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Fire Force

Il y a une dizaine d’année, Soul Eater était l’une des séries shonen les plus populaires du marché. Grâce à son style gothique, ses personnages cyniques et une mise en scène des combats vraiment excellente, ses 25 volumes, accompagnés de leurs 51 épisodes animés, furent, pour beaucoup de jeunes de l’époque, une introduction au monde du manga.
Après avoir sortit Soul Eater NOT, un spin-off tranche-de-vie un peu raplapla, Atsushi Ohkubo sort enfin une toute nouvelle série : Fire Force.

Peut-on s’attendre à la même qualité de sa première œuvre ou l’auteur s’est-il relâché avec l’âge ?

Fire Force repose sur une prémisse assez simple. Un phénomène, appelé « combustion spontanée« , transforme aléatoirement des gens en véritables torches humaines qui détruisent tout sur leur passage. Une poignée d’élus, êtres sachant manipuler les flammes, ont alors créé la Fire Force pour intervenir, en cas d’urgence.

Le héros, Shinra, un des rares élus capable de générer directement des flammes depuis son corps, devra affronter torches humaines et d’autres élus, afin de trouver le terrible secret qui se cache derrière ces combustions qui n’ont, peut-être, rien de spontanées.

Autant l’écrire tout de suite, on n’attend pas grand-chose de ce scénario. Beaucoup trop de clichés sont repérables, après une rapide feuilletage. Dans un shonen, des clichés sont bien sûr inévitables, mais si dans My Hero Academia, ils sont manipulés de manière intelligente pour rendre le récit plus attrayant, les clichetons de Fire Force sont synonymes de fainéantise. Le cliché qu’on retrouve dans 80% des shonens : le héros est rejeté par la société à cause de sa différence. Concernant Fire Force, ce cliché est particulièrement raté, puisque son « handicap » est de sourire de manière incontrôlable, quand il est tendu… question drama, on a vu mieux.

Malgré cela, pour ce qui est du dessin, rien à redire. Si Soul Eater souffrait d’un style très inégal, avouons-le, aujourd’hui, Ohkubo est à maturité. Le feu est très réussi et les combats, toujours aussi énergiques. Les personnages, aux traits clairs et aux yeux perlés, sont la plus grande réussite graphique de l’auteur.

Au final, grâce a un design reposant et à un scénario un peu bête, mais sans prise de tête, ce manga, qui s’annonce de toute façon assez court, est agréable à lire, en somme. Fire Force ne se montre pas à la mesure de son prédécesseur, mais reste un petit shonen respectable et sans prétention. Il plaira surtout à ceux qui connaissent bien son auteur.

Pierre Reynders – Illustrations ©Atsushi Ohkubo

Publié le 3 mai 2018

The Voidz – Virtue

Le New-Yorkais Julian Casablancas, chanteur emblématique des Strokes, fait son retour avec son autre groupe nommé The Voidz. Ce projet est à des années lumières de ce que produit son ami Albert Hammond Jr. The Voidz forment un mix entre tout ce que vous avez écouté et tout ce que vous écoutez.

Julian Casablancas aurait très bien pu choisir la voie du mainstream et continuer à chanter des foutreries proches d’un « Instant Crush » (Daft Punk). Il a plutôt opté pour le chemin le plus risqué : celui d’un style musical particulier qui illumine sa discographie.

Si sa carrière semblait partir en latte (les premiers live de The Voidz étaient presque inaudibles), il surprend, amenant intrigue et passion chez l’auditeur. Et Satan sait ô combien j’avais du mal à écouter leur premier album, Tyranny (2014). Ce qui m’a très vite fait changer d’avis : les talents de Casablancas et de ses musiciens.

Virtue confirme les pleins pouvoirs de The Voidz sur mes oreilles. Ils s’inscrivent parmi les musiciens fusionnant à merveille moult son divers et variés. J’ai toujours aimé ce style de groupe sortant du lot. A coup d’auto-tune pétée, de grosses distorsions, de solos de guitares indispensables et de synthés en veux-tu en voilà, The Voidz livre une incroyable richesse sonore.

