Lors du premier confinement, Dombar discute de son modus operandi avec Bruno. On apprend ce qui a son importance dans l’univers électronique du jeune liégeois : de son opinion sur les concerts à la conception d’un clip dans sa douche !
La France compte son lot d’artistes surfant sur de la techno hilarante. Salut C’est Cool remporte peut-être la palme d’or de l’humour stellaire. Tounu débarque ensuite avec sa version des faits : acceptons la nudité pour s’affranchir des règles et des préoccupations ! Le clip farfelu de leur deuxième single annonce du lourd. Un ton bon enfant et des sonorités dansantes sont au rendez-vous. Le duo donne envie de brûler des vêtements.
C’est à se demander si ces Français sont inspirés par les traditions allemandes. Sont-ils les enfants du Freikörperkultur (FKK), fruit d’une longue tradition outre-Rhin ? Ce concept du XIXesiècle signifie ‘la culture du corps libre’.
En Allemagne de l’Est communiste, la FKK constituait une véritable échappatoire dans un pays où les restrictions et les privations étaient nombreuses. Se dénuder représentait une façon de se sentir libre dans une période tourmentée et face à un État répressif. –Robin Tutenges
Qui sait si la nudité est l’ultime stade à atteindre pour s’éloigner des normes ? Méditons en bougeant notre derrière à l’écoute de facéties tounesques !
Quelques événements ont divisé les fanatiques : Star Wars VIII, le final de Game of Thrones, celui de l’Attaque des Titans. Ces fanatiques décident alors de lancer des pétitions. Pourquoi ? Pour tourner ou écrire leurs œuvres fétiches d’une autre manière… quelle bouffonnerie.
Je déteste les ultimes séquences de GoT. Néanmoins, je ne désire pas voler la plume d’un/e auteur/e.Continuer la lecture →
Comment aborder le final de L’Attaque des Titans?! En sniffant du café ? Sous baxter ? L’œuvre de Hajime Isayama est si dense qu’une heure ne suffit pas afin de l’analyser… par chance, les membres de votre site préféré se prêtent au jeu ! Ils répondent à trois questions. Il s’agit de connaître la force de SNK, son message et leur état mental à la fin de l’aventure. Savourons également des chansons symbolisant le manga titanesque. Bonne écoute.
brunoaleas, Pierre Reynders et anti.cons / Générique Clément Trouveroy
Tracklist Rage Against The Machine – « Know Your Ennemy »
System Of A Down – « Soldier Side »
Elliott Smith – « No Name #2 »
Demon Slayer (titre original : Kimetsu no Yaiba) explose littéralement les ventes de mangas ! Il en va de même pour l’industrie de la japanimation avec son dernier film en date. Au Japon, le récit se termine pourtant en 23 volumes l’année dernière. L’aventure s’achève mais une question demeure : pourquoi, mais surtout comment réussit-elle à vaincre One Piece en 2020, en étant première du classement des ventes japonaises de mangas ?
Aimer la vie est facile quand vous êtes à l’étranger. Là où personne ne vous connaît, vous tenez votre vie entre vos mains, vous êtes maître de vous-mêmes plus qu’à n’importe quel moment. -Hannah Arendt
Cette citation pourrait s’apparenter au personnage de Vash lorsqu’on prend connaissance de ses origines. Ce n’est point le cas. Notre protagoniste traîne sur une planète désertique, où brûle deux Soleils, où prévaut souvent la loi du plus fort. Il évolue dans un univers assez dur, mêlant les codes de la science-fiction et du western. Sa prime à 60 milliards de double dollars tombe lorsqu’il détruit la ville de July. Sauf que Vash n’a rien d’un monstre. Il subit une cruauté environnante qui ne cesse de l’entraîner vers de nombreuses catastrophes. Dès lors, les peuples lui collent l’étiquette de l’Ennemi Numéro 1. Heureusement, ses capacités à se défendre sont hors normes. Suffisent-elles à réduire le nombre de victimes sur son passage ? Pas vraiment.
