Je prends ma voiture. Je suis à la gare. J’oublie mon GSM. Je reprends ma voiture. Je chope mon GSM et revient à la gare. J’entre dans le train et rate le second. J’en profite pour manger, j’admire les campagnes wallonnes, et… je fucke le monde.
Une réplique propre à l’esprit d’Edges. Ce nouveau projet du guitariste Guillaume Vierset joue à l’Ancienne Belgique. Même si j’oublie des objets, même si les transports en commun sont souvent en retard, je préfère réfléchir comme l’artiste. Lors d’une interview au Soir, il rappelle ô combien la musique permet de s’échapper d’un quotidien trop étouffant. Il juge son œuvre enregistrée en 2020. Son regard est limpide.
Je suis ultra-heureux parce ça représente bien une époque, la pandémie, le confinement. J’ai joué avec de l’énergie, de la hargne. Je fucke le monde en fait, allez tous vous faire foutre, je fais mon truc et on voit ce qui se passe.
Cette philosophie se retrouve sur scène. Le jeune homme apparaît vêtu d’un peignoir et démarre le concert, sans un salut la famille. Heureusement, tout comme Antoine Pierre (batteur chez Next.Ape) en seconde partie, Guillaume Vierset communique énormément avec son public. Dès les premières notes, une forte impression martèle mon crane. Et si Edges était bien meilleur à écouter en live ? Non pas que l’album de ses membres soit inaudible. Mais une fois écoutés au spectacle, les morceaux The End of the F***ing World semblent taillés pour la scène. Si l’opus n’avait jamais été joué devant des auditeurs férus de rock, cela aurait été un pur gâchis.
Accords Simples et efficaces. Rythme envoutant, jamais ennuyant. Improvisation bien amenée. Sourire en coin, joie notable et instants incroyablement doux. Cette liste de mots définissent ce moment partagé avec le quatuor. Comme quoi, parfois il faut revenir à l’essence de la musique : jouer instinctivement pour créer une magie unique en son genre.
Samedi dernier, je m’aventure vers une tanière modavienne. Je découvre une salle de concerts. Aux Deux Ours, l’envie de se déchaîner est compréhensible. A l’affiche, on retrouve des groupes aux riffs bruts et méchants : Lymass et Naked Passion. Empty Head est aussi de la partie. Ses membres dévoilent de nouveaux morceaux. Une opportunité en or pour savoir si leur jeu est toujours aussi puissant.
Le quatuor faisait une résidence sur les lieux, quelques jours avant le spectacle. Dans quel but ? Ecouter les remarques de Jeremy Alonzi, l’homme aux mille-et-un projets, mais avant tout, musicien parmi The Experimental Tropic Blues Band. Thomas Michiels, guitariste chez Empty Head, décrit cette aide artistique.
Ses meilleurs conseils sont nombreux. Etre plus libres sur scène. Se laisser aller davantage. Se faire confiance les uns, les autres. Jouer bien plus ensemble, en fonction de ce qui se passe sur le moment même. Laisser place à l’imprévu pour se détacher de notre set bien carré, bien exécuté, pour le faire vivre encore plus, le rendre plus sincère. En n’oubliant pas d’inclure plusieurs fois le public.
Le concert démarre, ça bastonne en peu de secondes. Les deux guitaristes se complètent sans que leurs effets deviennent brouillons. Le chanteur devient insaisissable, tant il se déplace partout, tout le temps. Un interlude rappelle la force de frappe des Liégeois. Elle est en mesure de provoquer un pogo, même pour les plus statiques. Parlons-en. Choc générationnel ou pas, peu de personnes dandinent leur fessier… rien de grave ! Je continue à exploser ma nuque sur de nouvelles chansons, telles que ‘Violence’. Ce coup de cœur fut déjà apprécié au Bear Rock Festival. ‘Modern Man’ demeure probablement leur chanson la plus radiophonique. Rien de dérangeant. Les membres calment le jeu, l’espace d’un instant.
