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Decision to leave

L’amour impossible prend une tournure sanglante chez Park Chan-Wook. Le retour du cinéaste se fête en beauté. Il se nomme Decision to leave. Dernièrement, le film remporte un prix au Festival de Cannes. Sa romance n’est nullement ennuyeuse. Hae-jun, policier herculéen, ne trouve plus sommeil. L’arrivée d’une belle et mystérieuse jeune femme n’arrange rien. Infirmière au passé trouble, elle paraît être une autre personne face à ses partenaires masculins…

Le réalisateur signe un récit purement hitchcockien. Même s’il semble se détacher des références propres au Maître du Suspens, Park Chan-Wook joue sur les ambiguïtés. Il annonce une couleur en première partie de l’œuvre : le quotidien d’un mari dévoué à la cause policière. Au second volet, il expose les réelles intentions des personnages. D’un côté, une femme bouleversée par la délicatesse d’un enquêteur classieux. De l’autre, un homme dont l’amour dépasse tout entendement. Ce récit affiche une mise en scène mémorable. Nos yeux admirent divers angles de vue sophistiqués, des transitions aux petits oignons, moult décors majestueux, etc.
Néanmoins, le fond l’emporte sur la forme. Decision to leave est une tragi-comédie présentant des protagonistes conscients de l’ampleur de leurs actes. Dissimuler des preuves. Fabriquer des mensonges. Comprendre le Mal. Deux concepts ne cessent de se confronter : justice et amoralité. Pourquoi le cinéma coréen attire l’attention via de telles thématiques vues et revues ?

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Je pense que si le cinéma coréen est apprécié, c’est en raison de son amplitude émotionnelle. Dans le cinéma moderne, ce sont peut-être les Coréens qui expriment le plus d’énergie dans les sentiments et les états d’âmes.Park Chan-Wook

Pensons à Dernier train pour Busan, ou plus récemment, à Parasite. Le septième art coréen a la réputation de manipuler, puis mélanger les genres de manière inouïe. Decision to leave dépeint des séquences hilarantes, angoissantes et surtout, philosophiques. De fait, quelques passages questionnent notre moralité. Si l’amour rend aveugle, faut-il protéger l’ignominie ? Hae-jun est en ça intéressant. Il met à rude épreuve son code moral. Qu’il soit en montagne, en ville ou au commissariat, il souhaite demeurer un justicier… malgré le caractère d’une dame à la fois rusée et envoutante.
Le polar nous renvoie à notre condition humaine. On a beau lutter pour nos passions premières, contre toute attente, nos désirs l’emportent sur notre raison.

DRAMA
Illustrations ©Park Chan-Wook

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