Qu’est-il arrivé à Kevin Parker? Le chanteur et tête pensante du groupe australien Tame Impala vient de coopérer avec ZHU sur un nouveau morceau nommé « My Life ». On savait que le groupe oscillait vers une musique pop, fan également d’une certaine Britney Spears, mais de là à nous produire un son aussi vide de sens, ça ne pouvait s’imaginer.
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Lumières mystiques Part 1
Tunic au Garage

Winter comes. Le Soleil n’avait plus l’air d’être de mise en Belgique. Dans le pays de la frite, les 10 heures de Soleil de l’entièreté du mois de décembre 2017 faisaient pâlir tout ceux qui voulaient leur vitamine D.
Heureusement que les concerts rock ne manquent pas à Liège. Il me fallait une dose de musique bien brutale, à l’image de ce climat qui n’épargnait personne.
Mon souhait exaucé grâce à PopKatari, je me retrouvais au Garage (Liège) pour assister au live de tunic, un trio provenant de Winnipeg.
Soldout Interview
PLUS FIN QUE JAMAIS
Soldout, duo belge composé de Charlotte Maison et de David Baboulis, évoluant d’album en album vers un style électro très épuré et enflammant toute piste de danse.
DRAMA, fan du groupe depuis l’enfance, s’adresse à Charlotte afin de discuter Forever, Blade Runner, Goose ou défi musical.
Quel est la différence majeure entre le Soldout du premier album comparé à celui de maintenant ?
On a évidemment beaucoup évolué au long de ces 5 albums. Notre premier album est sorti en 2004, donc ça fait longtemps, c’était le tout début, on l’a écrit plus vite, il a un côté plus jeune, donc plus simple et un peu plus rock. Beaucoup de gens nous parlaient d’un côté un peu punk à ce moment-là. Maintenant, on est plus dans la finesse de la production, ça nous intéresse d’expérimenter, donc au fil des années, on a plus travaillé la mélodie, et la production du son.
Avant la sortie de Forever, avez-vous trouvé de nouveaux plaisirs à jouer avec des machines pour créer des sons ?
Oui, on essaie de changer un peu de synthés à chaque fois. La technologie avance très vite, donc sur ordinateurs il y a des nouveautés chaque année. On essaie de rester à jour, et d’expérimenter avec ce qu’il y a de neuf, même si on utilise toujours des grand synthés classiques, comme le Minimoog, le Korg Ms20, et le SH 101.
Comment s’est passée votre collaboration avec Goose ?
Ca s’est passé très simplement. On se connaissait un peu, on savait qu’on s’appréciait mutuellement, donc on les a contacté pour faire un titre ensemble. On leur a envoyé plusieurs démos, et ils ont flashé sur la démo de « Do It Again ». La ligne de basse était déjà là, mais il manquait tout le reste. On est allé deux jours entiers dans leur studio à Courtrai, à triturer des synthés, à tester des sons, des accords. Il sont très bons, et jouent pleins d’instruments, donc c’est cool pour nous de voir comment un autre groupe fonctionne. J’ai testé des voix sur place, puis on est rentré chez nous à Bruxelles avec toute la matière sur un disque dur. Il a fallu encore pas mal de temps à David pour tout trier, choisir les sons, faire un structure logique avec tout ce qu’on avait fait. En quelques semaines, il leur a envoyé le résultat, et ils étaient emballés.
Comment s’est passée votre tournée en Chine et quel en est votre meilleur souvenir ?
L’accueil du public! Ils ne nous connaissaient pas, mais ils étaient à fond dans la musique, et on a pu parler avec certains après les concerts. On adore jouer devant un nouveau public, dans des petites salles, dans des pays lointains. Nos meilleurs souvenirs sont sans doute les concerts à Xiamen, et Chongqing. Chongqing est une ville énorme de 20 millions d’habitants, on avait l’impression d’être dans Blade Runner… Et vu qu’on est assez fans de science-fiction, c’est clair que là-bas, les paysages urbains étaient vraiment incroyables à voir. Xiamen est un ville côtière, dans le Sud, c’était plus chill là-bas. Il faisait beau, c’était plus « une ambiance relax », totalement l’opposé de Chongqing! Mais on a adoré ces deux côtés très contrastés de la Chine.
Blade Runner 2049 est sorti au cinéma cette année, ce qui nous rappelle l’énorme influence qu’a eu Vangelis sur la musique électro. Est-ce qu’il en va de même pour votre musique ? Si votre réponse est non, y a-t-il un autre artiste qui vous a beaucoup influencé ?
Ah ben c’est drôle, j’ai cité Blade Runner dans la question précédente, sans savoir que tu allais en parler. David a beaucoup écouté Vangelis, il a aussi écouté Klaus Schulze, The Orb, mais aussi Front 242, et bien-sûr, Depeche Mode. Je pense que l’influence de tous ces groupes est claire dans notre musique, même si notre dernier album Forever sonne un peu moins 80s. Moi je suis un peu plus jeune, donc je suis plus années 90, j’ai écouté PJ Harvey, Catpower, No Doubt, Madonna, et des groupes plus instrumentaux comme Mogwai et Sigur Rós. Aujourd’hui, on écoute vraiment de tous les styles de musique, mais moi j’ai quand même une petite préférence pour ce qui est un peu dark 🙂
Y avait-il un défi particulier à relever pour ce nouvel album ?