‘Cosmic Rave’ retient l’attention. Pourquoi ? Dio santo ! Ce titre est parfait pour clôturer le concert en sueur. La fougue domine sur plusieurs aspects : au niveau d’un chant maîtrisé et des soli de guitare plutôt mémorables.
Que manquait-t-il à cette soirée ? L’imprévisible singe-costard-cravate. A savoir, le personnage principal de ‘Moden Man’. Un grain de folie de plus pour ces musiciens à l’énergie débordante.
Lucien Phare est musicien, très philosophe. Ses réponses sont simples. Non pas simplistes, mais légères, mystiques, pertinentes. Il présente son premier album, Idiosyncrasy. A quoi s’attendre ? L’insouciance infantile, l’œil de Francisco Mata Rosas, Carl Jung et ses réflexions.
Parlons de la pochette du disque. Tu as choisi une photo de Francisco Mata Rosas. Voulais-tu refléter l’insouciance des enfants, celle qui disparaît quand on vieillit ?
J’aime bien l’idée que chacun puisse se faire sa petite histoire. C’est important parce que cette image est quelque chose de très symbolique et ça ouvre… en fait, on peut envisager un tas de narrations. Si tu le souhaites, je peux raconter la mienne.
Oh, oui oui.
L’image m’est tout de suite apparue touchante. Après, j’y mets cette idée de l’insouciance, c’est sûr. Il y a aussi cette idée du regard qui est ultra parlant. Il reflète une chose très forte quand on pense aux masques que l’on porte. Puis, ça me faisait penser au fait que chaque personne sur Terre a été un enfant. Plus je revenais sur cette idée, plus ça me faisait réfléchir… par exemple, quand j’observais des dirigeants du monde, des choses comme ça, et que je songeais qu’ils étaient des enfants, je ne sais pas, ça me faisait énormément réfléchir… le fait que ces parents ont aussi été de petits enfants, qu’on a tous traversé la période de l’enfance. Je me focalise sur l’idée que tout le monde peut à un moment enlever son masque et montrer cette insouciance, comme tu dis. Ces choses un peu enfouies, un peu cachées.
L’enfance, tu as des facilités à en parler. Ou alors, est-ce une thématique complexe qui demande du temps pour être développée au fil de l’album ?
Bonne question… mais je pense que ouais, j’ai de plus en plus de facilités à en parler. Je ne cours pas après mais disons que je ne cesse de redécouvrir un peu ces sensations, ces ressentis qui réapparaissent. Dans cet album, il y a des morceaux dans lesquels je ne me suis vraiment pas pris la tête. Je jouais quelque chose d’assez fluide, d’assez simple. Je suivais une philosophie : lâcher prise, ce que les enfants font très bien. (rire) L’attitude est punk sans l’être. On se relâche. Les choses deviennent futiles.
J’aimerais revenir sur le photographe Rosas. Très vite, il arrive à choper notre attention. Ses photos sont très épurées. Qu’est-ce qui te marque le plus dans le travail de cet artiste ?
J’étais dans un musée à Mexico. Il s’y trouvait une photo mémorable de Francisco. Ensuite, je m’étais renseigné et j’apprenais qu’il pratique le photojournalisme. Il y a ce côté… je ne sais pas, son style est authentique. Il y a des moments de vie. Pour la pochette de l’album, il y a une mise en scène minime. Mais finalement, ce n’est pas dans ses habitudes. La mise en scène se voit rarement dans ses clichés. Ce sont souvent des photos de rue. J’aime vraiment l’authenticité qu’il réussit à capturer.
J’aime beaucoup visualiser tes chansons comme un phare, une aide lumineuse. En m’informant sur Idiosyncrasy, je me demandais si la peur était le plus gros frein de nos actes, à chacune de nos pensées. Tu souhaitais partager ce message en composant l’album.
