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Møme Interview

METAMORPHOSES EN VOYAGE

Jeune voyageur et musicien incroyable, Møme passait à Liège pour un concert de folie au Reflektor. Le sol collait tant l’alcool coulait. Les gens dansaient en sueur. L’ambiance festive rendait chaque morceau joué encore plus jouissif. Après Talisco et Giraffe Tongue Orchestra, DRAMA saute sur la troisième exclusivité 2017: un entretien avec Møme.

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Comment s’est passé ta collaboration avec Petit Biscuit ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?

En gros, c’est tout con. Je suis allé le voir à l’Elysée Montmartre car il m’y avait invité et qu’il y faisait un concert. On avait des potes en commun aussi. En allant ensuite dans les backstage, on a commencé à parler de plein de sons et on s’était super bien entendu. Toute cette histoire date de 6 mois déjà. Puis, on s’était dit que ce serait cool de faire un son ensemble. On se croisait aussi pas mal à des festoches. On avait bossé plusieurs sons par la suite. On avait fait « Gravitation » au moment où j’avais rencontré le chanteur Isaac Delusion.

T’inclues-tu dans cette nouvelle génération, composée de Fakear ou encore Petit Biscuit, qui gère avec les machines ? Est-ce que tu sens cette nouvelle montée ?

Ah oui complètement. Ca fait déjà un moment que c’est en train de se créer. Ca fait 4 ou 5 ans que ce style de musique s’est développé et a émergé, notamment avec des acteurs comme Flume. C’est vrai qu’on a tous été influencé par à peu près les mêmes personnes. En fait, ça nous a ouvert la porte vers une musique plus personnelle à partir de compos qui nous sont propres, qui n’ont rien à voir avec les samples, par opposition à la French Touch. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus facile de produire, les instruments sont plus accessibles. Tout s’est construit également à partir des influences et technologies, comme Ableton par exemple qui s’est démocratisé.

Est-ce que tu penses que ça durera sur le temps ?

Je pense que oui. La musique est train de complètement changer. En ce moment, tout le monde peut faire de la musique, énormément de samples sont disponibles très facilement. Ce qui reste tout de même important c’est de donner une « âme » à ce que tu composes. Ceux qui resteront seront ceux qui donneront l’âme de leur musique, ceux avec un vrai fond derrière. Ce n’est pas le cas pour les musiciens qui ne font qu’ajouter leurs sons les uns après les autres parce qu’ils sont à fond sur des kicks ou sur de bandes de sons. Il y a un peu cette volonté d’apporter ton expérience. Les styles de musiques ont tendance à muter aussi. En ce qui me concerne, là maintenant, je suis très loin de « Aloha », « Cosmopolitan » ou encore « Sunset Lover » de Petit Biscuit. Je crois qu’on a essayé aussi d’apporter de nouvelles sonorités et on verra bien ce que nous réserve la suite des choses avec les albums futurs.

A partir de quel moment tu t’es dit qu’il n’y avait plus de chansons à ajouter à ton album Panorama ? Quand t’es-tu dit qu’il était terminé ?

Ca ne s’est pas du tout passé comme je le pensais. Disons que Panorama est est un peu sorti de manière insouciante parce que ce n’est pas un album qui a été construit sur le temps. Ca été un album très éphémère qui s’est assemblé quand j’étais en Australie. Ca a pris à peu près 6 mois. Je l’ai créé avec très peu de moyens. J’avais une carte son qui ne coutait rien et j’ai fait énormément de bidouillages pour avoir un son pro. Vu que mes prises de sons n’étaient pas initialement optimales, j’ai passé beaucoup plus de temps en post-prod. C’est comme pour un film lorsqu’on ajoute de belles lumières pour certains plans.

Etais-tu bien entouré ou seul aux commandes ?

J’étais carrément tout seul. Pour moi, le fait de composer sur la route et d’aller chercher les gens avec qui j’ai travaillé était avant tout une expérience. Je retiendrai ça de cet album Panorama, ce ne sera pas le son ou la technique proprement dite. Je reste très fier de cet album.

J’allais justement te demander si tu étais super fier d’amener ces chansons, tes bébés, jusqu’à tout ce qui a suivi.

Jamais je n’aurai pensé faire une tournée aussi fat que celle que j’ai fait cette année. Je crois que je fais partie des artistes français à avoir le plus tourner. Je suis présent un peu partout grâce au retours sur l’album, sur les live, sur ce que je faisais, ce qui est bénéfique. Je suis à la fin du développement de Panorama vu que c’est la dernière tournée. Ca fait quelques mois que je réfléchis à comment faire mon prochain album. Ce sera toujours dans un contexte itinérant. Pour revenir à ta première question, il faut vraiment revenir à un fond collé à la musique, car c’est qui manque aujourd’hui. Il est plus facile de produire, mais il ne faut pas oublier de donner un sens à tout ça, même dans la musique électronique.

Qu’est-ce que tu veux dire par « donner un sens à la musique » ?

Qu’il y ait une histoire derrière. Par exemple, je tiens vraiment à rencontrer les gens avec qui je bosse et aller en studio avec eux avant même de juste faire mon boulot de producteur. Les musiques qui ressortent comme efficaces sont toujours celles avec un vrai vécu et une vraie rencontre et amitié derrière.

