Comment exprimer son dégoût face à certains films ? Pourquoi fuir devant l’incompréhension ? Nous revenons sur quelques expériences foireuses du septième art.
Au programme : 3 films décriés par mois.
Tous les articles par Drama
La dure à cuire #53
Bienvenue sur notre boutique provisoire
Croa, c’est l’histoire de l’exil. Il s’agit de la fuite vers l’avant, loin des jugements subis en permanence. Comprenons notre environnement et déployons les ailes de la liberté.
Un Poivron séché casse La Routine conte le récit d’un homme prêt à bouleverser son destin. Après une soirée bien arrosée, il rencontre une femme qui le mène vers sa renaissance. Dès lors, notre protagoniste croque la vie à pleines dents… mais pour combien de temps ?
Bruno Caruana (DRAMA) signe 2 autres nouvelles pour un total de 5 pages.
Au rendez-vous : de l’humour noir et du fantastique. Antoine Wathelet s’est occupé de la mise en page et Camille Chautru a dessiné l’illustration au dos de l’écrit, formant un magnifique poster A3 à afficher chez vous !
En stock ? 17 exemplaires. / Le coût d’un exemplaire ? 5 euros.
Pour s’en acquérir, il vous suffit de nous :
-verser la somme exacte sur BE28 0015 7989 9220.
-communiquer vos coordonnées complètes (NOM prénom, adresse et code postal) et préciser le nombre d’exemplaires que vous souhaitez recevoir via jcclmusique@gmail.com.
Nous nous occupons de vous envoyer la/les nouvelle/s par la poste.
Disponibles également aux rayons de 3 institutions liégeoises : Livre aux Trésors (Place Xavier-Neujean, 27A), Le Comptoir asbl (En Neuvice, 20), Librairie Pax (Place Cockerill, 4).
Et la reprise musicale fut…
Lors de la réouverture de La Zone (Liège), une sensation particulière a dû traverser bon nombre de sauvageons autour de moi. La rage de vivre est parfois indescriptible. La soif d’adrénaline est tout à fait compréhensible. Ce soir-là, tout un chacun a sué de la tête aux pieds, en écoutant des morceaux punk/metal. Ce soir-là, la joie a explosé à travers la danse et les chants.
Down To Dust à La Zone (04/09/2021)
Les mesures covid de notre gouvernement nous plongent dans une espèce de science-fiction sans nom. Mais durant l’évènement musical, tout le monde était dans un Ailleurs.
Il est temps de comprendre que les artistes ne sont pas de simples vendeurs de rêves. Cette expression est assez ignoble et n’est qu’un dixième de leur objectif. Les artistes permettent d’accéder à de nouveaux questionnements, à de nouvelles perspectives sur notre monde. Certes, certains croient que les artistes ne servent qu’à divertir… néanmoins, d’autres déclarent fermement qu’une société sans culture est vouée à mourir.
Liège bouillonne et bouillonnera encore de créativité ! De jeunes groupes naissent pour revenir à ce que nous aimons : s’évader d’un système anxiogène ! Empty Head, Karma Nova et Naked Passion ne se gêneront pas pour défiler dans les salles liégeoises. Dès lors, comment partager toute son énergie sur scène ?
Notre but en live n’est pas de recréer nos morceaux tels quels. Nous voulons profiter de la magie du concert pour traduire l’énergie qu’il y a dans nos titres. Chaque membre apportera de l’authenticité et de la spontanéité dans son jeu, vu que l’improvisation n’est pas proscrite sur scène. Puis, le groupe est d’accord sur le fait qu’il est important de repenser notre style de musique, une fois en spectacle. -Gilles Vermeyen
Le jeune chanteur/guitariste de Sonic Tides va bien plus loin dans son raisonnement. Il expose un point important du quatrième art.
Quelle est la raison première de notre implication musicale ? C’est de faire du live.
Pour nous, c’est ultra important. C’est notre motivation principale : jouer un max, en essayant d’emmener les spectateurs pendant un instant, avec nous, dans notre univers. C’est l’essence même des musiciens : transmettre et encapsuler une émotion, une ambiance, ou un état d’esprit dans une chanson.