Oui. Je le réalisais dans un moment où je ressentais beaucoup de peur. Inévitablement, ça en parlait. Quand je composais, je ne me disais pas qu’il fallait évoquer la peur. Mais en fait, j’étais dans cet état. Les compositions répondaient à ça. Par exemple, l’idée du morceau « Calm Down » était clairement imaginée au moment où tout bouillonnait en moi, quand venait l’instant de se dire : « Laisse aller, n’aies pas peur», enfin plutôt… c’était bien plus : « Laisse la peur être ce qu’elle est et puis ça passera». Il y a cette proposition de ralentir le rythme au fil de l’album. La peur, c’est aussi l’accélération. C’est pour ça que dans cet album, tout est très lent. Des fois, il ne se passe pas grand-chose. Mais c’est fait exprès. Qu’une envie de lâcher prise puisse planer.
Peut-on percevoir la peur comme quelque chose de positif ? Durant la période covid, des amis artistes se mettaient à composer, à écrire. Inconsciemment, ils craignaient que tout se termine. Créer, maintenant ou jamais. La peur peut devenir un moteur pour créer ?
Ouais, c’est arrivé mais ça m’arrive de moins en de moins. Quand ça arrive, ça arrive. Je ne lutte pas contre (rire). A ce moment-là de ma vie, lors des enregistrements de l’opus, ouais, c’était dans le sujet. Mais en ce moment, ça va. Je suis plutôt dans une phase où j’ai de moins en moins peur. Je pense que la sensation propre à la peur peut aider. Ça fait partie des choses qui motivent, tout comme la colère, ou juste l’amour. Ça devient parfois un vecteur d’inspiration artistique.
Quand j’écoute l’album, je me transporte vers un western féerique. Comme si j’étais au milieu d’un désert, où les cowboys utilisent leurs armes pour planter des arbres. Des personnalités participent à la féerie du projet. Je fais référence aux voix féminines. Elles sont envoûtantes. Comment fais-tu pour caser ces voix aux meilleurs moments ?
Là, pour le coup, j’étais dans l’intuition. Les chœurs ont été fait par une amie. Elle s’appelle Victoire. Nous sommes très proches. Elle était près de moi pendant ces phases. Ça s’est fait de manière assez fluide parce qu’en fait, les compositions des morceaux se réalisaient sur un temps long. Ce temps n’avait rien de défini. J’étais chez moi et ça durait plus d’un an. Nous travaillions petit à petit. Sur « Walk Don’t Stop », j’avais des idées claires. J’entendais des sons, néanmoins, le petit pont de voix fut écrit par Victoire. Pour les dernières chansons, la voix est moins formulée en chœur. Elle nous est plus proche. J’étais, là aussi, accompagné d’une amie avec qui je passais beaucoup de temps. A un moment donné, on a enregistré dans ma cave.
C’est ta première interview pour un webzine belge. Aimerais-tu que je te pose une question plus qu’une autre ?
(gros silence) Pourquoi je me retrouve à parler de Carl Gustav Jung sur mon album ? Je me suis rendu compte que ce n’était habituel de citer un psychiatre en musique. Derrière cela, il y a le processus d’individuation. Cette idée signifie d’aller vers un soi indivisible, authentique, une sorte d’unité qui accepte la conflictualité en soi et qui la découvre… Le disque parle un peu de ces choses. Il y a l’idée du soin. Je ne sais pas encore si c’est une idée qui va perdurer dans mes prochaines créations. En tout cas, à travers Idiosyncrasy, il y a idée qui est portée sur le soin. Et plus précisément, sur l’idée de guérison.
Tu traduis en musique les écrits de Jung.
Ses écrits m’inspiraient. Je lisais pendant que je créais ma musique. Forcément, ça influençais mes sons. C’était arrivé dedans sans que je le veuille. Ca faisait partie de ma vie et ça finissait inévitablement dans les compositions.
A qui conseiller ces lectures ? Quelle personne en aurait le plus besoin ?
