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Héritiers de Flume Part 2

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Une explication à ce titre est nécessaire pour le comprendre entièrement.
Des artistes se copient inconsciemment ou volontairement pour parfois créer leurs œuvres. Je n’écrirai pas au sujet du « plagiat », au contraire, j’aime utiliser plutôt le terme « hérédité ». De fait, depuis l’arrivé de Flume, c’est-à-dire en 2011, une panoplie d’artistes puise énormément de sa technique. Car il faut savoir qu’il a eu un véritable impact sur le monde de l’électro, non pas parce qu’il est juste un jeune musicien et producteur d’Australie, mais aussi parce qu’il a une signature sonore qui lui est propre. En d’autres mots, il a complètement réussi à façonner une nouvelle approche musicale. Les nombreuses particularités qui font toute sa « magie » apparaissent désormais chez d’autres DJs juvéniles.

Via un Pad, une guitare, un piano/synthé, Petit Biscuit offre des chansons électros qui instaurent une ambiance relaxante. Ayant commencé en 2014, Mehdi Benjelloun, âgé d’à peine 17 ans, détient déjà une certaine renommée sur la scène artistique.

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Publié le 28 novembre 2016

Odezenne Interview

Véritable phénomène de la scène musicale française, Odezenne a accepté sa première interview en Belgique avec JCCLM. Au café liégeois du Reflektor, Jaco et Alix ont dédié leur temps à SilverDave et DRAMA.

DRAMA : Comment qualifier votre musique en quelques mots?

Alix : On n’a pas de qualificatif à donner pour notre musique parce que c’est comme si on allait tout de suite restreindre notre champ de la perception. Tout ce qu’on conseille de faire au gens, s’ils sont curieux, c’est de taper Odezenne sur Google et de regarder les liens sur leur propre écran et de se faire leur propre avis sur ce que l’on fait.

DRAMA : N’avez-vous pas l’impression d’avoir trouver une signature sonore qui est vôtre avec l’album Dolziger St. 2 ?

Jaco : Je pense que la signature sonore on l’a depuis le début dans nos têtes, dans ce que l’on veut faire. Après, accéder à ses envies, c’est souvent pas réalisable instantanément. Il faut travailler et mettre en place des choses. Mais là, l’identité commence vraiment à ressortir beaucoup plus clairement sur nos sons d’aujourd’hui, surtout du fait que ce soit que de la compo.

Alix : Pour prolonger un peu ce qu’il vient de dire, j’ai en tout cas l’impression que c’est l’album où l’on a le mieux réussi à se mélanger dans ce qu’on a à apporter au groupe, chacun, individuellement, que ce soit en terme d’influence et de textes. Donc, je sais pas si c’est une signature, c’est un peu pompeux le mot « signature ». C’est la meilleure tentative de disque qu’on ait sorti.

DRAMA : OK. Santé. (les verres s’entrechoquent)

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DRAMA : Y a-t-il un message qu’il faut retenir à la fin de l’écoute de cet album ?

Alix : Non je crois pas. Nous on l’a fait sans arrières pensées, c’est-à-dire sans filets. Sans même savoir ni où l’on voulait aller ni si on allait y arriver. Je crois que l’album est à prendre comme il est. Je pense que c’est un album qui peut s’écouter d’un trait dans l’ordre où on l’a écrit et enregistré.

Jaco : Du côté de l’auditeur, le message, les moments, les souvenirs s’inscrivent de manière assez personnelle sur un album. Tu ne peux gérer ça en te disant qu’il y a « un message » car personne ne va le percevoir tout à fait de la même façon. Même nous, entre membres du groupe, je pense qu’on ne le perçoit pas de la même manière.

DRAMA : Ce dernier album en date a été enregistré en Allemagne. Trouvez-vous qu’il y a une grande différence entre l’attention que l’on porte à la culture entre l’Allemagne et la France ?

Jaco : On sait pas parce qu’on a passé beaucoup de temps à bosser sur ce disque. On avait un studio h24, du coup on y restait assez régulièrement. Ça nous bouleverse pas vraiment que les gens fantasment sur Berlin parce que c’est pas non plus « un musée d’Art contemporain à ciel ouvert partout ». C’est plutôt très calme et très apaisant. J’ai pas trouvé de musique berlinoise spécifique mais dans tous les bars ils passent du bon son.

