Ralentir avec Fink

« Résister, c’est d’abord dire non », comme le pensait si bien Vladimir Jankélévitch. Comment résister à l’heure actuelle, quand le capitalisme nous rend victime et coupable de notre consommation ? Il faut éviter d’accélérer. Si nous suivons les pas des milliardaires, c’est-à-dire, consommer de plus en plus, désirer toujours et encore, ou bien, obtenir toujours plus vite, nous courons à notre perte.

Les milliardaires ne font pas qu’accaparer les richesses. Selon une étude de Capgemini, pour la première fois en 4 ans, le nombre de millionnaires en dollars, a augmenté en Belgique, l’année dernière. Ils étaient 146.400, soit une hausse de 8,8% par rapport à 2024, selon le rapport annuel mondial sur la fortune. En d’autres mots, la Belgique n’a jamais compté autant de millionnaires et de super-millionnaires ! On murmure à mon oreillette : « La richesse serait concentrée entre les mains de quelques individus qui échappent largement à l’impôt ? Vraiment ?! Qui aurait pu prédire ? ». Une fois ce contexte précisé, ne me parlez pas de « fuite des cerveaux », si vous craignez le départ des nantis taxés sur leur patrimoine !

Il y a des artistes qui stimulent l’imagination. Leur musique semble inviter à ralentir. Car ralentir n’est pas une faiblesse – fuck Bezos, Musk and Zuckerberg –. Citons Fink. Ce dernier est attaché aux instruments acoustiques. Le chanteur britannique démarre sa carrière comme DJ. Aujourd’hui, il fait partie des meilleurs guitaristes.

Pourquoi ? Sa voix, ses cordes et son jeu instaurent une ambiance singulière. L’accalmie est au rendez-vous, lorsqu’on écoute ce musicien. Son morceau « Wishing For Blue Sky » est un parfait exemple. Les violons et la mélodie donnent l’envie de se poser. Cette musique apaise nos sens !

Le ralentissement se sent aussi au niveau des paroles. En 2014, Fink l’explique à Sound of Violence.

Trouver des histoires à raconter n’est pas difficile ; les raconter avec élégance est une autre paire de manches. Et à contrario des Arctic Monkeys ou de The Rapture, par exemple, qui eux sont prolifiques au niveau des mots dans leurs textes, j’aime travailler à l’économie. Mon truc c’est de laisser de l’espace pour que les gens puissent remplir cet espace avec leurs propres pensées. Prince ou les Rolling Stones font ça parfaitement. Mon style, c’est dire plus, en disant moins…

Et si on prenait le temps de se poser une question ? A-t-on réellement besoin de surconsommer ? Négatif. Prenons du recul. Taxons les riches. Sauvons la planète, du mieux qu’on peut. Puis, écoutons Fink.

brunoaleas

Publié le 19 août 2026