Le chanteur avouait qu’il voulait que Virtue comporte des morceaux plus accessibles pour les auditeurs. Malgré son penchant se voulant « tout public », je ne pensais pas qu’il soit plus facile d’écoute. De fait, la voix de Julian Casablancas explore plusieurs horizons : de la messe, au chant arabique (« Qyurryus »). Les guitares nous assènent de solos ou d’harmonies saturées. Et les percussions, elles, se révèlent tout aussi lentes qu’agressives.

Pourtant, parlons de « cacophonie ordonnée »! Virtue est tout de même beaucoup plus accessible que Tyranny. Il y a également une certaine influence radioheadesque qui s’entend dès les premières notes de « My Friends The Wall » et dès les dernières de « Lazy Boy ». Radiohead, une référence désormais incontournable !

Certes, il y a des chansons que j’aime moins que d’autres. Néanmoins, lorsque j’écoute Virtue dans son entièreté, rien ne me dérange. Tel un puzzle où chaque pièce coïncide, cet opus me transporte vers une ambiance éclectique qui me plaît, partant tout aussi bien vers des riffs brutaux qu’aux phases plus expérimentales.

« Wink » est devenu mon hymne de plage. « AlieNNatioN » me démontre que le hip hop peut encore être perverti par un groupe punk. « Pointlessness » nous entraîne au sein d’une atmosphère de film d’épouvante, surtout lorsque vient s’y ajouter une guitare très lourde vers sa fin. Quant à « Pyramid of Bones », je le considère peut-être comme le morceau le plus réussi.

Du côté des paroles, Casablancas chante de façon engagée. Méditons simplement sur ses mots prononcés à James Corden (présentateur faussement drôle).

We’re in an invisible war my friend

Mention honorable aux paroles de « Lazy Boy » où Casablancas met feu à l’ancienne image que le public lui attribuait lors de sa jeunesse.

Le bilan apparaît clair et net : New York et ses artistes attestent encore une fois qu’il n’y a pas que l’Angleterre qui met au monde des artisans d’un Art à part.

brunoaleas

Publié le 26 avril 2018

Submarine

Bercé par les morceaux d’Alex Turner, Submarine est un petit joyau cinématographique que je pourrai me visionner plusieurs fois. Adapté du roman de Joe Dunthorne, ce long-métrage se détache de ce que l’on visionne d’habitude grâce à Richard Ayoade, un cinéaste qui revisite les codes des comédies sentimentales.

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Publié le 24 avril 2018

Ready Player One

ATTENTION SPOILERS

En 2045, il existe un monde virtuel où tout le monde a la possibilité d’y entrer. Son nom : l’Oasis. Wade Owen Watts, adolescent, passionné de jeux vidéos, fait partie des fans de James Donovan Halliday, le créateur de l’Oasis. A sa mort, l’idole de notre héros a laissé derrière lui un incroyable enjeu pour tous ceux qui jouent à l’intérieur de son univers fantasque : celui de posséder l’Oasis après avoir relever 3 défis. C’est alors que Wade et ses amis se lancent à des poursuites et aventures épiques, remplies de péripéties les plus folles les unes des autres. Ces derniers vont aussi devoir lutter contre Nolan Sorrento (incarnation du Mal capitaliste et matérialiste), parton de l’IOI, qui veut à tout prix contrôler l’Oasis.

Quelle claque !

J’avais peur de ne pas accrocher à l’intrigue ou de ne pas m’immerger dans cette dimension ultra loufoque. L’origine de ma crainte s’explique par « Trop de références tue les références. ».
Car oui, Ready Player One représente un délire total que tout geek a sûrement rêvé un million de fois durant son sommeil. C’est pourquoi, tous les accros à la pop culture ont bien du jouir dans leurs pantalons lors de son visionnage.

