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The Bobby Lees / Johnnie Carwash

The Bobby Lees – Bellevue

De nouveaux jeunes du label Ipecac défoncent les amplis. The Bobby Lees propose un rock brut, sans censurer un pamphlet ou l’autre. Porté par une chanteuse aussi zinzin qu’un poussin trop près du Soleil, le groupe se focalise sur un jeu rapide et rageur.

Compte tenue de leur énergie, Bellevue est une réussite. Dès la première chanson de l’album, leur musique attise ma curiosité et je souhaite en découvrir davantage. Puis, les clips de la bande reflètent leur autodérision et leur force de frappe. A l’image de Sam Quartin près de son cochon au dernier clip en date, me voici sale et rempli d’une sauvage envie de crier.

Mention honorable à Greta Van Fake, un titre qui se moque enfin des membres de Greta Van Fleet. Ces derniers sont une arnaque industrielle. Merci pour la poilade.

Je pense qu’il est bon de rester fidèle à soi-même par tous les moyens nécessaires et de faire seulement ce qui semble juste. Je pense que vous allez vous faire un ennemi ou deux en vivant ainsi. Cela m’est arrivé, sans aucun doute.
Il m’a fallu un certain temps pour avoir le courage et l’amour-propre de m’y tenir, et accepter le fait que tout le monde ne m’aime pas, ne me comprenne pas.
Sam Quartin

Johnnie Carwash – Teenage Ends

Les Pixies vous manquent ? Pas moi. Ces dinosaures font désormais pitié à entendre, tant ils ne composent plus de vraies propositions artistiques. Heureusement, ces musiciens ont laissé derrière eux un grand et beau héritage musical.

Plusieurs groupes capturent une simplicité instrumentale, où basse et chant sont honorés. Je pense à Priests, à Sorry ou bien à Johnnie Carwash. La bande pond un premier album qui plaira aux amateurs de rock cherchant tempête comme accalmie.
Un titre retient mon attention : Nothin’. Le morceau dégage une atmosphère adolescente via sa mélodie. D’ailleurs, son clip renforce cette impression. Comme si ses images me rappelaient qu’il n’y a rien de mieux que s’ennuyer, avant d’atteindre la vingtaine.

L’objectif de ce clip est de sublimer le morceau. C’est une chanson différente de tous les autres morceaux de l’album. On voulait la mettre en valeur dans une vidéo qui contraste avec nos autres clips DIY ou d’animations.
C’est Julien Peultier qui l’a réalisé. On l’a choisi parce que son identité visuelle collait parfaitement à l’ambiance mélancolique et contemplative que l’on recherchait. On n’a pas été déçus ! On n’a pas écrit Nothin’ avec un message en tête, c’est simplement un témoignage. Julien a créé une histoire qui raconte tous les détails qui nous tiennent à cœur et qui élargit même l’interprétation du morceau. Merci Juju !
-Johnnie Carwash

 DRAMA
Publié le 23 novembre 2022

Bo Burnham : la génération de la fin du monde (4/4)

Il y a plus d’un an déjà, j’entamais cette rétrospective. Je détaillais à quel point les balbutiements de Bo Burnham sur Internet en disaient déjà beaucoup sur ce qu’il était destiné à devenir. D’un adolescent vidéaste parmi tant d’autres, il s’est hissé au rang d’artiste internationalement reconnu grâce à son style singulier. Alliance du drame et de la comédie, du spectacle de stand-up et du concert, en découle une sauce unique qui colle parfaitement aux enjeux de la génération Z.

En 2019, on parle peu de Bo Burnham. Ses deux derniers spectacles sortis sur Netflix ont eu un succès certain, mais son nom ne sort pas de communautés précises. C’est le genre d’artiste « perle » qui a énormément de potentiel, mais dont le message n’arrive pas aux oreilles du grand public. Un film sorti en 2018, Eight Grade, l’occupera un temps. Bien que celui-ci ressemble à l’artiste par ses thèmes et comprend un scénario de qualité, on ne retiendra pas Bo Burnham pour ce film. Les fans attendent un spectacle de stand-up depuis trois ans.