Il faut qu’il y ait de de l’humain en somme.

Exactement. C’est que je vais essayer de partager en tout cas.

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Serais-tu concevoir un album sans voyager ou bien cela est une nécessite ? 

J’ai un peu la bougeotte. Si je reste trop longtemps à un même endroit, je me sens mal. J’ai besoin de bouger et mes créations sont liées à cela. Les habitudes sont un piège pour moi.

Tu luttes contre la routine.

Ouais mais j’anticipe la routine. Ca m’arrive très souvent d’être dans des routines musicales où je n’ai pas d’inspiration et c’est à ces moments là en général, que je pense à d’autres projets à mettre au point. J’essaye de fuir les habitudes pour avoir de l’inspiration. Ce que disent pas mal de compositeurs, c’est que plus tu vieillis plus c’est difficile de trouver ta manière de t’évader. Le groupe Phoenix disait que quand on est plus jeune, on ne se pose pas beaucoup de questions et qu’en vieillissant en tombe dans des habitudes à la con.

Avec qui aimerais-tu faire un featuring ?

Il y a Ásgeir Trausti. Il y avait Jason Meideros et ça s’est fait il y a pas longtemps, du coup je suis content. Ce mec est très talentueux. Dans l’euphorie, on a composé plusieurs choses ensemble. Il est grave inspirant.

Est-ce que c’est lui qui est venu vers toi ou le contraire ?

On s’est rencontré à une date d’un festival français. On a commencé à discuter là-bas puis je lui ai envoyé un son qu’il a énormément apprécié. On s’est vite accroché sur ce qu’on voulait faire. Pour le coup, j’avais une grosse envie de produire des titres avec lui. Two Another m’intéresse aussi pour un feat… Au final, je n’ai pas envie de faire des collaborations pour la gloire, j’aime aussi en faire avec des groupes indés, pas connus et qui sont parfois dans un style complètement différent du mien. Cela me permet de découvrir d’autres approches et styles de musique.

Est-ce que c’est possible d’avoir quelque chose entre toi et Flume ?

Je ne sais pas. Je l’ai déjà rencontré quelques fois.

Ce serait le choc des titans.

Ce serait énorme. Je l’ai vu pas mal de fois, on a même déjà surfé ensemble par hasard à Sydney. C’était complètement dingue. Flume est une big star. Il fait des feats avec des gens qui ont déjà des fan base impressionnantes. Si je deviens plus gros, je pense que ce serait possible parce qu’il y a des cohérences entre lui et moi. Il a aussi déjà écouté ma musique.

N’as-tu pas la même relation avec Flume qu’avec Petit Biscuit ?

Nan, ça n’a rien à voir. J’ai eu l’occasion de voir Petit Biscuit dans plein de festoches et en studio. On est devenu pote. Flume, je l’ai plus rencontré dans des plateaux ou sur les vagues alors qu’on ne se connaissait pas. Ce n’est pas pareil.

Quelles sont les meilleures choses que t’ont apporté tes voyages ?

Les rencontres en général, c’est ce qui marque. Voir des gens qui aiment la musique et qui ont un bon état d’esprit. Puis les expériences vécues sur le moment, ne serait-ce qu’en voyant différents paysages, c’est tellement cool.

Est-ce que c’est l’Australie qui t’as le plus marqué ?

Nan du tout. En fait, l’Australie c’était le point de départ qui m’a fait réaliser que c’était en voyageant que j’arrivais à faire de la musique et à être inspiré. J’avais déjà fait quelques voyages avant mais c’est à ce moment là que j’avais vraiment décidé de voyager et de faire de la musique en même temps. J’étais prêt à jouer le nomade et à ne pas me poser.
En septembre, je suis parti en Indonésie et j’ai vraiment été chamboulé par leur culture. Là-bas, j’ai enregistré de nouveaux sons et pris des images qui apparais seront peut-être dans mon nouvel album. L’Australie reste un super pays mais je n’ai pas été très dérouté au final. C’était une autre façon de vivre, de nouvelles découvertes et une grande sensation de liberté mais ce n’était pas non plus le choc des cultures. Tandis que l’Indonésie, c’était complètement fou. C’est un pays en voie de développement et la vie est bien différente. Le rapport aux religions, conduire sans casque, voir des gens avec 50 tapis empilés sur leurs scooters, tout ça dans la pollution la plus totale… Ils vivent comme si on vivait il y a 30 ou 40 ans. C’est choquant. Je ferai d’autres voyages l’année prochaine et on verra bien ce que l’avenir me réserve.

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Quel est le public qui t’as le plus marqué l’esprit ?

Je ne veux pas trop me faire d’ennemis. (rire)

Ou alors, veux-tu nous livrer un souvenir où le public était un peu plus différent d’un autre ?