Le défi est toujours le même, ne pas se répéter et toujours avoir envie. On est content du résultat. Ce n’est pas facile de se retrouver devant une page blanche, il y a toujours un moment où on risque de commencer à tourner en rond. Je pense qu’à ce moment-là, on aura envie d’autre chose.
DRAMA
Interview faite le 15/01/18
Photos ©Dominique Houcmant/Goldo – Reflektor, 30/03/17
Dead Sullivan Interview
YouTube, c’est merveilleux. De nos jours, la musique n’a aucune frontière. Drama découvre Dead Sullivan sur le média incontournable. Lorsqu’il écoute le groupe pour la première fois, il fut tellement détendu. Leur ambiance lui rappelait les sons d’Elliott Smith. C’est peu dire !
Avez-vous appelé votre album Imbecile en référence au sentiment d’être un idiot quand on est amoureux ?
Ça devrait être en référence à se sentir comme un idiot, pas forcément à être amoureux, mais plutôt pour toute sorte de relations. C’était à l’origine le nom du deuxième morceau de l’album. Mais quand j’ai créé la couverture et que j’ai écrit imbecile sur sa tête, je me suis dit que ça marchait mieux parce que beaucoup des chansons partagent une atmosphère lyrique similaire, étant surtout à propos des relations avec les gens qu’on a autour de nous et comment parfois, ils nous font se sentir idiots.
J’ai remarqué des atmosphères intimes et douces dans vos morceaux. Comment et où composez-vous ?
Je fais tous les enregistrements dans ma propre chambre, du coup, il y a beaucoup de bruits ajoutés par inadvertances, mais ça rajoute une texture à la musique que j’aime bien. J’ai aussi un chien qui ronfle très fort donc si vous écoutez attentivement vous pourrez peut-être l’entendre ronfler, ou m’entendre lui dire de la fermer. La majorité de la musique que j’écoute est plutôt lofi alors je n’ai jamais eu l’impression que c’était fatalement nécessaire d’avoir un équipement d’une grande qualité pour faire de la bonne musique. J’essaie toujours de rendre mes morceaux aussi bons que possible, mais je travaille mieux dans mon propre espace donc je trouve l’ambiance bienvenue.
Quelles sont les plus belles choses pour un musicien qui vient du Texas ?
Je suis né à Dallas et j’ai vécu au Texas toute ma vie alors je ne connais pas grand-chose d’autre. Mais Dead Sullivan a récemment fait une tournée à travers l’Arkansas et le Tennessee. J’ai eu l’occasion de rester dans quelques maisons montagnardes, alors c’est vrai que j’aurais bien voulu qu’il y ait plus de montagnes ici aussi. Mais j’aime toujours vivre au Texas même si ça devient extrêmement chaud parfois. À Denton, il y a aussi une bonne scène DIY (électro artisanale) pour la musique, ce qui est une belle qualité de l’endroit où je vis parce qu’il y a beaucoup d’opportunités pour regarder ou faire des spectacles.
J’aimerais savoir. Tu as sûrement que tu qualifies de meilleur album de 2017.
Je me suis récemment intéressé au groupe Slint et à leur album Spiderland. J’aime l’intensité de leur musique émotionnelle et instrumentale. Elle est très unique. J’écoute souvent de la musique plus lente et douce. Je suis content d’avoir trouvé quelque chose de plus lourd qui me plaise. J’admire vraiment Dave Pajo, le guitariste de Slint, et tous ses projets complémentaires.
Est-ce que la musique est un remède à tout dans ta vie ?
Non je ne pense pas qu’il y ait un remède à tout mais c’est agréable de faire quelque chose et d’en être fier. L’art a tendance à rester une distraction saine ou un hobby pour beaucoup de gens. Mais si tu t’y prends sérieusement et si travailles dur, ça commence à développer un sens plus profond pour toi et, espérons-le, pour les autres. Ce qui motive le plus, ce qui donne le plus envie de continuer, est de savoir qu’il y a des gens là, ayant la volonté de t’écouter, de te supporter.
Quel est ton endroit de rêve pour faire un grand concert ?
Nous n’avons pas eu l’occasion de jouer au-delà du Sud. Ce serait super de voyager et de jouer plus dans le Nord-Est. On a surtout fait des spectacles intérieurs et je pense qu’on apprécie vraiment tout endroit où les gens sont juste heureux d’écouter des concerts.
DRAMA – Interview réalisée le 21/01/18
Detachment
Une personne que j’apprécie beaucoup m’avait conseillé de visionner Detachment (2011). Dès que j’ai appris que Tony Kaye était à la réalisation, la pensée de m’émerveiller devant cette œuvre n’était pas impossible. De fait, le cinéaste m’avait déjà énormément bluffé grâce à American History X (1998) : véritable leçon de vie, au scénario digne d’un pamphlet contre le racisme.
A la différence de American History X, ce deuxième long-métrage est beaucoup plus métaphysique en ce qui concerne ses propos. Il raconte certes les diverses vies estudiantines, les galères liées aux professeurs et la dure réalité qui se cache derrière les lumières de la ville, néanmoins, ses thèmes sont bien plus universels et complexes qu’il n’y paraît.
Ali Danel Interview
LA POESIE IMPLIQUE L’ENGAGEMENT
Depuis la découverte d’Ali Danel via le clip de « Petite Fourmi », DRAMA suit avec grand intérêt les productions de cet artiste français. Car oui, ça fait du bien d’écouter des paroles françaises, des sons exotiques et des chansons engagées !
Qu’est-ce qui tu aimes le plus en musique ?