Mais que Burnham ait prévu un retour ou pas, en 2020, ce rêve devient impossible. Le virus et avec lui le confinement se répandent dans le monde entier, et avec lui confusion, perte de repères, et surtout impossibilité de se produire sur scène pour qui que ce soit. Mais alors que les scènes ferment, les yeux de chacun sont rivés vers Internet, seule fenêtre vers le monde.
C’est dans ces conditions compliquées que Bo Burnham sort son spectacle le plus iconique, et celui qui fera de lui un grand nom : Inside.

Tout ou presque a été dit sur le spectacle. Une critique a même déjà été faite sur ce site. Il figurait même comme meilleur film de l’année dans un des tops de 2021. Ne nous fatiguons pas à détailler comment le film-spectacle-concert est un pur éclair de génie, aussi bien sur le plan du scénario que de la réalisation, en plus d’être une véritable prouesse technique d’un seul homme. Mais posons-nous plutôt la question : qu’est devenu Inside en 2022 ? Qu’en avons-nous retiré ?

Si une chose est évidente, c’est que l’œuvre est bien plus témoin de son époque qu’on aurait pu le penser. Elle n’est pas qu’un portrait de son époque, elle est, ironiquement, « enfermée » dedans. Les thèmes d’Inside, qu’on pensait durer après le confinement, sont morts avec lui. Pourtant, cette comédie avait tout du manifeste révolutionnaire. Critique directe du capitalisme, remise en question de notre lien aux médias et à l’art, le tout dans et avec le berceau culturel de la génération Z : Internet.

Le plus gros souci est que la « génération de la fin du monde » ne l’as pas vraiment été. Le confinement était une occasion parfaite de remettre en question les racines les plus profondes de notre société. Le vide culturel de 2020-2021 aurait pu faire d’Inside une œuvre colossale en importance, mais ce ne fut pas le cas. Le « retour à la normale » du post-confinement s’est fait un peu trop littéralement, et trop de choses sont restées similaires. Y compris celles que critiquaient le spectacle.

Inside est un témoin précieux de son époque si particulière, mais c’est aussi la triste trace d’un coup raté. Et si personne ne désire l’apocalypse, une partie de notre monde aurait sans doute dû mourir avec Inside, le confinement, et la pseudo « génération de la fin du monde ».

L’optimiste dira qu’il reste de nombreuses catastrophes à venir qui seront peut-être le levier du changement, et peut-être que d’autres Inside restent à venir. Une suite, il y en a eu une, plus ou moins. Cet été, Bo Burnham sort sur Youtube une nouvelle heure de contenu, les Inside Outtakes. Un ensemble de scènes coupées, de morceaux non-terminés écrits et réalisés en même temps que le film originel. Les Outtakes sont excellentes. Elles mettent en perspective une œuvre qu’on pensait déjà complète. Plusieurs morceaux sont mémorables comme l’incroyable The Chicken, ou The Future. Mais aucun de ces textes n’est politiques, ils parlent moins du confinement. S’ils en parlent, la pertinence en est moindre puisque celui-ci n’est plus là. En somme, Inside en tant qu’œuvre incroyable laisse un goût un peu amer de retour à la normale trop littéral. Néanmoins, l’artiste, si en phase avec son temps, a encore des tours dans son sac. Et Dieu sait quelles surprises il nous réserve dans sa carrière future.

Lou

Publié le 18 novembre 2022

Willow / Sharko

Willow – <COPINGMECHANISM>

La fille de Will Smith ne met pas encore des claques aux présentateurs TV… mais plutôt à ses auditeurs. Le nouvel album de Willow est mixé comme une sucrerie pop et imaginé comme un pogo metaleux. Pour quel résultat ? Un opus propre, brutal, à écouter plusieurs fois.

L’énergie de ses compositions fait de l’écoute, une activité nullement ennuyeuse. Car la chanteuse sait construire de belles transitions douces puis enragées. Willow s’inscrit parmi ces artistes n’ayant point peur de jouer les possédées en pleine transe (ur a stranger en est la preuve). Ses performances vocales sont si fascinantes, qu’elle plairait à tout public. Du vieux réac’ qui décapsule des bières avec les dents, à cette fille bercée par Disney, mais chantant des versets sataniques sous la douche !
Puis, matez-moi la pochette de
<COPINGMECHANISM>. Nom de Zeus. Elle donne envie de jouer d’un instrument à tout moment de la journée.