J’ai vraiment aimé le Festival Beauregard parce que les gens étaient complètement fous en Normandie. J’adore les gens qui savent faire la fête sans qu’il y ait de débauches. J’apprécie les endroit où l’on retrouve des personnes très ouvertes. Putain après y a tellement de festoches que j’ai aimé. Il y a aussi l’Olympia qui m’avait assez marqué. C’était une étape importante pour moi. Je n’arrivais pas à croire que je jouais à l’Olympia en face de plusieurs personnes. C’était un vrai concert accompagné de toute ma scénographie actuelle. Ce soir, je suis en mode à la cool, vu que la salle est plus petite, ce sera un concert sans toutes mes lumières que j’ai d’habitude avec moi. Tout le show qui s’est construit autour de mes concerts a commencé à l’Olympia. Les Bretons en France, Vieilles Charrues… Dours aussi. J’avais vraiment aimé même si c’était un peu « Drogue Land ».

Ca a cette réputation.

Ah tout le monde était éclaté. C’est dans ces moments là aussi que je sens que pour les prochains live je taperai plus. Je ferai un truc encore plus profond, plutôt que de l’indé qui tape, mélangée à de la pop électro à l’image de « Aloha » ou « Hold On ». En live, j’ai beaucoup plus envie de taper. Par rapport à ce que j’ai composé aujourd’hui, je suis obligé de jouer mes premiers morceaux gentils en terme de basse ou de gros son. J’ai envie d’être un peu plus vilain sur les prochains live. Je suis parti sur cette ligne mainstream mais un peu plus indé. J’adore Rone par exemple. Chez moi, je ne joue pas du tout ce que je compose. « Aloha » n’est plus trop ma came, aujourd’hui je suis beaucoup plus « rentre dedans » et porté vers les truc qui groove plus.

Est-ce que tu crois que tout ça est lié à ton tempérament ?

Ouais c’est clair. Quand je suis chez moi, j’aime bien composer des trucs chill. Souvent, je commence à bosser vers 8 ou 9h du matin et j’ai pas trop envie de me taper de la techno à cette heure là. Je fais régulièrement des sons chill et puis je me demande comment je vais le jouer en live et parfois je me rends compte que c’est trop mou. J’ai changé de plus en plus d’état d’esprit. J’ai juste hâte de présenter mon deuxième album l’année prochaine.

Est-ce que tu as une plus grande pression lorsque tu joues dans une grande salle ou pas du tout ?

L’Olympia était la plus grosse pression de ma vie. C’était vraiment le concert où il y avait tous les gens avec qui je travaille qui étaient là. Il fallait que je réussisse ce concert pour que ceux qui bossaient avec moi soient fiers de moi. Il y avait aussi des amis et ma famille. J’ai tendance à avoir la pression pour tout, surtout dès qu’il s’agit de se présenter en live.

T’as toujours une envie de bien faire.

Oui c’est ça. Ce sera toujours le cas, je ne serai jamais blasé d’être sur scène. Je crois que je préfère les petites salles aux grandes. Même si parfois dans les petites salles, je ne peux pas installer tout ce que jeux sur scène, ce qui me manque un peu. Si par contre j’arrive à jouer dans de petites salles avec tout mon matos, c’est parfait. Je préfère largement ça qu’à des salles comme le Zénith ou d’autres stades où tu sens une pression acoustique qui ne te donne pas l’impression de jouer à un concert. Plus t’as de monde et moins tu vois de choses.

N’as-tu jamais eu peur du succès ?

Non. Ca dépend de quel succès aussi. Si c’est le genre de succès où on ne te reconnaît pas dans la rue mais où tout le monde connait ton nom et ta musique, alors là je kiffe ce succès. Si on me stoppe dans la rue et qu’on ne connaît même pas ce que je fais, ça, ça me ferait chier. Ce n’est pas mon cas, du coup c’est très bien.

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Emile Cioran écrivait que vouloir à tout prix la gloire équivaut à mourir méprisé, plutôt qu’oublié.

Ca c’est sûr, je suis complètement d’accord. Avant je jouais dans des groupes de rock et je n’étais pas le chanteur leader de ces groupes. J’étais à la guitare ou au clavier et il y avait toujours une personne avec un ego exagéré qui voulait réussir sans savoir ce que c’est. Ces personnes voulaient juste ressentir ce que c’était de réussir juste pour pouvoir dire qu’elles faisaient partie des grands. Et tous ces gens se sont plantés et maintenant, ils n’arrivent pas à faire grand chose.

Ils ne connaissaient pas la réalité des choses.

Oui, et puis même quels étaient leurs intérêts à vouloir faire ça ? Quand t’as la gloire, c’est bien d’en profiter mais il est vain de la rechercher. Surtout qu’en musique tu peux être glorieux à une période puis à une autre, on peut t’oublier.

Au final, tu préférerais plus t’amuser que de laisser une trace ?

Oui voilà. Tu laisses une trace à partir du moment où tu fais ce que tu aimes et que tu le fais à fond. Les gens ne te suivent pas pour ta gloire mais pour ce que tu fais. C’est logique. En ce qui me concerne, tout fonctionne bien pour le moment mais je sais que tout peut changer du jour au lendemain. Et puis pour en revenir à la gloire, le jour où tu l’as plus, faut savoir quoi faire.

Veux-tu dépasser des modèles ?