Alix : Moi j’ai trouvé que ce qui sautait aux yeux par rapport à la France, c’est que les bars passent du bon son, comme ici. En France, c’est un plus NRJ et d’autres radios qui sont diffusées. J’ai découvert plein de bons groupes français en Allemagne dont Jacno. C’est improbable, j’aurai du le connaitre depuis bien longtemps. Ce qui saute encore aux yeux, c’est le côté un peu calme des rues. C’est une sorte de grand village. J’ai l’impression que c’est assez chelou parce qu’en même temps, t’as une rigueur, genre il faut pas traverser au feu rouge, ce qui fait qu’il y a pas un côté libertaire, où tout le monde fait ce qu’il veut mais les églises par contre, sont touchées par les graffitis.

Jaco : C’est un super endroit. Maintenant, on ira pas jusqu’à dire que c’est la musique électronique berlinoise qui a influencé le disque. C’est plus la vie au jour le jour, le froid, le grand ciel blanc.

DRAMA : Les clips de « Novembre » et « Chimpanzé » sont réalisés comme des mini-documentaires résumant pour le premier, une manifestation tournant au vinaigre et pour le second, la crise migratoire. Êtes-vous de ceux qui croient que la musique peut changer du tout au tout les mentalités ?

Alix : Moi je sais pas si la musique peut changer du tout au tout. Mais il faut que noter qu’en ce moment, je m’aperçois qu’en écoutant pas mal de disques de mecs qui chantent en français, je me lève le matin avec une phrase dans la tête ou je fredonne tout d’un coup l’après-midi. Je me rends compte vraiment ces derniers temps que quand tu chantes, tu dis des trucs que les gens impriment donc forcément, sans penser que ça soit de grand changements fondamentaux, ça fait son chemin. Pour ce qui est des images, c’est pareil. Ces clips documentaires, qu’on a fait avec Jérôme, c’était pour recoller au réel et il se trouve que c’étaient des crises. Je pense en effet que ça peut faire son petit chemin.

Jaco : Je pense que la musique peut changer la vie de quelqu’un donc elle peut, quelque part, changer la face du monde puisque quelqu’un peut changer la face du monde. Mais je pense pas qu’il faille l’affaire pour ça.

DRAMA : Comment ça ?

Jaco : Il faut pas que tu te dises que tu vas faire des morceaux pour toucher quelqu’un qui va changer le monde ou pour changer le monde. Mais il est au moins possible que la musique puisse changer quelqu’un.

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DRAMA : Revenons à Dolziger St. 2, est-ce que l’on peut considérer la chanson « Souffle le Vent » comme une ode à la vie ?

Jaco : Je sais pas du tout. C’est une chanson d’amour pour ma meuf mais qui dérive sur l’Amour en général.

Alix : Je vais peut-être mieux en parler que lui…

Jaco : Ouais, parce que j’ai du mal à parler de moi.

Alix : Autant il y a des morceaux qu’on chante et qu’on a écrit à deux, comme « Vodka », autant il y a « Souffle le Vent » que je n’ai pas du tout écris. Il y a des morceaux en gros, où on s’est invité respectivement. Le texte de « Souffle Le Vent » est arrivé comme ça et j’ai même pas voulu m’inviter dedans. Moi, en l’occurrence, c’est une chanson qui m’a touché presque d’une manière extérieure. Je sais pas si c’est effectivement une « ode à la vie » mais c’est un peu une espèce d’urgence, où il y a quelque chose à saisir. C’est sûr que c’est un baromètre où quand tu l’écoutes, soit t’es content, soit tu pleures. Ça dépend de si t’as fait de la merde ou pas dans ta vie. Tu vois ce que je veux dire ?

(rire)

Alix : Je ne sais pas tout exactement mais ça a un rapport avec la vie.

DRAMA : J’aime beaucoup les paroles.

Alix : Merci.

