Tous les articles par Drama

Next.Ape Interview

Défendant leur EP éponyme, Next.Ape passe à Liège pour un concert au Reflektor. Le jeune groupe s’adonne au jazz rock. Abordons leur univers aux mélodies captivantes. Une interview s’impose avec le batteur Antoine Pierre. Il répond aux questions de DRAMA, accompagné à l’improviste d’Yves Tassin, rédacteur en chef de JazzMania.

Générique Clément Trouveroy – Photo ©Dominique Houcmant Goldo

Publié le 24 mars 2019

Pourquoi Flume demeure une icône de l’electro ?

Sur ce site, on en parle sans en parler! Flume a toujours été le grand manitou de l’électronique. Après avoir défini ses héritiers (en trois parties), il est temps de rétablir une vérité. On ne peut nier l’apport d’un artiste aux mille et une surprises.

Flume-Live©Unity Travel

Une influence

Originaire de Sydney, la musique de Flume ne se limite pas à conquérir le territoire australien. Producteur et DJ, il obtient un Grammy Award en 2017, dans la catégorie « Best Dance/Electronic Album », lors de la sortie de son deuxième opus (Skin). A quoi s’ajoutent en 2016, les prix du ARIA (Australian Recording Industry Association Music Awards) du meilleur producteur et ingé son ! Rappelons que Flume n’a que 27 ans ! Le talent ne se mesure pas aux prix gagnés lors de telles cérémonies. Néanmoins, ils demeurent des preuves irréfutables faisant de ce DJ une icône de l’electro. Pendant que certains pensent qu’il n’a rien apporté de nouveau, d’autres certifient qu’il amène des sonorités inédites… Qu’il est le fer de lance d’une nouvelle génération de musiciens, comme Petit Biscuit, Fakear ou encore Møme.

Une mise en avant

Les artistes électros collaborent souvent avec une multitude de personnes venant de tout horizon. Flume ne cesse de s’allier à des personnalités tout aussi connues qu’inconnues. Amenant découvertes et émerveillements. Que ce soit la voix angélique d’Anna Lunoe, la magie de Chet Faker, la précision de Beck ou la délicatesse de George Maple, les featurings de l’Australien valent de l’or. Pour sa dernière mixtape, il fait également appel à un rappeur en pleine percée: JPEGMAFIA. Ecouter Flume équivaut à atterrir vers d’autres paysages musicaux.

Une originalité

Une fois les clips du second album dévoilés, une certitude était sur mes lèvres: Flume séduit aussi via l’image. L’esthétique liée à son univers s’apparente notamment à de nombreuses couleurs mêlées à la nature. Fleurs, déserts, lacs, tout y est sublimé par ses compositions. Hi This Is Flume démontre l’originalité du jeunot: un clip de 42 minutes à l’image d’une aventure surnaturelle. En plus de synthétiser le meilleur du DJ (grésillements, voix féminines modifiées, morceaux planants), cette mixtape envoûte grâce à une réalisation hors-pair.

Drama

Publié le 23 mars 2019

Lunatic Interview

SE RAPPROCHER LE PLUS POSSIBLE DE LA NATURE

Elle expose ses œuvres au Cupper Café, à Liège. Elle anime des soirées DJ. Elle dépeint un univers psychédélique et coloré. Elle se nomme Lunatic. Un entretien s’impose afin de comprendre les tréfonds de l’art abstrait !

Comment est né Lunatic ?