Dans la musique, j’aime la rencontre, le partage, la différence. On commence par monter un groupe de potes, ça noue des liens et ça pousse tout le monde vers le haut. Ensuite on rencontre des organisa.teurs.trices de concerts, des technicien.ne.s, un public, et d’autres artistes, tou.te.s uniques. Quand on pense que tout ce monde a fait en sorte qu’un concert soit possible, on se dit quelle chance, quelle richesse, il faut le rendre et tenter de saisir toutes les opportunités de rencontres qui se présentent.
Peux-tu nous expliquer les démarches premières et la construction de la mixtape Alpha Centuri ?
En novembre 2016, j’avais envie de fouiner dans ce que mon ami Winston B avait pu composer depuis quelques années. Je voulais écrire des textes sur sa musique pour changer d’univers sonore le temps d’une mixtape. L’univers de Winston est plutôt sombre et froid, comme le mois de novembre, je me sentais inspiré par un voyage cosmique.
Le mois suivant, j’ai composé et produit « Révélations » et « Ecocide » de mon côté.
On a laissé reposer nos compositions, dont certaines de Winston sont restées instrumentales, car la musique en dit parfois suffisamment.
On s’est repenché sur la question début d’été 2017, pendant un road trip musical dans le sud-est de la France, Winston étant également mon percussionniste depuis des années. Dans l’optique de publier la mixtape avec la Souterraine, on s’est dit qu’il serait sympa de reprendre un titre déjà publié par le non-label. J’ai alors suggéré « L’ADN des derniers » de Hello Kurt à Winston, et trois jours plus tard il avait produit un cover étonnant. Je l’ai écouté en boucle durant mon vol pour la Martinique, j’avais l’impression d’être dans un vaisseau spatial de survivants privilégiés qui quittaient la Terre pendant l’apocalypse.
Penses-tu que l’alliage entre images et sons (le clip de « Ecocide ») reste un des moyens les plus efficaces pour sensibiliser les personnes à l’écologie ?
Le clip de « Ecocide » a été tourné dans ma Picardie natale, sur une route que je parcours plusieurs fois par semaine, que ce soit en direction du Havre, de Lille, d’Amiens, ou de la Belgique. J’avais ces images très familières en tête lorsque m’est venue la chanson, alors ça a été tout naturel de tourner le clip comme je l’ai fait avec les frères Fournaise, de vieux amis picards également.
Je ne suis pas juge de ma production, je pense tout de même qu’il doit y avoir une certaine efficacité dans le fait d’écrire des textes aussi concis et de produire un clip autant épuré, mais je ne sais pas si le message d’ensemble est autant efficace qu’un message d’une ONG ou du ministère de l’écologie. J’espère que non, parce que sinon on n’est pas rendus. Mais justement, je ne suis pas ministre, je suis artiste, alors mon rôle est d’abord poétique. La poésie implique l’engagement, sinon je n’y vois pas d’intérêt, mais il y a aussi une dimension esthétique et une volonté de surprendre, voire de séduire dans la formulation. Je veux aborder des sujets importants et graves sans faire fuir mon auditoire. Un peu de légèreté et de subtilité s’imposent donc.
Est-ce que tu n’as jamais pensé faire un album entier en interprétant des poèmes d’autres auteurs ?
Oui j’ai pensé à sortir un EP dédié à Paul Eluard ! Mais finalement, les ambiances musicales sont trop différentes d’un poème à l’autre, alors je compte disséminer mes arrangements dans des mixtapes à venir pour donner une continuité entre mes opus. Et puis d’autres poètes, pourquoi pas, par la suite.
J’avoue que c’est aussi très amusant de reprendre des chansons publiées par la Souterraine, car on y trouve de véritables pépites, et je peux surprendre les artistes que je reprends, provoquer la rencontre voire la collaboration, et avoir des retours de leurs parts.
Si tu savais que tu devrais vivre exilé, sur une île déserte, quels seraient les 3 albums que tu emporterais avec toi ?
Sur une île déserte, j’emporterai probablement Mes Mauvaises Fréquentations de Philippe Katerine, je le considère que l’un des plus beaux albums de chanson française. J’emporterai aussi Dog House Music de Seasick Steve, j’ai l’impression que le blues n’a jamais aussi bien sonné qu’avec la production très roots de cet album. Pour finir, je dirais Out Among the Stars, parce que j’adore Johnny Cash et qu’il aurait fallu en choisir un. Et puis sur une île déserte, j’aurais envie de chanter, or j’ai la tessiture de Cash, mais pas du tout celle de Katerine.
Que peux-tu nous dire sur tes futurs projets ?
J’ai une mixtape en cours d’autoproduction. Je pensais avoir terminé avec mes parties guitares, banjo, basse, chant et les percussions, ainsi que les congas, shakers, djembé que mon frère Cl3mson a jouées durant son dernier séjour en métropole. Mais ça manque peut-être un peu de cuivres et de nappes discrètes, alors j’envoie les projets garageband à Cl3mson qui vit en Martinique en espérant qu’il va bien s’amuser.
Jean-Michel Fessol, le dessinateur qui a réalisé l’artwork de ma mixtape Ali Danel et ses ami.e.s travaille actuellement sur ce second opus, aux teintes plus folk et bluegrass, qui s’appellera Ali Danel en Liberté.