L’auteur m’aidait beaucoup lorsque j’étais confus à cause du flot de pensées dans ma tête… je le conseille aux personnes qui ont un mental un peu envahissant. Aux personnes qui ont parfois peur de l’inconnu, de l’invisible, qui ont peur d’eux-mêmes, des autres, de ce que Jung appelle« l’ombre ». C’est-à-dire, tout ce qui concerne ce qu’on n’arrive pas à négocier entre nous et nous-même. Qu’ils lisent Jung, ils trouveront des trucs vachement croustillants. Enfin, pour moi c’était décisif dans ma vie.
Le temps file à la vitesse du son. Comment analyser toutes les sorties musicales ?! Calmons le jeu. Discutons d’electro. Sens aiguisés. Démarche chaloupée. A chaque coup de cœur partagé, un voyage à l’international est proposé !
France
Ce n’est pas la première fois (ni la dernière) qu’on cite Par.Sek. Le duo présente une musique déjantée et dansante ! Leur véritable slogan s’écoute dans leur dernier morceau en date : On vit d’amour, y a pas le choix.
Angleterre
Les artistes anglais sont toujours en avance sur le temps. Il vous faut une preuve ?
Ecoutez Jamie xx. Le jeunot percute les oreilles encore et encore. Ses ambiances tribales, africaines, aux mélodies imprévisibles, sont excitantes à découvrir.
Etats-Unis
Nosaj Thing conçoit la musique comme nul autre. Pour son cinquième album aux atmosphères posées et planantes, il fait appel à un casting en or : Toro y Moi, Panda Bear, ou bien Hyukoh, groupe séoulite plutôt prometteur.
Italie
Cosmo adore célébrer la vie. ‘La verità’ s’inscrit dans cette envie. Chanter qu’on se sent bien, sans porter de masque, sans jouer la carte de la superficialité.
Quand dandiner sa tête devient impossible… c’est pour mieux pogoter. Combien de concerts donnent l’impression de ramollir ? Combien de concerts nous font vibrer ? Plus les années s’écoulent, plus un besoin devient vital : contempler des spectacles bousculant les tripes.
Heureusement, Ultraphallus existe encore. Prononcer leur nom bouscule les mentalités. Un nom parfait pour leur style proche d’un metal psychédélique.
La bande joue au KulturA. Pourquoi éviter cette date printanière ?! Avant de franchir le pas de la salle, je ne m’attends à rien. Je ne suis ni un grand fanatique, ni un détracteur assumé du groupe. Ne rien attendre des musiciens, c’est sûrement la meilleure position à adopter devant leur show.
Dès les premières notes écoutées, je passe du Côté Obscur de la Force. Le quatuor se fait plaisir. Comment ? A bas les costumes foireux sur scène. Adieu les fioritures sonores. Ici, ce sont des gaillards habillés normalement jouant des gros riffs barbares. Entre le chanteur aux mouvements vaudous, et le batteur aussi percutant qu’un tir de tank, le jeu en vaut la chandelle.
Le titre Motherbumface reflète mes propos. Le son est bête et méchant. Simple et bourrin. Surtout très méchant.
Les surprises ne s’arrêtent pas là ! Le groupe adapte une chanson composée par Evil Superstars, ‘Can’t Seem To Fuck Things Up’. Il faut applaudir. Evil Superstars faisait partie des groupes belges à la carrière brève, intense, aux compositions mémorables. Ses membres étaient de talentueux énergumènes. On y apercevait Tim Vanhamel (Millionaire, Broken Glass Heroes) ou même Mauro Pawlowski (dEUS). La reprise est réussie, tant elle colle au répertoire phallusien. L’hommage est donc apprécié !
Ultaphallus marque un retour comme il se doit. Surveillons la suite des évènements. Qui sait ? D’autres mélodies pourraient enrichir leurs morceaux. Même si la trompette de Phil Maggi, ainsi que sa voix, marquent déjà l’esprit.
