Depuis le phénomène Battle Royale, le survival game est devenu un véritable genre indépendant avec ses propres codes et clichés dans le panorama de la culture japonaise. Le genre est extrêmement populaire et a engendré de nombreuses œuvres, parfois excellentes, mais souvent peu originales. King’s Game est un symptôme typique de cette » tendance ».
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STUFF. – old dreams new planets

Il y a énormément de choses à dire sur les gars de STUFF. La bande flamande emmenée par leur batteur atypique, Lander Gyselinck, est peut-être tout simplement le groupe de néo jazz électronique (si je puis dire) se démarquant le plus de la flopée de groupes du genre. En quelques années, leurs sons électroniques et leurs mélodies groovies et sinueuses sont devenues une particularité et une qualité qu’eux seul, dans la lignée de Marc Moulin et de son groupe Placebo, ont su se réapproprier à la perfection.
Rétrospective Spider-Man: le diptyque de Marc Webb
Immédiatement après l’annulation du regretté Spider-Man 4 de Sam Raimi en 2010, Sony Pictures décide de relancer une saga, voire carrément un univers partagé, évoluant autour de l’homme-araignée. Notons également que relancer l’exploitation du personnage a permis à Sony de prolonger son exclusivité sur le personnage, l’empêchant de rentrer chez Marvel studios, le concurrent direct. Cependant, cette nouvelle saga arrive après un film qui a tout changé sur les super-héros au cinéma mais aussi sur le cinéma Hollywoodien en général: le chef d’œuvre The Dark Knight de Christopher Nolan, sorti en 2008. Sans aucun doute le plus grand film sur l’Amérique post-11 septembre. Il est également un véritable bouleversement esthétique: il n’est pas question pour Nolan de faire entrer quelque élément surnaturel, tout est rationalisé à l’extrême, plus réaliste, et surtout plus sombre. Ces différents bouleversements provoquent la disparition totale du canon introduit par Richard Donner en 1978 avec Superman, et dont le dernier soubresaut fut le cruellement mésestimé Superman Returns de Bryan Singer en 2006 et Spider-Man 3, dans une moindre mesure.
Dope Smoker – Legalize It
Si j’évoquais une substance euphorique concernant le dernier album de Mac DeMarco, Dope Smoker représente de la drogue douce qui te transforme en un violent personnage.
Dario Mars and The Guillotines Interview
Le nouvel album, The Last Soap Buble Crash, des Dario Mars and The Guillotines ne pouvait passer à la trappe ! Bruno s’accorde un entretien spécial pour décrypter l’univers, la méthode de travail et les inspirations de cette bande de rockers.
Qui est véritablement Dario Mars, comment est-il né ?
C’est un nom qui évoque pour nous la magie, le mystère… C’est notre Ziggy Stardust.
Pourquoi avoir enregistré d’abords les basse/batterie dans un gros studio, sur un 24 à bande, puis dans une petite maison au milieu de nulle part, jour et nuit au moyen d’un studio mobile ?
La section rythmique est pour nous à la base d’une composition. C’est ce qui donne à mon sens, le cachet d’un groupe, son style, sa griffe qui te fige dans une époque ou pas.
Nous avons, avec David, voulu soigner ce jeu, qui oscille entre late sixties rock, space rock et rock’n’roll. On a voulu habiter notre base rythmique pour qu’elle sonne à la fois nerveuse et puissante. Nous avions besoin du studio et du mec qui pourrait faire sonner ça. Cette personne était Jean-Charles Cremers du Chênée Palace, un vieux complice à moi qui a notamment produit le premier EP de Hulk. Ensuite, nous avons voulu soigner le « reste » en vase clos. C’est-à-dire qu’on a bidouillé nous-même des sons et chercher la prise ultime, surtout au niveau des chants.
Y a-t-il un message derrière la chanson « Gone With Sorrows » ?
Pas de réel message. C’est une chanson d’amour, ou un défunt parle a un être aimé toujours en vie… en l’occurrence, j’ai écrit cette chanson pour mon frère décédé, il y a 10 ans.
Si vous pouviez retourner dans les années 70, et que vous pouviez choisir de voir un groupe en concert, lequel serait-il ?