Nan mais j’ai des buts. J’adore le label Roche Musique en France qui ont des artistes comme FKJ ou Darius. J’adore leurs images et ce qu’ils font. C’est le style d’artistes qui me passionne. J’aime aussi Flume et Kaytranada. Ce sont des gars qui ont juste fait de la musique en ayant toujours une volonté de rechercher de nouveaux trucs. Ils n’ont pas eu peur de prendre des risques. Ils ont apporté des genres nouveaux via leur patte. Je fuis les groupes qui sont très à la mode ou qui représentent des produits proprement dit. Aujourd’hui, il ne faut pas se mentir, le disco fonctionnera toujours. Tout le monde dansera tout le temps là-dessus.

Y a-t-il des clés ou des codes que certains artistes savent user à foison ?

Certains savent comment faire fonctionner un tube sans prendre aucun risque et sans pousser les consciences ou inspirer les foules. Un groupe de funk qui cartonne aujourd’hui n’influencera plus du tout au niveau de sa musique mais plus peut-être plus au niveau de la mode. Ce que j’aime, ce sont les prises de risques, ce que l’on retrouve souvent dans la musique électronique.

Mike Patton disait que si la musique est en train de mourir…

Il trouve qu’elle meure ?! (rire)

Si la musique est en train de mourir c’est à cause d’artistes qui n’arrivent plus à mettre de nouvelles idées sur la table. Si on prend un groupe comme Coldplay, j’ai l’impression que ça fait des années qu’ils font le même ménage.

Coldplay sort des morceaux avec des producteurs qui sont soi-disant à la mode comme Chainsmokers récemment.  Leur prod est ce que Flume aurait pu réaliser il y a 5 ans. C’est vraiment la même chose qui ressort 5 ans après, ce qui reflète vraiment leur non-envie de prendre des risques. Ils ont vraiment beaucoup de talent mais maintenant ils ne sont plus trop dans le coup je trouve. Il faut faire gaffe à ne pas juger trop vite aussi. Je pense que ces gens-là n’ont plus la fougue de personnes voulant créer de nouvelles choses. Ils rendent quand même des gens heureux et ils aiment encore leur musique.

Le principal c’est qu’ils s’amusent mais quand une personne commence à s’intéresser à beaucoup de choses différentes en musique, c’est triste de s’apercevoir que Coldplay stagne. Il est vrai que mon argumentation est un peu égoïste aussi.

Ils n’ont plus rien à prouver aussi. Ils doivent conquérir des gens mais ils ont tellement de fans qu’ils s’en foutent un peu je crois.

Est-ce qu’il y a des morceaux où tu prends des risques dans ton futur deuxième album ?

Oui. Justement, je suis dedans. J’ai envie de partir dans quelque chose de plus personnel. Faire ce que j’aime vraiment sans perdre de vue un public qui m’a suivi pour Panorama et que je n’ai pas envie de perdre. Ce sera ça le plus compliqué. Au fond, j’ai envie d’approfondir mon style, ce qui n’empêche pas mon arrêt aux chansons mainstream. Il faudra que je trouve un juste équilibre entre le mainstream et l’indé. Je compose tout et n’importe quoi, tout ce qui me passe par la tête, c’est le début, le prémisse, le brouillon d’un nouvel album. Et vu que j’aime plein de styles variés, j’ai plein de morceaux qui ne ressemblent à rien. Il va falloir que je fasse le tri. Le plus dur quand tu fais un album, c’est de savoir vers où tu veux aller. Il faut toujours tout anticiper d’une année, il faut se dire qu’il ne faut pas copier les buzz présents. C’est plus intéressant de s’informer sur les influences de ceux qui font le buzz, mais les copier ne sert à rien. Ca peut tout de même rester un apprentissage enrichissant que d’imiter un son, comme quand on regarde des tutoriels de musique. En ce moment ça fuse dans mon cerveau.

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DRAMA
Interview faite le 13/10/17
Photos ©Dominique Houcmant/Goldo (prises au Reflektor, le 13/10/17)

Publié le 2 janvier 2018

Jovanotti – Oh, Vita!

Il y a une dimension anthropologique ou sociologique au cœur même du projet.

Ces paroles viennent du réalisateur américain Martin Scorsese. Elles concernent son troisième film, Mean Streets (1973). Suivant les conseils du cinéaste John Cassavetes (1929-1989), il se résout à filmer ce qu’il connait de mieux : son quartier, ses rues, son quotidien. Lorsque je pense au dernier album de Lorenzo Jovanotti, je souhaite faire le parallèle avec la démarche de Scorsese. Oh, Vita! est décrit par le chanteur italien comme étant une part de sa vie, lui procurant d’ailleurs une envie vivifiante de continuer à faire ce qu’il a toujours fait : composer une musique qui émeut.

Après avoir été discuté avec le légendaire Rick Rubin à une soirée, Jovanotti sème les graines d’une collaboration entre lui et son idole.
Rubin est la clé du succès de plusieurs artistes, des Beastie Boys au Run DMC. On ne présente plus ce géant de la musique, tant il exerce une énorme influence sur l’histoire du hip hop. Quel plaisir d’apprendre une telle nouvelle ! Jovanotti a commencé en tant que dj/rappeur : il revient aux sources d’une musique passionnante.