Albert jouant comme les Strokes est peu atypique. Albert singularisant Hammond est toujours intéressant. Qui sait ? Le guitariste est sûrement une pièce irremplaçable du quatuor new-yorkais. D’année en année, ça se comprend de mieux en mieux.
Ronker
Ronker est sauvage et direct. Sur ‘MJ’, le chanteur crie six mots taillés pour le groupe belge : I want to be Michael Jordan. Il tire sûrement son énergie de ce slogan !
Trainfantome – Thirst
Une musique à la fois brute et planante, voici la proposition de Trainfantome. Une autre merveille de Flippin’ Freaks. A suivre de près.
Louvain-la-Neuve regorge d’initiatives offrant joie et loisir aux étudiants. Le Théâtre Universitaire organise diverses activités épanouissantes. Eloïse Vanhée choisit leur voie. Découvrez son amour de la scène. Sans oublier, ses tactiques pour vivre sa passion, même quand les études sont chronophages.
When it’s done, it’s easy to complain. But when I’m gone, don’t try to come back to me. Les paroles du nouveau single des Stoner Bud’s sont aussi frontales que leur musique. Un son brute, comme à leur habitude, rempli d’énergie.
Angel Olsen – Forever Means
Angel Olsen a un univers plutôt magnétique. J’attendais un morceau aussi fort que Woman (MY WOMAN, 2016). Me voici servi. De fait, Nothin’s Free laisse respirer une instrumentation incroyable. Au menu ? Saxosex, piano stellaire, légère batterie.
Foo Fighters – But Here We Are
Le retour des Foo Fighters se passe de commentaires. Rien à écrire, si ce n’est que la découverte de ce prochain chapitre sera émouvant.
Il est 15h30, la cloche sonne. Je mets tout dans mon sac et me dirige vers le bus scolaire. Je n’ai qu’une seule hâte, revoir mon compagnon d’infortune. J’arrive devant la maison, je rentre. Je suis beaucoup trop impatiente. Je m’installe devant la TV. Naruto est là, l’aventure peut commencer. Je plonge dans un récit où le personnage principal est rejeté de tous parce qu’il accueille en lui un Démon Renard à Neuf Queues. Il devra se battre pour se faire accepter des autres ninjas du village de Konoha.
J’ai 11 ans lorsque je fais la rencontre de cet anime. Cette œuvre me procure des émotions suffisamment fortes pour me donner l’impression que l’univers des ninjas existe et que j’en fait partie. Quand on est une enfant aux amitiés bancales qui a du mal à trouver sa place, ce monde devient quasi instantanément un endroit où je me sens épanouie. Naruto Uzumaki, à travers son parcours, sa ténacité et sa joie de vivre, a pu, d’une certaine manière, me soutenir.
J’ai 23 ans. J’enregistre une série de podcasts pour une Maison de Jeunes où j’effectue mon stage. Ayant plus que remarqué l’attrait de quelques adolescentes pour les mangas, je décide d’entamer une discussion sur ce sujet. Après quelques minutes d’échange, nous citons Naruto. Là, je suis surprise et touchée. Des larmes coulent sur le visage de 2 d’entre elles. Le petit rejeté de Konoha les chamboule.
Naruto est une œuvre bouleversante parce que Naruto Uzumaki a été discriminé. Il a perdu ses parents, il a été tout seul toute son enfance. Ça m’a bouleversé parce que parfois, ce sont des choses qui arrivent dans la vraie vie. Le voir évoluer, devenir Hokage et papa, c’est trooop. C’est vraiment une leçon de vie, une leçon de morale. Ça montre que le travail paye.
Anonyme, 18 ans
Ce qui me bouleverse, c’est le fait qu’il soit seul versus le reste du monde. Tu le vois petit sans personne et là, il est suivi même par les personnes qui le jugeaient. Naruto n’est pas devenu méchant alors qu’il aurait pu le devenir après tout ce qu’il a vécu.