Ensuite, c’est communiquer et susciter cet état d’esprit au public, en concert. Peu importe si cela signifie assourdir leurs oreilles avec des larsens désagréables et angoissants, ou si c’est jouer sur une basse dynamique avec des harmonies vocales douces et mélancoliques !
Si son argumentaire vous paraît trop flou, savourez « Throught My Bones ». Ce morceau est calibré pour la scène. A la fois ravagée et relaxante, la chanson fera bondir tout mélomane.
DRAMA – Photos ©DRAMA (La Zone, 04/09/2021)
Coline & Toitoine – Soma
Coline et Toitoine, c’est le duo électropop qui renverse la scène bruxelloise. En mai 2021, la bande sort leur premier EP, Soma. Inspiré du roman Le Meilleur des Mondes, cet EP est composé de sept chansons. Ils ont pour thème la société dans son ensemble, le tout en dépeignant un monde dystopique. Les sujets sont variés, et terriblement actuels : l’urgence climatique, les dérives politiques, la pression sociale et ses travers, etc.
D’un point de vue musical, malgré le sérieux des paroles si joliment chantées par Coline, le duo nous balance des sonorités tantôt légères, solaires, tantôt lourdes et tendues. L’EP est dansant, mais représentatif d’une génération prête à déconstruire tous les codes. Il traduit notre façon bien à nous de chanter que tout va bien, en dansant dans un monde en flammes.
« Lâchez-moi », seule chanson en français du mini-album, dégage une puissance qui me coupe le souffle à chaque écoute. Apothéose de cette dystopie, tout ce qui est retenu sort. On ne chante plus, on crie. On se décharge d’une impuissance qui nous colle à la peau. Un fond sonore explose, s’accordant à une voix sur le point de se briser, un crescendo grandissant. Il nous laisse d’autant plus pantelant à l’arrivée du refrain. Et même à bout de souffle, on est prêt à hurler avec eux à s’en casser les cordes vocales… et même à s’en briser les chaînes.
ephios – Bannière ©Coline & Toitoine
Grandma’s Ashes Interview
En France, le stoner féminin est fièrement porté par Grandma’s Ashes ! Au nom jouant d’emblée avec l’humour absurde, le trio partage un univers décomplexé. Comprenons « Daddy Issues » et découvrons la définition d’un morceau efficace.
Nous vivons une période historique totalement inédite. Sortir un opus en 2021 doit être exceptionnel.
Eva : C’est particulier parce qu’on jouait cet EP depuis 2 ans, en live. Notre public connaissait déjà les chansons. Là, c’est littéralement un accomplissement de les partager via un mini-album. Bien sûr, on est frustrée de ne pas avoir pu tourner par après. Mais la sortie de l’EP amène à une plus grosse focalisation sur un vrai album. On vit plutôt bien sa sortie.
Edith : On est assez étonnée pour ce qui est de la réception du disque. On pensait faire un flop total mais les retours étaient plutôt agréables à digérer. C’était une très belle surprise.
Vos méthodes de distribution sont-elles de la vieille école ?
Edith : On réfléchit beaucoup sur la manière de construire une identité, une fois sur les réseaux. Puis, on a eu des demandes pour nos supports physiques, ce qui permet de garder un contact avec le public. Il y a un regain d’intérêt pour le vinyle. Il reste pertinent à réaliser pour un groupe. Alors que tout ce qui est CD et cassettes sont mis de côté.
Odezenne a une relation assez particulière avec ses fans. La bande s’adresse par e-mails à sa communauté. Vous effectuez les mêmes démarches ?
Eva : A la base, on avait l’habitude de communiquer à nos concerts (rire). Là, c’est bien plus compliqué. On est active sur les réseaux. Sur ces plateformes, des questions découlent de la part du public. On vise à répondre à chacune d’entre elle. Nous nous y impliquons vachement lorsqu’on nous interroge quant à l’avenir du groupe.
Myriam : On personnalise nos messages. On aime envoyer des cartes, de les signer, de partager de vieilles setlists ou de livrer des dessins. Ces actes deviennent uniques.