SilverDave : J’ai réécouté vos musiques ce matin, et je me disais que soit vous étiez cash et dégueulasses soit cash avec un petit coté sentimental et fragile. Fragile, non pas dans le sens péjoratif, mais plutôt doux, qui aime bien la vie, les femmes. Je me rends compte que parfois c’est assez crus.

Alix : Oui bien sûr. C’est aussi pour ça qu’on est parti à Berlin. L’idée c’était de se retrouver entre nous, à l’écart de tous les gens et de tout ce qui se fait. Et du coup, décrire au plus proche comme une photographie. Forcément, comme tout un chacun, ce qui nous touche d’abord dans la vie, ce sont les femmes et c’est aussi de temps en temps « la colère » mais encore « l’angoisse » ou « être heureux ».
Essayer d’être sans filets, c’est pas très évident. Il faut créer des conditions pour cela, en sachant que tu peux être sollicité assez souvent, ce qui te déconnecte du vivant.

Jaco : L’être humain a plusieurs facettes. On a par conséquent plusieurs facettes. On est pas foncièrement toujours dégueulasses, sentimentaux ou crus. C’est comme ça vient.

SilverDave : Justement. Il y a cette façon d’écrire qui est crue mais ça passe parce que c’est doux.

Alix : C’est peut-être pas si cru…

Jaco : Dans le fond, c’est pas si cru.

Alix : Il y a un côté « pas cuit » dans « cru ».

Jaco : Alors que c’est mijoté quand même.

SilverDave : C’est ça qui fait que ça devient de la poésie et que ça passe crème.

Alix : On essaye de « parler vrai » plus que « cru ». Je cogite pas pour essayer de dire quelque chose crument, j’essaye de le dire de façon vraie. C’est subjectif ce que je dis.

Jaco : Il y a un moment, certains disaient qu’on faisait du rap. On fait des chansons. Ce n’est pas une question de faire du rap ou autre, on s’en fout, on fait de la musique et pas de la menuiserie. C’est juste à écouter, t’appuies sur « play » et c’est tout.
Enlever l’attitude, c’est quelque part essayer d’être le plus honnête devant ta feuille. Ce n’est pas donner de mimiques, des si ou des la. Quand t’essayes d’écrire des textes un peu plus généraux que plein de gens peuvent écouter et que c’est indescriptible, si t’as encore l’attitude de te dire que tu n’es plus un rappeur mais un poète et que tu veux prendre l’attitude d’un poète, et bien t’as tout loupé. Il n’y a pas à chercher cela, ça viendra plus tard ou ça ne viendra jamais à toi. Ça ne viendra jamais. De toutes façons, on s’en fout. Ce qui compte c’est d’être le plus honnête devant ta feuille sans faire de démagogie. Dans le fond, on prend plein de textes de plein de gens et on est pas si dur que ça. Ni très cru ni très dur et de tout temps franchement.

SilverDave : OK. Je réécouterai avec cette vision là.

Alix : Oui mais tu as le droit d’avoir ton approche.

SilverDave : C’est toujours cool d’écouter une musique avec des a priori, une approche, puis de la réécouter et de s’en faire une toute autre idée.

Jaco : C’est peut-être toi qui a raison. Moi j’ai souvent dit qu’on avait la tête dans le guidon.

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DRAMA : N’avez-vous jamais penser faire des projets solos, chacun de votre coté, sans semer le chaos dans le groupe ?

Alix : Je pense que ça sèmerait le chaos parce qu’un groupe c’est un groupe. Fin, « semer le chaos » ça veut rien dire mais ça serait une véritable dislocation. J’ai même pas envie de faire de la musique tout seul, ça m’intéresse pas. Je ne pourrai pas. Je pourrais aller chercher des « beatmakers » mais à la base et jusqu’à maintenant, on se considère plus comme un groupe que comme un groupe de musique. On aurait pu ouvrir une pizzeria, un bar, une galerie, une bibliothèque, pourvu qu’on fasse des choses ensembles de manière imaginative et créative. C’est ça qui nous lie, et pas tellement la musique.