Trigun est empreint d’une grande tristesse construisant quelques réflexions quant aux choix existentiels. Est-ce une bonne raison de mater cet anime ? Bien sûr, mais pas seulement ! Une caractéristique marque énormément l’esprit. Je pense à l’exploitation du thème propre à la bonté. L’œuvre développe un message de paix. Son principal émissaire n’est nul autre que Vash The Stampede. Même s’il est accompagné de compagnons au cœur d’or, le géant rougeâtre s’élève au-dessus de la foule en respectant une éthique, à savoir, chaque vie a son importance. Qui sommes-nous pour décider du sort d’autrui ? Notre protagoniste suit un principe clair et net : supprimer une vie équivaut à détruire l’avenir de tout un chacun. Symbolise-t-il la figure héroïque au sens le plus pur du terme ? Difficile de l’admettre à 100%. En tout cas, il s’en approche à grand pas.
Vash est sans doute mon personnage préféré toute œuvre confondue. A défaut de chercher à comprendre l’ennemi, il cherche d’abord à se comprendre soi-même. Il le fait aussi à travers tout ce que son passé lui a enseigné. Il a sa propre philosophie. ‘Trop bon, trop con’, voilà comment définir celui qu’on surnomme pourtant Le Typhon Humanoïde. Sa bonté passe par le fait qu’il soit maladroit, profondément gentil, comique et doté d’une sagesse digne des plus grands ermites. Il aime son prochain. Un charisme inégalé est également à prendre en compte ! -anti.cons
Revenons aux pensées d’Hannah Arendt. Après la Seconde Guerre mondiale, la philosophe allemande analyse les origines du totalitarisme. L’idéologie de la terreur repose notamment sur une conviction : tout est permis, tout est possible. Cette description colle parfaitement à l’antagoniste de Trigun, Knives. Ce dernier est aux antipodes d’un Vash bienveillant, dont l’amabilité n’a pas de limite. Il désire montrer sa supériorité, loin des habitudes et envies des mortels. Cette némésis semble vide de pensées et moins bien écrite que le reste des personnages. Parfois, il n’en faut pas plus afin de dévoiler la personnification du Mal. Il s’agit là d’une vision assez bornée face à une ouverture d’esprit. L’un méprise l’humain, l’autre, malgré les bains de sangs sur sa trajectoire, ne perd jamais foi en l’humanité… c’est beau, putain.
La musique, les affrontements, les dialogues, tant de points positifs sont à énumérer. Je préfère honorer la sagesse qui transpire de chaque épisode. Que d’émotions ! Trigun est bel et bien une pièce majeure de la japanimation. Il apparaît tel un essai à mettre entre toutes les mains.
Out of Time est le premier EP de Suber Oaks, groupe liégeois d’indie rock tout fraichement né – oui, début 2020 c’est récent, les mois de confinement ne comptent pas. Premier EP donc, premiers pas dans la cour des grands, premier contact avec le public.
Enfin premier contact, c’est beaucoup dire : vous connaissez peut-être déjà trois de ses membres du groupe tribute d’Arctic Monkeys, Dandelion & Burdock (pour les habitués de l’Unifestival de Liège, ils y ont joué lors de l’édition 2019). Le groupe nous a aussi bien fait mariner avant la sortie de l’EP début avril. En effet, deux titres ont été diffusés sur Youtube il y a déjà un an, tout ça pour prendre le temps de se construire une petite fanbase avant de balancer la sauce. Continuer la lecture →
La fin du monde est un vaste sujet. Loin de moi l’idée de jouer les Greta Thunberg du dimanche. Notre chute n’est pas à nier. Pas besoin de balancer des chiffres menant à une déprime certaine afin de le comprendre. Parmi les fléaux terriens, citons les feux de forêts, les tsunamis et les trous dans la couche d’ozone. Sans compter les nombreux ouragans qui s’abattront sur nos territoires. Le réchauffement climatique réserve bel et bien des catastrophes. A quoi s’ajoutent des foules capitalistes qui consomment trop et trop vite.
Les confinements imposés par diverses nations freinent-ils les dangers environnementaux ?
La course à la mondialisation semble bien plus difficile à arrêter. Dernièrement, le navire coincé au canal de Suez le prouve sans nul doute. D’ailleurs, les humains ont une sacrée envie de survivre dans leur petit confort. Comme si nous devenions les putes des GAFAM.