Vous percevez l’univers musical différemment depuis la sortie de The Fates.
Myriam : Oui. Je me concentrais beaucoup sur le live et sur le fait de composer et d’écrire uniquement pour notre jeu en concert. Je voulais voir comment le public pouvait réagir face à mon travail. A savoir, quel morceau faire durer plus longtemps, quel autre pour lancer les pogos. Depuis qu’on s’attaque à l’album, on bosse sur des musiques appréciables en dehors des live.
Eva : On réfléchit beaucoup plus sur des compositions brutes. On n’a pas à se prendre la tête sur ce qui doit être impérativement efficace sur scène.
Quelle est la meilleure leçon à tirer de votre premier projet ?
Edith : Adopter de meilleures organisations. (rire) On a collaboré avec pas mal de personnes extérieures à notre trio. C’est déstabilisant. Au niveau de la communication, on prévoit de mieux s’exprimer sur nos projets.
Myriam : Au départ, nos méthodes de travail étaient bien plus punk. En studio, on a enregistré tout en 3 jours, sans rien éditer derrière. On se demandait quand tout allait s’enchaîner. Ensuite, on a réalisé qu’on devait avoir affaire à un label et à des distributeurs.
Lors de votre interview au Sensation Rock, vous caractérisez « Daddy Issues » comme un morceau efficace. Comment définir ‘un morceau efficace’ ?
Eva : Un morceau efficace est celui dont la mélodie est chantée inconsciemment dans la douche, après 2 ou 3 écoutes.
Myriam : L’efficacité s’illustre via une mélodie qui reste en tête, mêlée à une énergie qui entraîne tout le monde.
Edith : Ca équivaut aussi à la sensation ressentie après avoir reçu une claque. A chaque fois qu’on joue « Daddy Issues », j’ai l’impression qu’on réussit à plier notre spectacle avec brutalité. Le morceau n’a pas demandé beaucoup de prises en studio, juste beaucoup d’énergie.
Les paroles et le clip de cette chanson me laissent imaginer une Terre vierge de tout, ne subissant pas l’arrivée de l’humanité prête à polluer et détruire.
Voulez-vous traduire l’absurdité de la vie grâce à vos textes ?
Eva : L’esthétique même du groupe est de dépeindre des situations problématiques avec humour. On aborde les injustices, la mort, le fatalisme, les absurdités de la vie. On se fixe ces thèmes comme buts à nos textes. On ne met pas du tout à l’écart l’introspection. « Daddy Issues » parle de la séparation de mes parents advenue lors de mon enfance. Ces termes signifient ‘un traumatisme psychologique’. Il se développe par exemple chez une femme qui se méfie des hommes. Pourtant, ces mots sont parfois insultants pour une femme qui a vécu un trauma à la con par le passé. C’est banaliser un événement de la vie trop facilement.
Myriam : Nos sujets se rapportent aux difficultés à tisser des liens durables entre les personnes. On chante les contrariétés et contraintes qui ne devraient pas avoir lieu dans une relation humaine.
Aujourd’hui, il serait difficile de savourer des sketchs ressemblant à ceux des Monty Python, ou bien à ceux des Inconnus. La censure et la bien-pensance sont deux obstacles artistiques à ne pas ignorer. Est-il plus facile de s’exprimer en musique ?
Eva : Les Inconnus ont un humour beaucoup plus potache que le nôtre. Par contre, on se rapproche bien plus de l’absurdité anglaise des Monty Python. C’est plus fin, plus bête. On est loin de la grandiloquence française qui se veut dénonciatrice de quelque chose.
Myriam : On ne se concentre pas forcément sur la dénonciation.
Edith : Il n’y a pas vraiment de quoi se taper des barres en lisant nos textes. Je préfère endosser un rôle nihiliste. Les personnages que l’on présente sont en pleine crise existentielle. Il y a comme une idée de déconnexion.
Et si vous aviez un message à passer aux artistes français, quels seraient vos mots ?
Eva : De s’accrocher. De ne surtout pas baisser les bras. De continuer à défendre son art et sa culture. C’est très important. Une société sans art est une société mourante. Elle ne vaudrait plus le coup de se battre pour ses causes. Même si c’est difficile de garder sa veine artistique ou d’avoir confiance en son art, continuons à réaliser nos rêves.