Jaco : Si on avait voulu faire de l’argent, on aurait clairement fait autre chose que de la musique. Ce n’est pas une histoire d’intérêts, ça serait juste moins bon de manière pragmatique.

Alix : Il est possible que ce soit faisable après la vie du groupe mais pas pendant.

Jaco : J’aurai pu partir en solo plein de fois parce que je cherche souvent pour l’inspiration, pour pouvoir amener le concentré dans le disque.

Alix : On est pas du genre à être dans trois groupes. Ça prend trop de temps !

Jaco : Une fois que t’as bien travaillé ton groupe, pourquoi essayer de partir en solo ? Pourquoi ne pas trouver un autre système, une autre aventure avec les mêmes gens pour aller autre part et faire autre chose ? Ça m’intéresse plus de faire autre chose accompagné de gens avec qui je suis, plutôt que de refaire la même chose avec d’autres gens.

Alix : C’est assez bizarre parce qu’au final personne ne fait vraiment la musique qu’il a envie de faire.

Jaco : Ouais mais la situation dans laquelle je me situe, me permet de faire la musique que je veux. On est dans ce casse-tête mais moi, quand je suis dans ma piaule et que je fais ma musique, je me préoccupe pas d’une quelconque carrière solo et du coup, je fais ce que je veux.

Alix : Absolument. Si j’étais tout seul, on ferait pas exactement ce que l’on fait maintenant. Mais en même temps, je suis encore plus content de découvrir des nouveautés dans notre groupe. Même moi parfois je découvre Odezenne et c’est cool.

Jaco : Je vais expliquer ce qu’Alix voulait dire par le fait que chacun ne fait pas la musique qu’il veut.
On fait tout pour le centre. Le centre c’est ce disque, c’est le sujet. Alix, Matia et moi, on va donner ce qu’il y a de mieux pour le sujet. Sans se la raconter, ce sujet va être magnifique pour nous. Ce sera toujours mieux que si chacun donne sa meilleure copie. C’est beaucoup de compromis de travailler à trois sur un même sujet parce que parfois, tu dois lever ou enfoncer un peu plus le pied pour que le sujet en lui-même soit en l’air. C’est comme Aimé Jacquet disait à Cantona : « Tu es le meilleur joueur mais l’équipe est meilleure sans toi. ». Humainement, sans démagogie, et dans ce qu’on vit comme amitié, ça te met à ta place parce que tu as vite fait la tête qui part, surtout dans ce que l’on fait. Ce n’est qu’une illusion. Hier, on a joué devant 1500 personnes à Paris, c’était la folie mais c’est un métier de forain. Après, on a pris la route, on est arrivé, on a déchargé. Il faut prendre en compte l’envers du décors et garder les pieds sur terre. Bref, soudé c’est mieux, tout seul…
T’es tout seul et quand t’as plus l’inspi, tu fais quoi ?! Faut bien manger.

DRAMA : Il y a bien Nekfeu qui arrive à faire de supers choses en solo.

Alix : Ouais mais on ne fait pas du tout la même vie. Il y a une différence. Nous on est vraiment dans une optique de groupe. On n’est pas dans la « punchline », les performances textuelles, les attitudes. Je dis pas que ce que l’on fait est mieux, c’est juste qu’on serait pas épanoui dans ce que je viens de citer. J’aurai aucun épanouissent personnel à essayer de développer une carrière solo. Rien que d’y penser, ça me fait chier. C’est limite si je me bats pas chaque matin pour qu’Odezenne puisse être diffusé. C’est peut-être plus pour faire plaisir à mes potes comme eux aussi peuvent le faire. On fait les choses pour les autres, c’est vraiment une autre approche. Il n’y a rien d’autocentré là-dedans.

DRAMA : C’est beau…

Alix : Ah mais attention, je suis même pas en train de te dire que c’est beau. C’est juste comme ça.

Jaco : C’est comme ça et un dollar c’est un dollar. On est sur le qui-vive, on regarde tout et elle est là la différence avec Nekfeu, c’est qu’il n’est plus à un dollar près. T’es entre nous, t’es là… On est dans le bunker.

(rire)

DRAMA : A quoi on doit s’attendre pour le prochain album ?

