La Dure à Cuire est un concept né en 2018. Commentons l’actualité rock de la plus douce, à la plus brutale. Puis, écoutons sa playlist !
Cass McCombs
Summer’s vine is knotted. Twisting in the ground. Wild fennel in the wetlands. Nightfall hurling down. Hear them in the valley. They called me when you fell.
Puma Blue
Puma Blue, la grande classe. Oui, ce surnom est légitime. Pourquoi ? L’artiste ne cesse de revenir en force avec des compositions délicates, rappelant les meilleures heures du trip hop.
Bou
« Les enfants sont d’une extrême sincérité. Ils ont une absence de faute et sentent une joie de dessiner, donc, ce sont mes idoles », avouait Batawp. Dans ce monde enténébré, il est bon de garder son âme d’enfant. Bou suit la philosophie. Bou est ton ami.
Tick, Tick… Boom ! est une comédie musicale réalisée par Lin-Manuel Miranda, inspirée de la vie du compositeur Jonathan Larson, connu notamment pour Rent. Le film suit Jonathan, un jeune artiste new-yorkais à l’approche de ses 30 ans, partagé entre ses ambitions créatives, ses relations personnelles et l’angoisse de voir le temps lui filer entre les doigts. Alors qu’il travaille sur une comédie musicale censée être son grand succès, il doit faire face à ses doutes, à la pression sociale et à la peur de ne jamais accomplir ses rêves.
J’ai vraiment beacoup apprécié ce film. Emmanuel Miranda est bien évidemment très connu pour sa comédie musicale à succès Hamilton et il n’a plus de preuve à faire comme auteur. Mais ici, c’est un tout nouveau défi pour lui. Adapter un monologue rock semi-autobiographique d’une éminence de la comédie musicale ne devait pas être simple ! Et pourtant, la mise en scène est excellente. On n’a jamais l’impression que l’action s’arrête. De vraies résolutions émergent au fil des chansons, qui font avancer le récit de manière naturelle.
Andrew Garfield est remarquable dans son interprétation de cet optimisme désespéré. Il parvient à transmettre toute l’envie de Jonathan, mais aussi son stress et sa détresse. Sa performance vocale est également impressionnante, notamment sur les morceaux les plus rock.
J’apprécie particulièrement les comédies musicales parce qu’elles sont visuellement et émotionnellement riches. Ça chante, ça danse, et cela permet de ressentir plus intensément les émotions des personnages. Dans les films classiques, certains choix peuvent paraître absurdes, mais dans une comédie musicale, les personnages expriment leurs émotions en chanson. Même si leurs décisions sont irrationnelles, elles deviennent compréhensibles, et on leur pardonne plus facilement.
Par exemple, dans Dear Evan Hansen, une autre comédie musicale bien connue, la prémisse peut sembler tirée par les cheveux. Il s’agit de l’histoire d’un jeune homme qui ment à propos de son amitié avec un garçon qui s’est suicidé. Il sait que son mensonge est moralement répréhensible, mais il en retire une forme de reconnaissance qui améliore drastiquement son quotidien. Dans un film classique, on pourrait le voir comme profondément égoïste. Il l’est en partie, mais comme il exprime ses choix de manière très émotive en chanson, on comprend mieux ce qui le pousse à agir ainsi. On retrouve ce même mécanisme dans Tick, Tick… Boom !. Jonathan est loin d’être parfait. Son ambition met à mal toutes ses relations. Il blesse également les personnes qui l’entourent pour un projet incertain, presque fantasque. Cependant, à travers ses chansons, ses ressentis, ses envies, ses doutes, ses peurs, mais aussi sa détermination et son amour profond pour son art, tout devient limpide.
Quant au thème principal, il est universel et profondément sincère. C’est cette sensation de manquer de temps à l’approche d’une nouvelle décennie. Beaucoup de gens connaissent cette angoisse. Changer de décennie, c’est dire adieu à une période de sa vie que l’on ne retrouvera jamais. Jonathan dit adieu à sa vingtaine et ressent une urgence intense, celle de réussir avant qu’il ne soit trop tard, avant de ne plus être considéré comme un jeune artiste.
Ce thème est encore plus poignant avec le recul. Jonathan Larson, mort à 36 ans, exprimait déjà cette peur du temps qui file, sans savoir à quel point elle était réelle pour lui. Sans cette pression, aurait-il créé son chef-d’œuvre ? Peut-être, peut-être pas. Mais comme il le dit si bien dans la chanson « Why », il n’aurait pas pu vivre autrement.
L’histoire de Jonathan Larson est l’une des plus inspirantes pour les artistes. J’ai été profondément touché par son parcours et état d’esprit. La tragédie liée à sa disparition est bouleversante, même si on comprend qu’il a vécu sa vie pleinement, à sa manière. Finalement, la poursuite du succès était déjà une fin en soi.
Au fond, nous aspirons tous à vivre selon nos désirs et à poursuivre nos rêves. Le secret réside peut-être dans le fait d’aimer la poursuite du rêve autant que le rêve lui-même. Ainsi, le temps investi en vaut toujours la peine, quel que soit le résultat.
Psoman se définit comme muraliste, illustrateur et peintre. Son travail dans la rue le passionne et me fascine. L’artiste stimule sa mémoire et explique son parcours.
Alchimie : science de la compréhension, déconstruction et reconstruction de la matière. Cependant, ce n’est pas un art tout-puissant. Il est impossible de créer quelque chose à partir de rien. Si l’on souhaite obtenir quelque chose, quelque chose de valeur égale doit être donné. C’est la loi de l’échange équivalent, la base de toute alchimie. Conformément à cette loi, il existe un tabou chez les alchimistes : la transmutation humaine est strictement interdite. Car qu’est-ce qui pourrait égaler la valeur d’une âme humaine ?