David Bowie, Iggy Pop, Black Sabbath avec le line up original, AC/DC avec Bon Scott, Aerosmith, DMZ, MC5, Dr. Feelgood, The Stranglers, The Damned, The Saints, Grandfunk Railroad, Tony Joe White, Creedence Clearwater Revival. Y en a tellement que je me bornerai à ceux-là! Tu dois lire Le Temps Du Twist de Joel Houssin.
Est-ce que les réalisateurs viennent vers toi Renaud, lorsqu’il faut composer une bande originale d’un film, ou c’est plutôt toi qui opte avec qui collaborer ?
Ce sont eux qui, invariablement viennent vers moi, sinon je ferais 3 fois plus de films !
Avez-vous plus de liberté à composer de la musique pour un long métrage ou pour un album ?
Un album, sans hésitation. Ce qui est dur dans une musique de film, c’est que primo, il faut faire en sorte que ça marche (musique-image), deuxio que ça me plaise et tertio que ça plaise au réalisateur. Tout est question de compromis, de remises en question, d’essais… c’est parfois une somme de travail immense. Pour un album, c’est beaucoup plus simple, il faut juste que ça nous plaise.
Vu qu’il y a deux vocalistes, comment vous vous organisiez pour savoir qui chantait quoi et à quel moment ?
J’ai un timbre et une façon de chanter beaucoup plus rythmique, typé rock’n roll 50. Bineta a une voix qui s’envole et te prend sur les mélodies, des trucs plus intenses, plus « chantés ».
Disons que les textes où il y a plus de consonnes, c’est moi, et ceux avec plus de voyelles, c’est elle (rire). Sinon, il y a beaucoup d’harmonies, comme sur « Gone With Sorrows », nous chantons tous les deux du début à la fin. Nous adorons faire ça.
Votre public a sûrement de quoi être particulier.
En général, ce sont plus des mélomanes que les membres d’une « secte » (métal-rock-stoner, etc.), vu qu’on passe au mixer 3 décennies de rock, ça se comprend aisément… et c’est très bien comme ça !
brunoaleas – Interview faite le 29/06/17
Rétrospective Spider-Man: la saga de Sam Raimi
Depuis plus de sept décennies, les super-héros sont présents dans les salles obscures. Si leur présence s’est faite plus intense depuis le Superman de Richard Donner en 1978, ce n’est qu’au tournant des années 2000 que ceux qui étaient autrefois les idoles de quelques originaux à grosses lunettes sont devenus de véritables icônes culturelles, pour le meilleur et (surtout) pour le pire. Car à bien y regarder, des films de l’acabit du Superman cité précédemment, des adaptations de Batman par Tim Burton puis Christopher Nolan, des X-Men de Bryan Singer ou encore du récent Logan de James Mangold sont plus l’exception qu’ils ne sont la règle. En effet, la popularité grandissante de ces personnages a la matrice d’une grande fresque cinématographique est rapidement devenue une véritable machine uniformisatrice de tout un pan de la production super-héroïque. En plus d’être castratrice pour tout réalisateur qui oserait apporter des idées un tant soit peu originales à son film. Si le dernier véritable auteur à en avoir fait les frais est Shane Black sur Iron Man 3, le point d’orgue de cette dynamique fut le départ d’Edgar Wright de ce qui allait devenir Ant-Man, le Britannique refusant de voir le scénario du projet qu’il a porté durant huit ans charcuté par des liens inutiles aux autres films du studio. Notons également le renvoi de Phil Lord et Christopher Miller de la réalisation du spin-off Star Wars sur Han Solo par Disney, qui est également à l’origine du mode de production de Marvel, il n’y a pas de hasard. Que ce soit dans le cas de Wright ou de Lord et Miller, il y a de quoi grincer des dents.
Wonder Woman
Après avoir marqué son public lors d’une courte apparition dans le Batman v Superman: Dawn of Justice de Zack Snyder, le film solo de la plus célèbre guerrière amazone débarque.
Denzel Curry – 13
Curry n’est autre qu’un jeune rappeur issu de l’underground, dont il s’émancipe depuis les deux dernières années. Originaire de Floride, il a fait ses armes dans le collectif Raider Klan, une association trop peu souvent évoquée au vu des talents qu’elle a formés et de l’indéniable influence qu’exerce encore le mouvement sur le paysage hip-hop actuel.