Pour en revenir à ma punchline à propos des « clins d’œils » au cinéma, je n’aurais pas dû me préoccuper. Rappelons-nous d’une seule chose pour digérer le fait que ce long-métrage est d’une valeur sûre : Steven Fucking Spielberg ! Ce cinéaste a bercé l’enfance de nombreux cinéphiles mais pas que… La plupart de ses œuvres sont devenues des classiques tant elles subjuguent et instruisent les esprits. Qui d’autres que lui pouvait se permettre de glisser autant de références au sein même d’un film ? Ce projet semble constituer l’aboutissement d’une merveilleuse carrière où les hommages à l’écran ne se comptent plus.
Spielberg a encore prouvé à quel point il restera le papa du système hollywoodien !

Certes, je décris Spielberg comme un semi-dieu qui rayonne toujours de plus belle. Cependant, dès les premières images, musiques et thématiques abordées, une fibre émotionnelle a vibré en moi. Cette puissance à nous transporter vers un monde aussi incroyable, me rappelait vraiment l’émerveillement d’avoir dégusté des yeux E.T. (1982) ou encore Jurassic Park (1993). Je suis fier d’avoir emmené mes petits neveux avec moi pour me taper 2h20 d’un film voué à les ébahir.
Je vous invite d’ailleurs à regarder Ready Player One avec des bambins que vous appréciez pour qu’ils baignent dans un onirisme bénéfique.

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En ce qui concerne l’appel à une nostalgie que l’on veut honorer, il se présente sous plusieurs formes. A travers un mélange entre tous les jeux actuels, que ce soit ceux de la toile ou ceux des consoles, on en prend plein la vue. Rien ne dérange étant donné que tout est filmé de façon spectaculaire et que le scénario n’est nullement pathétique ou vide de sens.

Un sujet assez métaphysique est lié aux propos de cette œuvre : faut-il s’évader de notre réalité pour vivre d’une meilleure façon ?

Nos sociétés sont surplombées de nouvelles technologies, si bien qu’elles sont associées à des « cultures d’écrans ». Plus j’observe le monde qui m’entoure, plus j’ai l’impression que chaque objet muni d’un écran est devenu l’extension corporelle de tout un chacun. Vu l’analyse que je porte sur mon environnement, j’avoue que le dernier film de Stevie m’est gratifiant. En ces temps où l’être humain croit grandir et développer son regard critique via des inventions toujours plus performantes, j’aime le contraste qu’apporte la morale de Ready Player One :

Il n’y a rien de plus réel que la réalité.

Telles sont les paroles prononcées par Halliday, lui-même conscient que l’escapade vers une matrice idéalisée ne symbolise pas la solution pour vivre pleinement les simples évènements de l’existence. Tinder, le porno sur le Net, les point-and-click ne remplaceront jamais un pique-nique sous un Soleil radieux, accompagné de la personne que l’on chérit au fond de son cœur.
On oublie souvent que cueillir le moment présent vaut mieux que l’enfermement personnel.

Peut-être que ce message final sonne assez logique, voire stupide.
Néanmoins, il apporte une bouffée d’air frais à tous ceux qui le comprennent entièrement.

brunoaleas

Publié le 13 avril 2018

Feu! Chatterton – L’Oiseleur

J’ai toujours cru en Feu! Chatterton. J’attendais avec impatience le retour de ce groupe français. Ici Le Jour (a tout enseveli) faisait partie de mes extraordinaires découvertes de 2015 et me prouvait que la variété française existe toujours.

L’Oiseleur, leur second opus, équivaut à un retour plus que réussi. Mention honorable aux coups de communication qui annonçaient les futurs clips réalisés de main de maître.

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Publié le 2 avril 2018

Sale Gosse Interview

RIEN N’EST REVOLU !

Sale Gosse ravive un feu punk qui était nécessaire en nos terres belges. Ce trio familial jouait à La Zone, où tout leur talent de musicien s’était déchaîné. Intervertissant leurs rôles sur scène, le show était puissant. DRAMA les rencontre pour discuter rock, Liège, famille et désordre !

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Sacralisez-vous Iggy Pop ? Si oui, pourquoi ?