Anonyme, 17 ans
12 années s’écoulent entre le moment où je découvre Naruto pour la première fois et l’instant où ces jeunes ont été chamboulées. Pour moi, la force d’un manga réside dans sa capacité à changer, bousculer, aider, faire évoluer le réel. La première partie consacrée à Naruto (à la différence de sa suite nommée Shippuden) réussit avec brio ce défi… ce shonen m’a aidé. Il a montré à ces jeunes que tout était possible malgré l’adversité. Nous nous sommes reconnues en lui et ce, peu importe la génération.
Ce que je trouve le plus bouleversant et impressionnant, c’est que même si Naruto a été seul, moqué de tout le monde, il a su garder sa fierté, il ne s’est jamais rabaissé à se dire que c’était fini. Il a toujours cru en lui, même si personne ne croyait en lui. Même si tout le monde lui tournait le dos, lui était là pour lui. Au final, lorsqu’il a grandi, les gens étaient là pour lui. Ce retournement de situation est bouleversant. Il est toujours resté fidèle à Sasuke. Il a toujours gardé ses valeurs. Il a essayé de le chercher, de le faire revenir à la raison. Franchement digne d’un vrai ami.
Les malédictions seraient-elles parfois des bénédictions ? C’est grâce à mes souffrances que je peux aimer comme ça. C’est grâce à mes larmes que tes baisers sont si doux. Et il n’y a aucun malheur que l’amour ne saurai pardonner.
Ranking of Kings, qui se traduit par Le Classement des Rois, à la particularité d’avoir été réalisé par Sōsuke Tōka, un créateur de livres pour enfant. Lorsqu’il a commencé à écrire l’histoire de ce petit prince sourd-muet, il n’a pas pu s’arrêter d’écrire et, pris dans cette frénésie créative, le projet a fini par devenir un manga.
Cela explique pourquoi le dessin et le scénario sont aussi différents du reste, un esprit enfantin nostalgique imprègne cette œuvre. Dessins très simples, peu détaillés, et scénario à la fois très simple et pourtant si profond.
Nous suivons l’épopée du Prince Bojji, fils de géant et héritier de la couronne, un petit garçon sourd-muet et frêle comme une brindille. Qui l’accompagne ? Son ami l’ombre. Leur objectif sera de faire de Bojji un grand roi puissant, capable de se hisser à la toute première place au classement des rois.
Comme je l’ai dit plus haut, si le scénario du manga est magnifique, les dessins sont trop simplistes. Il n’y a presque aucun détail et le manque d’expérience de l’auteur dans ce médium se fait ressentir.
Heureusement, une adaptation en anime est sortie et celle-ci est excellente. Tout en étoffant l’esthétique et les arrière-plans, les magnifiques couleurs et l’animation fluide transforment une œuvre sympathique de par son scénario en véritable bijou. La musique médiévale qui parcourt le dessin animé est légère et optimiste. Elle donne une atmosphère joviale à l’ensemble. On a presque l’impression de regarder un dessin animé occidental, tellement ce style de dessin, de musique, change des autres animes japonais.
Pour ce qui est du scénario, je dois bien avouer avoir été très impressionné. Ranking of Kings repousse toutes les limites de la narration, bouleversant notre empathie et sensibilité. Qui aurait cru qu’une œuvre avec une façade aussi infantile cachait en son sein une des histoires les plus touchante que l’animation peut proposer ?
Ranking of Kings possède bien un personnage principal en la personne de Bojji, certes. Mais dans les faits, ce manga fonctionne presque comme une anthologie. Même si on a envie d’encourager ce petit héros vertueux tout du long, le soin apporté aux autres personnages est juste décoiffant. Chaque personnage secondaire sans exception possède à la fois une origine détaillée, mais aussi des objectifs, des valeurs et des sentiments complexes qui lui sont propres et qui font avancer l’histoire par leurs exécutions.
