Mike Patton(leader vocal de Faith No More, Tomahawk, Dead Cross) annonçait la mort de la musique.
La raison ? A cause de musiciens n’amenant plus de nouvelles idées sur la table.
BRNS (‘brains’) forme un contre-exemple parfait. Les quatre jeunes Bruxellois m’ont littéralement renversé avec un EP rempli de surprises. Ce groupe ne s’en tient pas à la simple composition de refrain, structure linéaire ou autres codes habituels. Incomparable à un Coldplay enfoncé dans un style musical assez gênant, tant il se répète d’années en années.
Les transitions sonores, les voix distordues ou le jeu du batteur et bassiste frôlent l’exceptionnel. Il est bénéfique de s’apercevoir qu’il existe encore de tels artistes !
Une dimension religieuse embaume l’opus via des chants quasi liturgiques, faisant le pont avec l’univers religieux. Citons ‘Mess’, où une clochette nous suspend vers un Ailleurs et conclut l’EP. ‘Mess’ exploite aussi une guitare aux cordes comme désaccordées, me lançant dans un emballement jouissif et une plus grande envie de terminer la chanson pour mieux la découvrir.
Ces 4 morceaux ne laissent pas l’auditeur sur sa faim. Ils emmagasinent un rythme et un jeu pertinents. De quoi les écouter encore et encore pour mieux saisir les détails instrumentaux qui s’y dégagent.
Véritable leçon musicale où la monotonie n’a pas sa place, Holydays s’éloigne des trucs et astuces qui s’utilisent à foison pour séduire le Grand Public.
Etre un bon rappeur est sans aucun doute un atout non négligeable pour espérer se faire un nom dans ce milieu, mais pour percer au-delà, c’est loin d’être suffisant.
Still Fresh en est un très bon exemple et, à l’écoute de son nouvel album Cœur Noir, on peut deviner qu’il a compris cela, peut-être un peu trop bien…
Invité par PopKatari, ma motivation était telle que j’aurais bravé vents et marées pour assister à ces concerts. Au rendez-vous à cette soirée liégeoise : un groupe wallon (The Hype), un groupe flamand (Teen Creeps) et… Une bande d’américains (Dowtown Boys) !!!!
Dès les portes du Kultura franchies, je rencontre Lev. qui me salue après avoir participé au soundcheck. Malheureusement, ce mélomane ne pouvait rester, ce qui faisait que je restais seul. Et pourtant, j’ai très vite stagné à l’entrée du Kultura, en compagnie des gars de The Hype. J’étais vraiment ravi de les revoir et d’apprendre qu’ils remontaient sur scène après un an de « non-concert ». Ces vieux punks s’amusaient à dire « bonsoir » à chaque nouvelle personne qui entrait là où nous étions, gardant toujours un esprit d’humour et de convivialité.
C’est alors qu’ils montent sur scène, non plus au nombre de trois mais bien à quatre, suivi d’un second guitariste du nom de Nubuk.
A peine le concert commencé, le batteur (Brian Alleur) se met torse poil, le chanteur/guitariste (Benoît Culot) les présente de façon succincte et ces lurons jouent de plus belle. Comme à son habitude, Brian se fait entendre (telle une machine de guerre) et en impose de par son jeu agressif à souhait. Ben, lui, envoie le pâté avec sa voix rauque, à se demander s’il n’a pas fumé plus que Gainsbarre pour en arriver à ce résultat. Quant à Rémi, son énergie m’a épaté et m’a entrainé à bouger mon cul sur chaque morceau. Les fioritures qu’amenaient Nubuk étaient ultra plaisantes à écouter et donnaient encore plus de richesse sonore aux chansons. J’attendais avec ferveur « Ocean » et ma joie est toujours la même lorsque je redécouvre les divers effets aux guitares qui la composent.
Après avoir enflammé le public, je me demandais comment allait faire les deux autres groupes pour délivrer une meilleure prestation.