Bigflo et Oli – La Vraie Vie
Le grand moment de la confirmation est venu pour Bigflo et Oli. Une étape importante dans la carrière d’un artiste mais pas pour autant la plus compliquée. En tout cas, d’un point de vue purement commercial. D’autant plus simple quand on sait le succès rencontré par un premier album tel que La Cour Des Grands. Un principe très connu est alors de rigueur pour rééditer une telle réussite : on ne change pas une équipe qui gagne !
It It Anita Interview
DELIVRANCE SONORE
Le son saturé, rock et noise d’It It Anita sonne aux portes de JCCLM ! Sous vos yeux se lit un entretien allègre avec un groupe belge. Au menu : leur opus AGAAIIN, John Agnello, la scène musicale, Nirvana et le gingembre !
Les images de vos pochettes d’album représentaient toujours des corps.
Pourquoi avoir privilégier des arbres sur celui-ci ?
Damien : l’arbre de toute façon est un corps aussi. On a collaboré avec un ami photographe pour les 2 premières pochettes. Pour le premier album, c’est lui qui nous avait proposé des images puis on a choisi et pour la deuxième on a eu l’idée ensemble. Pour le troisième disque, il n’avait plus le temps car il voyageait. Du coup, j’ai cherché dans mes archives photos. Cette photo là date d’avril dernier. C’est une photo qui avait une histoire en lien avec le groupe parce que ça faisait partie d’une de nos tournées. Cette photo détenait un chouette truc. Comme je suis graphiste, j’aime bien tout ce qui se passe au travers des images ou même des mots. On peut aussi apercevoir 3 roues sur la remorque qui font référence à ce troisième album, et si tu regardes l’arrière de la pochette du deuxième album, il y a une remorque à deux roues.
Tout est calculé.
Damien : C’est ça. Il y a tout le temps des codes cachés dans les images. A l’arrière du vinyle, il y a une photo du bar, près de New York, dans lequel on allait tous les soirs après les enregistrements. Elle aussi fait partie de l’histoire du groupe et dans le cadrage de l’image, on retrouve trois tabourets toujours en rapport au troisième disque.
Mike : Si tu écoutes le disque à l’envers… Ca parle de Satan !
(rire)
Damien : Si tu passes le disque à l’envers, c’est Tool qui chante une chanson sur Satan.
Bryan : 33, 33, 666…
Damien : 33 fois 666 ça fait…
Mike : Et quand tu l’écoutes à l’endroit, ça fait 999.
Avez-vous enregistré à Brooklyn ?
Bryan : Hey, on n’est pas des pouilleux hein.
(rire)
Damien : On était à côté de New York, à Hoboken, dans le New Jersey. C’est à 20 minutes de New York, si tu voyages en train.
Mike : C’est une île.
Damien : On était dans un studio qui s’appelle Water Music. C’est un studio qui a vu passer Beyoncé, Pavement, Noir Désir.
Pouvez-vous m’expliquer le morceau « Ginger » ?
Mike : Pendant tout une époque, notre warm-up de concert mangeait du gingembre. C’est en croisant Jérémy du groupe liégeois The Experimental Tropic Blues Band, qu’on a demandé à son groupe, d’où venait leur énergie sur scène. Ils mangeaient du gingembre. Du coup, pour la boutade, on a commencé à en manger aussi. Puis on a commencé à en consommer en grande quantité. A la fin, on en parlait tellement que c’était devenu assez obsessionnel pour moi.
Damien : La chanson ne parle pas que de « gingembre ». Ca traite du fait de se dépasser via des substances pour essayer d’être toujours le meilleur. En plus de cela, avant d’enregistrer toutes nos démos, elles avaient toutes un nom de légume qui est une racine à la base. Il y avait une ancienne démo qui se nommait « betterave », « beet » en anglais. Ce titre est resté pour le dernier morceau, « New Beet ».
C’est pareil pour « Parnsip ».
A part le gingembre, y a-t-il autre chose qui vous pousse à vous surpasser ?
Damien : Les pets de Bryan me poussent à me dépasser.
(rire)
Cymophan : Et donc le gingembre vous aidait vraiment ?
Mike : Oui, c’est un truc cool à prendre.
Damien : Ca booste quoi.
Bryan : Ca donne une envie incroyable de baiser.
Damien : C’est aphrodisiaque.
Mike : Ca m’est déjà arrivé aussi de cracher un morceau de gingembre parce que c’était trop fort.