Jaco : Peut-être rien.

(rire)

DRAMA : « Rien » c’est déjà…

Jaco : Peut-être que dalle alors.

DRAMA : Aaaah.

Jaco : Nan mais il faut déjà que ça vienne et que ça nous plaise. Déjà on va d’abord se reposer et finir la tournée. Là ce qu’on fait c’est l’équivalent de 3 ans de marathon en sprint et il faut se reposer un peu. Il faut dépresser le citron.

Alix : C’est vrai qu’on met tous ce qu’on a pour chaque disque sans se dire qu’il y aura une suite, ce qui fait que c’est compliqué de parler d’une suite. Je ne veux pas faire d’effet d’annonce en disant que Dolziger est notre dernier album mais en même temps, si plus rien ne se fera par après, ça sera le dernier.

DRAMA : Il y a pourtant « Matin » qui est sorti.

Alix : « Matin » c’est autre chose. C’est la réalisation de son clip documentaire qui nous a poussé à sortir cet inédit. On avait décider de pas mettre cette chanson dans l’album parce que ça collait pas à l’esthétique de Dolziger mais c’était aussi un morceau qu’on aimait bien. Il a trouvé des images, ça a « matché » tout seul. On a pas sorti « Matin » pour teaser un album. C’est vraiment pas ça le délire.

Jaco : Je pense qu’on a sorti Dolziger il y a tout juste un an. Ça se digère, ça se défend. Pour l’instant on a rien. On a l’intermittence.

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DRAMA et SilverDave – Photos ©SilverDave (Reflektor, 18/11/16) /Interview faite le 18/11/16

Publié le 26 novembre 2016

La Folle Histoire de Max & Léon

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Le Palmashow débarque au cinéma…Et putain ça fait du bien !

Attention ! Les mots qui vont suivre, sont le reflet de la pensée d’une personne ayant de profonds griefs envers le cinéma français en général.

Plus la peine de présenter Gregoire Ludig et David Marsais. Le duo comique révélé par Internet a su se montrer au fil de ses dernières années plus que présents sur les réseaux sociaux et les chaînes télés. Bien qu’aujourd’hui ils soient encadrés par des groupes aussi importants que C8 et Canal+, cela ne les a pas empêché d’imposer au yeux du public une forme d’humour tout aussi populaire et captivante, à coup de sketchs et de vannes marquantes et fraîches.

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Publié le 21 novembre 2016

Hellsing Ultimate

Je pose les bases : non je n’ai pas regardé l’autre version, non je n’ai pas lu le manga d’origine et oui je suis célibataire… Maintenant que tout le monde sait que je n’ai aucun humour ou aucune once de professionnalisme, on peut commencer.

Hellsing Ultimate est un anime qui comporte également des OAVs avec un format peu commun. Créé par Kota Hira et diffusé à partir du 10 février 2006, il s’est terminé le 26 décembre 2012. Il contient 10 épisodes d’environ 40-50 minutes avec 3 parties annexes racontant les origines de certains personnages (un peut moins de 10 minutes à chaque fois).

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Publié le 19 novembre 2016

Héritiers de Flume Part 1

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Une explication à ce titre est nécessaire pour le comprendre entièrement.
Des artistes se copient inconsciemment ou volontairement pour parfois créer leurs œuvres. Je n’écrirai pas au sujet du « plagiat », au contraire, j’aime utiliser plutôt le terme « hérédité ». De fait, depuis l’arrivé de Flume, c’est-à-dire en 2011, une panoplie d’artistes puise énormément de sa technique. Car il faut savoir qu’il a eu un véritable impact sur le monde de l’électro, non pas parce qu’il est juste un jeune musicien et producteur d’Australie, mais aussi parce qu’il a une signature sonore qui lui est propre. En d’autres mots, il a complètement réussi à façonner une nouvelle approche musicale. Les nombreuses particularités qui font toute sa « magie » apparaissent désormais chez d’autres DJs juvéniles.