Maman : J’ai très vite été séduite par Iggy Pop quand j’étais jeune à Lille. C’était un de mes premiers concerts et j’étais fascinée. Je ne m’attendais pas à ce qu’il déballe tout le matos. J’adore Iggy Pop et je suis contente qu’il soit encore vivant.

Surtout après tout ce qu’il a pris.

Randa : Oui c’est ça. Les autres sont tous tombés comme des mouches mais lui est encore là.

Maman : J’étais beaucoup plus fan des Stooges à l’époque mais ce qu’il a fait à côté, dont ses collaborations, je trouve ça fun.

J’ai écouté l’album Pop Post Depression où il joue avec Josh Homme et j’ai trouvé la fusion des deux géniale.

Randa : Et n’oublions pas aussi sa collaboration avec Michel Houellebecq.

Maman : Et Peaches, B-52’s, David Bowie et même avec Catherine Ringer des Rita Mitsouko.

Est-ce que vous aspirez à être comme lui ou vous vous en foutez complètement ?

Maman : Nan, nan.

Randa : Il fait du tai-chi, je fais du yoga donc la ressemblance s’arrête là.

(rire)

Quel est le truc le plus rock que vous ayez fait ?

Randa : Moi j’ai été au lit hier soir sans me brosser les dents.

(rire)

Maman : Le premier concert que j’ai fait avec mon groupe de filles quand j’avais 20 ans. J’ai fini à l’hôpital parce que j’avais glissé à cause de chaussures à la con qui ne m’aidaient pas à marcher. Je m’étais faite très mal.

Ah la maladresse.

Maman : C’était rock and roll.

Lino : Le groupe dans lequel je suis est je pense la chose la plus rock and roll que je fais.

Randa : Prendre un instrument et faire de la musique, c’est déjà rock and roll en soit. Ca dépend aussi de ton milieu, ton âge, ton genre et ta famille. Mais rien que le fait de se dire qu’on veut faire de la musique, c’est un acte rock.

Maman : Finalement, en ce qui nous concerne, la création du groupe est vraiment le truc le plus rock.

Randa : Malgré les impossibilités ou improbabilités.

Aviez-vous déjà fait de la musique avant Sale Gosse ?

Maman : Avec mon fils Lino on était dans groupe nommé Me And My Fucking Mum.

(rire)

Maman : On a 15 ans de différence tous les trois et continuer à jouer ensemble reste un bel exploit.

Randa : Au sinon, samedi passé j’ai craché de la bière sur Animal Youth et c’était bien rock.

Ils vont se venger.

Maman : Nan, ils sont cool.

Quels sont les avantages et inconvénients de faire de la musique en famille ?

Lino : L’avantage c’est qu’on se connaît déjà de base.

Maman : Qui a envie de jouer avec sa mère ?

Tout dépend à quel type de mère on s’adresse.

Randa : L’avantage c’est d’être tombé sur une famille existante vu j’ai été adoptée.

C’est une belle image d’un groupe.

Maman : Oui. Je pense que ce sera de plus en plus à la mode. Parfois, des personnes après nos concerts viennent nous trouver pour nous dire qu’elles aussi jouent avec des membres de leurs familles. Mais elles n’ont pas passé le cap, et nous on l’a fait.

Quel cap ?

Maman : Celui d’aboutir à former un groupe et de faire vraiment de la musique dans les règles de l’Art. J’ai commencé avec Lino dans Me And My Fucking Mom, puis il voulait que je le lâche jusqu’au moment où il a craqué dès l’arrivée de Randa dans la famille.

Pourriez-vous me décrire Luik Records et l’apport de ce label après y avoir signé?

Randa : On n’a rien calculé. Au début, on avait fait une démo de 3 titres qu’on jouait dans des bars. Elle était aussi postée sur Soundcloud. Quelques jours plus tard, Damien Aresta, avec qui j’avais déjà bossé par le passé, me contacte pour signer sur Luik Records. Il nous a trouvé des dates , dont une tournée en France, et apporté une aide pour l’enregistrement d’un EP.