Je ne savais pas à quoi m’attendre au sujet de son nouvel opus, de cette fusion italo-américaine. Le mélange de ces univers ne pouvait donner qu’un album plus qu’incroyable.

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Pourtant… il me faut plusieurs écoutes avant d’accrocher à Oh, Vita!.

Chaque morceau est unique en son genre, une transition guette souvent, à chaque fin de titre. Lorsque Jovanotti explique la méthode de travail de Rubin, il insiste beaucoup sur fait d’épurer un maximum les chansons. C’est pourquoi, l’album se compose également d’une simplicité hors-norme. « Chiaro di Luna », « Ragazzini di Strada » ou encore « Paura di Niente », ont un point en commun : la voix du chanteur ne se veut pas encombrée par mille instruments, seule une guitare sèche fait l’affaire.
Dès lors, tout auditeur réalise qu’il suffit parfois de très peu pour toucher à nos fibres émotionnelles les plus profondes.

« Amoremio » est le morceau-type qui démontre tout l’amour que Jovanotti porte au hip hop et rap us. Il ne joue pas au rappeur dans ce morceau, ressemblant plus à une musique de saloon d’un western. Mais l’auto-tune et la basse découlent d’un hommage sincère à l’Art de l’Outre-Atlantique.

C’est encore un pari réussi pour ce quinquagénaire qui ne vieillit pas d’une ride. Ouvrant un magasin à Milan (où Jovanotti invite souvent des groupes pour y jouer), lançant une BD autobiographique et un documentaire centré sur la création de son album, il n’a plus aucune limite.

Voir que les chaînes italiennes n’arrêtent pas de l’inviter sur plusieurs plateaux, ou que d’autres médias s’intéressent énormément à ses œuvres, me rend heureux. Il est important de mettre en avant ce poète faisant honneur à la culture italienne. De cette hétérogénéité collée aux 14 chansons, Oh, Vita! représente une ballade dansante, émouvante et apaisante.

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Publié le 14 décembre 2017

Baby Driver

Baby Driver est le sixième long-métrage du cinéaste anglais Edgar Wright. Après avoir réalisé la Trilogie du Cornetto, et s’être éloigné de la machine hollywoodienne qui gérait Ant-Man (2015), il est de retour pour une comédie musicale sous forme de courses poursuites, braquages de banques et histoires de vengeance.

Baby, interprété par Ansel Elgort, est un jeune et habile conducteur qui se charge de conduire et sauver des criminels avant et après qu’ils ne dérobent tout l’argent entreposé dans des banques. Il travaille pour un mafieux des temps modernes, nommé Doc et joué par l’acteur Kevin Spacey.

Un beau jour, Baby fait la rencontre de Debora, une serveuse tout aussi passionnée de musique que lui, et le coup de foudre s’abat sur lui. Il envisage alors de ne plus être complice de magouilles menant sa vie en danger, mais quel est le prix à payer pour s’échapper de cette routine ?

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Publié le 9 décembre 2017

King Gizzard & The Lizard Wizard with Mild High Club – Sketches of Brunswick East

UN SOLO ASCOLTO PER UN VIAGGIO

Il faut croire que je ne suis qu’attiré par les productions de stakhanovistes.
King Gizzard & The Lizard Wizard est un groupe australien qui a sorti son onzième album du nom de Sketches of Brunswick. Pour l’année 2017, le groupe décide de sortir petit à petit 5 albums inédits et ce dernier est le troisième sur la liste.

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Publié le 28 novembre 2017

Rive Interview

LE TEMPS D’UNE CHANSON

Kevin et Juliette forment une groupe electro pop nommé de Rive. Subjugué par la musique et le clip de leur morceau « Justice », DRAMA a décidé de les rencontrer à Chênée pour un entretien traitant de leur univers, du féminisme, du temps ou encore du Canada.

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Pouvez-vous nous expliquer un peu plus les dessins sur votre pochette d’album ?

Juliette : La pochette est un buste de femme avec une tête coupée avec au-dessus, un bateau. Il y a un personnage féminin principal et une armée derrière. L’idée c’était de représenter un individu enfermé. Pour ce qui est de la tête coupée, elle est l’acte qui fait fi des carcans. A la place de la tête, il y a ce bateau qui invite au voyage, à l’imaginaire, à l’espoir, à la lutte et à l’action, tout en devant maître de sa vie. Le fait que ce soit un personnage féminin est lié à ce que je suis et à mes paroles féministes.

J’avais pensé à tout ce qui est en rapport à des mythes ou encore à l’Egypte antique, lorsque j’ai vu cette pochette. Y a-t-il un peu de ça ou pas du tout ?

Juliette : Oui effectivement, c’est très symbolisé. Ce qui est important pour nous, c’est qu’il y ait un aspect très poétique et une vraie invitation au voyage. Toutes ces références et symboliques font en sorte d’interroger et d’interpeller. Je pense en tout cas que pour le coup, ça a fonctionné. (rire) Que les gens s’approprient ce visuel pour y placer ce qu’ils veulent est aussi une bonne chose.

