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Måneskin n’est qu’un effet de mode ?

Måneskin rayonne jours et nuits. Ces Italiens commencent doucement mais sûrement.
En 2017, ils terminent en seconde place du podium de X Factor, en Italie. Puis, s’annonce une excellente nouvelle : les voici triple disque de platine, à la sortie de leur premier album.
Dès 2021, le quatuor enchaîne de mémorables réussites. Il gagne le Grand Prix au 71e Festival de Sanremo, véritable institution de la chanson italienne.
Il remporte ensuite la 65e édition de l’Eurovision !

La bande fait grand succès à la vitesse du son. Pour les mélomanes habitués aux sonorités du rock italien, Måneskin n’apporte point une plus-value extrême sur la scène. Leurs riffs et mélodies ont de quoi accrocher. Mais Le Vibrazioni ou les projets de Piero Pelù attirent bien plus mon attention en termes de compositions brutes et efficaces. Heureusement, une évidence est de mise. Le chant de Damiano David apparaît comme la plus grande force de Måneskin. Je veux savoir jusqu’où sa voix caverneuse peut surprendre nos oreilles !

Quant à son attitude, le groupe reflète une image maîtrisée. Le côté androgyne des musiciens, leurs performances extraverties, le goût de la provocation érotique…
ces facteurs nourrissent leur univers. Devant de telles constations, une et une seule interrogation se pose : et si Måneskin n’était qu’un effet de mode ?

Le fait de jouer sur son image, ça n’a rien de nouveau. Les codes repris par Måneskin datent des années 70. Ils ne le cachent pas. Ils empruntent aux groupes glam rock, à Roxy Music, aux personnages de David Bowie. Ces artistes jouaient beaucoup sur leur aspect androgyne via leur attitude. Ils proposaient aussi une musique en adéquation avec leur style vestimentaire.
A cette époque, certains se questionnaient pour savoir si l’esthétique ne l’emportait pas sur la musique. L’Histoire a prouvé que leur musique était extrêmement importante. Elle continue d’être célébrée aujourd’hui.
Laurent Rieppi

Le journaliste et auteur belge complète par un sagace parallèle. Måneskin suit les traces d’un mouvement de libération sexuelle initié durant les années 70 (pensons à la bissexualité assumée de David Bowie). Le groupe utilise des modes d’expression du passée pour les adapter à l’heure actuelle. Même s’il est facile de pointer le côté politiquement trop correct de leurs démarches, la position de Måneskin n’a rien d’inintéressant. Ses membres partagent une certaine volonté : tout le monde est la bienvenue à leurs concerts. Nous balanceront-ils des messages politiques, baignant dans la même soupe musicale d’année en année ? Mamma mia !
Profitons d’abord de leurs derniers morceaux en date.

DRAMA – Photo ©Ilaria Leie

Publié le 15 avril 2022

Mad God, une œuvre hors du temps

Mad God faisait partie de l’un de ces projets pour lesquels j’avais perdu tout espoir de poser les yeux un jour. Véritable arlésienne du cinéma et censé représenter l’œuvre matricielle de son créateur, cet OVNI cinématographique aura pris 33 années avant d’être achevé. Certains objets filmiques sont aujourd’hui légendaires de par leur inexistence. Chaque spectateur connaît un projet devenu culte, même si au final celui-ci ne s’est jamais fait. Nous pourrions citer le Dune d’Alejandro Jodoroswy (qui donnera le sublime documentaire Jodorowsky’s Dune de Frank Pavich) ou bien encore Megalopolis de Francis Ford Coppola. Toutefois, il arrive que certaines de ces folles ébauches aboutissent des années plus tard, alors même que nous les pensions mortes et enterrées. C’est le cas pour L’Homme qui tua Don Quichotte. Bien que n’ayant plus rien avoir avec sa proposition originel, le film de Terry Gilliam reste un produit méta absolument fascinant. Mad God fait partie de ces rares exceptions.

Projet finalement assez méconnu du grand public, de la même manière que son réalisateur, il n’en reste pas moins une œuvre attendue religieusement par de nombreux cinéphiles et curieux à travers le monde. Phil Tippett est un artiste étant resté relativement dans l’ombre, comparé à certains de ses homologues, mais demeurant une figure quasi christique pour tous les amateurs d’effets spéciaux pratiques, de stop motion. Continuer la lecture

Publié le 12 avril 2022

De Parrot Interview

De Parrot revient pour le bien de nos oreilles. ‘Your Mystery’ est leur nouveau single. Il nourrit la flamme du duo : la volonté perpétuelle de rendre hommage à Aldo et Sofia, leurs proches décédés en 2007. Les compositions du groupe sont si riches ? Comment obtenir un son aussi puissant ? Ces questions trouvent leurs réponses via l’intervention de Fabio Pullara, moitié du groupe. Bonne écoute !