Je prévoie également de produire une œuvre qui reprend par la suite la démarche de Alpha Centauri dans la thématique. Ça pourrait être un moyen-métrage d’animation musical ou rester simplement sonore, mais on sera directement plongé dans les problématiques de survivants de la Terre qui cherchent une nouvelle planète…
DRAMA
Interview faite le 06/01/18
Lina Tullgren/Woods of Yore au Reflektor

Ce soir là, j’enchaînais spectacle sur spectacle. Après avoir été voir The Greatest Showman sur grand écran, je pointais le bout de mon nez au café du Reflektor pour assister aux concerts de deux groupes. J’avais quitté une ambiance de démesure pour atterrir dans une autre beaucoup plus intime, posée et relaxante.
Accompagné de Serenaze, j’ai le temps de déposer mon sac à mes pieds et de me placer devant le premier groupe belge sur scène : Woods of Yore. Avant même que nous débarquions, ils jouaient déjà. Le ton était donné : nul besoin de calmants ou de médocs foireux, il n’y a qu’à écouter cette musique pour s’apaiser.
J’étais encore dans ma session d’examen, mais je m’étais permis de craquer une nuit pour une escapade folk où les membres de Woods of Yore allaient me faire oublier l’espace d’un instant tout ce qui constitue mon quotidien.
C’était agréable d’écouter une violoniste, se fondant d’autant plus très bien avec le reste de la bande. Qu’elles soient frottées ou pincées, les instruments à cordes des musiciens de ce groupe se mêlaient très bien entre eux. Par moment, je me demandais si le chanteur, Greg Danger, étant membre de King Fu mais aussi de The K., n’allait pas se déchaîner à la voix ou à la guitare. J’ai eu ma réponse au dernier morceau, où la distorsion de son instrument était un tantinet plus violente que le reste des chansons.
Avant qu’elle ne fasse son show, j’avais été discuté avec l’artiste américaine nommée Lina Tullgren. Alors que les sonorités de ses chansons n’explosent pas vers une univers festif, au lieu de tomber sur une personne ultra morose, je dialoguais avec une fille très accueillante et souriante.
J’étais heureux dès qu’elle débutait sa première chanson. La qualité était présente car tout sonne comme lorsque j’écoutais l’entièreté de son album chez moi. Encore une fois, après avoir bu quelques bières, sous une certaine fatigue, j’avais l’impression de m’entraîner dans une bulle à part : une atmosphère calme et bercée par une voix féminine très particulière. Habillée tout de vert, Lina Tullgren dégageait une aura atypique. Le son de sa guitare prenait également beaucoup d’ampleur par rapport aux autres instruments sur scène.
Quelques questions me venaient à l’esprit. Pourquoi Lina Tullgren accordait sa guitare à chaque fin de morceaux ? Pourquoi son batteur sortait un frisbee ?
Lina possédait une vieille guitare qui nécessitait de bien s’occuper des cordes pour avoir les accords voulus. Quant au frisbee, ça n’en était pas un. C’était une espèce d’assiette en métal, qui accrochée à une caisse de la batterie, délivrait un son spécial.
Si l’occasion se représente, je foncerai voir une deuxième fois ce genre de concert (véritable repos pour tout mélomane). Qui sait, peut-être bien que j’irai disctuter plus longtemps avec Lina Tullgren suivi de Serenaze, encore prête à venir supporter mon anglais terrible ?
DRAMA
Photos ©Fanny Pluymers – Reflektor, 23/01/2017
Young Theory Interview
NOT JUST A SIMPLE THEORY
Les 5 jeunes membres de Young Theory se sont délivrés un soir, avant leur concert dans un bar liégeois, pour un entretien 200% JCCLM. Participant à une agréable ambiance, voici de quoi mieux connaître leurs visions de la musique.
Comment choisissez-vous les morceaux que vous reprenez, quels sont leurs critères ?
Christopher : C’est souvent une personne qui les propose. On passe à des votes et la chanson qui a le plus de votes est choisie.
Ne faites-vous pas des choix par rapport aux chansons qui fonctionnent le plus en ce moment ?
Kelly : Nan pas vraiment. (rire)
Anil : On reprend aussi du Noir Désir et je ne crois pas que ça passe sur NRJ. (rire)
Camille : On reprend aussi des vieux morceaux, on n’interprète pas seulement ceux qui viennent à peine de sortir.
Simon : C’est souvent des chansons qui donnent bien envie de bouger quand on les écoute.
Camille : Ce n’est pas faux mais ça dépend aussi des goûts des personnes.
Kelly : On a tous des styles différents, ce qui fait qu’on a tendance à proposer à chaque fois des morceaux différents. On arrive à y trouver tout de même notre confort.
N’y a-t-il pas un morceaux qui vous déplaît plus qu’un autre ?
Kelly : En général, s’il y a un membre du groupe qui n’aime pas une chanson, on fait toujours en sorte de la jouer à notre sauce.
Christopher : Personnellement, je ne connaissais pas la plupart de nos morceaux. J’écoute beaucoup plus de rap, mais avec eux, j’ai changé. (rire)
N’y a-t-il pas plus de pression lorsqu’on reprend des chansons, car si
on la foire en live, on néglige aussi l’image d’autres artistes.
Kelly : Si jamais on modifie un morceaux à notre façon, on ne va pas le bâcler vite fait. On essaye toujours de construire correctement ce que l’on veut jouer. Si les gens qui nous écoutent sont hyper puristes, il pourrait arriver qu’ils soient dérangés par nos manières de faire des reprises. Cela reste du domaine des goûts de chacun.
Etes-vous déjà tombés sur ce genre de personnes ?
Kelly : Jamais. Pas encore.