Citation tirée de FullMetal Alchemist
FullMetal Alchemist est un manga d’Hiromu Arakawa, publié entre 2001 et 2010. Il raconte l’histoire de deux frères alchimistes, Edward et Alphonse Elric. Ces derniers partent à la recherche de la pierre philosophale. Cet artefact légendaire pourrait rendre à Alphonse son corps et à Edward son bras et sa jambe, perdus lors d’une transmutation humaine interdite. Au fil de leur périple, ils découvriront un sombre complot qui remet en cause les fondements mêmes de leur nation.
L’œuvre a connu deux adaptation en anime : une en 2003 qui s’en détourne et une en 2009, surnommée Brotherhood qui suit fidèlement le manga.
Pour le contexte : FullMetal Alchemist est le tout premier manga vu de mes propres yeux. Enfin, pour être exact, c’est le premier qui n’était pas simplement un « dessin animé ».
Quand j’étais enfant et que passaient à la télé, plein de dessins animés, je ne faisais aucune différence entre Code Lyoko, Les Super Nanas et Dragon Ball. Tous étaient des dessins animés et rien d’autre. Mais un jour, en zappant, je suis tombé sur des séries animées sur MCM, une chaîne qui, d’habitude, était plutôt destinée aux grands. Et lorsqu’un dessin animé commence avec un générique en japonais, on comprend qu’on est en train de regarder quelque chose de différent. Quelque chose de plus mystique, de plus mature.
Et il faut bien avouer que j’étais bien trop jeune à l’époque ! FullMetal Alchemist (le premier du nom donc) est un anime plus inspiré qu’adapté de l’œuvre originale. Puis, c’est vraiment plus gore que le manga ! Mais les thèmes me dépassaient aussi : le génocide, la valeur de la vie humaine dans sa dignité, l’échange équivalent… je frémis encore, en repensant à certaines scènes de violences terribles : des sacrifices humains, chimères et corps qui se décomposent sous le coup de l’alchimie. Cela ne m’a pas empêché d’en être obsédé pendant des mois. Dans la cour de récréation, nous rejouions nos scènes préférées. Je remplissais mes journaux de classe de cercles de transmutation. Mon meilleur ami et moi, nous nous surnommions « Ed » et « Al », l’un l’autre. Nous étions plongés dans notre imagination. Nous avions l’impression que les personnages faisaient partie de notre quotidien, comme autant de camarades de jeu.
Cet amour ne m’a jamais quitté. J’ai pu revoir FullMetal Alchemist, récemment. Bien que j’aie lu la série, je n’avais jamais vu son adaptation fidèle : Brotherhood. J’ai retrouvé Amestris, comme on retrouve un vieux village d’enfance. Je suis retourné à Resembool, comme on revient visiter le village de ses grands-parents, après une vie d’absence.
FullMetal Alchemist est une œuvre à jamais intemporelle. Elle nous plonge dans un monde original dont on a envie de découvrir toutes les facettes étonnantes, et en même temps, elle nous semble familière. Cette familiarité, c’est l’humain.
Dans peu d’œuvres, on s’attache et aime autant les personnages aussi rapidement. Leurs motivations sont touchantes et leur empathie, leur sens des valeurs, nous poussent à les suivre, à les soutenir et à apprécier jusqu’à leurs erreurs.
FullMetal Alchemist est une masterclass, pensez juste à l’écriture des personnages. Le manga restera un culte immanquable, jusqu’à ce que la Terre entre en combustion.
Juni Ba a une patte artistique atypique. Il est aussi un conteur captivant. Société idéale, héritage… que retenir de The Boy Wonder et Mobilis ? Réponses de l’auteur !
Via The Boy Wonder, tu présentes Damian Wayne. Il a été élevé par des assassins. Désormais, il se nomme Robin, l’acolyte de son père, Batman. Il se cherche et doit faire confiance à ses pairs. Il doit trouver sa place dans la Bat Family. Tout au long de l’histoire, j’ai médité au sujet de la ville où se déroule l’action. Je n’avais pas l’impression d’être à Gotham, où l’ambiance est morose, voire déprimante, comme certains auteurs et dessinateurs ont pu développer – à l’exception près de l’apparition de Red Hood, rendant la lecture un peu plus trash –. Je suis donc content d’observer une nouvelle version de cette ville, loin d’une atmosphère propre à l’asile d’Arkham. J’ai longtemps réfléchi à cet aspect de ton livre. Maintenant, citons Angela Davis. Elle affirmait : « La prison aurait dû être abolie depuis longtemps« .La militante américaine est convaincue que la prison est un refuge d’idées rétrogrades comme le racisme. Cettepensée semble s’aligner avec la philosophie de ta BD. Veux-tu qu’on retienne ton livre comme post-moderne ? Est-ce une œuvre déconstruisant les idées dominantes de manière ludique ?
J’imagine. Ouais, je ne sais pas trop. Je réfléchissais plus à l’aspect pratique des personnages, à quoi ils servent dans leur contexte. J’ai imaginé Damian débarquer avec son background, son éducation, les idées mises dans la tête. Finalement, il débarque dans un environnement où toute l’idée, c’est de pouvoir aller au-delà des limites de deux figures parentales. Ça pose aussi la question de la limite de son activité de super-héros. Et naturellement, la conclusion à laquelle je suis arrivé est la même que celle prononcée par Angela Davis. C’est-à-dire, tu participes juste à un système particulier. Le système fait ce pourquoi il a été conçu, mais c’est un système qui est conçu pour broyer l’humain. Donc, forcément, Damian voit ça. A la base, l’idée principale était qu’il il arrêtait le même cambrioleur à chaque chapitre. Ce même cambrioleur à qui l’histoire est racontée. En fait, il était censé apparaître dans chacun des chapitres et combattre Damian, après avoir commis un nouveau crime. Damian le renvoyait ensuite chez les flics, à chaque fois. L’histoire d’après, il était à nouveau dans la rue, à nouveau pauvre et en galère. Il se retrouvait encore à devoir commettre un crime. J’aimais des trucs ultra hardcore. Je souhaitais me concentrer, non pas sur les serial killers, mais sur la grosse majorité de gens qui galèrent. Puis, mettre en avant le côté cyclique, celui où on t’envoie chez les flics et il n’y a pas de place dans les prisons. Le perso sortait du cycle et le cycle se répétait juste après.
