Au bout d’un parking immense, après un dédale entre des bâtiments délabrés, j’atteins finalement les locaux de Primitive Music: une salle minuscule, mais chaleureuse, à la très bonne acoustique.
Ce soir, Obselete Humanityprésente son EPéponyme et partage l’affiche avec Squidhead, Ashes Into Blood et Komah. Une affiche de qualité en accord avec le style que propose les nouveaux venus de la scène liégeoise. Je vois débarquer sur scène quatre jeunes gars vêtus de masques à gaz. Remake death metal de Rise Of The Northstar? La suite me prouvera que non.Continuer la lecture →
De King Krule à Rive, voici une liste chronologique (et non un classement) de clips équivalant à des rêves visuels. 12 chansons qui participent aux fantastiques surprises de ces 10 dernières années.
Coldplay revient avec un huitième album éminemment politique. Everyday Life se sépare en deux parties distinctes remplies de messages de paix : Sunrise et Sunset. Chris Martin et sa bande partent d’ailleurs en Jordanie, près de nombreuses terres de conflits, afin de présenter l’œuvre (un magnifique concert autour de ruines d’un autre temps).
La musique des Britanniques était morte à mes yeux après Viva la Vida or Death and All His Friends (2008). Suite à cet opus, nous n’avions plus droit qu’à une série de tubes pop sans charme. Plus aucune comparaison avec la délicatesse d’un Jeff Buckley. Nul plaisir à écouter des nappes de synthés n’ayant rien de novateur. Les fameux cris de Martin en devenaient même caricaturaux. Autre péché mignon: ma préférence au Coldplay mélancolique à celui festif. Ces dernières années, ils participaient à un bonheur… artificiel et mal branlé. Bien sûr, mes arguments sont plus que subjectifs. Leurs deux premiers albums ont bercé mon enfance. Une période de ma vie où l’émotion se glissait à mes oreilles via des chansons aux tristes compositions.
Mais avons-nous là un nouveau Coldplay ?
Il fallait attendre 2019 pour que le quatuor revienne aux bonnes vieilles sources. Piano et guitare sèche sont mis à l’honneur. Tout comme l’univers oriental, ayant énormément apporté à la musique dans sa globalité (rien que la guitare inventée par les Egyptiens).
Si certains se lasseront des mélodies de Everyday Life, je les encourage à l’écouter plusieurs fois. Histoire de saisir ce qui nous dépasse (« Guns »), l’incompréhensible haine des femmes et hommes (« Trouble in Town »), ainsi que ces instants fédérateurs, où la musique devient l’arme du futur (« Arabesque »). Certes, les paroles de Chris Martin semblent parfois mielleuses ou simplistes. Cependant, en ces temps de troubles politiques, de telles chansons sont plus que nécessaires. La démarche est intelligente. Oublions les sons trop électroniques et désincarnés des Londoniens. Ils gagnent en humanité grâce à leur pacifisme. Une lyrique d’autant plus attachée à une utilisation efficace de purs instruments: guitare, piano, saxophone, violons.
Difficile de savoir laquelle des deux parties l’emporte sur l’autre. Ce qui importe : un projet tenant la route, chapeauté par de très bons musiciens.
Comment conclure un article que je ne pensais jamais écrire ? Plusieurs hommages s’insèrent à Everyday Life. Choisissons le poème de Saadi Shirazi (1210-1291), Les Enfants d’Adam, prononcé dans « Bani Adam ». Des mots qui marquent l’esprit ad vitam æternam.
Les êtres humains sont membres d’un tout
Dans la création d’une essence et d’une âme
Si un membre souffre de douleur
Les autres membres inquiets resteront
Si vous n’avez aucune sympathie pour la douleur humaine
Cette année marque l’arrêt d’une époque. Celle où Game of Thrones faisait rêver les fans de fantasy (jusqu’à sa fin pourrie). Et celle de Breaking Bad, que l’on oubliera très vite… Au revoir The End of The Fu***ing World et Mr. Robot (deux séries légendaires).
La fin (peut-être aussi) du monopole Netflix avec l’arrivée d’Apple TV+ et Disney+.
Pourtant, après avoir lâché les mouchoirs, de belles promesses se prévoient en masse! Que ce soit la folle Umbrella Academy, à l’univers improbable et magnifique, ou Brassic, tranche de vie typiquement anglaise. Sans oublier Peaky Blinders réservant deux saisons plus proches du documentaire haletant que de simples récits mafieux !
J’étudie à Louvain-la-Neuve. Lorsque Deathtura passe au Reflektor, je reconnais plusieurs têtes de la cité universitaire. Une communauté prête à se taper presque 100 km afin d’afficher ses cornes digitales. Mon fief se fait envahir par une audience heureuse de retrouver sa jeune bande.
Le chanteur, habillé d’un gilet pare-balles, oscille toujours entre un chant clair et un terrifiant grondement. Un trait assez particulier au groupe. Certains considèrent ces musiciens comme la relève de Channel Zero. D’autres affirment qu’ils ont la qualité de jouer un metal accessible à tout auditeur.
Les différentes approches de styles caractérisent le plus Deathtura. Tout le monde trouvera son compte avec notre musique. Pour preuve, 85% des personnes qui n’aiment pas le metal adorent nos concerts! On a la jeunesse et l’audace. On a aussi nos influences assez old school.
Le manager de notre label nous a décrit comme faisant du 360° metal. On compte évidemment mieux définir notre style pour notre deuxième album en cours d’écriture. –Nico Mike D., batteur de Deathtura
D’ailleurs, ils collent parfaitement à l’affiche liégeoise, derrière un Dagoba qui a fait ses armes dans le mélange des genres (rock/electro/metal).
A titre personnel, mon souvenir le plus marquant au Reflektor, c’est le contact qu’on a eu avec Dagoba. On est passé de fans à collègues le temps d’une soirée! Avant le concert, j’ai passé un moment mémorable, seul sur scène avec Nicolas Bastos. On a parlé batterie forcément… Il a beaucoup complimenté mon kit de batterie et m’a donné plein d’astuces de placements d’éléments. J’ai même réussi à lui glisser quelques conseils sur son propre kit. Un instant un peu particulier qui a plus de valeur aux yeux d’un batteur qu’à ceux d’un lecteur. Cet échange privilégié a été très important pour moi. –Nico Mike D.
Dès les premières notes, je m’avance vers le devant de la scène. L’adolescent ne jurant que par le metal remonte en moi et contemple le jeu du groupe.
Le titre m’épatant le plus: « Escape the Time ». Le riff initial me fascine tant que je ne cesse de fixer les doigts du guitariste. Des mélodies bien plus graves viennent s’y imbriquer. Laissez-les mijoter, puis ajoutez une batterie tapant plus fort que le cœur d’un tachycardique! Sacrée turbulence.
On savoure encore jusqu’au dernier morceau, « Purgatory of Our Future ». De quoi laisser une vague de notes agressives. Le tout accompagné d’un jouissif timbre de voix caverneux. Une chanson qui donne la sensation d’en vouloir plus… Toujours plus de Deathtura! Je souhaite en entendre beaucoup plus après ces trente minutes de live. Un spectacle court mais intense. Un avant-goût prometteur et optimiste quant aux nouvelles générations metal.