Simon : Ce que la plupart des gens retiennent de nos concerts, ce ne sont pas vraiment les qualités des chansons. Quand je sais que tel groupe reprend telle chanson à l’identique, je trouve que c’est tout de suite moins amusant.
Camille : C’est sûr que ça en devient décevant. On n’a pas la prétention de faire la même chose que l’artiste ou le groupe que l’on reprend. Plusieurs de nos versions proposent des changements, ne serait-ce qu’au niveau des instruments.
Kelly : D’habitude, les commentaires que l’on a en retour, après nos concerts, dévoilent que ce que l’on fait est chouette et que l’on s’éloigne des chansons originales. Ces remarques représentent plus une force qu’une faiblesse.
Etes-vous des perfectionnistes ou pas du tout ?
Kelly : On essaye de jouer les chansons du mieux que l’on peut.
Anil : On garde une structure et de là, chacun apporte sa petite touche.
Quelle est la chose que vous préférez une fois sur scène ?
Kelly : Ah c’est une bonne question. Au fur et à mesure de nos concerts, en voyant les gens participer et en devinant qu’ils aimaient ce que l’on jouait, un effet particulier apparaissait et me faisait plaisir.
Camille : Je pense pareillement.
Kelly : La complicité entre nous est également géniale. Je trouve cela incroyable de pouvoir partager ce que l’on aime avec ses amis.
Camille : J’ai le même avis là-dessus. Au départ, on ne se connaissait pas trop. Maintenant, on communique de plus en plus sur scène. La joie est la même lorsqu’on s’aperçoit que notre énergie se transmet à ceux qui viennent à nos concerts. C’est toujours agréable d’avoir un public qui réagit devant nous.
Christopher : Ce que j’aime bien, c’est de m’amuser et de voir aussi les autres s’amuser.
C’est un plaisir partagé.
Kelly : Exactement.
Simon : J’adore jouer sur scène avec eux et partager le plus possible ce que l’on sait faire.
Avez-vous des modèles en musique que vous aimeriez bien dépasser ?
Kelly : Dépasser ?
Anil : Ce serait déjà bien de les égaler. (rire)
Kelly : C’est déjà difficile de les égaler.
Camille : Je ne pense pas. On a déjà tous nos goûts particuliers. On n’a pas de groupe modèle.
Kelly : Je ne pense pas que les artistes soient comparables. On a tous notre personnalité.
N’existe-t-il pas un artiste qui vous bluffe à chaque fois ?
Anil : Etant violoniste, je suis très fan du violoniste de Clean Bandit. J’étais choqué devant sa façon de jouer, c’était mon Dieu… (rire)
Anil : En gros, vu qu’il n’y a pas beaucoup de violonistes dans les groupes pop rock, j’ai tout de suite accroché et je voulais jouer comme lui et donner de belles choses à notre groupe par la suite.
Kelly : Je ne crois vraiment pas qu’il y a un artiste qu’on arrivera à égaler ou même dépasser.
Camille : Ca c’est sûr.
Kelly : Les artistes rock m’impressionnent beaucoup plus que les autres. Chacun aime le style qu’il veut.
Au final, cette volonté de dépasser ou égaler une personne n’est pas le plus important.
Kelly : Oui. Pour nous, ce n’est pas du tout le plus important.
Anil : On n’y avait jamais pensé.
Avez-vous composé des morceaux qui vous appartiennent ?
Kelly : On en a déjà un de bouclé. On en a d’autres en préparation.
Avez-vous déjà une date de sortie pour votre nouvel album ?
Kelly : Pour le moment, il n’y a rien de concret.
Simon : On attend d’abord d’être tous réunis.
Kelly : Notre pianiste est en Erasmus.
Camille : Notre guitariste remplace notre pianiste. Anil va aussi partir en Erasmus mais heureusement notre guitariste reste avec nous.
Il est multi-fonction en fait.
(rire)
N’avez-vous pas des mots aguicheurs pour décrire vos nouvelles chansons ?
Kelly : « Original ».
Original ?! Wo.
Christopher : Moi je dirai « magique ».
Anil : Je suis d’accord, le mot « magique » convient bien. En un autre mot, « émotion ». Ce n’est pas comparable à de bêtes chansons qui contiennent une répétition exagérée du mot « baby ».
Camille : Je ne sais pas trop. « Etrange » ou « mystérieux » pour l’ambiance générale des morceaux.
Simon : Je n’étais pas là pour les compositions, du coup, je pense sérieusement que « original » colle avec nos reprises.
DRAMA
Interview faite le 25/11/17
Photos ©DRAMA (prises au Tikis B’Art, le 25/11/17)
4 albums pour décompresser
TOP FILMS 2017
CLEMENT MANGUETTE : Malgré son lot de bons films, 2017 fut une année quelque peu morne, il aura fallu attendre l’été pour que la majorité des auteurs sortent leurs films, sorties presque successives jusqu’à l’apogée Blade Runner 2049, ou alors est-ce mon adoration sans limites pour ce film qui biaise mon point de vue ? Peut-être, mais peu importe, car si une poignée de films hollywoodiens ont su tirer leur épingle du jeu (Logan, Dunkirk et Blade Runner en tête), on peut au sortir de 2017 faire une fois de plus faire le constat d’un Hollywood sur la pente descendante standardisant de plus en plus ses productions aux budgets toujours plus faramineux. Entre l’ogre Disney, et ce qu’il implique au niveau des relations malsaines que la boîte a avec ses réalisateurs, qui étend de plus en plus sa mainmise sur Hollywood (hier Marvel et Star Wars, aujourd’hui la Fox) et la Warner qui semble de plus en plus hésitante à laisser le « final cut » à ses réalisateurs, nul doute que l’on se précipite droit vers au pire un fossé artistique, au mieux une standardisation profondément ennuyeuse. Ce qui, encore une fois, n’a pas empêché 2017 de voir naître des propositions de cinéma hautement intéressantes.