Bryan : Ah oui…
Mike : C’est quand même un truc fou qui m’est arrivé.
(rire)
Damien : « Ginger » signifie « roux » également, tout comme l’est notre ingénieur du son.
Je pensais que c’était une chanson pour les roux.
Damien : Mais c’est pour tout. C’est universel.
Avez-vous l’impression d’être une tout autre personne lorsque vous faites de la musique ?
Damien : Moi je me sens Bryan, une fois sur scène.
Bryan : Et moi je me sens un peu comme Damien.
Mike : La scène est un des derniers espaces de liberté qu’il nous reste.
Bryan : Putain quoi… Ca c’est classe mon gars.
Damien : C’est beau ce que tu dis.
Mike : Tu fais ce que tu veux sur scène et en règle générale, on n’est pas vraiment des gens extravertis. Que du contraire, on est ennuyeux. On est plutôt des vieux cons.
(rire) Ouais, c’est pas très vendeur tout ça.
Mike : C’est une interview vérité !
(rire)
Bryan : Mike a bien résumé les choses. J’y évacue l’énergie que j’ai en trop, de la nervosité, la tension de la semaine. Je ne me sens pas quelqu’un d’autre. La scène fait partie de moi et elle me permet vraiment de faire des choses autrement.
Damien : Dans la vie, on est des gens calmes et posés qui font des blagues à la con, mais sur scène, il y a une énergie en plus qui nous vient.
Quelle est votre plus grosse peur sur scène ?
Mike : Les problèmes techniques parce qu’on bouge beaucoup sur scène. Pour le reste, je n’ai pas de réelle peur, c’est le plaisir qui prime. Aujourd’hui, on joue à Liège, alors que ça fait des années qu’on n’y a plus fait de concert. On est hyper content.
Damien : Notre dernier concert à Liège, c’était à l’été 2015.
Bryan, n’as-tu pas peur de péter ta batterie ?
Bryan : Non, à part pour la caisse claire ou des peaux. Le vrai problème que j’ai déjà eu, c’est d’avoir la chiasse sur scène. J’ai déjà eu le cas sur scène et je l’avais quittée, en plein concert, pendant dix minutes. Heureusement, le guitariste a su meubler en prenant ma place à la batterie.
Cela me rappelle ton anecdote sur The Dillinguer Escape Plan, lorsqu’on avait fait l’interview avec The Hype. Qu’est-ce qui est le plus important dans vos compositions, mis-à-part avoir un bon son ?
Damien : Le son.
(rire)
Mike : Je pense que le plus important, c’est que tout le monde y puisse y retrouver son compte. Il n’y a rien de pire que de jouer des choses que tu aimes à moitié ou que l’on t’impose. L’essence d’un bon morceau, c’est que tout le monde en soit content de le jouer. Sans pour autant être fier, mais juste y prendre du plaisir. Et si les gens qui nous écoutent aiment ce que l’on propose, c’est la petite cerise sur la gâteau.
Êtes-vous d’accord avec Mike ?
Damien : Ah mais ouais, nous, on est de toutes façons toujours d’accord avec Mike.
Mike : C’est comme ça.
(rire)
Damien : On prend notre pied. Il y a des morceaux qu’on ne joue plus car ils n’ont plus de rapport avec ce qu’on joue maintenant. Notre setlist se compose vraiment de morceaux qu’on a envie de jouer. Il y a même eu une période où on faisait des reprises, comme Pavement, vu qu’on voulait les jouer à ce moment là.
Mike : C’est un peu égoïste mais c’est comme ça aussi.
Bryan : Je suis tout à fait d’accord avec ce qui vient d’être dit.
Quel était le meilleur endroit où vous avez joué ensemble ?
Mike : Bonne question !
Damien : Dernièrement, il y a eu un chouette souvenir dans un festival en Espagne. Il y avait beaucoup de monde et de gens réceptifs. C’était cool de noter qu’on avait fait 2000 kilomètres pour se retrouver en face de plus gens qu’ici, à 50 kilomètres de chez nous.
Mike : C’était des gens curieux.
Est-ce que c’était un grand festival ?
Damien : Ca s’appelait la Monkey Week et c’est un peu l’équivalent d’un festival de 4 à 5 jours, qui se déroule sur plusieurs endroits, tout comme le Sioux Festival ou encore le Autumn Fall.