As-tu l’impression que tu as amené un peu de lumière dans l’univers DC ? Certes, Superman est proche du peuple et recharge ses batteries grâce au Soleil. Mais, on a souvent droit à des récits assez sombres. Tu t’éloignes de la noirceur propre aux comics DC.
Pas vraiment. Mais références à moi, c’est Darwyn Cooke. Ce n’était pas quelqu’un de particulièrement cynique dans ses histoires. Donc non, au contraire, j’avais plutôt l’impression de revenir un peu à la base de ce qui faisait ces persos. Ce sont des persos qui représentent l’idée d’essayer d’améliorer le monde autour de soi, de faire tout ce que le système est censé faire, mais ne fait pas car corrompu. J’ai pris l’angle qui allait bien avec les histoires que j’avais envie de raconter. Je ne crois pas l’avoir fait en réponse, nécessairement, au ton classique de Batman. Même Batman est un héros aux tons différents, finalement. On le voit toujours comme sombre. Alors qu’en réalité, quand tu lis les BD régulièrement, le gars est entouré de la Bat Family. C’est genre une quinzaine de personnes à ce stade. L’image de Batman, symbole du type hyper sombre, tout seul, est fausse, depuis très longtemps. Il y a deux ou trois éléments que j’ai conçu exprès, en réponse à l’image qu’on se fait habituellement.
Je voyais ton écriture comme un vent frais. Si on pense au Batman de Frank Miller, il se fait justice soi-même et ressemble à un pauvre malade. The Boy Wonder est vraiment un excellent conte pour découvrir la Bat Family. A la fin de ton histoire, un modèle de société est proposé aux lecteurs. Ce final rend ta bédé exceptionnelle. C’est comme si tu rêvais d’une société où la sensibilisation l’emportait sur la répression. Est-ce trop difficile à appliquer, ici et maintenant ? Ou es-tu convaincu qu’on peut aboutir à ce type de société ?
Selon les BD sur lesquels je bosse, je suis plus ou moins optimiste, plus ou moins négatif. La raison pour laquelle The Boy Wonder finit comme ça est liée au fait que je bosse sur un bouquin de super-héros. Dès lors, le but est d’être justement optimiste, un peu idéaliste. C’est tout le principe de ces personnages. C’est à ça qu’il servent, en fait. Ce truc de vouloir rendre les super-héros réalistes me dérange. C’est insensé. L’objectif est d’imaginer des persos qui soient le concentré de tout ce qu’il y a de meilleur en nous. Imaginons une histoire qui se finit bien, où les protagonistes arrivent à mettre en place un système qui fonctionne. Où ils arrivent à aller au-delà des limites classiques, en s’éloignant de l’autosabotage constant des humains. Pour ce qui est d’appliquer la société idéale, si elle est viable ou non, j’en sais rien. Ça dépend des sociétés, des groupes, j’imagine.
Considères-tu certains dessinateurs comme des super-héros ?
C’était le cas quand j’étais plus jeune. Plus maintenant. La culture Internet a contribué à me dégoûter de ça. Il y a une tendance qui s’est développée, celle de sacraliser les gens, de les mettre sur des piédestaux… les humains sont des humains. Une phrase est bonne à retenir : « Tout le monde fait caca ».
(rire) Oui, c’est vrai. C’est beau repère, un beau critère.
Il n’y a pas quelqu’un qui soit au-dessus des autres. Les toilettes sont le grand égalisateur de l’humanité. (rire)
Passons à Mobilis. Il s’agit du récit d’une enfant adoptée par un savant, entourée par les ruines du monde aquatique. Une question s’imprime en mémoire, quand on lit Mobilis : « Qu’aimerait-on léguer aux jeunes générations ? ». Mais on va plutôt se tourner vers une autre interrogation. Il y a une membre, surnommée Mouche. Elle voulait te questionner. Ce qu’il y a de plus beau à léguer à la jeunesse est l’amour inconditionnel ?
J’ai envie de répondre : « Ça ne se mange pas ». (grand sourire) Ma pensée est très africaine, bizarrement. C’est une réflexion très pragmatique. Revenons un instant à Mobilis. D’un côté, c’est la logique du vieux daron qui te dit : « Je t’ai donné à manger, je t’ai donné un toit ». De l’autre, l’enfant est en manque d’affection et se plaint : « Ouais, enfin, tu n’étais jamais là ». Bref, je ne sais pas. Si tu te préoccupes de l’autre, tu fais en sorte qu’il vive correctement. Voilà, je n’ai pas une réponse à donner. C’est fort nébuleux dans ma tête. Nemo essaie de l’abreuver de grosses notions philosophiques. Elle, en face, elle lui répond des trucs très pragmatiques comme : « Il ne reste rien, autour de nous ». Donc bon, c’est très mignon, mais concrètement, les notions apprises servent à quoi ?
Parlons-en de Nemo. Il offre un apprentissage. Il joue le professeur pour cette enfant adoptée. D’ailleurs, on en apprend davantage sur ce capitaine, dès qu’on découvre ses lettres. On le perçoit à travers ses derniers mots, ça laisse songeur. Comme si la fin du monde se résumait à ne plus se raconter d’histoire. L’apocalypse équivaudrait à vivre dans le flou le plus total, sans lire aucun témoignage salvateur.