Je tiens également à préciser avoir manqué nombre de films s’annonçant absolument prometteurs soit par faute de temps, soit par défaut de distribution. Tel est le cas pour le documentaire We Blew It (Jean-Baptiste Thoret), de Faute D’Amour (Andrey Zvyagintsev) ou encore de The Lost City Of Z (James Gray). Sur ce, place au classement (qui n’en est pas vraiment un tant les places occupées au-delà du numéro 3 sont interchangeables).
TOP 10
1. Blade Runner 2049 – Denis Villeneuve
Véritable monstre en cage depuis l’annonce du canadien Denis Villeneuve aux commandes du film et de Ridley Scott à la production, Blade Runner 2049 se hisse au-delà de toutes les espérances. Plus qu’une simple suite, c’est un véritable complément au chef-d’œuvre de Ridley Scott qu’offre ici Villeneuve, tout en y insufflant des thématiques présentes dans le cinéma du Canadien depuis ses débuts en 1998, au travers d’une filmographie jusqu’ici irréprochable. Le film se paie en plus le luxe d’offrir un discours on ne peut plus pertinent sur l’industrie hollywoodienne actuelle en soulignant l’inutilité de faire renaître un passé mort et oublié. Mais réduire Blade Runner 2049 à cette simple qualité serait criminel tant il raconte beaucoup plus de choses que ça (notamment sur la recherche de soi, d’où on vient, de la création), mais aussi parce qu’il est d’une splendeur visuelle, sonore, et artistique. Chaque plan transpire le soin apporté par les artisans ayant travaillé sur le film. Bref, une réussite totale et assurément le meilleur film hollywoodien depuis Mad Max: Fury Road.
2. Silence – Martin Scorsese
Troisième volet d’une trilogie consacrée à la foi, entamée par La Dernière Tentation Du Christ et continuée par Kundun. Scorsese renoue avec son cinéma dans ce qu’il a de plus religieux. Il raconte les persécutions subies par les chrétiens Japonais vues par un couple prêtres jésuites magnifiquement interprétés par Andrew Garfield et le toujours excellent Adam Driver. Scorsese va ici plus loin que le « simple » thème de la foi et la façon de la vivre, et dépeint de façon anti-manichéenne au possible une société japonaise désirant s’affranchir de l’influence des puissances européennes et de maintenir leur culture. Véritable chemin de croix long de près de trois heures, la pénibilité du film sert de façon magistrale son propos et la longue descente aux Enfers de ses deux protagonistes, le tout servi par une reconstitution et mise en scène sublime du maître. Maintenant, il ne reste plus qu’à attendre The Irishman.
3. Un Jour Dans La Vie De Billy Lynn – Ang Lee
Peut-être le film le plus déchirant de l’année, Ang Lee raconte comment les jeunes soldats envoyés au Moyen Orient et revenant au pays, traumatisés, sont totalement dépossédés de leur histoire et de leur trauma par une poignée de cyniques n’ayant pour but que de pérenniser une nation qui destine une partie de ses forces vives à se faire tuer dans un désert à des milliers de kilomètres de chez eux. Tout ça pour que ses citoyens se complaisent dans une consommation ostentatoire et nihiliste. La guerre est une chose horrible, découvrir pourquoi on se bat réellement (autre que les grands principes de démocratie et de liberté) en est une autre. Sans pour autant être une véhémente charge antimilitariste, le film d’Ang Lee montre que les héros fabriqués par les cyniques ne sont que des marionnettes. C’est là que la filiation avec Le Mémoire De Nos Pères de Clint Eastwood est manifeste: le film raconte en substance la même chose et arrive à la même conclusion: la meilleure façon d’honorer ces « héros » est de se souvenir d’eux tels qu’ils étaient et non pas comme une image montée de toute pièce par des publicitaires. Notons également un excellent Vin Diesel qui montre, à l’instar d’Andrew Garfield, que bien dirigé, il est un excellent acteur, et un tout aussi excellent, mais trop rare, Garrett Hedlund.
4. La La Land – Damien Chazelle
Si la tendance actuelle qu’a Hollywood à faire revivre ses gloires passées, le film de Damien Chazelle concilie à mon sens parfaitement cette volonté de rendre hommage à un cinéma révolu, surtout pour ce qui est de la comédie musicale classique, tout en y intégrant son cinéma. Là où Denis Villeneuve est à contre-courant du Blade Runner de Ridley Scott, le jeune Chazelle va piocher d’un côté chez Coppola (One From The Heart), de l’autre chez Jacques Demy (Les Parapluies De Cherbourg), ou encore chez Stanley Donen (Singin’ In The Rain) tout en sollicitant, de manière moins viscérale certes, les thématiques déjà abordées dans Whiplash. A savoir notamment les sacrifices nécessaires pour réussir son rêve, en suivant le couple de Sebastian et Mia, campés par le merveilleux duo de Ryan Gosling et Emma Stone qui ont tous les deux confirmé en 2017 être des acteurs formidables. Peut-être avec Blade Runner 2049 le plus beau film de l’année, tant on sent un soin similaire à celui du film de Denis Villeneuve sur tous les niveaux: que ce soit l’interprétation des acteurs, les couleurs de la photographie de Linus Sandgren, la musique de Justin Hurwitz et la caméra de Damien Chazelle, virevoltant dans les rues de ce Los Angeles rêvé. Peut-être est-ce là que réside le succès de La La Land, parce que toutes ses composantes font de ce film un rêve éveillé.