J’étais à Liège 1 de ma première à ma troisième. En quatrième, il m’ont dit: “Vas te faire foutre”. En gros, soit je doublais encore une fois, soit j’allais en qualif. Du coup, je suis allée à Saint Luc. Je voulais aller en photo mais il n’y avait plus de place. Je me suis alors inscrite en infographie, sans vraiment savoir ce que c’était, en attendant qu’il y ait une place qui se libère en photo. Au final, j’ai beaucoup aimé l’infographie. On a appris à gérer les logiciels Illustrator Design et Photoshop, des trucs assez basiques, pas très artistiques. En deuxième, on a eu un stagiaire qui venait de Saint Luc supérieure. Il parlait de choses un peu plus abstraites. Notamment du Bam Festival. C’est un festival à la caserne Fonck se déroulant une fois par an et mettant en avant l’art numérique. Il m’a montré quelques techniques dans Photoshop, pour être plus artistique, plus abstrait. J’ai commencé à faire plusieurs fonds d’affiches. Puis, en première supérieure, à Saint Luc supérieure, j’ai commencé à en faire de plus en plus et à ajouter des logiciels et plein de fonctions différentes. J’ai ensuite créé une page pour partager.
On est plein d’élèves à avoir les mêmes outils dans les mains mais chacun aura des réglages différents. Tout dépend de ce que l’on veut. J’adore les astuces qu’use un graphiste lié à Tame Impala. Il a fait beaucoup de pochettes d’album et également des clips. Il a toujours des univers hyper colorés. Ce qu’il poste sur Instagram ou sur Facebook, c’est un peu dans le même genre: des couleurs assez saturées, beaucoup de mouvements, tout en restant hyper abstrait.

Quels sont tes outils ?

Mon outil principal était Photoshop. En ce qui concerne le dessin, je suis vraiment nulle, ça me saoule. Je ne suis pas assez patiente pour ça. J’aime Photoshop et dupliquer plein de calques, les saturer et voir ce que ça donne. Dès que je commence, je n’ai pas une idée de ce que ça va donner. Je teste et quand ça rend bien, je l’enregistre et je le garde de côté. Là, ça fait un an que mes outils commencent à se multiplier. J’utilise du glitch avec de nombreuses applications sur ordi ou iPad. C’est ce qui provoque des bugs comme des séparations de couleurs. Récemment, j’ai acheté l’iPad Pro. Il est muni d’un stylet et tu peux dessiner tout ce que tu veux. C’est assez pratique parce que les tablettes graphiques externes, c’est 1200€ pour l’A4. L’iPad coûte 600€. Je l’utilise tous les jours et il me permet des modifications plus précises comparé à Photoshop. Ces outils me servent à obtenir une meilleure ligne conductrice et à savoir ce que je veux.

Il y a quand même une part de hasard liée aux logiciels. Tu as une idée en tête mais tu ne prévois pas où va tomber le trait.

C’est ça. Le premier album que j’ai créé s’appelait Kaléidoscope. D’ailleurs, le nom que je donne souvent à la photo c’est celle de l’image de base. Par exemple, pour Fruit, c’était une photo de fruit un peu nulle, trouvée sur Google Images. Junk était une photo d’ordure. Ou Arc-en-ciel, c’est celui que j’ai vu sur ma manche. Après ça, l’arc-en-ciel ne ressemble plus à sa forme initiale.

Maintenant, tu fonctionnes autrement. Tes idées sont plus claires à visualiser.

Oui. Avant ce n’était pas le cas.

Es-tu autodidacte ?

Oui. Parfois, je créé des photos une fois par jour, mais il y a des mois où je n’en fais pas du tout. Ça dépend du temps. Avant d’avoir l’iPad Pro, je commençais un peu à m’ennuyer, à faire tout le temps la même chose, alors j’ai attendu que l’inspiration vienne à moi. Là, je varie pas mal. Pour mon expo, j’avais essayé de me mettre à la peinture. C’est une technique qui consiste à prendre un gobelet, y mélanger des couleurs et les renverser sur une toile. C’était chouette. Via la peinture, j’obtenais un effet similaire au digital. L’expo permettait d’alterner entre le digital et la peinture.

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Pense-tu reproduire ça plus tard ?

J‘en fais de temps en temps. C’est cool à faire. Même s’il faut de la patience.

Envisages-tu d’exposer à l’étranger ?

Avec les cours, le taff, c’est compliqué d’organiser ça. Mais ça me plairai, c’est sûr.