Bryan : Le premier jour, on a joué sur une piste d’auto-tamponneuse. C’était vraiment génial.
Mike : C’était très agréable.
Bryan : C’était très festif. Les auto-tamponneuses ne fonctionnaient pas, je tiens à le préciser.
Avez-vous rencontré des groupes sympathiques là-bas ?
Damien : On a rencontré un groupe mexicain qui nous a invité au Mexique. On va essayer d’y aller l’année prochaine.
J’ai vu que vous faisiez un truc avec Cocaine Piss aussi.
Mike : On joue avec eux bientôt. Ce sont des potes avec qui on a déjà joué.
Si j’en parle, c’est aussi parce qu’ils avaient fait un album avec Steve Albini. Ca ne vous intéresserait pas de faire un album avec lui ?
Damien : On a fait un album avec John Agnello, qui est l’équivalent de Steve Albini mais en moins connu et en plus gentil. Steve Albini a un côté un peu froid dans sa production.
L’avez-vous déjà rencontré ?
Damien : Non, pas vraiment.
Mike : Oui ou non ?
Damien : Non…
(rire)
Bryan : Je pense l’avoir vu. Pas vraiment. Mais suivant la règle des 3, si tu connais ce gars là…
Mike : On l’connait quoi.
Bryan : On l’connait.
(rire)
Damien : C’est ça. On connait des gars qui le connaissent. Il a cette réputation d’être assez froid dans sa façon de faire. Alors que John Agnello, c’est le tonton qui va venir vers toi, qui fait des « hug » à l’américaine et qui met directement à l’aise en studio. C’est le deuxième disque que l’on fait avec lui. Pour le premier, il était venu en Belgique, à Sprimont, début 2015. Pour le deuxième album par contre, c’est nous qui, au début de 2016, nous sommes aller le trouver au Water Music. C’est un gars qui a bossé avec Sonic Youth, Kurt Vile, Cindy Loper…
Comment avez-vous fait pour le contacter ?
Damien : Via un contact commun et Internet. On lui a fait écouter des trucs, puis on lui a proposé de collaborer. Il était d’accord. On avait demandé les prix qu’il nous faisait et ça rentrait dans notre budget.
Je vais m’intéresser à ce qu’il a fait.
Damien : C’est vraiment le son nineties que l’on recherche. C’est la musique avec laquelle on a grandi donc forcément, c’est une musique qui nous parle.
Votre style me fait vraiment pensé à Sonic Youth. Rien qu’à penser aux sons saturés dans morceau « 25 (From Floor To Ceiling) ».
Mike : On aime ce genre de son.
Damien : C’est aussi pour cela qu’on voulait collaborer avec lui, vu ses antécédents et sa magie à reproduire des atmosphères nineties. Il produit encore maintenant de supers groupes comme Cymbals Eat Guitars, Kurt Vile ou même Dinosaur Jr, dont il était derrière chaque album, sans parler des projets de Jay Mascis sur le côté.
Est-ce qu’une tournée américaine est possible ?
Damien : On espère ! Ce n’est pas prévu pour le moment.
Mike : C’est compliqué au niveau…
Du budget ?
Mike : Non c’est plus le Visa de travail qui rend la tâche difficile.
Demande à Trump.
Mike : Je vais l’appeler de ce pas. En tout cas, ce serait super d’aller jouer là-bas, même s’il y a trop d’appelés et peu d’élus.
Damien : Ils ont beaucoup de groupes, originaires des USA, qui valent tellement la peine d’être reconnus, qu’ils ne s’emmerdent pas à faire fonctionner des groupes étrangers. C’est pareil pour l’Angleterre. Lorsqu’on a été jouer à Londres, ou même à Glascow, ce sont des villes avec 200 concerts tous les soirs. T’as beau débarqué, tant que tu n’as pas payer de promotion ou quelqu’un pour faire ta publicité en radio, sur des blogs ou autres, peu de gens viendront à tes concerts.
Mike : A Londres ça allait encore.
Damien : C’est vrai qu’il y avait un peu de monde à Londres. Au sinon, tu n’es personne pour ce genre de public. Ces personnes ont d’autres habitudes et se tournent vers autre chose qu’une musique étrangère.