Interview menée par Drama – Photo ©Yann Morrisson
Sud Adventura Part 3 / Cittadella del Capo
Sud Adventura Part 2 / Maratea
Sud Adventura Part 1 / Diamante
Ces films impossibles à terminer Part 1
Comment exprimer son dégoût face à certains films ? Pourquoi fuir devant l’incompréhension ? Nous revenons sur quelques expériences foireuses du septième art. Au programme : 3 films décriés par mois.
Sleepy Hollow – Tim Burton
Pour beaucoup, Tim Burton est un des plus grands cinéastes de sa génération. Et si, en effet, son style atypique et son alchimie unique ont fait de lui un grand nom du cinéma fantastique contemporain, son parcours n’est pas immaculé. Sleepy Hollow (1999) est une douloureuse éraflure dans la filmographie du génie.
Nous contemplons des personnages trop plats et caricaturaux. Il ne se passe pas grand-chose, et la matière est trop pauvre pour laisser la magie opérer. Avec beaucoup d’efforts, il est possible d’atteindre la moitié de l’œuvre. Mais son dynamisme, déjà faible, s’écroule assez vite. L’effort que demande le visionnage rompt le contrat entre le spectateur et le film. Alors, Sleepy Hollow se goûte dans la gastronomie de Burton telle une tranche de pain de mie, sans saveur ni intérêt.
Downsizing – Alexander Payne
Downsizing date de 2018 et est un parfait exemple de mariage raté entre deux genres. Collés de force à grands coups de scotch, la comédie et le drame empiètent l’un sur l’autre comme de mauvais voisins : impossibles à concilier, ils ne demandent qu’à se fuir l’un l’autre.
Pourtant, il est possible, et même très intéressant, de faire de la comédie dramatique. Rire des choses tristes est un terrain fertile qui a su inspirer de nombreuses œuvres. Néanmoins, il y a une différence entre ‘comédie dramatique’ et ‘comédie + drame’. Dans Downsizing, les rires et les pleurs se succèdent sans s’entremêler, sans s’associer. Si bien qu’on a l’impression, en réalité, de se trouver devant deux films différents, diffusés en même temps. Or, le téméraire qui aurait tenté une telle expérience le sait : c’est insupportable.
El Topo – Alejandro Jodorowski
Alejandro Jodorowski est un véritable alien. Perdu entre les styles et au-dessus des conventions, il est le maître du bizarre et parmi les rois incontestés des films d’auteur. En 1970, le réalisateur franco-chilien sort son deuxième long métrage : El Topo. Comme on peut en attendre de l’artiste, le film est une œuvre étrange. Ecrite, tournée, et montée bizarrement. Cependant, bizarrement ne signifie pas mal, car on sent une grande maîtrise de la part du réalisateur. Malgré la qualité incontestable d’El Topo, en venir à bout est un supplice. Sa lenteur et son vide narratif sont si pesants que peu d’entre nous pourront se vanter d’avoir atteint les dernières minutes.
L’œuvre semble avoir été conçue pour les artistes, mais pas pour les spectateurs. Ou en tout cas, pas pour le public occidental actuel, peut être trop habitué au cinéma hollywoodien, rapide, rempli et rythmé.
Lou
Tim Dup – La course folle
Une pastille pour l’été, voilà ce dont nous avions besoin. Une pastille sucrée, un bonbon qui dégouline de gourmandise. Tim Dup débarque avec un album hédoniste où son principal terrain d’action s’ancre en Italie. Pas de chichi. Ce pays est parfait pour célébrer l’ivresse de la vie.
L’artiste se lâche alors en délaissant ses tics hip hop. Il dépeint des cadres méditerranéens à travers un chant parfois haut perché. Sa poésie emporte les auditeurs vers les doux souvenirs d’été, à notre amour du voyage.
Ce nouveau disque est singulier car j’y trouve une certaine forme de paix,
de lumière et de Soleil. –Tim Dup Continuer la lecture