Est-ce qu’on t’as déjà proposé des collaborations ? D’autres artistes sont venus vers toi ?

A Saint Luc supérieure, la plupart de mon entourage fait de l’art. La peinture, on l’a fait à deux avec d’autres compositions. Aucun artiste étranger n’est venu à moi. Il y a plusieurs comptes Instagram que j’adore. Il y a une fille qui se fait appeler Mala Vida. Sa technique est d’user de techniques proches de la peinture puis, de les scanner et de les retravailler à fond sur l’ordinateur. Ça fait des effets très stylés. Ca serait cool de travailler avec elle mais je ne sais pas si ça pourrait être possible.

Tu as peut-être déjà répondu à cette question… Mais allez posons la.
Qu’est ce qui est le plus séduisant dans le type d’art que tu pratiques ?

Au lieu de faire un truc totalement abstrait, j’efface un peu certains éléments. Prenons l’exemple de la photo de bus modifiée par mes soins. Au départ, c’est une photo de bus que j’ai transformé à mort. Puis, j’ai effacé toute modifications à certains endroits.

J’ai essayé de retrouver cette photo parce qu’elle ma marquée.

Ca m’intéressait de rendre la chose un peu abstraite, tout en utilisant la technique d’une espèce de pluie. Prendre les pixels et faire tomber les gouttes grâce à l’iPad. C’est cool parce que y a du glitch, de la couleur et un peu d’abstrait mais aussi un univers et une ambiance.

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Cela ne tente pas d’interpréter l’imagination de quelqu’un ?
On croirait que c’est une illusion, une vision de l’avenir…

J’y ai jamais pensé mais c’est intéressant. Je fais des rêves très très bizarres. Je racontais mes rêves à un pote et on se disait que ce serait drôle de l’illustrer en BD.

Cette question est longue. Prépare-toi mentalement. Dominik Lange modifie totalement l’environnement qu’il prend en photo. Il a déclaré en interview qu’il ne peut pas révolutionner le monde dans lequel il vit. C’est pourquoi, il le transforme symboliquement dans ses films. Est-ce que tu penses pareillement par rapport à tes œuvres ? Souhaites-tu bouleverser les sens et les esprits ? Veux-tu provoquer des émotions chez le spectateur ?

Dans ce qu’il exprime, il y a une démarche artistique, ce que je n’ai pas encore. Ce qu’on peut me reprocher, même si cela semble inconscient de ma part. Je fais juste du visuel. Oui, je veux que ça touche ceux qui voient mes œuvres. Il me plaît de voir ceux qui se perdent dans le visuel. Ceux qui y le fixent assez longtemps et qui y voient différentes choses. J’aime quand on me parle de formes différentes et distinguées. J’ai juste envie que cela provoque quelque chose, que ce soit chaleureux. J’utilise très rarement des couleurs froides ou du noir et blanc.

L’interactivité avec les spectateurs pourraient fonctionner pour tes expos.

Oui, j’allais y venir. Pour ce soir, j’aide un DJ à La Zone, grâce à un logiciel qui permet à une boule de réagir selon le son qui passe. Ca déclenche une activité interactive avec le son. Mon but  serait de brancher une Kinect et d’obtenir différents effets selon nos mouvements. Ça peut aller loin, et c’est pour ça que je suis à fond là-dedans. Installer des attractions interactives, plutôt que des posters.

As-tu un prochain projet sur le feu ? D’autres idées ?

L’interactivité. A Saint Luc, chaque fin d’année, il y a un jury. Pour ma première et deuxième, le sujet était de “visualiser le son”. L’objectif était de savoir ce que les vibrations sonores peuvent créer comme visuel. Il n’y a qu’à penser à l’expérience d’Ernst Chladni. Tu poses une plaque de métal sur une haut-parleur et il fera vibrer la plaque de métal. Tu mets du sable dessus et les vibrations vont faire des patterns de dingue.

Comme pour « High Ball Stepper » de Jack White.