Pensez-vous qu’à votre époque, il y aurait eu beaucoup plus de gens curieux à vos concerts ?
Mike : Je pense que l’offre est beaucoup plus intéressante maintenant. Le développement d’Internet a donné naissance à plein de sorties d’albums venant de groupes de qualité. On n’a jamais eu accès à autant de musique que maintenant. Alors que dans les années 90, on écoutait ce qui sortait.
Damien : On se tenait au courant via les mass media. On savait ce qui existait car on lisait les journaux.
Mike : Je pense que c’était beaucoup plus dur de faire de la musique à cette époque.
Damien : Avec tout ce qui apparaît désormais sur le paysage musical, il faut jouer des coudes pour te faire une place.
Qui sont les plus grands héritiers de Nirvana ?
Damien : J’ai eu une sensation de retrouver la patte de ce groupe, en écoutant le deuxième album de Cloud Nothing, produit par Steve Albini. J’y avais retrouvé une espèce d’incandescence adolescente, de fougue et de rage dans leur musique et dans leur manière de composer.
Mike : Je pense qu’il n’y a plus d’artistes aussi fédérateurs qu’eux et qu’il n’y en aura plus. De par la simplicité et les avantages de leurs chansons, ils sont uniques.
Bryan : Je pense pareil. En ce qui concerne la façon de jouer de Dave Grohl, elle m’a motivé à faire le batterie.
Qu’entendez-vous par « simplicité » ?
Bryan : Ils allaient droit au but, sans faire de fioritures.
Mike : Ils ont des morceaux qui se composent de 3 ou 4 accords, mais ces mêmes accords sont sublimes et bien choisis. Je ne sais pas si c’est dû au hasard mais les détracteurs de Kurt Cobain ont torts, selon moi, il sait super bien jouer et chanter.
Bryan : Lorsque tu es batteur, tu sais facilement reproduire le jeu efficace de Grohl. Il n’est pas dans l’optique de faire du jazz ou du post-rock compliqué, c’est un bourrin qui va à l’essentiel tout en suivant les rythmiques de Kurt à la gratte. Ca m’a fort enthousiasmé et inspiré dans mon jeu.
Tes paroles me font penser à la chanson « Scentless Apprentice ». Grohl délivre une prestation monstrueuse. Son jeu se combine parfaitement avec la guitare de Kurt.
Bryan : En tout cas, ça m’a aidé d’écouter ce type de musique.
Tu es un grand fan aussi.
Mike : Ca a libéré beaucoup de gens.
Bryan : Oui, c’est toujours le cas pour moi.
Mike : Il n’y a pas besoin d’être Steve Vai pour accéder à de hauts niveaux. Personnellement, je n’y connais rien en guitare et en techniques, je ne serai jamais un « guitar hero », et tant mieux, et dès que tu vois un personnage comme Kurt Cobain, t’as envie de te lancer dans des projets.
C’est vraiment un chouette groupe pour apprendre à jouer d’un instrument.
Mike : Oui.
Mine de rien ça parait simple, ne serait-ce que les répétitions de « power chords »…
Mike : C’est forcément naïf, oui.
Mais, mon frère me disait qu’une certaine complexité s’y cache derrière parfois.
Mike : Oui. Quand tu écoutes la ligne de basse de Krist Novoselic, c’est loin d’être bateau, c’est plutôt hyper mélodieux. Puis ce groupe est un trio, ce que je trouve vraiment noble.
Bryan : T’es viré Damien.
(rire)
Mike : No mais j’insiste là-dessus parce qu’ils avaient ce côté d’être juste 3 sans manquer de rien. C’est top.
Damien : Ils étaient simples mais pas simplistes.
Bryan : Et efficaces.
Mike : Je trouve ça important qu’il n’y ait pas que du bruit et qu’on retrouve toujours une belle mélodie.
Définirais-tu le son de Sonic Youth comme étant du « bruit » ?
Mike : Ils ont fait tellement de choses. C’est du « bruit » que peu de gens pourraient imiter. Ils ont plein de morceaux mélodieux tout de même, avec souvent des accordages un peu bizarres mais avec des refrains chantables.
Interview menée par Drama – Interview réalisée le 21/01/2017
Héritiers de Flume Part 3
Une explication à ce titre est nécessaire pour le comprendre entièrement.
