Musique

Mac DeMarco – This Old Dog

Ecrire la critique du dernier album de Mac DeMarco, c’est comme entamer une substance qui enjaillerait n’importe qui. This Old Dog est le quatrième album de ce multi-instrumentaliste canadien. Certains le trouvent déjanté et d’autres le qualifient de génie. Je pense que Mac est ce qui pouvait arriver de mieux dans le paysage du rock indépendant. Son humour fait partie intégrante de ses productions, mais son talent se résume surtout à composer des chansons entraînantes, qui n’ont rien d’un casse-tête et dont les mélodies sont faciles à retenir. Lors d’une interview pour Télérama, Mac avouait qu’il aimait quand les chansons étaient courtes, en gamme majeure, douces et suaves: la « simplicité » correspond à son ingrédient préféré pour de bons morceaux.

Un thème récurrent entoure énormément l’ambiance de This Old Dog: l’Amour. Qu’il soit torturé ou sublimé, ce sujet a été traité maintes et maintes fois chez plusieurs artistes. Et pourtant, c’est peut-être ce qui humanise et nous rapproche le plus de nos idoles.

Cet album détient aussi la propriété de ralentir entièrement tout ce qui se passe autour de nous. Relaxant et planant à souhait, cet opus délivre une prestation musicale qui n’a rien de sauvage.
Le titre qui symbolise le plus cet aspect est sûrement « This Old Dog ». Guitare sèche, batterie aux battements atténués et guitare électrique aux sons de cordes aspirées, cette chanson semble nous transporter dans une zone de confort.
Véritable opium auditif, les paroles ne sont pas inintéressantes:

This old dog ain’t about to forget

All we’ve had

And all that’s next

‘Long as my heart’s beating in my chest

This old dog ain’t about to forget

Déclarant sa flamme à sa bien-aimée, ce chanteur n’a nul besoin de se marier pour lui faire comprendre qu’il ressent un amour éternel à son égard. En se comparant à « un vieux chien », qui équivaut à notre « vieux singe à qui on n’apprend pas à faire de vieilles grimaces », le côté « pitre » de Mac s’efface pour nous prouver qu’il peut être à la fois mature et romantique.

« One Another », elle, symbolise une ode à tous les mecs qui se sont fait larguer. « Une de perdue, dix de retrouvée », ainsi pourrait se synthétiser les paroles optimistes de cette chanson très allègre. Encore une fois, l’artiste prélève un simple fait universel qui parlera à un grand nombre d’auditeur. Cette teinte de réalisme a toujours collé à la peau de Mac, faisant de ses chansons des ballades où ses lyriques sont très profondes.

Le morceau que je retiens le plus se nomme « Moonlight on the River ». Cette piste se détache énormément de ce qu’on a l’habitude d’entendre de la part de Mac, vu qu’elle dure 7 minutes. 7 minutes où la guitare électrique est mise en exergue pour exploser dans des échos interminables, où l’on ne peut qu’aimer ce voyage particulier. En d’autres mots, 7 minutes où le talent du guitariste m’a émerveille, me donnant encore plus envie de suivre les prochains projets de cet artiste!

This Old Dog marque le retour de Mac DeMarco, un musicien dont on retiendra son jeu à la guitare, aux frontières des accords bossa-nova et jazzy.

Ne ratez pas ses concerts loufoques, où il n’a pas peur de cramer les poils de son corps ou de finir en caleçon.

brunoaleas

Publié le 28 juin 2017

Sean Lennon – Friendly Fire

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LE MEILLEUR FILS DES BEATLES

Les étudiants en blocus, Macron président, Chris Cornell décédé, Kasabian et ses nouveaux tubes décevants, ma chambre synonyme de four depuis un certain temps… Quelle époque!
Vos oreilles ont besoin de repos et Friendly Fire (2006) de Sean Lennon est adéquat à cela.

La première fois que j’ai entendu Sean Lennon, c’était dans l’émission musicale menée par Naguy et nommée Taratata. Seul, assis sur une chaise et muni de sa guitare sèche entre les mains, une fois « Dead Meat » entamé, une aura magnifique émanait sur le plateau. Cette sensation de fascination était mienne: le type en imposait et il n’avait pas besoin d’une armada de musiciens, à l’opposé d’un Arcade Fire sur scène.