Oui, exactement.

Encore une fois, c’est l’aléatoire qui joue.

Il intervient beaucoup moins. Selon la fréquence, les patterns diffèrent. C’est fou ! A ma deuxième année, j’ai utilisé un haut-parleur qui faisait vibrer un ballon où se trouvait un miroir. Un laser s’était projeté sur le miroir et était dévié sur le mur

Les Totally Spies !

Oui ! Des ronds parfaits apparaissaient sur certaines fréquences.

Utilises-tu de la gelée ou des liquides ?

On a fait ça avec de la maïzena, c’était drôle. Vu que mon copain a fait des formations d’ingénieur du son, il m’apporte tout le côté technique des sonorités. On applique un mix entre le son et le visuel. On vise à se rapprocher le plus possible de ce que nous montre la nature.

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DRAMA
Interview réalisée le 02/09/18, à Liège / Illustrations ©Lunatic

Publié le 15 mars 2019

Dilly Dally à La Zone

J’avance en ayant les narines complètement gelées. Comme à mon habitude j’arrive beaucoup trop tôt au concert. Une chose me pousse à me pointer à l’avance. Un groupe mythico-mythique est au rendez-vous : DILLY DALLY. Via un deuxième opus, Heaven (2018), faisant vibrer les cendres du grunge, ces Canadiens débarquent à Liège pour enflammer la scène punk de La Zone.

Nous sommes gentils déclare le chanteur de King Fu avant de péter une corde de sa guitare. Quant à Chastity, le chanteur présente ses excuses à cause d’une voix endommagée et malade. Malgré quelques pépins, ces deux groupes annoncent du très lourd. Cependant, DILLY DALLY joue dans une autre cour.

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©Alexis Docquier

Une fois sur scène, Katie Monks (chanteuse/guitariste) impose immédiatement son charisme. Cheveux blancs et tenue noire, elle brille de par un chant furieux. Claires sont les mélodies, précis est le vocero. Après avoir ôter sa noirceur vestimentaire, Monks dévoile un habit blanchâtre. A l’image de la statuette torturée et collée sur Heaven, elle apparaît comme un ange démoniaque. Un chérubin qui maîtrise un vocal impressionnant, agressif et inoubliable.

Dès les premières chansons, un spectateur souhaite embrasser Monks. L’incompréhension au visage de la Canadienne, un what se lit sur ses lèvres. Passé ce délire, le show continue et la foule embrasse les sonorités distordues de la bande.

La soirée se termine avec la satisfaction d’avoir vu un groupe qui aurait percé à l’époque de Kurt Cobain. Un DILLY DALLY qui renoue avec un genre qui m’a toujours parlé. Un style à la fois brut et efficace.

brunoaleas – Photo bannière ©Fanny Pluymers – La Zone

Publié le 24 février 2019

La Mule

Réalisateur et acteur de renommée, Clint Eastwood revient avec un film (peut-être son dernier): La Mule. Il y incarne Earl Stone, un vétéran de la Guerre de Corée (1950-1953) et ancien horticulteur, âgé de 90 ans. En manque d’argent et d’occupation, ce dernier décide de mener des livraisons pour un cartel. Son but: parcourir les routes pour livrer la drogue à bon port. Recherché par la DEA, Stone, surnommé Tata, devra suivre les obligations de la pègre malgré ses problèmes personnels.
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Publié le 9 février 2019

Au Poste!

CRITIQUE SOUS FORME D’UN CADAVRE EXQUIS

C’est l’histoire d’un moustachu paumé en face d’un commissaire avec un trou dans la panse. Nous sommes au cœur d’un commissariat de police français. Cependant le récit nous emporte, l’air de rien, dans moult endroits divers tels que des parkings abandonnés et des plages ensoleillées. Il est question d’un interrogatoire où le suspect n’est pas doué pour la mémoire, et c’est donc un grand voyage dans le cerveau humain, je crois.

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Publié le 27 janvier 2019