Je me focalise surtout sur les regrets aussi bien du père que de sa fille adoptive. Le gros problème de leur relation est causé par une personne, avec qui on est bloqué, ayant plein de problèmes, refusant de l’admettre. Oui, effectivement, Nemo se raconte des histoires jusqu’à la fin. D’ailleurs, je suis très ambivalent sur la nature des lettres. Je les avais écrites, en essayant de me mettre à la place de quelqu’un qui sait qu’il a des problèmes mais qui a encore du mal à lâcher prise. Comme s’il ne savait pas se détacher de cette espèce de roman interne, créé autour de lui-même. Ce perso est la quintessence de quelqu’un qui sait qu’il a fait n’importe quoi. Néanmoins, il n’arrive pas à lâcher tous les mensonges qu’il s’est raconté pour les justifier. Il est juste en train de se mentir à lui-même. Il préfère alors tout arrêter… je catégorise cette bande dessinée comme déprimante.
Parfois, il suffit de rencontrer une personne pour que notre vision du monde change du tout au tout. Le capitaine change à travers le regard de l’enfant.
En tout cas, il prend foi en elle, ça c’est sûr. Pour le reste, je désirais partager l’image de quelqu’un qui réalise : « Je n’ai plus rien à apporter parce que ma capacité de concevoir les choses atteint ses limites ». Or, il est face à quelqu’un qui a une nouvelle manière de le faire. Les gens ont des visions différentes du personnage, de ce qui se passe, du final.
La Dure à Cuire est un concept né en 2018. Commentons l’actualité rock de la plus douce, à la plus brutale. Puis, écoutons sa playlist !
En Route, Boys
Technique. Pointu. Apaisant. Rêvez yeux ouverts, en écoutant En Route, Boys. Ces Canadiens forment un trio. Ils offrent un album éponyme à savourer lors d’un long voyage.
Sevendust
Sevendust est mon groupe metal préféré. Je ne connais pas leur discographie par cœur, j’avoue. Toutefois, je sais quand un morceau est bon sa race de ses grands morts fini au napalm. « Unbreakable » est d’une durée trop grande, mais demeure jouissif !
Muse
I won’t bow to the universe. I can break its curse. And build us something new. I long to fall into the sun (be with you). It can’t just be with anyonе. It’s got to be with you.
The Antlers
Blight est le dernier album en date des Antlers. Ce groupe, on aimerait le voir jouer, face au coucher de Soleil, quand on fête son dernier anniversaire.
Du 13 au 23 novembre 2025 se déroulait l’exposition Ni vues ni connues, organisée par l’ASBL I.Care. Un témoignage unique sur la vie des détenues Belges, mettant en lumière des existences que l’on veut tapir dans l’ombre. J’ai eu la chance de pouvoir interviewer Charlotte Beco, infirmière, et Mathilde Bruyer, éducatrice. Elles sont initiatrices du projet.
Pouvez-vous me décrire votre projet ? Quel en a été le point de départ ? Vous êtes parties de quel constat, quelle analyse par rapport à votre public ?
Notre projet photo a été lancé dans le cadre de la journée du 8 mars 2025, la journée internationale pour les droits des femmes. Nous souhaitions faire une activité originale avec les femmes incarcérées pour valoriser cette journée et leur expliquer en quoi elle consistait. Nous recherchions quelque chose de spécial et personnalisé, où les détenues étaient des participantes actives du projet. Ainsi est née l’idée de faire un projet photo avec comme thème : « Etre femme en prison ». Les femmes devaient choisir dans leur cellule un objet qui symbolisait le fait d’être une femme incarcérée. Pourquoi les objets ? Car nous ne pouvions pas prendre les femmes en photo pour des raisons de confidentialité, et pour que leur visage ne soit pas associé à la prison. Les objets permettent d’ouvrir un dialogue. Nous avons pu aborder plein de choses que nous n’aurions pas pu aborder autrement, avec l’objet comme média. C’était assez chouette. Ça générait plein d’idées différentes.
Comment les détenues ont-elles vécu le projet ?
Elles étaient plutôt emballées quand on a fait la promotion. Nous avons eu pas mal de participantes qui étaient vraiment partantes pour le faire. Cependant, nous ne pouvions réaliser notre projet que sur deux ou trois jours, sur des créneaux horaires assez restreints, et nous n’avons pas pu voir tout le monde. Ça demandait quand même un petit peu de débats, pour générer des idées de photos qu’elles pourraient faire. Au début, quand on abordait le sujet : « Être femme en prison », elles répondaient : « C’est quoi en fait être femme ? Est-ce que ce n’est pas plutôt être humain ? Quel genre d’objet s’attache à ça ? ». Ça nous lançait dans des discussions et, avec les discussions, elles pensaient à plein de trucs qui émergeaient. Quand elles étaient en duo, c’était chouette car elles avaient des débats entre elles. Nous étions attentives à ce qu’elles disaient et cela nous permettait de faire le livret. Nous espérons que lorsque l’expo sera au quartier femmes, cela permettra le dialogue entre les dames, visiteurs, agents. Que ça amène à des discussions sur la condition de la femme en prison. Pour celles qui n’avaient pas pu, ou ne souhaitaient pas participer au projet, nous leur avons amené des petits cadeaux. Le but était que les gens se sentent à l’aise de nous dire : « Non ». Parce que ça fait aussi partie de notre travail. Ce sont des femmes qui n’ont pas toujours la possibilité de poser leurs limites. Le but était aussi de leur dire : « OK, vous avez mis vos limites, ça ne change rien à la relation qu’on peut avoir en dehors de ce projet ».
Le projet a eu un impact sur le lien que vous aviez avec elles.
Oui, c’était chouette pour nous car nous allions faire des photos avec des filles qui étaient déjà dans nos suivis, et c’était une manière d’aborder d’autres sujets que ceux qui viennent habituellement en entretien. C’était une manière pour nous de les voir différemment, dans un état d’esprit plus positif. Cela a amené plus de bonne humeur et d’entrain. C’était une bulle de positivité. Elles étaient aussi contentes car nous allions les voir dans leur cellule à des moments où elles étaient normalement enfermées, ça faisait une petite excitation. Alors que d’habitude, il y a juste le quotidien, le temps qui passe et l’ennui. Suite à cette activité, on a eu de nouveaux suivis. En faisant du porte-à-porte pour la promotion du projet, il y avait des dames que nous n’avions pas pu rencontrer avant cela. Nous avons pu créer un premier lien qui a débouché vers des suivis.
