STUFF. – old dreams new planets

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Il y a énormément de choses à dire sur les gars de STUFF. La bande flamande emmenée par leur batteur atypique, Lander Gyselinck, est peut-être tout simplement le groupe de néo jazz électronique (si je puis dire) se démarquant le plus de la flopée de groupes du genre. En quelques années, leurs sons électroniques et leurs mélodies groovies et sinueuses sont devenues une particularité et une qualité qu’eux seul, dans la lignée de Marc Moulin et de son groupe Placebo, ont su se réapproprier à la perfection.

Le premier morceau de ce second opus, « Slug », pose déjà les bases. Ils ne font pas dans la dentelle, la lourdeur est de mise.

« Colibri », lui, est un assez bon exemple de ce que fait STUFF. en général : le rythme est dur et saccadé, mais ne manque pas de technique. Les notes de piano sont écrasantes et un sombre clavier vocodeur vient accentuer le tout, comme de la lave qui coule au ralentit sur ton chien qui dort. Tu sens que ça vient, mais tu ne peux rien faire. C’est souvent à ce moment que la rythmique te cloue au sol, à l’instar de la lave, sauf que tu es toujours vivant. Tout marche à l’unisson dans ce morceau déterminant le style exact du groupe.

Je vois toujours un énorme paradoxe dans les morceaux de nos Flamands préférés. Le début de « Delta » est frustrant de force et de lenteur, avec de beaux accords interstellaires (on en comprend presque le titre de l’album), avant de basculer dans un crush de sons tourbillonnants et régénérants pour le corps. Car pour les avoir vu deux fois en concerts, on ne sait comment danser, mais on ne peut s’empêcher de bouger sur ce hip hop du futur qui nous met littéralement en bonne forme (ouais, genre en forme de carré). Le terrible effet appliqué à la batterie raisonne sur tout ton corps.

« Galapagos » dans le même style dégage une certaine rage due au clavier déphasé de l’intro et aux effets equalizers. Cette liberté prise à mettre des effets à la batterie est tout bonnement géniale. Elle me rappelle le style d’un Kevin Parker sur un son de Tame Impala. Via ce morceau, on comprend que, cela dit, ce groupe soit né dans des caves gantoises.

« Spinning Leaf » est pour ma part le meilleur morceau de l’album. On atterrit sur une planète exotique, après un long voyage spatiale et les premiers contacts avec le monde extérieur sont étonnants. Les percussions et les basses sonnent différemment, les notes de claviers sont plus fines et aiguës. Le voyage fut rugueux mais l’arrivée est belle.

Le dernier morceau est une marche lente et introspective toujours rythmée de manière étrange par le batteur. Sa mélodie se rapproche de celle du générique de Twin Peaks.

Old Dreams New Planets touche à tous les sens et à tous les domaines. Le jazz ne semblant être qu’un point de départ académique, tant le hip hop et l’électronique ont une place énorme dans le son de cette album. Les 5 musiciens me font aimer les Flamands, même si j’avoue facilement et avec tristesse que c’est de l’autre côté de la frontière linguistique belge que la musique est bonne…

STUFF. s’affirme et confirme !

Et s’ils passent dans votre coin, surtout ne les ratez pas.

Lev.

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