Sharko – We Love You David

Sharko ne joue pas du rock de papa. Ne le comparons ni à Judas Priest, ni à Scorpions. Heureusement ! David Bartholomé ne frôle pas le kitsch, même si on le verrait bien s’adonner à des accords glam rock ou à des cris miaulant la tristesse.

We Love You David concentre ce que le musicien fait de mieux. Paroles décomplexées. Rock sans fioriture. Style direct et mélodieux. Ajoutez un grain de folie nous rappelant qu’il est victime du Syndrome de Peter Pan, et le cocktail est mémorable !

On était en plein confinement. Le fait de renouer avec l’autre m’animait. D’essayer de rejouer ensemble sans tricher.
C’est-à-dire que ce qu’on joue doit apparaître tel quel sur l’album. Donc, si on ne triche pas, on essaye de trouver les arrangements adéquats tout de suite.
David Bartholomé

DRAMA

Publié le 15 novembre 2022

LA DURE A CUIRE #72

Red Hot Chili Peppers – The Return of the Dream Canteen

Et dire qu’un groupe comme les Red Hot Chili Peppers survit à travers le temps… pour quelles raisons ?! Ses musiciens talentueux. Son énergie à revendre. Unique bémol : le charabia pathétique chanté par Anthony Kiedis sur plusieurs morceaux du nouvel opus.

Opinion – Molly

Il y a quelques jours, l’album Molly fêtait ses 2 ans ! Opinion rappelle l’efficacité de l’œuvre plutôt généreuse (22 morceaux quand même), assez grunge et terriblement mémorable !

Brutus – Unison Life

Faut-il encenser une quelconque évolution musicale de Brutus ? Probablement pas. Malgré la voix fascinante de Stefanie Mannaerts, le groupe baigne toujours dans une homogénéité sonore poussant à croire que leurs nouvelles productions sonnent toujours comme les précédentes…

Ferielle – L’eau qui dort

Frais et agité, le morceau Face à face de Ferielle donne envie de griller les feux rouges. C’est bel et bien l’heure de danser. Les futures compositions de l’artiste vous y aideront !

DRAMA
Votre playlist Spotify

Publié le 14 novembre 2022

Kobato, œuvre insignifiante de CLAMP ? Part 1

Vous avez peut-être déjà lu ou entendu parler des mangas Card captor Sakura, Tsubasa Reservoir Chronicle, XXXholic ou de X. Leur point commun ? Outre d’avoir été écrits par les mêmes auteures, les personnages, tout en ayant leur histoire propre, évoluent dans un multivers magique et intriguant où leur destin est lié. La plus grande force de ces autrices est d’arriver à susciter en nous une ferveur pour la vie de leur héros, un enthousiasme vis-à-vis pour leur parcours et un émerveillement pour les mondes qu’elles nous offrent à voir à chaque série qu’elles publient. L’une n’est pas le réchauffer de l’autre. Leurs mangas ensemble sont un peu comme une fratrie liée par la famille, où chacun diffère par sa personnalité.

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Kobato, écrit et dessiné par CLAMP en 2005, s’inscrit dans cette lignée. Il narre l’histoire de Kobato, jeune fille maladroite et attachante qui va devoir, pour pouvoir réaliser son vœux, remplir une bouteille de Sentiments Blessés. Tout cela accompagnée de son ami peluche Ioryogi qui lui crache des boules de feu quand elle casse quelque chose ou dit un truc de travers. Sa quête et son sens ne sont pas encore totalement développés pendant ce tome, je m’y pencherai lors de la seconde critique. Nous retrouvons très vite des similitudes avec les histoires de ses prédécesseurs, ce qui ne fait qu’accentuer cet aspect de connexion entre les mangas. Comment sont les traits de caractère des personnages principaux, l’ambiance ou l’humour ? Alors, d’où Kobato est-il différent ? Où se joue sa propre destiné dans ce multivers ?