Maman : Il a fait le papa.

Ordre ou désordre ?

Maman : Désordre. Putain c’est vaste le désordre. Je suis une fille assez désordonnée. Rien que l’endroit où l’on répète est un amoncellement de plusieurs choses. C’est tout petit chez moi et c’est toujours le bordel.

Lino : Je choisi « désordre ». J’aime surtout un désordre où j’arrive quand même à m’y retrouver. Appelons cela « un désordre ordonné ».

Randa : Ordre. Je suis passé par la case « désordre » et c’est casse-tête. Maintenant je suis obligée de choisir l’ordre malgré moi. Il le faut pour me simplifier la vie. L’ordre mène à une énorme tranquillité. Il t’arrive tellement de merdes au quotidien que si on devait choisir le « désordre », ce serait encore pire. C’est en cultivant un minimum d’ordre que tu arriveras à bien naviguer d’une manière ou d’une autre.

Maman : J’ajouterai que le rock and roll est parfois désordonné.

Si vous jouez comme des pros, vous serez ordonnés.

Randa : Ouais mais tu ne nous as pas encore vu.

(rire)

Randa : On en reparlera après le set.


The Beatles ou The Rolling Stones ?

Lino : Beatles. Tout est une question d’affinité. J’ai toujours été attiré par eux. J’aime leurs compositions même si leurs paroles ne sont pas toujours très recherchées. J’ai toujours trouvé les Beatles plus intéressants que les Stones.

Randa : Stones. J’aime leur coté sex-appeals même si ce sont des Anglais qui ont copié le style de musique des afro-américains. J’aime leur ambiance bluesy.

Maman : Je dirai les deux. Je suis la plus vieille et j’ai connu les deux.

Les as-tu vu en concert ?

Maman : Non pas du tout. A choisir, j’aurais vraiment voulu voir les Beatles. Quant aux Stones, quand j’avais vu à la télévision Keith Richard taper un fan avec sa gratte parce qu’il montait sur scène, j’avais trouvé ça dégueulasse.

Nirvana ou Guns N’Roses ?

Maman : Nirvana.

Lino : Nirvana.

Randa : Guns N’Roses !

(rire)

Randa : Je vote les Guns juste pour Axl Rose car c’est un sketch ce mec.

Lino : Et Kurt Cobain n’est pas un sketch.

Randa : Nan mais Kurt Cobain c’est autre chose. J’ai grandi avec MTV qui diffusait les deux groupes mais j’ai plus de souvenirs colorés et comiques d’Axl Rose. Il a quand même réussi à séduire Stephanie Seymour.

Lino : Mais ça on s’en fout.

(rire)

Maman : J’ai commencé la musique dans les années 90 avec une Américaine qui avait amené tout ce bagage grunge chez moi, en Lorraine. Je trouvais ça génial. Les Guns N’Roses sont trop surfaits pour moi.

J’ai l’impression que Nirvana s’était fait dépassé par leur succès. Est-ce que vous pensez que vous perdriez les pédales si le succès vous dépassait ?

Lino : Si on atteignait le même succès qu’eux, on deviendrait dingue.

Randa : Je pense qu’il faut remettre les choses dans leurs contextes. A l’époque, l’effervescence du rock indépendant et du rock grunge avait formé tout un mouvement récupéré par le mainstream. Aujourd’hui, ça ne nous arrivera pas parce que si on voulait que le succès nous rattrape, on ferait du rap. En ce qui concerne les succès à grande échelle, le rock est devenu démodé.

Maman : Pas en famille.

Randa : On restera dans une espèce de niche et ce n’est pas plus mal.

Maman : De toute façon, c’est chiant d’être connu.

Randa : Même si avoir son Tour Bus… C’est quand même la classe.

Bruxelles ou Liège ?

Maman : Bruxelles !

Lino : Bruxelles. J’ai toujours vécu là-bas. Même si Liège est très cool. J’ai toujours apprécié les moments où j’y étais.

Qu’aimez-vous le plus à Liège ?