Le confinement, c’est la grande victoire du monde virtuel. Il fait beau dehors, il n’y a pas d’avion, les oiseaux s’en donnent à cœur joie, le potager attend, et je reste cloîtré comme un con dans l’électronique, à tapoter sur un clavier. -Pablo Servigne (Wilfried n°12)
L’auteur oublie un point important : on peut s’en sortir à l’aide de la musique !
Découvrons trois tueries spatiales qui donneront envie de danser avant l’Apocalypse.
Rone – Rone & Friends
Pour l’amour de la drogue.
J’ai du flair. J’avais rédigé un article sur la scène electro de France qui bouillonne ces derniers temps. Une œuvre confirme encore ce constat.
Rone arrive pile poil au moment où les artistes de Molière sont au top de leur forme. Via son nouvel album, il réunit la crème de la crème : la punk Jehnny Beth, les poètes d’Odezenne, l’écrivain Alain Damasio et j’en passe ! Chaque morceau s’enchaîne extrêmement bien. Erwan Castex pose ses tripes sur ce projet aux multiples facettes. A l’instar des personnages de sa pochette, nous planons vers d’autres cieux plus radieux.
De La Groove – EQUILIBRIUM
Pour l’amour de la danse.
Souhaites-tu enflammer la piste de danse ? Savoure la compilation du label français De La Groove ! Elle s’écoute notamment sur Soundcloud et Spotify. De quoi sauter de joie, porté par la zic de 6 artistes internationaux, au carrefour de la house et du funk.
Avec plus de 2.000 vinyles vendus en 3 ans et plus d’une cinquantaine de soirées, De La Groove est à suivre de près. Je vous laisse avec « Kissin’ (Club) », parfait pour les fans de Modjo et Crystal Waters !
Shlohmo – Dark Red
Pour l’amour de la collapsologie. Dark Red de Shlohmo ne date pas d’hier. L’opus de 2015 est un must pour tout passionné d’électro. Un classique pour certains, un indémodable pour d’autres. L’instru est lourde. Elle manipule énormément des graves sonorités tout en étant… quasi démoniaque. Le jeune Américain signe peut-être son œuvre la plus complète. Celle-même qui a fédéré plusieurs personnes prêtes à se faire tatouer l’illustration de l’album. Ces 11 titres suffisent à nous baigner en eaux troubles. Non pas à cause de la fonte des glaces, mais bien grâce à une homogénéité instrumentale qui sonne de façon unique.
On dit qu’il existe deux types d’artistes : les jardiniers et les architectes. Les premiers créent de manière désorganisée, laissant les idées voyager entre leurs deux oreilles, voguer au gré du vent et, peut-être, germer dans une des terres fertiles de l’imagination.
La méthode des deuxièmes est radicalement différente. L’architecte construit ses œuvres comme on construit une tour : d’une idée viennent les plans, des plans vient la structure, puis seulement, la construction. L’architecte sait où son œuvre va atterrir avant même son instrument. Bien avant l’atterrissage de la plume ou du pinceau sur le support de création. Bien sûr, une méthode n’est pas supérieure à l’autre. Il ne s’agit-là que de différences dans la façon d’aborder la création. De plus, c’est une division dichotomique, qui n’est à considérer que de manière abstraite dans un milieu aussi vague et riche que la création artistique.
Mais les œuvres, parfois, se retrouvent empruntes d’un style correspondant plus à un extrême qu’à un autre. Là où le style jardinier pourrait être décrit par des termes tels que « vaporeux »,
« vague », ou « déstructuré », le style de l’architecte est synonyme d’un nom : Wes Anderson.
Le lecteur s’est peut-être déjà retrouvé devant un de ces films. Ultra-symétrique, chorégraphié, où chaque geste microscopique a un sens, où chaque plan est articulé avec le suivant dans une danse frénétique. The Grand Budapest Hotel et plus récemment, L’Île aux chiens sont des exemples d’œuvres du réalisateur américain. Elles ont su charmer le public, tout en jouissant de grands succès critiques. Mais il peut être pertinent de remonter la chronologie. Découvrons une œuvre plus ancienne qui mérite, elle aussi, de l’intérêt.