5. L’Autre Côté De L’Espoir – Aki Kaurismäki
Le Finlandais revient six ans après son Le Havre en suivant également un migrant désirant s’en sortir dans la Finlande contemporaine. Comme d’habitude chez Kaurismäki, on retrouve ces visages burinés et figures fatiguées par un monde qui n’a pas de sens et dans lequel il convient de se mettre ensemble pour le rendre intelligible. Une fois de plus, le décalage entre l’austérité toute finlandaise de ces personnages et l’humour des situations font mouche et rappelle Chaplin, sans pour autant sacrifier ce qui fait aussi le sel du cinéma unique de Kaurismäki: la sympathie infinie que provoque ses personnages pourtant désabusés par le monde moderne mais aussi la tendresse qu’ils éprouvent entre eux passant par des moments fugaces, ce qui les rend d’autant plus beaux. Il serait dommage que l’auteur des géniaux La Vie de Bohême et I Hired a Contract Killer arrête sa carrière ici, tant son cinéma a une chaleur qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.
6. Au Revoir Là-Haut – Albert Dupontel
A l’heure où le cinéma français s’embourbe dans des productions de plus en plus standardisées, ce qui n’est pas sans rappeler la situation outre-Atlantique, il reste chaque année des ilôts épars que l’on n’attendait pas forcément. Qu’ils émanent d’auteurs confirmés ou de nouveaux talents, ils qui sont d’autant plus bienvenus. Cette année, c’est Albert Dupontel qui tire son épingle du jeu avec l’adaptation du roman Au Revoir Là-Haut, de Pierre Lemaître, prix Goncourt 2014. Le film raconte l’arnaque montée par deux vétérans de la Première Guerre mondiale via la vente de monuments aux morts. Si le film n’ait pas excepté une légèreté évoquant Charlie Chaplin, il est aussi, dans son introduction, effroyablement puissant quand il s’agit de filmer les tranchées, ou de filmer ces vétérans, mis en marge de la société parisienne des années 20 semblant vouloir oublier l’horreur des tranchées à grands coups de réceptions bourgeoises. Malgré ce focus sur une époque et son état d’esprit, Dupontel n’oublie jamais ses personnages principaux, surtout Péricourt, gueule cassée dont la reconstruction, qu’elle soit physique ou identitaire est le véritable fil conducteur du film. Une merveille d’humour, d’intelligence et, surtout, d’ambition, ce qui fait particulièrement plaisir à voir dans un cinéma français tournant de plus en plus à vide.
7. Song To Song – Terrence Malick
Cela fait plusieurs années que Terrence Malick nous a habitués à des films particuliers, à la limite de l’expérimental et donc extrêmement clivant tant l’appréciation de cette partie de la filmographie du réalisateur dépend d’un spectateur à l’autre. Song To Song ne déroge pas à cette règle: en tout point déroutant, il suit le parcours sentimental et spirituel de trois personnages incarnés à la perfection par la fantomatique Rooney Mara, Michael Fassbender et Ryan Gosling (encore lui). Des festivals de musique aux appartements et villas californiennes, Malick fait virevolter sa caméra au gré des rencontres vécues par les personnages, avec une toujours sublime photographie d’Emmanuel Lubezki. Ajoutez à cela les apparitions toutes aussi savoureuses les unes que les autres de Cate Blanchett, Natalie Portman, Pattie Smith ou encore Val Kilmer, et l’on obtient le film le plus déroutant de l’année posant énormément de question sur notre propre condition occidentale, sans évidemment y répondre. Quel serait l’intérêt sinon ?
8. Logan – James Mangold
Après un volet absolument raté, il était étrange que James Mangold revienne pour un troisième film sur le héros aux longues griffes. Pourtant, on peut presque voir dans Logan une appropriation de l’imaginaire entourant Wolverine, similaire à l’appropriation que Villneuve s’est faite de l’univers de Blade Runner. En découle un film éminemment personnel, relevant plus du western crépusculaire autour de la figure du super-héros que du film de super-héros en tant que tel. En montrant un Wolverine et un professeur X épuisés, fatigués, Mangold montre dans un élan absolument fordien la fin de ses légendes. Le film aurait sans doute été plus beau s’il avait annoncé la fin effective du film de super-héros à Hollywood, ce qui n’a pourtant pas l’air d’être le cas, tout comme L’homme Qui Tua Liberty Valance a été le film annonciateur de la fin du western classique.
9. Jackie – Pablo Larraín
Parti comme un énième biopic à Oscar, le Chilien Pablo Larrain arrive à transcender son sujet et à livrer un film éminemment malickien, dans lequel on est placé au plus près de la veuve du défunt John Kennedy durant les jours et de préparation de ses funérailles. Pas consensuel pour un sou, le thème du film étant la fabrication de l’histoire et des mythes de l’Amérique, la figure du président Kennedy est implicitement critiquée sans pour autant tomber dans une violente charge contre un de ceux qui a failli plonger le monde dans la troisième guerre mondiale, chose rappelée par le personnage de Robert Kennedy, ce qui rend la pique d’autant plus marquante.