Cet héritage touche notamment à un DJ de France nommé Fakear.
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Publié le 15 novembre 2016

Yves Donnay Interview

HABEMUS PSYCHANALYSE PAS CHER

Le dessinateur, sculpteur et peintre Yves Donnay partage son temps de parole pour réaliser une interview dans son atelier, à Tilff. Sa philosophie artistique, ses satiriques Clochards, sa vision de Woody Allen sont alors des sujets inévitables.

Comment est né le projet nommé Les Cloches ?

Ca venait d’une frustration comique. Comme tu peux le voir ici, ce que je fais n’est pas spécialement drôle, ça n’a aucune vocation hilarante. Ce n’est pas non plus engagé politiquement ou socialement. Les Cloches est venu pour pallier à ma mauvaise humeur chronique car il faut savoir que je me lève tous les jours en me disant : Putain quel monde de merde. (rire)
Comment est-ce que je pourrai faire pour non pas le détruire mais en rigoler un petit peu plus ? Je me suis alors mis à faire des petits dessins sans a priori mais ce que je cherchais surtout, c’était un fil conducteur qui a été la rue. Qui se trouvait dans la rue ? Les clochards que l’on surnommait aussi les cloches à Paris. Voilà comment est né
Les Cloches, avec un double sens.

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Pourquoi est-ce que les sans-abris sont les personnages principaux de vos dessins ?

Au départ, ce sont plus des clochards parce qu’ils réfléchissent non pas sur leur condition mais surtout sur ce qu’ils voient dans la rue, sur ce qu’ils lisent dans les journaux qui tombent à leurs pieds ou encore sur ce qu’ils entendent des conversations.
En voyant les dessins, on pourrait croire que ce sont des SDF mais pas vraiment. Ce sont des mecs qui se sont retirés de la société et qui peuvent se permettre d’avoir un regard dessus. Même si on peut y retrouver des SDF, des immigrés, des étudiants ou tous ceux qui traînent un peu en rue. Mais au commencent, avant que ça ne dérive, je dessinais des clochards professionnels.

Qu’est-ce que sont des clochards professionnels ?

Ce sont des anarchistes purs et durs. Ceux qui refusent absolument tout, comme travailler.

Y en a-t-il encore ?

Oui, il y en a toujours eu. Maintenant, ils ne sont pas forcément à la rue. Il y en a qui sont avec un sac au dos, qui se baladent.

Comme des ermites ?

Oui, ça pourrait être des ermites ou des globe-trotters qui ne sont pas multimillionnaires. Des mecs qui ont juste besoin de deux caisses pour vivre mais pas plus, sinon ça devient insupportable.

Est-ce que vous avez déjà pensé à être comme cela ?

Je suis un peu comme ça mentalement mais je n’en ai ni la vocation ni le courage. Dormir dehors, je sais pas si t’as déjà essayé, mais c’est très dur.
Même dormir l’été dehors, sans rien, c’est pénible. J’ai déjà fait un peu de ballade sauvage, du temps où j’avais un chien, et dormis un ou deux jours pas plus, cela suffit pour être dans un état lamentable. (rire) La nuit tu pleures car il fait vraiment froid.

Si l’on admet que les clochards sont une façade qui rappelle au citoyen ce qui l’attend s’il dévie des normes sociales, est-il bon pour les gouvernements de garder des clochards ?

A Liège on pourrait le croire. (rire) On a l’impression qu’on les attire de partout mais c’est une autre catégorie, ce sont plutôt des junkies. Je ne les compterai pas dans les clochards ou les SDF. Je pense que ça fait toujours très peur qu’on puisse tomber de son petit confort et se retrouver sans ou presque rien. C’est très dur comme situation parce qu’on y perd assez vite ses neurones. Quand tu vois les gens qui sont réduits à ça durant des années, ils sont arrangés. Je ne dirai pas qu’ils sont irrécupérables mais en tout cas, ils ont des problèmes psychologiques ou alcooliques donc ils prennent ce qui leur tombe sous la main, comme des cachets par exemple. Et effectivement, ils se laissent aller. C’est très difficile ensuite, de garder une certaine hygiène de vie. C’est plus intéressant pour le gouvernement d’avoir des gens en mauvais états dans la rue que des cloches comme les miennes qui risqueraient de foutre un peu plus la merde. (rire)
Il faut du coup, avoir des pauvres non contestataires dans la rue qui fassent pitié ou qui dégoutent, ainsi certains se diront : Je suis bien content d’avoir mon petit boulot de merde. Les pauvres contestataires, eux, vont en attirer d’autres dehors.