Ramses Van Den Eede, batteur de Teen Creeps
Le deuxième groupe, Teen Creeps, est typiquement le groupe qui sonne beaucoup mieux en live qu’en mp3. Constitué d’un batteur déchaîné (Ramses Van Den Eede), ce groupe traduisait une fougue rock qui m’amenait à penser que ce soir-là, le Kultura avait une ambiance assez proche des concerts grunge du Seattle des années 90. Oui j’en viens à de tels propos ! Le répertoire des Teen Creeps était vraiment parfait pour les oreilles d’un jeune adolescent sale, remuant et endiablé.
Le dernier show était incroyable. Il se détachait complètement des précédents et était aux commandes d’un groupe signé sur Sub Pop : Downtown Boys !
Le peps de la chanteuse (Victoria Ruiz) s’est tout de suite senti et l’aura des Downtown s’est transmise en un battement de cil. Chaque membre était un spectacle à lui tout seul, en passant par le saxophoniste/claviériste (Joe La Neve DeFrancesco) habillé dans une espèce de combinaison propre à un pilote d’avion de chasse, jusqu’à Victoria qui dansait, criait ou livrait un discours politique entre chaque morceau. Les pistes chantées en espagnol déchiraient et se faisaient porte parole des populations niées venant des USA. Car il faut savoir que Downtown Boys reflète de manière extrême une certaine déception américaine, face à la victoire de Donald Trump aux dernières élections. Chaque auditeur a bien évidemment le droit de ne pas partager leurs convictions. Il n’empêche qu’il est agréable de voir que des groupes engagés existent encore, surtout aux States, où les idéologies propagées ressemblent le plus souvent à des télé-réalités foireuses sans queue ni tête.
La variété qu’ont réussi à proposer ces trois groupes m’a donné encore plus envie de m’intéresser de plus près à leurs projets.
A coup de bonnes distorsions, de saxo frénétique ou de chants puissants, cette soirée était à inscrire dans le Panthéon des meilleurs concerts rock’n’roll de Liège !
Victoria Ruiz, Mary Regalado et Joe La Neve DeFrancesco des Downtown Boys
Découvert en première partie d’Odezenne, lors d’un concert à Liège, Equipe de Foot est un groupe rock constitué d’Alex et de Mike. Batteur et guitariste livrent un album, où une femme s’y pose au centre : Chantal aux sonorités sauvages et bestiaux
Saviez-vous déjà quelle sonorité produire, avant même de composer ?
Alex : Avant de réellement composer, on était sûr de deux choses : on voulait faire du rock avec du gros son et on voulait rester un duo, car en duo, tout va plus vite, beaucoup plus vite. Du coup, on a cherché comment sonner massif sur scène, en n’étant que deux. On a trouvé quelques solutions techniques via deux amplis guitare, un ampli basse et beaucoup de disto. Puis, Benja, notre copain ingé-son, a mis son nez là-dedans et on s’est retrouvé avec un son d’énorme mammouth.
Mike : Il y avait quand même la contrainte de sonner gros et gras mais pas violent, on ne voulait pas faire de la mule. Et c’est vrai que Benja nous a beaucoup aidé à faire grossir le mammouth. Il est, maintenant, bien gras et bien velu, il me semble.
S’il fallait choisir un adjectif et une couleur pour Chantal, quelles seraient vos réponses ?
Alex : Je dirais : “sincère” et “bleu” . “Sincère” car, que ça soit dans notre musique, dans nos paroles, ou encore, lorsqu’on est sur scène, on ne raconte pas d’histoires. Notre musique va, désolé pour la blague, droit au but. Nos textes sont des choses absolument intimes et vraies. On ne parle pas de choses qu’on ne connaît pas, qu’on n’a pas vécues ou qui ne nous touchent pas. Sur scène, c’est un peu le même délire, il est impossible pour nous d’avoir la classe dans nos maillots de foot trop grands, on est au final un peu à poil. On ne peut pas se cacher derrière une attitude.
