Il n’existe aucun manuel apprenant à être de bons parents. C’mon C’mon illustre cette évidence. Le nouveau film de Mike Mills se déroule aux 4 coins des Etats-Unis. Joaquin Phoenix interprète Johnny, un aimable journaliste. Ce personnage part enregistrer des voix juvéniles. Quel est l’objectif ? Questionner son public sur la vie, leur avenir et pays.
Quant à sa situation familiale, elle n’est pas idyllique. Sa sœur se sépare de son fils Jesse et lui laisse la garde. Elle doit régler ses problèmes, sans heurter la sensibilité de Jesse. De là naît une superbe complicité entre le neveu et son oncle.

C’mon C’mon dépeint le visage de la jeunesse américaine. Elle affiche plusieurs couleurs. Elle ne pose pas un regard uniforme sur la société. A l’heure où nos canaux d’informations deviennent trop nombreux, les adolescents de l’œuvre développent un esprit critique, sans perdre l’innocence et la beauté de leurs propos. Nous avons besoin de les entendre, à l’ère de l’infobésité !
L’infobésité constitue l’un des plus grands problèmes à résoudre par les organisations pour les 10 prochaines années. L’information affiche désormais son côté obscur. Le danger majeur de l’infobésité ? La non-qualité de l’information. L’information est fondamentale.
Caroline Sauvajol-Rialland
Notre liberté, notre capacité d’action, dépendent de sa véracité. Or, la logique de surinformation revient à la sous-information ou à la mal-information. La « junk food » a trouvé son pendant avec la « junk information ».
Jesse, lui, ne souhaite pas être interrogé par Johnny. Il tourne le micro vers son oncle. Il change la donne. A cet instant, les spectateurs saisissent la magie de leur relation. L’un comme l’autre sublime un quotidien parfois difficile à supporter. Leurs échanges rappellent un fait indubitable : la dure réalité peut traumatiser aussi bien un enfant qu’un adulte.
Bref, laissons la parole aux jeunes générations. Ils bâtiront le monde de demain. Qu’ils deviennent parents selon leurs expériences, et non celles d’autrui.
brunoaleas