Comment se porterait votre inspiration sans les malheurs et stupidités du monde ?

Aaaah. Je ne ferai probablement pas de dessins, si tout allait bien. Si on est tous heureux et si notre environnement était comme à l’origine du monde, c’est-à-dire comme au Paradis, je pense qu’il n’y aurait aucune raison de faire du dessin tout court. Si t’es bien, tu fais rien, tu te contentes d’être bien, comme si c’était des vacances parfaites.

J’ai l’impression que dans vos sculptures certains de vos personnages n’ont pas de visages. Est-ce le plus difficile à faire ?

Non. Faire des traits précis, ça l’est, même si ça n’est pas le but. Elles ont une expression, elles n’ont pas vraiment un visage. Je n’essaye pas d’avoir des traits mais plutôt une figure qui correspond à l’attitude ou à ce que j’ai envie d »exprimer dans la sculpture, c’est-à-dire la souffrance, l’impassibilité.
Le plus dur c’est quand tu passes à l’étape du plâtre : il fait dégueulasse partout. Je dis toujours que c’est du dégueulasse propre… Parce que c’est blanc. (rire) C’est une technique avec du plâtre liquide donc il y en a absolument partout et j’en deviens tout blanc.

Est-ce que vous considérer vos œuvres comme le reflet de ce que vous êtes ?

Pas totalement. Par contre, c’est le reflet de ce que je ressens. Il y a une partie du travail de l’artiste qui est une espèce de catharsis, une psychanalyse pas cher que tu fais payer aux autres, dans le meilleur des cas, en tout cas.

J’aime bien ces termes : psychanalyse pas cher.

C’est d’ailleurs la preuve que le cinéma n’est pas un Art puisque Woody Allen dit qu’il a tué 3 psychanalystes. S’il a encore besoin d’aller les voir alors qu’il fait du cinéma, et bien c’est que le cinéma n’est pas un Art. Si ton Art est un bienfait pour toi, tu n’as pas besoin d’aller chez un psychanalyste.

Oui mais ça c’est une définition, c’est votre définition…

(énorme rire d’Yves Donnay) C’est pas ma définition, c’est un peu une blague. L’Art ne doit pas être sérieux contrairement à ce que la plupart des gens pensent.

C’est vrai que quand j’écris ça m’aide beaucoup. C’est pour cela que j’aime assez le psychanalyse pas cher.

Ben oui. Tu sais, pour la plupart des artistes signifiants, ils expriment vraiment quelque chose que tu ressens profondément et ne se contentent pas de faire que des choses esthétiques ou selon une pensée mysticointellectuodébile sans signifiance. Quand tu fais un truc de signifiant, ça te soulage de tes problèmes, ça t’aide à le sortir et à le partager. Alors que les autres soient d’accord avec toi ou pas, ça n’a pas vraiment d’importance, vu que toi, t’as réussi à le sortir. C’est déjà un bon point.

C’est drôle que vous ayez parlé de Woody Allen parce que je vais en discuter maintenant. Dans son dernier film appelé Cafe Society, un des personnages dit : La vie est une comédie écrite par un auteur sadique. Que pensez-vous de cette citation ?

Ce n’est pas la première fois que Woody Allen lâche ce genre de phrases. Ça dépend pour qui. Quand tu as la possibilité d’avoir un peu de recul, tu peux trouver qu’en effet, la vie un scénario écrit par un fou. Un fou qui en plus peut être assez méchant par moment. Maintenant, de là à dire que c’est une comédie, je ne sais pas vraiment. Quand tu as de quoi vivre ça peut virer à la comédie mais quand tu n’as rien, c’est franchement un drame. Je ne suis pas sûr que les gens venus de Syrie, pensent que la vie est une comédie, même écrite par un sadique. Je crois plutôt que c’est un drame écrit par un malade mental qui était d’ailleurs, leur président. (rire)