Qu’a créé, chez les détenues, le fait d’être exposées ?
Avant de commencer à prendre les photos, on posait le cadre, ce qu’il allait advenir des photos qu’on allait prendre. Elles ont dû signer un consentement pour montrer qu’elles étaient bien d’accord. C’était super important qu’on leur explique bien tout, qu’elles soient éclairées sur ce qui allait se passer. Notre premier objectif était que ce soit clair pour elles et qu’elles puissent faire un choix éclairé. Dans l’ensemble, elles étaient contentes parce que ça mettait la lumière sur ce qui est fort invisibilisé par la société. Elles ne se sentaient pas exposées, car le but n’était pas de braquer une grosse lumière sur leurs visages et de les livrer à l’extérieur, mais d’exposer la prison et les conditions d’incarcération, plus spécifiquement les conditions d’incarcération des femmes. C’est cela qui était mis en évidence. Elles ne le vivaient donc pas comme une intrusion. Elles étaient un peu nos directrices artistiques, de toute façon ! Elles nous guidaient dans la manière dont elles voulaient que les objets soient pris en photo. Au final, nous étions plus dans l’exécution. Elles exposaient ce qu’elles avaient envie d’exposer.
Les prisons peuvent être des endroits, où la survie occupe la majorité du temps des détenues. Est-ce que l’art, la créativité, les maintiennent en vie ?
Ce qui marque la prison, c’est l’ennui. Pour beaucoup, elles sont enfermées dans une cellule de 9 m², 22h/24, s’il n’y a pas de manque d’effectifs ou de grèves, sinon c’est 24h/24. Les douches, préaux et visites ne sont pas toujours assurés. Le temps est extrêmement long en prison. Elles essayent de trouver des manières de le rentabiliser et de le faire passer plus vite. Elles cherchent à rendre ce temps un peu utile pour leur réinsertion ou leur bien-être. Nous pensons que la créativité sert à ça aussi : à faire passer le temps, à penser à autre chose. Elles sont enfermées, donc il y a beaucoup de ruminations. Le fait de pouvoir se concentrer sur autre chose, lors des différents moments créatifs organisés dans le quartier femmes, ça leur permet de ne pas être tout le temps dans leurs pensées négatives et dans tous les problèmes qu’elles rencontrent. Ça leur apporte du mieux-être dans la détention. Puis, parfois, c’est thérapeutique aussi : le fait de pouvoir exprimer des choses qui sont parfois difficiles à verbaliser, les exprimer en faisant des photos, des dessins, en écrivant, c’est positif, ça les apaise.
Comment ont-elles réagi au fait qu’elles allaient recevoir des lettres ?
Elles étaient contentes ! Ça les valorise énormément. Elles se disent que ce qu’elles font à l’intérieur peut être montré à l’extérieur, que ça a touché des personnes. Parfois ce sont des femmes qui ont une estime d’elles amoindrie, due à leur parcours de vie. Avoir des retours positifs, d’inconnus, par rapport à leur participation à ce projet, c’est énorme. Même avoir un retour, en fait, c’est rare, mine de rien, qu’elles aient la suite d’un projet ou d’une histoire. Leur dire que le projet a été concrétisé et qu’elles vont avoir un retour malgré le fait qu’elles sont incarcérées, nous croyons que c’est précieux. Car quand on est en prison, on est hors du temps, hors de la société, on ne sait pas trop ce qui s’y passe. Et quand il y a des connexions, même petites, qui se produisent, nous pensons que c’est déjà précieux.
Qu’avez-vous espéré que les visiteurs retiennent de l’expo ?
S’ils retiennent que ce n’est pas l’hôtel en prison, c’est déjà pas mal. Parce que c’est quelque chose qu’on entend beaucoup : « La prison, c’est comme un appartement, ils sont quand même super bien, ils ont trois repas par jour, alors qu’ils ne doivent rien payer ». C’est quand même scandaleux. La première chose à faire réaliser, c’est que la prison, ce n’est pas l’hôtel, que la prison n’est pas géniale. Personne n’a envie d’y aller. La prison n’est pas une solution en soi. Faire réaliser aux gens ce que c’est, pour essayer d’enlever des idées reçues qui existent.
Ré-humaniser aussi ces personnes qui sont derrière les barreaux. Dans le conscient et l’inconscient collectif, on s’imagine que ce sont des monstres. En fait, non : ce sont des personnes avec un parcours de vie. Les ré-humaniser à travers ces photos, nous trouvions que c’était super important. Nous espérons, en tout cas, que ça pourra marquer certains esprits. Certains visiteurs nous ont confié qu’ils ne se rendaient pas compte de ce que c’était. Quand il y aura des reportages à la TV, sur la surpopulation dans les prisons, ils pourront se dire : « C’est ça en fait qu’elles vivent ». Pour approfondir, avant d’humaniser, il faut savoir et conscientiser que ça existe. Pour certaines personnes, c’étaient juste des histoires qu’on entend dans les médias et ça ne semblait pas réel. Et c’est compréhensible : c’est un milieu qu’on ne connaît pas et c’est rare qu’on y ait accès, qu’on ait un regard là-dedans. On a l’impression que ça n’existe pas. L’expo était une manière de dire : « Si, c’est réel, et il y a des gens qui vivent dans ces conditions-là ». Pas seulement des gens : plus spécifiquement des femmes. Parce que les personnes incarcérées sont déjà des personnes auxquelles on ne prête pas attention, mais dans cette minorité, il y a une autre minorité : les femmes. Il faut savoir que les femmes représentent 7% de la population carcérale mondiale, et le chiffre est à peu près le même en Belgique. Donc, elles sont si peu nombreuses, qu’on estime souvent que ça ne vaut pas la peine de s’en occuper, de penser à la réinsertion, de leur donner un travail, quelque chose de qualifiant, des activités. Déjà, quand on est détenue, on n’est pas spécialement bien traitée ou considérée, mais quand on est femme détenue, nous pensons que c’est encore plus compliqué. Et le but évidemment n’est pas de pointer qui a les pires conditions d’incarcération, de faire un concours. Mais il faut savoir qu’au sein même de la prison, il y a encore de la discrimination, et qu’il y a des gens qui sont favorisés ou défavorisés encore plus par le système. Être une femme incarcérée, ce n’est vraiment pas facile. Ça rajoute un facteur de vulnérabilité.