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Comment s’est passé votre concert à Montréal, au Canada ? Y a-t-il quelque chose qui vous a marqué là-bas ?

Kevin : Ca s’est très bien passé, c’était notre premier voyage au Canada. On a découvert toute une autre culture. Le français au Canada est très répandu car les Canadiens adorent la musique francophone. Il y a un vrai engouement pour la chanson francophone. On était tout à fait dans ce cadre là.

Juliette : Ce qui est chouette, c’est qu’on doit repartir l’année prochaine avec plusieurs dates, ce qui nous rend super content.

Est-ce que vous aimer beaucoup cette mise en valeur de la langue française ? Je sais que les Québecois aiment beaucoup leur langue. Parmi de nombreuses preuves de ce que j’avance, l’émission The Voice se nomme La Voix là-bas.

Juliette : Oui c’est vrai !

Est-ce que c’est quelque chose qui manque ici en Belgique ?

Juliette : Pas vraiment. Depuis quelques années, on assiste à une recrudescence, une explosion de groupes qui chantent en français. Ce qui est intéressant, c’est que la langue ne fait pas tout. Nos influences sont plutôt anglo-saxonnes, de la pop à l’électro. C’est clair qu’on chante en français, mais on ne s’inscrit pas pour autant dans la « chanson française » un peu plus traditionnelle. On veut combiner le français avec des instrumentaux, des arrangements plus différents de la « chanson française » classique. Un peu comme des groupes comme Odezenne, Fishbach, Sandor, The Pirouettes qui sortent des vieilles contraintes, en s’inscrivant dans une démarche musicale plutôt pop et électro.

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Y a-t-il autre chose que la langue qui vous a marqué l’esprit au Canada ?

Kevin : En ce qui concerne la musique, quand on est arrivé là-bas, ce qui nous a frappé, surtout à Montréal, c’est que par rapport au travail scénique, les Canadiens y interviennent beaucoup. Une fois sur scène, les groupes expliquent leurs chansons et leurs démarches.

Juliette : Il y a beaucoup de communication avec le public.

Kevin : Ici, on est souvent habitué à voir des groupes qui enchaînent leurs morceaux et les gens les prennent comme ils veulent les prendre. On se justifie beaucoup moins sur chaque titre joué.

Juliette : On a apprécié voir les artiste discuter avec le public, c’était vraiment chouette à voir.

Je pense que si vous le faites, ça enlèvera un peu de mystère autour de vos chansons.

Juliette : Ca nous arrange de ne pas le faire. (rire)

Qu’est-ce qui est le plus jouissif, jouer en studio ou en live ?

Kevin : J’aime pas forcément le studio, mais en tout cas, j’aime beaucoup travailler chez moi et créer des morceaux.

Juliette : On fait tout à la maison.

Kevin : On peut passer des journées à créer des sons et tester des choses. J’adore ça. Et la scène… Au final, l’un ne va pas sans l’autre. Je ne pourrai pas faire de la musique pour ne pas la sortir sur scène. Et d’ailleurs, quand on fait un morceau, on essaye de l’imaginer joué sur scène pour voir ce que ça peut apporter comme énergie, sentiment et émotion.

Comment ça passe pour vos compositions ? Etes-vous chacun de votre côté ?

Juliette : On habite en collocation, du coup, pour la communication c’est ultra simple. Je travaille tout ce qui est paroles et mélodies et Kevin, lui, est plutôt sur les arrangements. Comme on se voit quotidiennement, on est toujours en discussion par rapport aux avancées de l’un ou de l’autre. On a chacun une marge de manœuvre dans un domaine. On ne se marche pas sur les pieds. Il n’y a pas d’ambiguïté ni de compétition. C’est vraiment sympa entre nous et donc la communication est beaucoup plus simple entre nous deux. (rire)

Le temps contre nous, c’est ce qui est chanté dans « Justice ». Est-ce que dédier sont temps à la personne qu’on aime, n’est-il pas un des meilleurs actes d’amour que l’on puisse porter à son égard ?

Juliette : Hum… Hum… La chanson parle d’amour mais elle est aussi un peu plus globale. Ce qu’on dit c’est qu’il faut vraiment prendre le temps à un moment pour s’arrêter, ne serait-ce que pour passer du temps des personnes ou pour juste s’interroger sur les choix qu’on fait. Avec ce « temps » qu’on a pris, essayons alors de modifier nos vies et prendre peut-être d’autres décisions, vu qu’on a désormais le temps de réfléchir. Retenons l’idée d’une bulle qui s’arrête, hors-du-temps. On sait que le temps va arriver et nous bouffer, mais cette bulle nous permettra de mieux réfléchir.

J’ai remarqué que cette notion de « temps » revenait assez souvent dans vos chansons. Comme si c’était un personnage.

Juliette : C’est vrai. (rire)

Est-ce qu’il y a un rapport précis avec vos vies ?

