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Love Death + Robots : intenses essais

Volume 3

Toujours plus gore, toujours moins subtile, la saison 3 de Love Death + Robots apparaît telle une surprise convoitée ! Comme si nous attendions le buffet le plus rare sur la table. Comme si nous attendions l’orgasme le plus glauque de l’époque. La série anthologique déçoit lors de son second volet, trop gentillet, peu couillu. Heureusement, le nouveau chapitre s’ouvre sur des thématiques vicieuses, glaçantes et pertinentes. 9 courts métrages sont au rendez-vous. Pour nos yeux : stop motion, 2D de toute beauté, hyperréalisme, etc. Ce retour en force se note surtout grâce à 3 perles cinématographiques. 

La nuit des petits morts symbolise l’irrévérence de la série. En quelques minutes, nous comprenons comment une petite catastrophe provoque une grande apocalypse. La période covid prouve à quel point l’humanité est mortelle, voire trop fragile, face aux aléas de la vie. Les zombies sont le reflet des Hommes incapables de se détacher de leurs maladies. Ils ont beau fuir, la réalité ne donne pas assez de temps pour comprendre la brutalité des microbes, métastases ou blessures.
L’épisode illustre l’anarchie. Elle naît d’une partie de jambes en l’air dans un cimetière. Va savoir si des tsunamis s’abattront sur nos terres, après une baise entre Johnny Depp et Amber Heard…

David Fincher décide lui-aussi de prendre la caméra ! Le réalisateur de Fight Club signe Mauvais voyage. Ou comment profiter d’un nouveau terreau créatif sans de contraintes artistiques. Netflix propose au cinéaste de filmer un récit à suspens. A bas la morale ! Ciao l’amicalité et l’empathie ! Les spectateurs contemplent un navire miteux, où un capitaine commande sans scrupule. A bord, il désire vivre en paix avec un monstre, quitte à sacrifier son équipage.

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Fincher démontre à nouveau sa simplicité à imager les travers humains. Que sommes-nous prêts à manigancer pour la survie ? David est un psychopathe. Il est même bien plus encore, à savoir un chirurgien de l’image. Derrière la porte se cache le danger. Une arme à la ceinture menace tout un chacun. Ce crustacé respire le sang. Le thriller de David Fincher est réussi. S’il s’entoure encore de talentueux scénaristes, aucun souci n’est à se faire pour son prochain film nommé The Killer.

Le fond des 2 épisodes cités est incroyable. Un focus s’impose sur la forme de Jibaro. Il s’agit ni plus, ni moins, des meilleures séquences du projet Netflix. Pourquoi ? L’intensité règne à chaque minute. Insistons. Alberto Mielgo réalise la meilleure expérience visuelle de la série. Les couleurs psychédéliques explosent à la rétine. Quant au travail sonore, il nous immerge dans la peau d’un sourd persécuté par une sorte de sirène sud-américaine. Mater les diverses situations est à la fois très torturant et trop fascinant.
Puis,
Jibaro exploite un thème à merveille. La luxure devient un enjeu primordial. L’or devient la quête première. Mais l’hémoglobine s’éjecte de tous les pores quand on s’y approche. Je ne désire pas divulgâcher le scénario de cette folie animée. Les 17 minutes de Mielgo marquent l’esprit. Chaque plan semble improvisé par un trop plein d’idées délirantes.

Même si certains épisodes métaphysiques demeurent incompréhensibles, LD+R rassure après un second volume point convaincant. Espérons des suites déjà programmées pour laisser carte blanche aux auteurs à l’imaginaire richissime !

DRAMA
Illustrations ©Love Death + Robots

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