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Publié le 31 mai 2017

Foster The People – III

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3,14/3

Une peur règne toujours lorsqu’on prie pour qu’un groupe qu’on aime ne change pas du tout au tout. Heureusement, Foster The People, avec deux albums à son actif, réussit toujours à me séduire. Créateur de chansons les unes plus dansantes que les autres, (comment oublier « Pumped Up Kicks » ?) ce quatuor me rend encore et encore curieux en ce qui concerne leurs futurs productions.

Cet EP, III, rassemble seulement trois morceaux, ce qui m’a laissé sur ma faim certes, mais dont je n’arrête pas d’écouter en boucle ces derniers temps.

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Publié le 25 mai 2017

Insecte – Deux

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Il va falloir s’y faire, chanter en français c’est cool !

Il s’agit juste de moderniser un peu cette si belle langue qui est la nôtre car chanter en français, ce n’est pas juste tout ce qui rapporte aux styles de Cloclo et d’Alain Souchon.
À l’heure actuelle, quelques bons groupes s’imposent petit à petit en chantant en français, pour le bonheur de la population francophilo-mélomane mondiale.

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Publié le 22 mai 2017

Roméo Elvis – Morale 2

Les rappeurs belges sont à la mode en ce moment. Damso avait largement ouvert la voix en 2016 avec l’énorme succès de son premier album, Batterie faible. Un an plus tard il est de retour avec un deuxième album, Ipséité, qui fait déjà bien parler de lui. Sauf que cette année, d’autres de nos voisins du Plat Pays sont bien décidés à frapper fort en montrant bien plus que le bout de leur nez dans le paysage du rap francophone. On peut penser à Caballero et JeanJass qui ont sorti, en mai, leur album Double Hélice 2.
Mais c’est à Roméo Elvis, et au duo qu’ils forment avec Le Motel, à qui on va s’intéresser, car le fruit de leur collaboration nous a offert un bien beau projet qu’est Morale 2.

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Publié le 14 mai 2017

Nick Murphy – Missing Link

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OK I WAS DAZZLED

Je n’étais pas prêt. Cheveux ébouriffés, mâchoire bloquée et bras en l’air, tel était mon aspect lors de ma première écoute de Missing Link, l’album de Chet Faker, sous son nouveau nom de scène: Nick Murphy.

Dès la fin de l’année 2016, Nick Murphy débute sa lancée et balance deux morceaux, « Stop Me » et « Fear Less ».

Parfois, plusieurs groupes décident de changer de nom dans un but marketing.
En ce qui concerne cet artiste, le succès ne lui est pas inconnu, il n’a nul besoin de changer de « blase » pour y accéder. Il a collaboré avec grand nombre d’artistes célèbres comme Flume ou encore Bonobo plus récemment.

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Publié le 11 mai 2017

Vald – Agartha

Vous aimez la logique? Vous n’aimez que les rappeurs qui s’expriment de manière sérieuse et sensée? Si la réponse est oui, vous allez avoir du mal à suivre le véritable délire que représente l’album Agartha de Vald.

Le petit Valentin nous a habitué à sortir de l’ordinaire, à se démarquer de différentes manières. Que ce soit dans la provocation sexuelle (allez voir le clip numéro 3 de « Selfie », vous m’en direz des nouvelles) ou encore dans le décalage complet (« Bonjour »), Vald a toujours été un artiste avec un univers très particulier. Il est inclassable. Il peut faire tout un son dans lequel il va kicker le monde du rap et un autre où il paraît romantique (à sa manière). Continuer la lecture

Publié le 20 avril 2017

Du Rock à Liège! Part 1 / Hungry Hollows

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Liège n’est pas la plus belle ville d’Europe. Liège est remplie de « barakis ». Liège est rarement synonyme de « convivialité ». Et pourtant, j’aime cette ville!
On peut lui attribuer tous les défauts qu’on veut, il y a bien pire que la Cité Ardente.
Je l’aime, d’autant plus que depuis un certain temps, il s’y respire un air rock’n’roll!