Né en 1938 en Palestine, Ralph Bakshi est un réalisateur opérant au Etats-Unis. Dans les années 60, il poursuit une quête à contre-courant de l’époque : faire de l’animation à destination des adultes, avec un focus particulier sur le genre de la fantasy. En 1977, il réalise Wizards, film singulier, mélangeant fantastique et post-apo, très original pour l’époque.
Adapter la trilogie de romans du célèbre JRR Tolkien est un projet ancien du réalisateur. Cette idée a fini par rencontrer le financement de Paul Saenz, à la United artists, firme fondée par Chaplin dans la volonté d’accorder plus de pouvoirs aux auteurs, qui dispose alors des droits du Seigneur des Anneaux. Bakshi engage un scénariste passionné par le genre, Peter S. Beagle. Ce dernier est, à l’époque, un auteur de fantasy renommé, auteur de La dernière licorne.
A en croire les commentaires Letterbox, Le Seigneur des Anneaux (1978) est globalement mal aimé, critiqué, sûrement en comparaison avec les films de Peter Jackson. Or, il faut remettre la fantasy dans son contexte. Avant que celle-ci ne devienne une source de merchandising et qu’elle ne soit légitimée par le public, c’était un genre mal aimé, considéré comme enfantin, voire un peu ridicule.
Pourtant, la fantasy et le fantastique sont des genres vieux comme le monde. Ils existent depuis qu’on se raconte des histoires, depuis l’époque où la terre était inconnue et où on croyait qu’au-delà des frontières vivaient des créatures magiques. Basée sur le principe de la légende et du mythe, la fantasy s’inspire de récits mythologiques. Les créatures qui peuplent ces mondes sont ceux du bestiaire païen, en particulier germanique et celtique. Ces êtres sont ceux du petit peuple (gnomes, nains, gobelins), d’autres sont des elfes, orcs, dragons, sorciers, fées, etc.
Le paganisme et sa mythologie ont été longtemps décrédibilisés en Europe, car profanes par rapport au christianisme. Avec la Renaissance, on explore le monde entier. D’abord, on commence à choisir la science et le progrès comme valeurs fondamentales. Ensuite, on voit peu à peu se populariser, au dix-neuvième siècle, la science-fiction. Ce genre utilise le même principe que la fantasy, mais dans l’époque moderne où les découvertes se font avec un téléscope. Ainsi, on a remplacé les licornes des forêts par les aliens de Mars. Pendant ce temps, les gnomes, magiciens et fées ont survécu dans l’ombre et attendu leur grand retour, à travers la fiction.
Au début de l’histoire du cinéma, les fééries de Georges Méliès, Alice Guy ou Secondo de Shomon, étaient très populaires et avaient de nombreux points communs avec la fantasy moderne : bestiaire varié, magiciens, aventures dans d’autres mondes. Ce genre disparaîtra rapidement et Méliès finira sa carrière en vendant des jouets dans la gare Montparnasse (1925-1930). Rien à voir avec la success-story du réalisateur néo-zélandais barbu, avec son bataillon d’ordinateurs et sa cavalerie de techniciens.
Si la fantasy a du succès aujourd’hui, celui-ci est à mettre en lien avec lente montée en popularité des Livres dont vous êtes le héros, des comics, des jeux de rôle type Donjons et Dragons, qui ont évolué dans la culture populaire, durant le vingtième siècle.
Lorsqu’on cherche à adapter ces récits à l’écran, l’animation est un terrain fertile. Il est généralement plus efficace à l’image, dans une certaine mesure, de dessiner un dragon mille fois que d’en construire un. On peut alors s’affranchir des lois de notre monde, montrer des gens qui volent, des sorts qui repoussent les ennemis, des boules de feu, des mondes parallèles, des portails et autres objets magiques.
Difficile de ne pas mettre dos à dos le film de Jackson et celui de 78.
L’histoire suit là aussi le destin de l’Anneau forgé par Sauron, servant à dominer les hommes, les elfes et les nains. L’objet tombe soudainement dans les mains de Frodon, paisible hobbit. Ce n’est qu’une question de temps avant que les sinistres Cavaliers Noirs, les Servants de l’Anneau, retrouvent sa trace. Les deux long métrages n’ont cependant pas du tout la même vibe : les deux sont épiques dans leur récit, mais là où le film le plus récent se veut un grand blockbuster technique, son prédécesseur est expérimental, moins codifié, et surtout, il se prend moins au sérieux.
Les films des années 2000 s’inscrivent dans une histoire technique particulière : celle du numérique. A cette période, de nombreux réalisateurs utilisent les nouveaux outils de modelling et de motion capture pour faire de grands spectacles hollywoodiens. Ces techniques finissent de donner ses lettres de noblesse à la SF et à la fantasy. A la même époque que Le Seigneur des Anneaux de Jackson, sort la prélogie Star Wars, fonctionnant sur le même principe : pléthore de personnages étranges animés numériquement, dont l’aspect visuel est déjà vieillissant, vingt ans plus tard.
