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Le minimalisme islandais de Lamb

Au mois de décembre, nous avions parlé de la perte d’hégémonie d’Hollywood au profit d’un cinéma plus internationalisé. Cette tendance se confirme-t-elle ? Trop tôt pour le dire. Mais quoi de mieux pour lui donner confiance qu’un film étrange, d’un pays inattendu dans les salles, sorti à l’aube de cette nouvelle année ?
L’Islande est un pays peu peuplé, culturellement isolé, avec une tradition cinématographique très artisanale. Peu de films islandais se sont démarqués à l’internationale. Mais cette année, un d’entre eux transcende les frontières comme rarement : Lamb.

L’œuvre fantastique sort l’été dernier à Cannes, puis en Belgique ce 4 janvier. Réalisé par Vladimar Johansson, le film est co-écrit par Sjon, artiste islandais connu notamment pour ses travaux en tant que parolier pour de nombreuses chansons de Björk.

Ingvar et Maria forment un couple sans enfants, vivant dans les montagnes, loin de tout autre foyer. Ils sont éleveurs de moutons et leur vie est heureuse.
Soudain, une de leurs brebis enfante d’une créature bizarre. Mi-humaine mi-mouton, celle-ci vivra tiraillée : qui est sa véritable mère ?

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Si le concept de l’enfant-monstre, fardeau comme objet d’amour, fait écho à d’autres récits, le cadre proposé par Lamb est rare. Les montagnes d’Islande, froides, vides, monotones et magnifiques, donnent un terrain parfait pour nous faire rentrer dans une ambiance glauque et étrange. Des films comme Midsommar avaient déjà compris l’intérêt horrifique des plaines nordiques inhabitées, en prenant place dans les prairies suédoises, baignées du Soleil de minuit.

Si le cadre de Lamb sert son ambiance, son intrigue n’y est pas pour rien. Le film est minimaliste à l’extrême, les dialogues sont rares, le temps, ralenti. Les points d’intrigue sont si parcimonieux que chacun semble avoir une importance démesurée. Ils prennent de la profondeur dans de grands moments non pas vides, mais distendus comme une pâte à pain très levée.

Rien de trop.

Le long métrage applique le proverbe à la lettre. Inutile de rajouter des personnages, des lieux où évènements qui ne servent en rien l’intrigue. On se retrouve avec un récit simple, mais pur. Il va droit au but, à travers une route calme et agréable. Lamb est une étrange découverte. Cette expérience témoigne d’une autre manière de concevoir des films. Si le cinéma islandais ressemble à cela, Lamb est un excellent prétexte pour y accorder un intérêt certain.

Raturix

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