“Bleu” aussi parce que cet album est blindé de mélancolie, et en même temps, le bleu m’évoque des immensités, le ciel par exemple. Chantal aborde des thèmes sacrément universels comme l’amour, la rupture, les souvenirs, le temps qui passe et qui essaye de nous faire oublier nos passions d’adolescent. “Bleu”, c’est aussi la couleur de la super pochette de Chantal réalisée par Ita Duclair.
Y a-t-il un message qui relie chaque chanson ?
Alex : Au final, le fil conducteur est certainement Chantal. Chantal représente un peu la femme : la femme aimée, la femme qui te quitte, un amour d’adolescent, une mère. Là où notre premier EP ne parlait que de rupture, ici, on parle également de l’amour naissant, de sexe, de la rencontre de l’autre et de la cohabitation avec son passé.
Parlons d’un autre groupe. Vous avez fait la première partie d’Odezenne. Décrivez votre rencontre avec ces poètes.
Alex : La rencontre avec Odezenne s’est faite par hasard. C’était en janvier 2016, on était un tout jeune groupe. On avait fait quatre ou cinq concerts et trois démos.
On a participé au Tremplin Inter-Quartiers de la ville de Bordeaux parce que la finale avait lieu dans une salle de concert qu’on adore : la Rock School Barbey. On n’avait aucune illusion sur nos chances de remporter ce tremplin, mais on voulait aller jouer à Barbey ! Les gars d’Odezenne étaient dans le jury de ce tremplin et ont vachement aimé notre façon de faire du foot avec une guitare et une batterie. Arrivent les délibérations pour choisir le vainqueur du tremplin ; personne ne vote pour nous. Alix, Jaco et Mattia sont choqués qu’on ne remporte rien. Ils décident de créer spécialement pour nous “un prix Odezenne”. Ils nous offrent alors une première partie sur une de leur dates. On est comme des gamins ! De fil en aiguille, on aura joué dix-sept fois pour eux, en 2016. On ne les remerciera jamais assez !
Parmi les formations constituées de deux personnes sur scène, qui admirez-vous ?
Alex : “Admirer”, c’est fort comme mot ! Disons qu’il y a pas mal de duos cools ! Perso, j’aimais beaucoup les Black Keys, avant qu’ils ne partent en couille. Les White Stripes, bien entendu. J’aimais bien également un duo australien qui s’appelait The Mess Hall, mais je crois qu’ils ont arrêtés. Il y a aussi un duo belge que j’écoute souvent, ils s’appellent Alaska Gold Rush ; jamais vu sur scène, mais ils ont l’air cool ! Ah oui, The Mirrors aussi sont GAVÉ FORTS. C’est un duo guitare/batterie d’Angers. Sarah déchire à la gratte. Corentin déchire à la batterie. On les a invités à jouer avec nous pour la release party de Chantal. Ils nous ont mis la pétée.
Mike : J’aime beaucoup The Dodos, un groupe américain de folk, un peu vénère. Ils sont deux et c’est hyper bien. Leur album Visiter est complètement ouf.
Revenons à l’album. Le morceau « 29 Octobre » se détache vraiment des autres. Il y a eu une aide, des conseils externes pour cette piste ?Aurons-nous droit à d’autres morceaux de ce type ?
Alex : « 29 Octobre » est effectivement un morceau un peu plus différent. On l’a abordé un tout petit peu différemment. L’idée n’était pas de “faire le rock” mais d’accepter d’être en accord avec l’ambiance assez sombre du morceau. Benja, notre ingé-son, nous a beaucoup aidé à rendre en son ce qu’on voulait faire, notamment avec cette basse sur les couplets. C’est un texte dont je suis assez fier. Je le trouve juste et simple. Il fallait que la musique aille dans le même sens avec très peu de fioritures, restant simple et gardant en même temps un côté “sûr de soi”. Est-ce qu’il y aura d’autres morceaux de ce type dans le futur ? Certainement. Notre conviction, quand on a créé Equipe de Foot, était de pouvoir faire ce qu’on voulait. Si le troisième album doit être un album de hip hop, alors ce sera un album de hip hop. Zéro limite.
Les adolescents que vous étiez seraient fiers de vos compositions.