Le groupe Hungry Hollows a longtemps été comparé à Queen of Stone Age pour son style musical. Il est vrai que le stoner des deux groupes se ressemblent mais à qui la faute? C’est difficile en ces temps de ne pas étiqueter tout et n’importe quoi.

Si je devais interpréter leur nom de scène, j’expliquerais que les membres incarnent des fantômes ayant faim de prestations scéniques. Ils sont à l’image de leur animaux empaillés qu’ils mettent près d’eux, lors de leurs concerts: il suffit de les poser ensemble à un endroit, munis de leurs instruments, pour que toute l’attention soit portée sur eux grâce aux talents qu’ils dégagent.
Si vous voulez en savoir plus pour ce qui est de l’origine « des animaux empaillés », n’hésitez pas à jeter un œil sur l’interview que jcclm a pu avoir avec eux.

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Publié le 17 avril 2017

Shigeo Sekito – Volume II

Cet article décrit l’un des plus grand mystère du Jazz nippon. Il s’agit de Shigeo Sekito, un joueur d’électron ayant sorti une série de 4 volumes de Latin Jazz totalement énigmatiques et passionnants dans le milieu des années 70.
Pourquoi mystérieux ? Parce qu’il est totalement impossible de trouver quelconque information biographique sur Sekito, sa ville ou sa date de naissance ou encore son âge… Certains forums de furieux de cette musique cherchent même à savoir s’il est encore vivant, entre deux liens de torrent.

Son instrument aussi est étrange, l’électron, mélangeant les sonorités d’un thérémine et d’ondes Martenot, sous forme d’un clavier.

J’ai décidé de vous parler de son opus nommé Volume II car c’est celui que j’ai écouté en premier. Je fus directement halluciné par ces sonorités bizarroïdes et cette coolitude qui nous fait sentir comme dans un ascenseur interminable, nous menant au ciel. Les premières pistes nous mettent directement bien, confortablement posé sur un petit nuage, jusqu’à la 4ème et la 6ème piste où la mélodie semble familière ! Oui on connaît ces airs, mais d’où viennent-ils déjà ?! Ce n’est pas dur à trouver, je vous laisserai donc deviner. En tout cas, on comprend vite par la suite, que Sekito est un adepte de la reprise, procédé qu’il maitrise à la perfection tant il arrive à mettre son cachet sur ces chansons qu’on connaît tous. Mais le gros choc était encore à venir…

La 7ème piste intitulée « ザ・ワード1 », ou plutôt « The World I », commence de manière endiablée, et je me sens replongé dans mes heures les plus sombres de galère sur Sonic Advance sur GameBoy, à cette époque où je passais des heures à essayer de battre le méchant Eggman avec Tails ou Knuckles (#nostalgie).
Et je n’ai même pas le temps de m’en remettre que commence « The World II »… Et là, je me dis merde… Je connais aussi cette mélodie, mais elle n’est pas plus vieille que cet album, au contraire, elle a été reprise par quelqu’un que je connais très bien… Une petite vérification s’impose: c’est la mélodie de « Chambers of Reflection » du grand Mac DeMarco ! En effet le Canadien nous cachait des choses (Mac avait repris ce morceau pour son album
Salad Days) ! Cette découverte a rendu les deux artistes encore plus géniaux à mes yeux. Surtout que les deux chansons, alors qu’elles sont très différentes, véhiculent exactement la même émotion !

La fin de l’album nous remet sur notre nuage, avec ces sonorités mêlant ambiance Nintendo et Latin Jazz encore et encore. L’avant dernière piste, « Blue Star », est parfaite pour une fin de journée ensoleillée. Elle fait du bien par où elle passe, alors que la dernière piste « Lost Horizon Share The Joy », plus énigmatique, semble nous lancer vers le Volume III des œuvres de cet étrange bonhomme qu’est Shigeo Sekito !

Les 4 volumes, appelé aussi Special Sound Series, sont conceptuels.
Leurs artworks sont juste magnifiques et me donnent envie de les rechercher en vinyles juste pour ça ! Mais bon… 100€/pièce le vinyle sur Discogs… Ils doivent être très rares, et je le comprends !

Lev.

Publié le 13 avril 2017