essaye sans cesse de nouvelles techniques et change son style de dessin en synchro avec l’évolution de son personnage principal. Lorsqu’il est rempli de doute, le dessin général devient plus flou, lorsqu’il est déterminé, on a des marques plus lisses. Cette inconsistance du style et du character design peut être vu comme déconcertant pour certains, mais permet aussi de redécouvrir le manga à chaque lecture.
Les combats sont de toutes beautés, utilisant des figures abstraites et assez poétiques dans les mouvements et la représentation du corps des goules, mais aussi à travers une grande violence dans des impacts portés lors d’affrontements.
Les corps des goules, étant résistant et capable de se régénérer, sont fréquemment soumis à des mutilations rarement létales. Néanmoins, l’œuvre étant un seinen, il faudra s’attendre à des hécatombes de personnages principaux durant les climax.
S’il y a une chose que je craignais en commençant la lecture de cette nouvelle saison, c’est que toutes les questions non résolues soient oubliées et passées à la trappe pour se concentrer vers de nouvelles intrigues. Il y a certes de nouvelles intrigues mais il est clair que l’auteur ne désire laisser aucun angle mort dans son scénario. Néanmoins, il faudra être très patient pour avoir des réponses et accepter que les personnages principaux ne recherchent pas activement par eux-mêmes des réponses. C’est la vérité qui arrive d’elle-même, qui n’attend pas qu’on la cherche mais qui vient frapper les héros aux moments les plus critiques.
Si vous aimez les seinens orientés « action », Tokyo Ghoul est un immanquable absolu! Si vous avez regardé l’anime et pas lu le manga, je vous prie de commencer la lecture du Tokyo Ghoul original à partir du tome 8 pour ne pas manquer ce que l’horrible saison deux a modifiée et profiter d’un des meilleurs manga sur le marché.
Pierre Reynders