N’étant qu’au tome 1, je ne vais pas pouvoir répondre à ces questions tout de suite. Désolé de vous décevoir. MAIS. Il y a une petite chose qui a attiré mon attention et qui est propre à cette œuvre (en tout cas, parmi celle que j’ai pu lire). Très vite dans les précédentes histoires, les personnages principaux sont entourés d’autres humains au courant de leur pouvoir, leur mission, et qui vont les accompagner dans leur destinée. Ici, nous sentons Kobato et Ioryogi très seules. Ce qui nous donne envie de les soutenir, de leur dire que tout se passera bien. A lecture du manga, nous avons une place un peu plus particulière. Comme si cette fois, c’était nous les acolytes des héros. Faire partie intégrante du l’histoire, avoir une place d’actrice dans l’intrigue, me pousse à continuer le manga. Non pas pour savoir si notre protagoniste va réussir à accomplir son rêve, mais parce que je veux l’y aider. Cependant, cela est-il suffisant pour faire la différence ?
Suite dans la prochaine critique !

Mouche

Publié le 13 novembre 2022

Le déni cosmique est-il réel ? Part 2

Le huitième film d’Adam McKay est éminemment politique. Il y dépeint des êtres incapables d’enclencher leurs méninges face à la plus grande catastrophe mondiale. L’Absurdité remplace la Raison. Quand même la présidente américaine (Meryl Streep) nie le danger imminent, que reste-t-il ? Diviser pour mieux régner. Il existe alors 2 clans qui se forment : les personnes surveillant le ciel et l’arrivée de la comète, et les aveugles qui n’adhèrent pas aux observations de 2 scientifiques. Le personnage de Jennifer Lawrence n’aura d’ailleurs aucune crédibilité sur un plateau TV. Comme si la polémique l’emportait sur tout type de raisonnement fiable et rigoureux. Le cinéaste pousse le genre de la parodie à son extrême. Sans ambiguïtés, son œuvre dévoile des débiles profonds intéressés par leurs seuls intérêts. De ces constatations découlent la problématique du long métrage : comment penser au bien commun alors que personne ne sait unir ses forces ?

Un mouvement international réfléchit sur la question. Extinction Rebellion (XR en abrégé) sensibilise les publics face aux questions écologiques. Ses participants pratiquent la désobéissance civile. Plus précisément, l’action directe non-violente pour contraindre les gouvernements à agir face à l’urgence climatique (cibler des acteurs économiques, bloquer un site industriel, etc.).

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D’après eux, qui doit changer les démocraties gangrénées par le capitalisme ? Nul autre que le peuple. En Belgique, les demandes de ses membres affichent le désir d’installer une assemblée des citoyens. Elle doterait nos régions et communautés des ressources et de l’autorité nécessaires pour assurer une transition maîtrisée vers une société post-croissance équitable.

Notre mouvement a clairement démocratisé l’action politique. Les citoyens et citoyennes qui nous rejoignent ne ressentent plus le besoin de passer par les structures syndicales, associatives, particratiques classiques. (…) la principale médiation à laquelle je suis attaché aujourd’hui, c’est de pouvoir reconstruire collectivement un pouvoir d’agir. (…) Le fait de pouvoir se réapproprier cette capacité d’action, et de ne pas attendre d’une institution ce qu’elle ne donnera pas, est crucial face à l’enjeu climatique.

Boris Libois, tête pensante de XR Belgique

Malgré les initiatives de XR, une impression demeure : nous écoutons moult réflexions, et peu de résolutions suivent… avouons que le déni est cosmique ! Je pleure des larmes de croco. Notre confort prime sur les préoccupations de Dame Nature. Hélas, l’enjeu est de sortir de ses habitudes dans le but de laisser un monde meilleur à nos enfants. Un discours banal, mais délaissé, voire ignoré. Heureusement, quelques bonnes nouvelles sont à prendre en compte : le panda n’est plus une espèce menacée selon le gouvernement chinois, la France souhaite sortir du plastique jetable d’ici 2040, le Portugal met fin aux centrales à charbon, Séville se fournira en électricité avec… des oranges ! Ce ne sont peut-être pas les éoliennes ou les piles recyclables qui sauveront l’humanité, mais l’humain est encore porteur de belles prouesses.
Mais pour combien de temps ? Il n’y a pas de planète B.