Randa : Je trouve que les Liégeois sont les gens les plus méditerranéens de toute la Belgique. Il y a un vrai laisser-aller ici.

Maman : Je suis née à Dunkerque et Liège me rappelle vachement l’ambiance chez les Ch’tis. Les gens sont simples et hyper humains.

Randa : Rien qu’au marché de Noël liégeois, j’étais stupéfaite de voir à quel point les gens transpiraient la bonne humeur. A Bruxelles, ce n’est pas pareil. Les Liégeois sont plus accueillants. Cependant, mon cœur reste attaché à Bruxelles parce que c’est ma ville et que je l’adore.

Grande salle ou petite salle de concert ?

Lino : Petite !

Randa : On a déjà joué dans une douche, devant 10 personnes, et c’était un de nos meilleurs putain de concert. C’était génial.

Comment est-ce que c’était de jouer au Reflektor ?

Lino : J’avais bien aimé.

Randa : Je trouve que ce n’était pas un des meilleurs qu’on ait fait. On jouait avec Monolithe Noir ce soir-là. Cette soirée était organisée par Luik Records et on s’est retrouvé avec Monolithe Noir sur l’affiche, un artiste à l’opposé total de notre style de musique. A cause de cette énorme différence, il n’y avait pas beaucoup de gens.

Jouer en studio ou en live ?

Lino : Jouer en live.

Randa : Live.

Maman : Live.

Randa : Le studio c’est chouette mais ce n’est pas pareil. Les deux sont très chouettes.

Où naissent vos chansons ?

Randa : A la maison. Ta journée en studio peut te coûter 400 balles voir plus et c’est sûr qu’on n’est pas les Rolling Stones qui dormaient dans leurs studios, en fêtant et travaillant jour et nuit. C’était un vrai espace de création pour eux. Aujourd’hui, vu les prix, on a intérêt à avoir terminé le morceau avant de rentrer chez soi.

C’était une autre époque.

Randa : Ouais… L’âge d’or est loin derrière nous.

Maman : Mais faire du rock and roll est encore possible même avec très peu de choses. Notre studio est fait de briques et de broc, 10 mètres carrés d’instruments.

Randa : C’est rudimentaire.

Dormez-vous sur vos instruments ?

Lino : Exactement.

Randa : Maman oui. Elle se réveille le matin avec des amplis sur la face.

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DRAMA
Interview faite le 21/11/17
Photos ©Alexis Docquier – La Zone, Liège

Publié le 1 avril 2018

Bagarre Interview

LE CLUB

Bagarre sort du lot avec des textes à la fois simples, efficaces et surréalistes, ornementés d’une instru directe et frontale. DRAMA reçoit l’aide de Pauline Wathelet pour une interview centrée autour d’un des groupes français des plus extravertis !

Est-ce que vous pensez qu’une petite bagarre vaut mieux qu’un dialogue parfois ?

Le dialogue ? On ne connaît pas… En fait, plus sérieusement, il n’y a pas de petites bagarres. Nous, on passe notre temps à mener des bagarres avant tout contre nos blocages, ou ce qui nous coince dans nos vies. C’est ce qu’on essaye de faire aussi musicalement, en faisant s’entrechoquer différentes influences musicales très variées, en donnant la liberté de les faire dialoguer entre elles, les mélanger. C’est en zonant sur SoundCloud qu’on est aussi arrivé à composer comme cela, en allant chercher plein de musiques différentes. Aujourd’hui, il n’y a plus vraiment de frontières, on peut vraiment tout écouter. Internet est super inspirant pour nous, même central dans notre processus créatif où on va chercher des influences très variées et parfois assez underground, de la ghetto house à la funk. Avec le temps qu’on passe aussi devant des écrans et la façon dont on communique avec les gens, Internet a pris une place de fou dans nos vies, dans nos intimités, et ça donne aussi envie d’en parler dans nos chansons. Il y a un morceau dans notre album CLUB 12345 qui s’appelle « La Vie C Nul » et qui parle d’un mec qui reste devant son ordi et tombe amoureux d’une X CAM par exemple. C’est aussi un lieu assez libre où la parole se libère ou se lâche, où il y a autant de dialogues improbables que de clashs à la con…

Le look semble important dans vos clips. Suivez-vous une mode ou un styliste en particulier ?