A l’écran, de nombreux sujets difficiles défilent. Ils sont développés avec beaucoup de délicatesse, de sensibilité. On nous parlera de deuil, discrimination et regrets. En se souvenant que rien ne peut balayer un amour sincère et rien ne peut vraiment séparer les cœurs conjugués, nos personnages traceront la voie vers un plus bel avenir.
Chaque mal provient de quelque part. L’âme humaine tend naturellement vers le bien mais les blessures du passé peuvent nous pousser à nous méprendre. Mais c’est aussi en traversant des épreuves qu’on apprend, qu’on comprend, et qu’on grandit… vous pouvez compter sur Bojji pour vous le montrer.
La septième édition du festival Insert Name dévoile une affiche alléchante. Pourquoi ? Diantre ! Cosse, Gnome, et Ronker sur le même écriteau ! Plongeons vers ces concerts attirant les passionnés des cordes et percussions.
Apex Ten ne calcule rien à l’avance. Le trio suit son instinct stoner. Le but est d’improviser. Une guitare ou deux, un riff ou du chant, la bande envoie du lourd. Benoît Velez se lâche. Il se met aussi bien au service des lignes de basse, qu’à son service (oui, il se fait plaisir). Il joue alors des solos dont la durée n’est jamais trop longue, jamais trop courte.
Ronker communique une énergie sans nom. Le chanteur grimpe sur tout et n’importe quoi, quand il ne crache pas ses cordes vocales. Serait-ce un Idles flamand sous nos yeux ? Il est sûrement trop tôt pour tenter la comparaison. Les Anglais flottent sur une autre stratosphère, tant sur le plan scénique qu’instrumental. Quoi qu’il en soit, me voici en contemplant la rage des Belges.
Les classieux Cosse, eux, restent groupés sur scène. Du peu que j’ai écouté, leur concert fut une merveille. Des effets guitares très doux se mêlent à leurs brutes transitions. Leurs mélodies mordantes s’enchaînent sans tarder, offrant une vraie couleur au groupe.
Quant à la puissance sonore de Naked Passion, elle apparaît telle une surprise incroyable. Le batteur souffle quasiment à chacun de ses coups. Les guitaristes tournoient face à leur public. Le bassiste rejoint ce mouvement énergivore. Les membres s’emparent de la scène sans danse macabre, sans théâtralité foireuse. Il va falloir suivre ces jeunes Liégeois pour comprendre leur magie. Comment le prouver ? Il suffit d’écouter la fin de leur spectacle. On les aperçoit tenir quelques notes, longuement, avec assurance… en suant de leur meilleur front pour ensuite éclater en crescendo ! Comme face à un volcan toujours prêt à exploser. Plutôt bluffant. Bravo.
Finalement, Insert Name est un évènement vraiment intéressant. Ce rendez-vous annuel sert à cerner la sphère actuelle des actrices et acteurs rock, stoner, metal. Pour les mélomanes, il est difficile de rater le coche.
On se devait ce petit rattrapage. Canzone 10 sortait il y a un petit temps. Si le futur du rock italien sonne à la manière de Little Pieces of Marmelade, je signe et surligne. Le duo prouve qu’à force de jouer sur les multiples effets des guitares/percussions, on obtient souvent de sacrées mélodies.
Verdena – Volevo Magia
Qui lève la main pour écouter une chanson sur la drogue ? Je me fous de savoir combien d’acides ont pris le trio Verdena durant leur carrière… le plus important est que cette guitare griffe encore et encore nos oreilles !
James Yorkston & Nina Persson – The Great White Sea Eagle
Le label Domino voit défiler quelques perles musicales : Arctic Monkeys, Franz Ferdinand ou autres jeunes excités. Cette fois, c’est la délicatesse de Nina Persson qui retient mon attention. Et parfois, une musique ne dépassant pas 2 minutes suffit amplement.