10. Dunkirk – Christopher Nolan
Après les boursouflés Inception et Interstellar, la crainte était que Nolan renoue avec ses défauts avec son Dunkirk. Et si l’on en retrouve quelques fugaces traces, force est de constater que Nolan a réussi à se renouveler en proposant un film dépouillé en dialogues ou explications saugrenues et nous met au plus près de ses protagonistes, le temps d’un huis clos sur la plage de Dunkerque, alternant entre les points de vue de l’infanterie, de l’aviation et de la marine. La tension que Dunkirk fait grandir tout au long de son déroulement est sa grande force: on sait que l’ennemi est proche, et on sait qu’il va arriver. En outre, le fait que l’ennemi n’est jamais montré donne une dimension presque mythologique à l’étau qui se resserre sur les soldats anglais et français. Pourtant, le film est très maladroit dans sa reconstruction historique et la composition de Hans Zimmer est une fois de plus d’une fainéantise assez incroyable quand on la compare à son travail sur Blade Runner 2049. Quoiqu’il en soit, Dunkirk est la maturité retrouvée (depuis The Dark Knight qui va sur ses dix ans) pour un Christopher Nolan qui redonne envie de voir ce que réserve la suite de sa carrière.
DRAMA : J’ai trouvé cette fin d’année riche en films extraordinaires. Même si ce début d’année à commencer avec le visionnage d’œuvres telles que La La Land, emportant les spectateurs dans des couleurs ou musiques vivifiantes et confirmant un certains talent à Damien Chazelle pour la mise en scène et la réalisation. Nocturnal Animals, sorti fin 2016 mais sur nos écrans en janvier dernier, n’est pas non plus à négliger. Ce thriller perturbe aisément via des scènes capables de chambouler toutes les idées qu’on le pouvait se faire au sujet de son intrigue principale.
L’acteur de l’année s’appelle Ryan Gosling (même si je n’ai pas accroché à Song To Song, aux commandes d’un Terrence Malick aux créations devenues trop caricaturales) et les actrices à retenir sont Ana de Armas (Blade Runner 2049), Emma Stone (La La Land), Ahn Seo-hyeon (Okja) et surtout Noomi Rapace (Seven Sisters). Cette dernière délivre une prestation mémorable et folle de 7 personnages baignés dans un univers futuriste, où les décisions politiques mènent à des séquences dont la violence gifle souvent le spectateur de façon brutale.
Mais 2017, c’est aussi l’année qui a porté sur le devant de la scène un phénomène captivant : deux longs-métrages qui ont énormément divisés. Ils se nomment Blade Runner 2049 et Star Wars VIII : The Last Jedi. Alors que le premier propose un type de cinéma dont la plupart des communs des mortels n’est plus habitué à voir (et ça j’en suis sûr), le second, lui, décide d’offrir une tabula rasa à des fans liés à une saga qui n’a pas fini de faire parler d’elle.
Si le nouveau Star Wars, assez mauvais en certains points, se trouve dans ce top, c’est parce qu’il apporte de nouvelles lectures concernant l’univers passionnant des chevaliers de l’espace. Je pense qu’il est bon de souligner cette caractéristique malgré un scénario bancale qui découle notamment d’un épisode VII extrêmement foireux.
La suite au Blade Runner de Ridley Scott est admirable, tant elle résulte d’un savoir-faire qui me rappelle grand nombre de vieux films : on est plus enclin à contempler diverses images où leurs expositions ne s’enchaînent pas à grande vitesse, mais durent longuement à l’écran. Roger Deakins mérite un Oscar (voilà c’est écrit). Un dernier point, mais pas des moindres, pour ce qui est du bijou de mon Québecois adoré : j’adore les films qui torturent mes méninges et qui m’amènent à plusieurs questionnement une fois à leurs fins. Inutile d’insister sur le fait que Blade Runner 2049 en réussit le pari. N’oublions pas aussi le choix intelligent de Ryan Gosling pour un rôle qui lui va comme un gant. Alors oui, Denis Villeneuve, comme pour le top de l’an passé, se place numéro un grâce à un travail hors-pair et très peu comparable à celui des autres cinéastes d’aujourd’hui.
TOP 10
1. Blade Runner 2049 – Dennis Villeneuve
2. La La Land – Damien Chazelle
3. Baby Driver – Edgar Wright
4. Nocturnal Animals – Tom Ford
5. Colossal – Nacho Vigolando
6. Okja – Bong Joon-ho
7. Les Gardiens De La Galaxie 2 – James Gunn
8. Logan – James Magold
9. Star Wars Episode VIII: Les Derniers Jedi – Rian Johnson
10. Seven Sisters – Tommy Mirkola
LE DARON :
TOP 10
1. Quelques Minutes Après Minuit – Juan Antonio Bayona
Magnifique, touchant, universel. Bayona à son sommet.
2. Logan – James Mangold
La réponse a 10 ans d’attentes. Le film Wolverine que l’on rêvait de voir.
Et en plus sur fond de western.
3. La Planète Des Singes : Suprématie – Matt Reeves
La conclusion simiesque à la nouvelle trilogie
de l’une des meilleurs saga de tous les temps.
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N’hésitez pas à jeter un œil sur nos critiques de quelques classiques du cinéma.
Manhattan – Woody Allen
Easy Rider – Dennis Hopper
Dr. Strangelove Or: How I Learned To Stop Worrying And Love The Bomb –
Stanley Kubrick
Orange Mécanique – Stanley Kubrick
Le Président – Henri Verneuil
La Nuit Des Morts Vivants – Georges Romero
Once Upon A Time – Sergio Leone
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