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DRAMA – Interview faite le 01/07/16
Photos ©Alexis Docquier (prises dans l’Atelier d’Y. Donnay, à Tilff, le 01/07/16)

Publié le 3 novembre 2016

Juste la fin du monde

Filmer une vie familiale torturée, Xavier Dolan sait le faire. L’auteur se focalise sur une pièce de Jean-Luc Lagarce pour son sixième long métrage, Juste la fin du monde.
Il est trop tôt pour le définir comme un génie de la pellicule. J’admire ce qu’il a produit ces dernières années, mais, à l’inverse de Sergio Leone, Steven Spielberg, George Lucas, il n’a pas réuni des éléments qui ont marqué l’imaginaire collectif pendant des années et des années.

Luc, je suis ton père.

Voici un bel exemple d’imprégnation cinématographique. Je ne nie en aucun cas la maîtrise de Xavier Dolan à faire de sublimes films. Cependant, sa haute poésie ne s’immisce pas encore dans l’inconscience de tout un chacun. Pour l’instant, ses œuvres détiennent une puissance commune à celles d’Albert Camus (un auteur que j’adore lire) : ses créations transpirent une certaine humanité. Tout comme l’écrivain, il s’amuse à décrire des interactions sociales. Ces deux personnages ont également réussi à toucher à des valeurs universelles. Voici ce qui fait la part belle à ce Québecois, il comprend comment attirer ses spectateurs.

Ne crachons guère sur la filmographie du jeune cinéaste. Il aborde des sujets (‘la famille’, ‘l’homosexualité’, ‘l’adolescence’, etc.) qui concernent la plupart d’entre nous. Ce n’est pas un récit où hommes et femmes ont leur anus lié les uns aux autres, gobant moult excréments (référence à peine voilée), qui va interpeller les publics, tout âge confondu.
Juste la fin du monde raconte l’histoire de Louis qui décide de rentrer chez lui, après 12 ans d’absence. Quel est son but caché ? Annoncer à sa famille qu’il est atteint d’un cancer.

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En premier lieu, j’aime énormément la BO de ce film. J’en arrive même à croire que Dolan a toujours de bonnes idées pour choisir les chansons qui bercent ses travaux. Un don se démarque chez le réalisateur pour fusionner photographies et sons. C’est à se demander s’il ne gagnerait pas sa vie juste en réalisant des clips musicaux.
Quant au fond de Juste la fin du monde, il traite entre autres d’une tristesse non révélée à une famille déchirée à cause de l’absentéisme de Louis. Vu qu’il s’est comporté trop longtemps comme un fantôme, il ne représente plus rien aux yeux de son frère Antoine, et sa sœur Suzanne le connait à peine. Comment dévoiler une nouvelle si déprimante, lorsque le chaos règne dans la maison ? Telle est la question qui martyrise Louis durant tout le film.
Chaque protagoniste incarne un comportement différent, amenant à cette adaptation de pièce de théâtre un époustouflant arc-en-ciel d’émotions. A l’écran, la joie et le drame se fondent pour former une œuvre faite pour pleurer, sourire, contempler.

Lagarce construit son écriture sur l’imperfection de la langue. La façon dont on se reprend, dont on se corrige. Pour moi, c’est ce qui confère aux personnages un caractère humain. Il y a une émotion qui naît de leur vulnérabilité, leur faiblesse, leur laideur parfois, leur égoïsme. Les secrets qu’il écrit, les reproches, les maladresses qu’il met dans la bouche des personnages, c’est ce qui fait de Juste la fin du monde un objet unique. -Xavier Dolan (Cahiers du cinéma, n° 725)

Malgré un Gaspard Ulliel parfait pour interpréter Louis, de superbes couleurs, des gros plans plaisants (mais parfois, trop anxiogènes) ou encore des tirades très lyriques, Juste la fin du monde ne détient pas la beauté des détails techniques de Mommy.
L’expérience est tout de même poignante, et les images, inoubliables. Images, peut-être aux prémisses d’un avenir encore plus prometteur pour Xaxa.

Drama

Publié le 1 novembre 2016