Interview menée par brunoaleas aux studios de RCF Liège (30/03/2022) / Photo ©Giuseppe Cordaro / Générique ©Clément Trouveroy / Musique finale De Parrot – ‘Your Mystery’

Publié le 10 avril 2022

LA POIVRE ET SEL #7

La Poivre et Sel est une analyse de l’actu culturelle. Nous suivons 3 volets : média, film d’animation et musique. Un podcast de Bruno et Pierre. Bonne écoute !

Les Cahiers du Cinéma, une revue encore accessible ? ~ 1min01

L’intensité animée par Le Sommet des Dieux ~ 17min44

Iliona bouffe Angèle ~ 32min21

Générique
Vinicio Caposella – ‘Che cossè l’amor’
Tracklist
Alain Souchon – ‘Le baiser’
Coldplay – ‘Cemeteries of London’ / Goose – ‘Synrise’
Iliona – ‘Si tu m’aimes demain’

Publié le 27 mars 2022

LA POIVRE ET SEL #6

La Poivre et Sel est une analyse de l’actu culturelle. Nous suivons 3 volets : média, manga et musique. Un podcast de Bruno et Pierre. Bonne écoute !

La machine Marvel ~ 1min28

Insomniaques, quand un manga apaise les esprits ~ 17min05

Stromae et le suicide ~ 34min54

Générique
Vinicio Caposella – ‘Che cossè l’amor’
Tracklist
Lonely Band – ‘Gloire’
Mark Lanegan – ‘Where do you sleep last night’ / Screaming Trees – ‘More or less’
Stromae – ‘L’enfer’

Publié le 23 mars 2022

Le minimalisme islandais de Lamb

Au mois de décembre, nous avions parlé de la perte d’hégémonie d’Hollywood au profit d’un cinéma plus internationalisé. Cette tendance se confirme-t-elle ? Trop tôt pour le dire. Mais quoi de mieux pour lui donner confiance qu’un film étrange, d’un pays inattendu dans les salles, sorti à l’aube de cette nouvelle année ?
L’Islande est un pays peu peuplé, culturellement isolé, avec une tradition cinématographique très artisanale. Peu de films islandais se sont démarqués à l’internationale. Mais cette année, un d’entre eux transcende les frontières comme rarement : Lamb.

L’œuvre fantastique sort l’été dernier à Cannes, puis en Belgique ce 4 janvier. Réalisé par Vladimar Johansson, le film est co-écrit par Sjon, artiste islandais connu notamment pour ses travaux en tant que parolier pour de nombreuses chansons de Björk.

Ingvar et Maria forment un couple sans enfants, vivant dans les montagnes, loin de tout autre foyer. Ils sont éleveurs de moutons et leur vie est heureuse.
Soudain, une de leurs brebis enfante d’une créature bizarre. Mi-humaine mi-mouton, celle-ci vivra tiraillée : qui est sa véritable mère ?

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Si le concept de l’enfant-monstre, fardeau comme objet d’amour, fait écho à d’autres récits, le cadre proposé par Lamb est rare. Les montagnes d’Islande, froides, vides, monotones et magnifiques, donnent un terrain parfait pour nous faire rentrer dans une ambiance glauque et étrange. Des films comme Midsommar avaient déjà compris l’intérêt horrifique des plaines nordiques inhabitées, en prenant place dans les prairies suédoises, baignées du Soleil de minuit.

Si le cadre de Lamb sert son ambiance, son intrigue n’y est pas pour rien. Le film est minimaliste à l’extrême, les dialogues sont rares, le temps, ralenti. Les points d’intrigue sont si parcimonieux que chacun semble avoir une importance démesurée. Ils prennent de la profondeur dans de grands moments non pas vides, mais distendus comme une pâte à pain très levée.

Rien de trop.

Le long métrage applique le proverbe à la lettre. Inutile de rajouter des personnages, des lieux où évènements qui ne servent en rien l’intrigue. On se retrouve avec un récit simple, mais pur. Il va droit au but, à travers une route calme et agréable. Lamb est une étrange découverte. Cette expérience témoigne d’une autre manière de concevoir des films. Si le cinéma islandais ressemble à cela, Lamb est un excellent prétexte pour y accorder un intérêt certain.

Lou

Publié le 17 mars 2022

La réouverture de La Zone

L’usage du CST et des foutus masques ne sont plus d’actualité. Il s’agit d’une libération pour les mélomanes ! Pour fêter ce retour à la normale, quoi de mieux qu’un éclairage sur La Zone ?
Mathieu Belotte en fait partie. Nous lui tendons le micro l’an passé, lors de la réouverture de la salle de spectacle. Découvrez les valeurs, l’ambiance et le fonctionnement de La Zone. Découvrez cet endroit mythique de Liège, ayant bel et bien plus de 30 ans d’existence !

Interview réalisée par brunoaleas (04/09/2021)
Générique ©Clément Trouveroy / Photo ©brunoaleas

Publié le 14 mars 2022