En 2009, Wes Anderson est au milieu de sa carrière actuelle. Il sort un film qui restera emblématique de son travail : Fantastic Mr. Fox.
Un livre qui s’ouvre, une immense plaine rousse sous un ciel doré. Tel est le début du film, dont on rentre vite dans l’intrigue. Parcourant la plaine, un couple de renards vole de la nourriture. Soudain, une maladresse les met en mauvaise position, puisqu’ils se retrouvent enfermés, piégés dans une cage. Après cet incident, Mme Renard fait promettre à monsieur renard qu’à l’avenir, ils ne voleraient plus. Finie la vie de malfrat. C’était sans compter la nature sauvage de son compagnon, qui finira par voir ressurgir ses pulsions bien plus tard, une fois sa vie de famille solidement établie. À lire ces lignes de synopsis, on pourrait croire que Fantastic Mr. Fox est une histoire banale, plate, sans rien de grandiloquent. Malgré son parti-pris plutôt simple, le film arrive à séduire par son style et son ambiance.
Le plus important dans une histoire, ce n’est pas ce qu’on raconte, mais comment on le raconte.
Cette phrase n’a jamais été aussi vraie que pour les films de Wes Anderson. Le scénario semble à première vue sans intérêt, mais pour peu qu’on se laisse bercer par l’histoire, chaque élément jusqu’au plus simple devient un plaisir. La simplicité n’est qu’une base pour laisser l’ambiance guider nos émotions. Cette simplicité, le cinéaste la traduit par une sorte de « perfection académique ». Tout est millimétré pour respecter les règles cinématographiques de symétrie, d’équilibre, de règle des tiers… Pourtant, le résultat divise. Là où certains y trouvent de la satisfaction, d’autres y trouvent de la frustration. Car c’est parfait, trop parfait pour que ce soit agréable.
Et c’est là le principal reproche qu’on pourrait faire à Wes Anderson. Le travail est si propre qu’on a du mal à le considérer comme cohérent. On attend que la gaffe survienne. Et puisqu’aucune œuvre est exempte de défauts, lorsqu’elle survient, sa puissance est décuplée. Dès lors, on y fait beaucoup plus attention. A travers Fanstastic Mr. Fox, la moindre maladresse ou sortie volontaire des codes classiques est visible telle une rugueuse paroi voulue lisse.
Pour prendre un exemple, parlons du scénario. Contrairement à la réalisation, celui-ci est très peu structuré. L’élément déclencheur est divisé en plusieurs rebondissements : la promesse de M. Renard, le déménagement, l’arrivée du cousin Kristofferson…
La plupart des histoires classiques se seraient contentées d’un déclencheur simple et précis, surtout les contes.
De nombreux autres éléments de narration sont démantelés comme celui de la psychologie des personnages. Cela n’est pas un problème en soi. Les règles narratologiques ne sont que les sentiers battus que tout auteur choisit ou non d’emprunter, pour une raison ou une autre.
Cependant, dans le contexte d’une œuvre aussi académiquement parfaite que Fantastic Mr. Fox, il renvoie une impression étrange que cette discipline soit hétérogène, présente dans certains aspects du film, mais pas d’autres.
Fantastic Mr. Fox est une adaptation du livre éponyme de Roald Dahl. Il est donc logique que les styles divergent entre le récit de base et la réalisation. Néanmoins, il est de la responsabilité de l’équipe du film de rendre le tout cohérent. Et si Anderson est du côté des architectes, c’est un choix étrange d’utiliser une matière de base déstructurée sans la transformer davantage.
Jardinier ? Architecte ? Un peu des deux ? Chaque auteur choisit sa voie. Nous attendons tout de même que les divers corps du récit s’accordent dans un style plus ou moins commun. Il n’existe qu’un maître-mot : la cohérence. Dans le cas de Fantastic Mr. Fox, la volonté de perfection visuelle fait ressortir chaque rugosité scénaristique. La mélodie est belle, trop belle. Si bien qu’en profondeur, on l’entend dissoner.