Alex : Je ne sais pas si l’ado que j’étais aurait été prêt à entendre notre musique car il écoutait beaucoup de pop. Cela dit, je pense que s’il avait eu une vision du futur incluant Equipe de Foot, il aurait été beaucoup plus détendu dans sa vie.
Mike : L’adolescent que j’étais serait sûrement très content de la musique qu’on fait. Mais il serait surtout très content de savoir qu’un jour, il va finir par pécho et qu’il aura une PS4.
Comment Damso est-il devenu un personnage incontournable du rap FR ? Le parcours de Damso est fulgurant depuis à peu près deux ans. Sorti de l’inconnu (ou presque) par Booba, le bruxellois n’en finit pas de plaire et est devenu un véritable phénomène de mode. Qui aujourd’hui n’a jamais entendu parler de Damso ? Voici l’analyse d’un parolier passé du quartier d’Yser à la salle de Forest National.
Après 4 ans d’absence en tant que King Krule, Archy Marshall est revenu aux bases de tout ses multiples projets : Edgar The Beatmaker, Zoo Kid, DJ JD. Les sonorités dub, rock, jazz et son expérience de rappeur donnent une ambiance incroyable à ce deuxième album.
Enregistré sur sa terre natale, en Angleterre, ce second opus se voile d’un mystère particulier. Que ce soit les significations liées à la pochette, aux paroles ou au fil rouge de l’œuvre, des questions se trament par millier dans la tête de l’auditeur. Ce qui rend d’autant plus l’écoute de The OOZ, intéressante, pertinente et intrigante.
Si l’on se centre sur les histoires contées dans ses chansons, le jeune roux londonien les décrivait ainsi au New York Times : Gritty stories about the streets with a sensitive and romantic side. Take social realism and make it surrealism.
Un résumé efficace qui permet de très bien comprendre où nous mènent les paroles abstraites de ce poète des rues : au sein de la mentalité d’un jeune adepte au spleen anglais. La poésie d’Archy nous emporte vers un univers où les illusions, l’imaginaire et l’extraordinaire s’emparent d’évènements banals.
Nul besoin de décrire toutes les lignes écrites par ce parolier car nombreuses sont les interprétations que l’on peut attribuer aux textes de ce chanteur à la voix nonchalante. Grâce à sa poésie, une image me reste en mémoire, celle d’une aventure sans fin, dans ce qu’il y a de plus urbain, personnelle et nocturne. Ne serait-ce que les sons de gouttes de pluies insérées dans quelques chansons, m’immergent totalement dans un climat froid et humide, où l’obscurité l’emporte sur les lumières de la ville.
La couleur que porte ce jeune musicien est le bleu et l’adjectif qui lui sied à ravir est lunatique plus que mélancolique.
C’est à travers certains morceaux beaucoup plus posés, lents, jazzy et tristes qu’il dévoile le plus souvent son talent de composition, une espèce d’avant-gardisme. Alors que le punk au ralenti de ‘The Locomotive’ et le rock perturbant de ‘Dumb Surfer’ rappellent la fougue de l’artiste, ‘Czech One’, ‘Logos’ ou même ‘Sublunary’ se détachent du ton général, pour s’envoler vers un style plus proche de visionnaires tels que James Blakes ou Mount Kimbie.
Il ne serait pas étonnant d’apercevoir King Krule influencer pas mal d’artistes, tant sa polyvalence dans le monde musical est admirable.Il arrive à prouver que la musique est toujours renouvelable et qu’il est possible de composer en s’inspirant de ses influences intimes et en les façonnant à sa manière.
Il est le genre d’artiste à refuser une collaboration avec Kanye West pour se donner corps et âme à son projet. Ainsi, son authenticité artistique ne prend aucun coup et ce même refus expose un King Krule décidé et convaincu d’accomplir ses idées déjà tracées, sans freiner un seul instant.
L’argument ridicule voulant faire de lui un musicien pour hipster, démontre bel et bien qu’il divise via sa capacité à proposer une large palette de morceaux les plus différents les uns des autres. Il est pathétique de lui faire un pareil reproche, autant écouter des disques déjà entendus. On ressuscite l’ancien pour en faire du nouveau, tout comme l’ont très bien réussi Only Real ou Cosmo Pyke.