brunoaleas
Illustration ©Don’t Look Up

Publié le 10 novembre 2022

Le déni cosmique est-il réel ? Part 1

Don’t Look Up est œuvre ultra actuelle. Ses thématiques s’inscrivent dans notre époque totalement absurde. Une ère où on préfère assourdir les cris écolos, installer des antennes 5G, conquérir l’espace, etc. Adam McKay, lui, illustre l’humanité et sa démesure.
La bêtise humaine ne se limite pas qu’à nier l’arrivée imminente d’une comète capable d’éteindre la vie sur Terre. Elle renforce l’ego et la cupidité de la présidente américaine, des magnats de la technologie et des médias grand public.

Dès lors, Leonardo diCaprio et Jennifer Lawrence évoluent là où tout le monde s’exprime, mais où personne ne s’écoute. Leurs personnages livrent un constat clair et net : les humain ont 6 mois afin de réagir face à la menace spatiale. Vains sont leurs avertissements. Inutiles sont leurs coups de gueule. Ces 2 figures scientifiques découvrent des univers de plus en plus superficiels. Des plateaux TV où la polémique remplace l’information. Des politiciens malhonnêtes préoccupés par une campagne électorale. Une population guidée par le Saint Divertissement.

Comment articuler les messages politiques d’un tel film ? Comment apporter le miroir maléfique de nos sociétés aux spectateurs ?

Il suffisait de jouer sa première comédie écologique, selon DiCaprio.

Ca fait des dizaines d’années que je cherche un film abordant nos enjeux climatiques, mais c’est difficile car on est tous un peu perdus quant aux solutions. C’est le seul sujet au monde qui concerne la population entière, et c’est trop dur d’en parler. Mais Adam a trouvé une formule pour enclencher la conversation. La science offre les faits, mais l’art nous permet de digérer les émotions qu’ils provoquent.

Leonardo DiCaprio (Metro Belgique, décembre 2021)

Certaines comédies aident à comprendre nos drames. Notre dangereuse comète porte un nom : l’urgence climatique. La température moyenne de la Terre n’est pas stable. Elle varie avec le temps. Il faut qu’elle ne puisse plus augmenter, histoire de ne pas défoncer nos écosystèmes. Le journaliste scientifique Vivien Lecompte résume les pires scénarios. Dans un monde compris entre 3 et 4°C de réchauffement, le niveau de la mer pourrait s’élever de plus d’un mètre en 2100. Quelle en serait la principale cause ? La fonte des glaciers, des calottes glaciaires (Groenland et Antarctique). Si le réchauffement atteint +4,5°C, près de la moitié des espèces présentes sur la Terre pourraient disparaître, tout particulièrement la flore.
Ces dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées. D’où l’efficacité et l’importance du film : DiCaprio et Lawrence alertent des puissants aussi aveugles que sourds, à comparer à nos gouvernants. Ces derniers préfèrent s’inscrire sur TikTok, plutôt que de se soucier des usines à charbons ou des déchets nucléaires !

Devant ces tristes prévisions, il y a de quoi baisser les bras… les classes dirigeantes se foutent de sauver un cours d’eau ou un village d’indigènes. Après la théorie, vient l’action. Saurons-nous si le déni est cosmique ? Suite au prochain épisode.

brunoaleas
Illustration ©Don’t Look Up

Publié le 6 novembre 2022

LA POIVRE ET SEL #9

Depuis 2020, La Poivre et Sel est une analyse de l’actu culturelle. Nous suivons 3 volets : média, manga et musique. Un podcast de Bruno et Pierre. Bonne écoute !

L’éclectisme musical de Radio Nova ~ 46sec

Asadora, œuvre incontournable de Naoki Urasawa ? ~ 10min35

Jovanotti et le Sud ~ 28min39

Générique
Vinicio Caposella – ‘Che cossè l’amor’
Tracklist
Serge Gainsbourg – ‘L’eau à la bouche’
Eels – ‘Spectacular girl’ / Superpoze – ‘A ballet of life and death’
Jovanotti – ‘Mediterraneo’

Publié le 29 octobre 2022

LA DURE A CUIRE #71

Arctic Monkeys – The Car

Le nouvel album des Singes divise. The Car n’est pas la bande son d’un ascenseur poussiéreux d’un hôtel 5 étoiles. Mais plutôt l’incarnation de la classe musicale. Le compositeur Alex Turner épate à nouveau. Il puise du côté des Beatles et honore Ennio Morricone.