Des artistes se copient inconsciemment ou volontairement pour parfois créer leurs œuvres. Je n’écrirai pas au sujet du « plagiat », au contraire, j’aime utiliser plutôt le terme « hérédité ». De fait, depuis l’arrivé de Flume, c’est-à-dire en 2011, une panoplie d’artistes puise énormément de sa technique. Car il faut savoir qu’il a eu un véritable impact sur le monde de l’électro, non pas parce qu’il est juste un jeune musicien et producteur d’Australie, mais aussi parce qu’il a une signature sonore qui lui est propre. En d’autres mots, il a complètement réussi à façonner une nouvelle approche musicale. Les nombreuses particularités qui font toute sa « magie » apparaissent désormais chez d’autres DJs juvéniles.
Møme, alias Jérémy Souillart est un producteur, ingénieur son et compositeur français. A la suite de 3 EP, ce jeune musicien délivre son premier LP, nommé Panorama, en 2016.
Mac DeMarco – This Old Dog
Ecrire la critique du dernier album de Mac DeMarco, c’est comme entamer une substance qui enjaillerait n’importe qui. This Old Dog est le quatrième album de ce multi-instrumentaliste canadien. Certains le trouvent déjanté et d’autres le qualifient de génie. Je pense que Mac est ce qui pouvait arriver de mieux dans le paysage du rock indépendant. Son humour fait partie intégrante de ses productions, mais son talent se résume surtout à composer des chansons entraînantes, qui n’ont rien d’un casse-tête et dont les mélodies sont faciles à retenir. Lors d’une interview pour Télérama, Mac avouait qu’il aimait quand les chansons étaient courtes, en gamme majeure, douces et suaves: la « simplicité » correspond à son ingrédient préféré pour de bons morceaux.
Un thème récurrent entoure énormément l’ambiance de This Old Dog: l’Amour. Qu’il soit torturé ou sublimé, ce sujet a été traité maintes et maintes fois chez plusieurs artistes. Et pourtant, c’est peut-être ce qui humanise et nous rapproche le plus de nos idoles.
Cet album détient aussi la propriété de ralentir entièrement tout ce qui se passe autour de nous. Relaxant et planant à souhait, cet opus délivre une prestation musicale qui n’a rien de sauvage.
Le titre qui symbolise le plus cet aspect est sûrement « This Old Dog ». Guitare sèche, batterie aux battements atténués et guitare électrique aux sons de cordes aspirées, cette chanson semble nous transporter dans une zone de confort.
Véritable opium auditif, les paroles ne sont pas inintéressantes:
This old dog ain’t about to forget
All we’ve had
And all that’s next
‘Long as my heart’s beating in my chest
This old dog ain’t about to forget
Déclarant sa flamme à sa bien-aimée, ce chanteur n’a nul besoin de se marier pour lui faire comprendre qu’il ressent un amour éternel à son égard. En se comparant à « un vieux chien », qui équivaut à notre « vieux singe à qui on n’apprend pas à faire de vieilles grimaces », le côté « pitre » de Mac s’efface pour nous prouver qu’il peut être à la fois mature et romantique.
« One Another », elle, symbolise une ode à tous les mecs qui se sont fait larguer. « Une de perdue, dix de retrouvée », ainsi pourrait se synthétiser les paroles optimistes de cette chanson très allègre. Encore une fois, l’artiste prélève un simple fait universel qui parlera à un grand nombre d’auditeur. Cette teinte de réalisme a toujours collé à la peau de Mac, faisant de ses chansons des ballades où ses lyriques sont très profondes.
Le morceau que je retiens le plus se nomme « Moonlight on the River ». Cette piste se détache énormément de ce qu’on a l’habitude d’entendre de la part de Mac, vu qu’elle dure 7 minutes. 7 minutes où la guitare électrique est mise en exergue pour exploser dans des échos interminables, où l’on ne peut qu’aimer ce voyage particulier. En d’autres mots, 7 minutes où le talent du guitariste m’a émerveille, me donnant encore plus envie de suivre les prochains projets de cet artiste!
This Old Dog marque le retour de Mac DeMarco, un musicien dont on retiendra son jeu à la guitare, aux frontières des accords bossa-nova et jazzy.
Ne ratez pas ses concerts loufoques, où il n’a pas peur de cramer les poils de son corps ou de finir en caleçon.
brunoaleas