Autre découverte : cet Anglais se rattache au Sud. ‘Half Man Half Shark’ dégage une aura tribale pour enfin se terminer avec une transition beaucoup plus calme, enivrée de boucles répétées d’accords de guitares, mêlées à des notes planantes de piano. La voix rauque d’Archy se déploie avec effervescence et des chœurs s’y ajoutent à un moment donné, faisant des paroles, un hymne chanté par des personnes en transe ou possédées par une force surnaturelle. Un magma bouillonne avec ce titre.
La chaleur de The OOZ est entre autres hispanique. Archy avait une muse barcelonaise. Elle présente en espagnol, au passage de ‘Bermonsday Bosom (Left)’, un antagonisme qui va nous suivre tout au long de l’album, et qui sera encore cité dans ‘Bermonsday Bosom (Right)’, mais cette fois-ci, à travers la voix britannique de son père :
Parasite, paradise, parasite, paradise
Cette opposition permanente n’est pas entendue à chaque morceau, mais est ancrée de manière efficiente pour qu’elle résonne de plus belle dans le crâne. Ces 2 mots expriment tellement de choses. Ils renvoient à la Vie et au Réel, à l’inverse d’une philosophie manichéenne, où certains préfèrent penser que le monde se sépare entre le Bien et le Mal. Il n’y a pas de blanc ou de noir, il n’y a que du gris.
The OOZ comporte 19 morceaux, ça file le sourire aux personnes qui attendaient ce retour avec impatience. Prenez-en de la graine Arcade Fire ! 19 pépites qui nous entraînent dans des alentours paradisiaques, où les parasites se cachent partout.
Blade Runner possède un statut particulier au sein de l’histoire du cinéma: si tout le monde s’accorde à dire que le film de Ridley Scott sorti en 1982 a redéfini beaucoup de traits du genre de la science-fiction, il n’a jamais bénéficié de l’aura d’un Alien et n’est finalement l’objet de l’adoration de cercles plus restreints. La multiplicité des versions n’aidant pas; dur de se repérer entre la version cinéma de 1982, la Director’s Cut (qui n’en est pas une) de 1992 et l’extraordinaire Final Cut de 2007. A partir de ce constat, lancer une suite, en plus de susciter un lever de sourcil inquisiteur chez bon nombre d’amateurs du premier, semblait être un pari assez risqué. Mais dès que Hampton Fancher (scénariste de l’opus originel) fut annoncé à l’écriture, Roger Deakins à la photographie, ce bon vieux Ridley Scott, qui semble inarrêtable en cette année 2017, à la production, et surtout Denis Villeneuve à la réalisation, bon nombre de craintes se sont envolées. En effet, fort à l’époque de ses Prisoners et Enemy, vite rejoints par son Sicario, le Québécois a montré qu’il n’était pas descendu à Hollywood pour plaisanter. Ses œuvres oppressantes et à la limite du paranoïaque participent à un tout mêlé à des thèmes déjà exploités dans ses films canadiens, tels que la filiation, le cercle de la violence ou la quête de sens. Dès la sortie de Arrival, apparait la confirmation du talent de Villeneuve à ne sacrifier en rien l’aspect purement émotionnel, voire sensoriel, sur l’autel du film de science-fiction. Désormais, on savait qu’il était l’homme providentiel destiné à faire suite à l’indescriptible monologue de Roy Batty (Rutger Hauer) sous la pluie.
Après le grand succès commercial de King’s Game, il était évident pour les éditeurs que se limiter à 5 tomes pour une série si lucrative était hors de question. Rappelé, ce bon vieux Nobuaki (le scénariste, partageant son nom avec son personnage principal) à la rescousse est accompagné d’un dessinateur plus talentueux que l’ancien, Renji Kuriyama.
Leur tout nouveau projet : King’s Game Extreme, la suite directe de son prédécesseur, avec plus de violence, plus de sexe et plus de gages sadiques !