Eosine

Comme à son habitude Eosine soigne son imaginaire. Leur nouveau clip offre encore psychédélisme et accalmie. Un style musical commence vraiment à caractériser le quatuor liégeois…
quoi de plus prometteur pour la suite ?

Elder – Innate Passage

Lorsqu’un morceau stoner fait plus de 5 minutes, soit ça passe, soit ça casse.
Elder n’ennuie jamais via Endless Return.

Clayton Ravine – EP1

Réunissez les fans de Weezer ou de Nada Surf, ils aimeront Clayton Ravine. Le rock sympatoche de la bande est très appréciable.
A l’avenir, espérons qu’ils pourront se distinguer de leurs aînés.

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Publié le 28 octobre 2022

L’écriture de Fujimoto

Il faut donc la catastrophe pour que les choses rentrent dans l’ordre.

Chloé Thomas, spécialiste de littérature américaine, l’écrit dans la préface de Comment raconter une histoire. Ce recueil regroupe de courts récits de Mark Twain (1835-1910), notamment connu pour Les Aventures de Tom Sawyer. L’humour de Mark Twain concorde avec celui d’un jeune mangaka japonais : Tatsuki Fujimoto.

D’abord aux manettes d’une œuvre métaphysique et viscérale nommée Fire Punch, le dessinateur enchaîne les succès. En janvier dernier, même le Festival d’Angoulême le mettait à l’honneur, excusez du peu ! Un mangaka aussi jeune n’a jamais été célébré par le festival. Aujourd’hui, Chainsaw Man est la fiction qui fera de lui un auteur incontournable, grâce à son adaptation anime.

Quelle bande dessinée permet de mieux comprendre son ironie et étourdissante écriture ? Une anthologie de nouvelles demeure une belle porte d’entrée à son univers fou. Au rendez-vous : de nombreuses histoires courtes travaillées dès ses 17 ans. On y retrouve des antihéros naïfs, des rêveurs obstinés, et bien sûr, des évènements surnaturels totalement délirants.
Rien n’est si absurde à la lecture. Les personnages de Fujimoto suivent toujours des objectifs précis (déclarer sa flamme, devenir cosmonaute, etc.). Ensuite, ils tracent leur route de la manière la plus surprenante.

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D’ailleurs, ces divers éléments font la force de l’auteur. A chaque page, on se voit surpris des décisions prises, des paroles délivrées, des actions imprévisibles. Comme si ces protagonistes étaient à l’image de leur dessinateur… car Tatsuki Fujimoto est un battant ! A l’âge de 17 ans, il vient en aide aux sinistrés d’un séisme, en région de Tohoku. Par la suite, partager 17-21 devient alors un acte libérateur.

Il me semble qu’étrangement, le processus a eu pour effet d’atténuer un peu mes angoisses. En observant ce présent recueil ainsi apaisé, je me suis souvenu de plein de choses : que je ne dessinais pas seulement submergé par l’impuissance, mais aussi avec la faim au ventre ; que durant tout ce temps, je m’exerçais au dessin avec mes amis… et des souvenirs heureux me sont revenus en mémoire, au point de me demander pourquoi je n’avais gardé en tête que les moments sombres.
C’est pourquoi, aujourd’hui, je suis heureux qu’au-delà de Look Back, ces histoires courtes aient elles aussi été éditées.

Tatsuki Fujimoto, extrait de 17-21

Son autre force est sans nul doute son style à la fois comique et transgressif. Chloé Thomas pointe encore une similitude entre lui et Mark Twain. Ce dernier illustre de drôles de paradoxes grâce à son écriture directe, franche, brutale, américaine. 2 visions se rejoignant pour admettre qu’aimer la vie, c’est d’abord défier la mort.

brunoaleas – Illustrations ©Tatsuki Fujimoto

Publié le 25 octobre 2022