Juliette : Ce n’est pas vraiment réfléchi. On se pose plein de questions sur le temps qui passe, le monde sur lequel on vit. Où est-ce que l’on va avec cette société ? Est-ce qu’on a encore le temps de révolutionner ce qu’il y a changer ?
On n’arrête pas de nous rappeler l’existence du réchauffement climatique et on ne sait même pas où l’on va. On sait juste qu’il nous reste plus beaucoup de temps finalement. Ce qui est marrant, c’est qu’on est tellement occupé, toujours dans l’action… On ne prends pas le temps et pourtant… (rire) « Justice » traite vraiment du « temps » et on a une nouvelle chanson, qu’on joue déjà sur scène, où l’on parle des relations qui s’abiment avec le temps et de toutes les questions qui concernent cela. Est-ce qu’on laisse faire le temps ? Abandonnons-nous ou pas du tout ?

Serait-il exagéré d’affirmer que vos chansons sont quand même engagées ?

Juliette : Ca dépend desquelles. J’ai un regard assez dur lié aux sociétés. Je suis féministe depuis toujours. Des chansons comme « Nuit » sur l’EP Vermillion délivre un sujet qui est celui des mouvements féministes des années 70, où les femmes à San Francisco et en Belgique sortaient la nuit pour se réapproprier l’espace public. Ca s’est passé il y a 40 ans, mais aujourd’hui les tracas n’ont pas diminués. Notre regard est engagé et on souffre de ce qui passe de nos jours en politique, parce qu’on y voit aucune vision.
Les paroles restent toujours assez poétiques et on a toujours envie que les gens puissent vraiment s’approprier les textes. On sait ce qui est dit bien sûr, mais si les gens comprennent nos textes différemment, tant mieux.

Cette histoire de mouvement des années 40 me rappelle que l’esthétique de vos clips allient parfois des images en noir et blanc. Y a-t-il des références assumés par rapport à cela dans vos clips ?

Juliette : Il n’y pas vraiment des images reliées à cela mais en tout cas, on aime vraiment ce côté intemporel des choses.

Kevin : Temple Caché, qui a conçu le clip, a compris que ce que l’on aime dans la musique, ce sont les contrastes. Les paroles le reflètent très bien d’ailleurs. Temple Caché avait aussi ce souci de, non pas brouiller les pistes, mais de laisser rêveurs les spectateurs et de savoir attaquer là où il faut.
Dans « Justice », les gamins avec des électrodes pourraient être un symbole de passé rétro.

Juliette : Ou de présent.

Kevin : Passé, futur, obscurité, clarté, tout se mélange.

Juliette : Ma voix mélodique et nos sonorités plus brutes complètent aussi un contraste. Ca nous fait rire et on aime bien ça. (rire)

Kevin : Il y a tout un discours derrière nos chansons. C’est un but aussi d’avoir un univers très imagé et que chacun ait son interprétation de tout cet ensemble.

J’ai l’impression qu’avec les années, le féminisme a eu ses dérives. Prenons pour exemple, ceux qui s’attardent sur le « manspreading » qui m’apparaît comme un problème qui n’en est pas un. Qu’en pensez-vous ?

Juliette : Je ne suis pas du tout d’accord. Selon moi, tout est important. Il n’y a pas une échelle des luttes. Si je parle du « manspreading », on pourrait me rétorquer qu’il y a des problèmes bien plus graves tels que les femmes battues ou violées. Tout ça fait partie d’un système cohérent, patriarcal et machiste. Avoir une langue machiste, des femmes qui soient rarement des personnages principaux dans les films ou encore des super-héroïnes pratiquement toujours en maillot de bain, constituent ce même système. Tout comme les filles emmerdées en pleine rue, les violences conjugales ou les viols. Tout est important.
Pour revenir au « manspreading », hier dans le métro, deux mecs avec les jambes grandes ouvertes bouffaient mon espace. C’est une série de petites choses de cette ampleur qui font qu’en tant que femme, tu intériorises que t’es inférieure. Il y alors une disparition de l’estime de soi, de modèles et moins d’investissement aussi.
La féministe Benoîte Groult disait : « Le féminisme n’a jamais tué personne. Le machisme tue tous les jours. ».
Ca veut bien dire ce que ça veut dire. On a beau critiquer le féminisme, il n’y a jamais eu de mort derrière cela. On le critique surtout parce que ça remet en question un pouvoir en place et l’identité des gens. Le féminisme est un humanisme pour moi qui permet de sortir des stéréotypes qui enferment les femmes, tout autant que les hommes. Il permet de faire des choix sans aucun préjugés qui nous pèsent dessus.

Ce dont j’ai peur, c’est de percevoir qu’on targue une personne de vouloir faire du mal alors qu’il n’en fait pas.

Kevin : Quand tu déranges les autres, il faut que ce soit justifié.

Juliette : Ce qui est sûr, c’est qu’avec ce genre de dénonciation, tout le monde s’interroge. Toi, tu t’interroges sur le « manspreading » d’autres sur le #balancetonporc, ce qui est bénéfique pour savoir dans quelle société on a envie de vivre.

Revenons à vos chansons. Y a-t-il un même récit caché qui les unit ?