Le film de 78, lui, arrive dans une époque où la fantasy est illégitime, de même que le cinéma d’animation. En résulte que le film n’est pas une machine de guerre technique, au profit de la création d’un monde cohérent et photoréaliste, mais une expérience sensorielle, mélangeant les techniques, voulant parler à une petite foule d’adeptes déjà convaincus.
Une technique utilisée, la rotoscopie, est singulière et crée des effets visuels étranges. Son principe est simple : on filme un personnage, on dessine par-dessus chaque photogramme du film, jusqu’à avoir un dessin animé. Fonctionnant sur le contraire du principe de base de l’animation, elle utilise la réalité comme matériau de base pour imiter le dessin animé. Cette technique, inventée par Max Fleisher, il y a plus de cent ans, est assez peu utilisée, car elle laisse une impression bizarre.
Le film de 1978 utilise un mélange harmonieux, quasiment mystique de rotoscopie et d’animation classique. Par moments, il est difficile de savoir ce qui est dessiné, ce qui est filmé. On a vraiment l’impression de faire un gros trip. C’est un film parfait à regarder, sous les couvertures, avec un vin chaud-amaretto, un petit joint, où assommé.e par le sommeil. Devant ce film, on a vraiment l’impression d’avoir la fièvre, de se réveiller d’une anesthésie ou d’être tombé.e sur la tête. Il nous transporte dans un autre monde, et c’est ça tout l’intérêt de la fantasy.
« Faire rêver » ne se fait pas qu’avec le bestiaire, le récit ou l’appel à l’aventure. Le rêve peut émerger des couleurs, des formes, des sons ou des musiques irréelles. La forme même peut nous amener autre part, dans un monde impossible, régi par des règles différentes. C’est là que le film de 78 est une victoire totale, dans l’intention même de la fantasy.
Quelle épreuve de conclure une série… Naruto fut un gâchis total et Game of Thrones, un scandale. Quant au final de My Hero Academia, est-il réussi ? Affirmatif ! J’attendais cette fin car je considère ce manga comme digne héritier du Big Three. De fait, ce récit présente des persos inspirants comme dans les trois mangas les plus populaires et les plus vendus du Weekly Shōnen Jump (2000-2015) : One Piece, Naruto et Bleach. Après 10 ans de parution, l’œuvre divise sur le net, tant ses dernières pages décrivent quelques destins atypiques. Au départ, les lecteurs découvrent Deku, ado sans pouvoir finissant par devenir l’héritier du héros numéro 1, All Might. Aux dernières pages, il exerce le métier de prof pour transmettre son savoir… où est l’erreur ?! Pourquoi les fans détestent ce choix ?!
Deku, tout au long du récit, ne cesse de questionner, requestionner ses décisions, ainsi que les actions des vilains. Il se casse la tête, mais à quoi bon ? Avant d’être enseignant au lycée Yuei, il y est élève et sa philosophie est toujours la même du début à la fin : faire de son mieux, en étant altruiste. Si les fans n’ont pas capté ce code moral du protagoniste, il serait temps d’aller consulter un psy oculaire ! Bref, Deku ne symbolise pas L’ORDRE ou L’AUTORITE. Il est cette main tendue vers tout le monde. Par conséquent, apercevoir le personnage tel un professeur proche de ses élèves, rédigeant ses mémoires, prêt à encourager tout un chacun… c’est beau !
My Hero Academia sacralise non seulement l’importance de laisser une trace écrite pour les générations futures, mais rappelle ô combien l’entraide est vitale pour survivre. En outre, le monde nouveau de Deku s’inscrit dans la pensée de Henry David Thoreau (Désobéissance civile, 1849) : « Le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins ». La société nouvelle, inspirée par le combat de Deku face aux vilains, n’agit plus comme avant. Elle comprend qu’il ne faut pas attendre pour aider son prochain. Thoreau imaginait l’État comme obstacle à la liberté, à la moralité et au progrès humain. L’auteur croyait aux forces des individus. Ces dernier sont mieux placés pour prendre des décisions morales et pratiques. Ils ne se fient plus à une autorité gouvernementale détenant la quasi-totalité des pouvoirs politiques, administratifs et financiers.
MHA et Thoreau, forever ! Ça ne s’arrête pas là ! Plus Ultra ! Deku ne conçoit pertinemment pas ses adversaires comme des ennemis à abattre. Malheureusement, Tomura Shigaraki, adversaire final, est bel et bien tué, non pas par pure violence gratuite, mais par triste nécessité. Au départ, son âme fut condamnée à être broyée dans les ténèbres du psychopathe nommé All For One. Deku, avant d’éteindre Tomura sur le champ de bataille, tente une dernière fois de le comprendre. Il partage son pouvoir pour ensuite entrevoir le tréfonds de ses pensées. Cette fois, citons Robert Badinter (1928-2024). Ses écrits sont toujours d’actualité. Ils résument la démarche de Deku.
tant qu’on fusillera, qu’on empoisonnera, qu’on décapitera, qu’on lapidera, qu’on pendra, qu’on suppliciera dans ce monde, il n’y aura pas de répit pour tous ceux qui croient que la vie est, pour l’humanité tout entière, la valeur suprême, et qu’il ne peut y avoir de justice qui tue. Le jour viendra où il n’y aura plus, sur la surface de cette terre, de condamné à mort au nom de la justice. Je ne verrai pas ce jour-là. Mais ma conviction est absolue : la peine de mort est vouée à disparaître de ce monde plus tôt que les sceptiques, les nostalgiques ou les amateurs de supplices le pensent.