Ouais être bien sapé, avec nos chaînes, nos survets, c’est important pour nous. Déjà parce que c’est grave cool et aussi parce que dans Bagarre, on devient autre chose que ce qu’on est. On s’invente tous les cinq : c’est pour ça qu’on a créé ce lieu qu’est le CLUB 12345, où l’on projette toutes nos envies, nos fantasmes et nos pseudos. Tout ça nous permet d’être réellement nos personnages, de dire certaines choses qu’on n’oserait pas dire, de faire des choses qu’on n’oserait pas faire.

Quel est l’album français qui vous a le plus marqué l’esprit ?

Notre playlist sur Youtube ! On écoute plus vraiment d’album en entier. La musique qu’on fait est vraiment composite… Comme la façon dont ton écoute la musique, track par track, avec plein de trucs différents.

La chanson « Béton Armé » fait référence aux attentats du Bataclan et à l’état d’urgence que vit la France depuis ?

Clairement. Il y a eu après les années 2015 et 2016, une envie de faire retour sur ce qu’on avait vécu. C’est vrai que les attentats du 13 novembre ont vraiment eu lieu là où on habite, dans notre quartier, là où on passe tous les jours. On avait envie, besoin de parler de ce qui s’était passé, des attentats de janvier 2015, puis de novembre, puis de Nice… Quand on a commencé à écrire l’album à l’été 2016, on a beaucoup parlé de ces événements, alors on a voulu l’évoquer dans nos chansons, et être capable d’en dire quelque chose. On a essayé de se saisir de ce moment où tout est un flou dans ta tête, ou bien trop dense. Ce moment où les images et les mots s’enchaînent et tu comprends pas vraiment ce qu’il se passe, ou ce qu’il va se passer. C’est un peu cet état là qu’évoque « Béton Armé », tout en étant toujours tourné vers la danse, comme une réponse première à la noirceur.

Comment définiriez la ville de Paris ? Elle a une place assez particulière dans vos chansons. Paris danse entre mélancolie et fête pour vous ?

Paris est une inspiration permanente, par sa brutalité, la solitude qu’elle implique, son mouvement. C’était le thème de « Ris Pas » sur notre EP Musique De Club. Mais Paris nous inspire surtout l’inverse. La ville pousse aussi les gens les uns sur les autres au bon sens du terme, et le club, que ce soit un appartement avec des potes, un bar bondé, un hangar à Bobigny ou une vrai boîte, c’est toi qui le crée, c’est où tu veux. C’est une réponse à la semaine comme la nuit libre est une réponse à la journée. C’est le moment où tu te sens libre d’être plus toi, de casser des barrières. Le Club est un lieu de contact, où se crée vraiment des liens, dans la nuit, dans les basses. Où l’on va pour des raisons qui sont à la fois les mêmes et différentes pour tout le monde. C’est là où tu vas vivre plus fort. Et nous, en tant que groupe c’est vrai que depuis quelques années on a pu grâce à des collectifs comme nos potes Fils de Vénus (ou plein d’autres) voir la nuit changer : on voit des groupes lives à 2h du mat’, c’est moins cher. La nuit est vachement plus diverse et ouverte qu’avant et c’est trop bien !

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DRAMA et Pauline Wathelet
Interview faite le 13/02/18

Publié le 18 mars 2018

Albert Hammond Jr. – Francis Trouble

ACCROCHEUR AS FUCK

Albert Hammond Jr. m’a complétement surpris.

Francis Trouble, son quatrième album, explore un thème extrêmement personnel: la mort-né de son frère jumeau nommé Francis. L’opus s’inspire de l’impact de cet évènement lié à la vie du guitariste américain. Il symbolise également un hommage à ce membre de la famille qu’il n’a malheureusement pas connu.

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Publié le 13 mars 2018