Juliette : Oui forcément. Ce ne sont que des sujets personnels et sociétaux. Ils sont liés à des ressentis, à une personne, à des quotidiens. Pour l’instant, on est vraiment dans des thèmes qui racontent ce que je suis et vis. Peut-être qu’à un moment, ça évoluera, mais pour l’instant, ça reste avant tout personnel avec un certains regard sur le monde.

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DRAMA
Interview faite le 16/11/17
Photos ©DRAMA & Pierre Reynders (prises au Centre Culturel de Chênée, le 16/11/17)

Publié le 26 novembre 2017

Blue breeze de Londres

Tout comme le grunge qui s’est formé autour de Seattle, la Motown basée à Chicago ou encore un blues extrêmement prononcé à Memphis, un courant musical est fortement présent au Sud de Londres. J’ai baptisé ce style blue breeze. Peut-être que l’étiquette perdurera dans le temps.

‘Blue’ pour ce qui est de sa teinte mélancolique et léger, symbolique de nombreux morceaux des artistes qui en portent les couleurs. ‘Breeze’ pour l’effet reverb, nous laissant toujours planer via des compositions jazzy, utilisées à foison dans leurs chansons.

Plusieurs points communs reviennent toujours à l’écoute de ces jeunes londoniens, dont notamment une guitare au son épuré. Elle nous embarque dans une brise qui fait écho à l’infini. Il est intéressant de noter à quel point le déterminisme a toute son importance pour expliquer ce nouveau phénomène anglais.

Notons que l’écrivain français, Emile Zola, avait déjà cerné l’importance de l’influence et l’impact de l’endroit où l’on vit. C’est en désignant sa propre littérature de ‘naturaliste’, mouvement de la première moitié du vingtième siècle, que cet auteur bâtissait de nombreuses thèses pertinentes.

Les naturalistes reprennent l’étude de la nature aux sources mêmes, remplacent l’homme métaphysique par l’homme physiologique, et ne le séparent plus du milieu qui le détermine.

Cet extrait de son œuvre Une campagne (1881) démontre à quel point nous sommes conditionnés par tout ce qui nous entoure. De fait, la panoplie d’artistes dont il est question ont respiré un air londonien qui les a inspiré à faire une musique unique, qui cependant, se trouve sous une même bannière. Il se peut qu’il y ait une part d’inconscient en ce qui concerne leur processus de création. Néanmoins, ils partagent tous des caractéristiques très communes, preuve qu’ils baignent consciemment dans une zone spéciale, où la musique a ses codes.

Citons un autre déterministe qui rejoint en quelque sorte les pensées de Zola :

Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être ; c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience.

Tiré du philosophe et économiste Karl Marx, ces phrases affirment que l’endroit où l’on naît à une immense importance par rapport à notre avenir. Trêve de citations, stop aux analyses ! Passons en revue les grands acteurs de cette bleue brise.

King Krule

Il est littéralement le plus connu de tous. Hipster pour certains, génie pour d’autres, Archy Marshall se fraye un chemin atypique dans le monde de la musique. Pour l’instant, tous ses projets sont incroyables. Ils méritent une écoute pour avoir une vue d’ensemble sur l’univers riche et intense de ce poète.

Entre son premier et deuxième album se sont écoulés 4 ans. Impatient, je savais que son nouvel opus allait être une réussite. King Krule rafraîchit toujours son style musical via des morceaux aux accords jazz et bossa nova. Il n’est pas trop tard pour écouter The OOZ, son ultime pépite.

Cosmo Pyke

J’essaie de devenir célèbre, de faire connaître mon nom partout, de m’assurer que tout le monde le voie. C’est un peu comme le graffiti : vous voulez obtenir autant de tags que possible dans toute la ville jusqu’à ce que vous deveniez propriétaire de la ville.

Ces paroles livrées au Guardian sont celles de Cosmo Pyke. On ne cesse de comparer à King Krule sur la Youtubosphère. Certes, ils partagent quelques caractéristiques semblables : une voix nonchalante, une capacité folle à rapper, et un jeu vif et direct à la guitare. Néanmoins, ce ne sont en rien des clones parfaits. L’univers de Cosmo Pyke est beaucoup plus coloré au niveau des ses sons, clips et paroles. Il n’y a qu’à comparer le clip de ‘Great Dane’, à l’esthétique propre, chamarrée, professionnelle et ‘Dumb Surfer’ qui lui est flou, crade, un peu plus amateur, donnant un visuel proche de ceux perçus des vieux VHS.

En d’autres mots, nous ne lui ferons pas l’affront de le surnommer Prince Krule.

Alex Burey

Piano, violons, flûte, saxophone et guitares à la sonorité western, rien n’a plus de secret pour ce jeune compositeur ! Un seul mot pourrait synthétiser les sonorités qu’il nous concocte : délicatesse.

Nick Hakim

Take this joint. C’est tout ce qu’il y a à retenir lorsqu’on écoute Nick Hakim.

Jamie Isaac

Jamie Isaac a déjà collaboré sur l’album très avant-gardiste A New Place 2 Drown d’Archy Marshall. Ce genre d’artistes ne se limite pas à une seule façon de faire de la musique. Petite pause sur un gars qui propose un son posé.

brunoaleas

Publié le 15 novembre 2017