R. Badinter (extrait de Contre la peine de mort)
Terminons avec une dernière citation. Etalons une phrase remplie de sagesse. Simone Veil menait divers combats (droits des femmes, construction européenne, etc.). Née dans une famille juive aux origines lorraines, elle fut déportée à Auschwitz à l’âge de 16 ans, durant la Shoah. En avril 2005, elle se prononce devant les élèves de la rue d’Ulm, à Paris. Ses paroles pourraient coller parfaitement à l’épilogue imaginé par Kōhei Horikoshi. Lors de la conférence, elle affirme : « Vous savez, les guerres justes, ça n’existe pas. Moi, je me bats pour qu’il n’y ait plus de guerres, du moins en Europe ».
La Dure à Cuire est un concept né en 2018. Commentons l’actualité rock de la plus douce, à la plus brutale. Puis, écoutons sa playlist !
A.gris
Alex Delamard se lance en solo pour proposer une musique ultra moderne. Le chanteur s’associe à la voix de Tessa Gustin. Le résultat : un morceau fort, rappelant la maestria d’Alex G.
Father John Misty
God said, « No » I said, « Twice » C’mon, big man Won’t you make me? Year Zero in the summertime
Messa
The Spin est un album si riche ! Le groupe déploie son talent. Chaque morceau est une pièce unique de l’héritage stoner.
Jules Henriel
« Pour Jules Henriel « Our own self assurance » représente donc la première pierre d’une nouvelle aventure humaine, personnelle et musicale ». Le communiqué de presse est clair. Ici, les oreilles apprécient la magie éternelle d’une guitare et d’une voix.
Les films de Steven Spielberg, est-ce possible de les critiquer, en deux mots ? Oui. Le réalisateur embrouille peu. Ses récits sont fascinants et accessibles.Après les focus sur Bo Burnham, Tim Burton et Spider-Man, place au Roi du Divertissement !
Hookou la Revanche du capitaine Crochet n’est pas une comédie musicale. Le film a failli l’être. Remercions les cieux ! Je ne suis pas fanatique de ce genre cinématographique. Citons tout de même trois exceptions : La La Land, Tick Tick… Boom ! et L’Étrange Noël de monsieur Jack. J’accroche rarement aux scènes où des personnages chantonnent comme s’ils vomissaient un arc-en-ciel. Qui sait ? Si Hook était une comédie musicale, il aurait probablement été encore plus flingué par les critiques à sa sortie…
Oui, vous lisez bien. Hook fut considéré comme trop féérique, voire, trop naïf. Le propos du film est simple : comment un père de famille peut retrouver son âme d’enfant ? Bien sûr, la féérie est la bienvenue ! Plusieurs séquences nous emmènent loin du monde réel. D’ailleurs, ce sera le cas du personnage principal. Monsieur Banning, avocat giga sérieux, a complètement oublié qu’il était Peter Pan. Lors d’un voyage à Londres, ses enfants sont kidnappés par le Capitaine Crochet, qui, lui, n’a rien oublié.
Saluons la technique. Steven Spielberg réalise cette œuvre en pilotage automatique, selon ses dires… beau vol plané ! L’expérience est réussie. Décors immersifs. Costumes déjantés. Lumières éblouissantes. D’un point de vue formel, impossible de se plaindre.
Désormais, centrons-nous sur un et un seul commentaire désobligeant : « Hook fait trop Disney, trop lisse et mielleux ». Négatif. Comparaison n’est pas raison. Aujourd’hui, à force de bouffer du cynisme au petit déjeuner, de contempler des titres aussi sombres que Joker ou Uncut Gems, je souhaite découvrir d’autres films pour adultes et enfants, de pareille ampleur. C’est pourquoi, Superman sort du lot. Ses dialogues solaires et son ambiance enfantine rappellent le message principal de l’œuvre spielbergienne : la vie est une aventure !
Anticipons les « Il y en a qui disent… ». Se réjouir, profiter des nouveaux albums ou des concerts de nos artistes préféré·e·s, avec tout ce qui se passe dans le monde, c’est fermer les yeux sur une réalité très négative ?
Si on ne doit se concentrer que sur ce qui se passe mal, comment sommes-nous censés tenir le coup ? Evidemment, il faut être à jour, manifester, faire du relais d’infos… mais il n’y aura plus personne pour le faire si on a aucune échappatoire. Et c’est le but de notre gouvernement aujourd’hui avec l’augmentation de la TVA, entre autres, dans le culturel, sur le sport, etc.
Personnellement, je ne saurais pas vivre sans concerts. Mais, entre le fait que les prix des billets sont de plus en plus chers et que le gouvernement belge n’en fait qu’à sa tête, il n’y aura bientôt que les riches qui pourront en profiter.
J’ai eu la chance d’aller voir Florence + The Machine, à l’AFAS Dome. Ce genre de concert me rappelle à quel point la musique doit rester accessible.
On connait déjà le talent de Florence grâce à « Dog Days Are Over », « Shake It Out », ou encore « Say My Name », cependant, c’est son dernier album Everybody Scream qui a vraiment donné vie à ce spectacle. Avec une scéno très « witchy » et un peu gothique, j’ai vu quelque chose de différent. Elle a transporté le public (majoritairement queer) dans son univers du début à la fin.
L’ouverture de concert avec les danseuses, appelées witchchoir, nous a tout de suite mis dans l’ambiance. Quant aux moments plus intimistes, où il n’y avait que Florence et son micro, ils ont permis une profondeur émotionnelle qu’on voit de plus en plus rarement chez les artistes.
Une autre artiste m’a étonnée. Paris Paloma était en première partie. Je la connaissais grâce à son titre très connu « Labour ». Elle était parfaitement en accord avec la direction artistique du groupe. Des textes féministes, engagés, ajoutés à ça, une énergie douce mais entrainante. Le public était conquis ! Elle a terminé son set avec « Labour » et c’est ce moment qui m’a le plus marqué. J’ai enlevé mes bouchons et j’ai juste eu une vague d’émotions, en entendant tout le public chanter le refrain de cette hymne féministe.
Et c’est ça aussi les concerts. Ça nous rappelle les raisons pour lesquelles on se bat contre le système actuel.