La suite fait-elle donc honneur à une première saison moyenne ou bien fera-t-elle honte à toute sa lignée ?
Découvert lors d’un concert au Hangar, à Liège, King Fu jouait un soir de rock’n’roll. Se détachant des autres groupes qui jouaient à cette même soirée, ils ont empli la scène de leur aura via un son vif, virulent et vibrant de distorsions.
Êtes-vous passionnés de kung fu, de cobra ou de jeux de mots ?
Math: Des trois en fait. Mortal Combat à fond.
Hadri: Surtout de jeux de mots. En général, ce n’est pas moi qui trouve les meilleurs mais je peux rire tout seul de trucs comme ‘pitbull de flipper’ ou ‘envoie-moi un mail, Gibson’ pendant des heures. Du coup, quand Greg a proposé Cobracadabra comme titre d’album, j’étais super emballé.
Pouvez-vous me décrire le Studio 5 de Chênée, l’endroit, ceux qui y bossent et l’atmosphère qui y régnait pour l’enregistrement de votre album ?
Math: Un beau gros bâtiment avec plein de musiciens dedans. On a un local avec nos potes de Cocaine Piss et Daggers. Le reste des locaux, c’est beaucoup de groupes pop rock. On est clairement les plus sales et les plus bruyants du bâtiment. Le studio est pro, facilement accessible et à un prix très raisonnable. Que demander de mieux ?
Hadri: C’est un endroit assez nouveau, bien équipé. On y a passé 2 jours avec notre ingé son et ami, Olivier Jacqmin. Les groupes sont toujours accompagnés d’un ingé agréé, capable de se servir du matériel du studio.
Est-il encore possible aujourd’hui d’étiqueter des groupes d’un genre grunge ?
Est-ce que ce mouvement musical n’est pas mort en même temps que le décès de Kurt Cobain ?
Math : Je pense que le terme grunge existait dix ans avant Nirvana, donc pas de raison qu’il disparaisse avec eux. Le style musical a évolué et ce n’est sûrement plus aussi puriste qu’à « l’époque Seattle », mais le terme reste et est toujours très utilisé aujourd’hui.
Hadri: Les meilleurs représentants du grunge n’existent plus (Barkmarket, Soundgarden au début, Nirvana, Hammerhead, Babes in Toyland) mais il y a de très bons groupes récents qui sonnent ‘grunge’ (Dilly Dally, Roomrunner, Greys, Metz…). Tant que des groupes proposeront des morceaux agressifs et mélodiques joués avec une guitare électrique, une basse et une batterie, on pourra dire que le grunge existe.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus lorsque vous jouez sur scène ?
Math : Les bières et la bouffe gratos. Mais pas quand y a des fruits. On est du genre à plutôt aimer les cacahuètes. La route aussi parce qu’on peut boire pendant qu’Hadri conduit.
Hadri: Sentir l’enthousiasme de certains spectateurs, les voir « danser ». Pour ça, notre dernier concert au Hangar à Liège était particulièrement cool.
Comment définiriez-vous l’ambiance de Cobracadabra en quelques mots ?
Math: « From Neil Young to Linkin Park ». Kolbjorn Barrow.
Fort d’une solide réputation méritée en tant qu’auteur de comédie suite à La Classe Américaine et les deux opus de OSS 117, et de la multitude d’oscars remportés par The Artist, Michel Hazanavicius revient là où on ne l’attend pas spécialement. Et pour cause, avec Le Redoutable, adapté du roman d’Anne Wiazemsky, Un an après, Hazanavicius s’attaque au mythe Jean-Luc Godard sous le prisme de son histoire d’amour avec ladite Anne Wiazemsky, actrice ayant joué pour lui dans La Chinoise (1967) jusque 1969. Là où d’autres auraient adapté le roman de la petite fille de François Mauriac comme un biopic tout ce qu’il y a de plus classique, Hazanavicius se le réapproprie en livrant une comédie ayant pour personnage principal Jean-Luc Godard.