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Iris Pouy Interview

Iris Pouy dessine depuis toujours. De Paris, elle se transfère à Marseille pour publier ses bédés. Elle inaugure la première interview de l’année focalisée sur la mémoire. Découvrons sa fiction nommée Marx, le retour, une pièce initialement écrite par Howard Zinn.

Dès l’ouverture de Marx, le retour, Howard Zinn inscrit ses intentions : « J’ai eu l’idée de faire revenir Marx dans le présent, un peu comme dans un conte. Il débarquerait aux États-Unis, de sorte qu’il ne se contenterait pas de se remémorer sa vie au dix-neuvième siècle européen mais commenterait ce qui se passe ici ». Si on te proposait à nouveau ce projet, tu le dessinerais autrement ?

Ah, c’est une bonne question. C’était ma première longue BD et j’avais carte blanche. L’éditeur n’a pas fait beaucoup de demande. Ça ressemble vraiment à ce que j’avais envie de faire. J’avais choisi le noir et blanc pour des questions de temps. C’est-à-dire que ça me semblait plus compliqué de faire de la couleur. Peut-être que je ferais la BD en couleur, si on devait la modifier. Mais en même temps, le noir et blanc en BD, c’est quand même quelque chose que j’aime bien. Je sais juste que c’est que c’est moins vendeur. C’est un argument parfois qui est utilisé par les éditeurs, mais il se trouve que le mien (ndr : Revival), il aimait beaucoup les BD anciennes. Ça ne lui posait aucun problème que ce soit noir et blanc.
Quant au thème, je trouve ce livre toujours très actuel. C’est un texte qui date de 2002. Howard Zinn, je ne l’ai pas rencontré de son vivant. Je me suis appropriée son texte, sans une discussion avec son auteur. C’est un texte qui n’a pas tellement vieilli. Il pourrait être tout le temps remis au goût du jour avec des choses nouvelles qui atterrissent dedans. Au moment de sa parution, il n’y avait pas encore l’intelligence artificielle. Mettre l’outil un peu plus en avant dans l’histoire serait intéressant.

Si Howard Zinn avait été à tes côtés, lors de la production de cette BD, quelle question aurais-tu aimé lui poser ?

D’abord, ça m’aurait mis beaucoup plus de pression vu que j’aurais voulu être à la hauteur. C’est quelqu’un que je respecte beaucoup, dont je respecte les écrits. Je pense que ça aurait été un peu plus difficile de produire la BD. Ensuite, je ne sais pas trop ce que je lui aurais posé comme question parce qu’il y a déjà une présentation de la pièce assez claire. A la base, son texte est une pièce de théâtre que j’ai adapté en bande dessinée. Cet historien faisait une présentation de la pièce, où il il écrit bien ses intentions. Tout ce qu’il a voulu mettre dans ce texte est net.
Il s’était pas mal attaché à des personnages parallèles à l’histoire de Marx. Il décrit sa femme et ses filles, des personnalités super intéressantes. Il a voulu les mettre en valeur. J’aurais bien aimé discuter avec lui de ça et de la possibilité, justement, de se focaliser un peu plus sur Eleanor Marx, fille de Karl Marx. Ce personnage génial n’est pas très connu. Elle a vachement contribué au succès et à la diffusion des textes de son père. Je sais que c’était un sujet qui lui tenait à cœur. Il a fait, par ailleurs, une autre pièce sur une anarchiste américaine, Emma Goldman. Il aurait bien aimé développer ce genre de thème, j’ai l’impression. Bref, j’aurais bien aimé discuter de cet aspect de son travail.

Marx, le retour n’est pas un livre déprimant. Je me souviens d’une planche, où on voit les révolutions du monde entier. Ça ne m’étonnerait pas si les luttes fonctionnant le plus sont celles qui se déroulent à long terme. Dernièrement, un scandale éclate au Festival d’Angoulême. Plusieurs artistes ont alors organisé leurs propres festivals. On doit avancer vers cette voie.

Tous les types de luttes marchent et finissent par porter leurs fruits. Celle autour du Festival d’Angoulême, elle est marquante parce qu’elle a été vraiment très rapide, très courte. C’était un peu la fin de revendications qui ont duré pendant des années, qui n’étaient pas spécialement écoutées. Il y a eu un travail qui a été fait en amont par des autrices pour dénoncer plein de choses par rapport au Festival d’Angoulême. Ce travail ne fut pas écouté.
On va organiser un festival un peu partout en France, en Belgique, en Espagne, au même moment qu’Angoulême. Je trouve ça assez étonnant à quel point ça a été vite. En fait, le boycott des autrices et des auteurs appelant à l’arrêt du Festival, c’était une lutte très efficace. Elle montre que ça vaut le coup, de temps en temps, de se positionner clairement, puis, de refuser des inepties.

Tu as probablement certaines attentes, en tant que dessinatrice.

Alors, oui. Une meilleure visibilité. La BD est un médium hyper florissant. Enormément de gens font des bandes dessinées. De belles bandes dessinées sortent chaque année. Je pense que ça se porte plutôt bien. Mais mettre en avant le côté précaire des auteurs, le fait qu’on soit toujours les derniers de la chaîne du livre, alors qu’on est à l’origine des projets.
Nous aussi, on a le droit au chômage, à des arrêts maladies, etc. Ça serait énorme. Enfin, c’est quelque chose qu’on demande depuis des années. Donc oui, il y a vraiment beaucoup de choses à faire pour que ça aille mieux dans le milieu de la BD.

En t’écoutant, je repensais à une soirée organisée avec mes amis. On regardait La Quatrième Dimension. On matait un épisode sur une dame très maladroite. Elle était aussi hyper généreuse avec son entourage. Soudain, un ange gardien se chargeait d’améliorer son quotidien. Il l’emmenait dans un milieu bourgeois, comme si elle avait besoin de faire de grosses fêtes. Cependant, elle était heureuse comme elle était. En d’autres mots, il lui fallait peu pour être heureuse. A la fin de l’épisode, je méditais à mon job dans l’associatif. A force de fréquenter des jeunes, je réalise une dinguerie, l’argent leur empoisonne le cerveau. C’est vraiment : « argent égal bonheur ». Et l’épisode de la série m’avait marqué. On n’a pas besoin de grand-chose, finalement. Etre bien entouré suffit amplement. Marx, le retour communique cette philosophie aux plus jeunes ?

Ah bah oui. Enfin, l’argent… ça pointe plutôt le système autour de l’argent, le système capitaliste, car tout le monde a besoin de l’argent pour vivre actuellement. Effectivement, les gens triment dans toutes sortes de boulot pour gagner leur vie. Souvent, ce n’est pas par confort, c’est juste par survie. Donc, on a besoin d’argent. Or, tant que ce système est mis en place, une économie déjà remise en question par Marx, tant qu’on est dans ce système-là, ce sera vachement difficile de voir les choses autrement que par ce biais-là, celui de l’argent.

Heureusement, la BD porte espoir. C’est tellement accessible et universel. En lire permet de rester optimiste.

Ah oui, complètement. Moi, j’adore mon métier. Je pense que c’est le cas pour la plupart des auteurs de BD. Ça reste, en général, un vrai plaisir de faire des bandes dessinées, et pour les gens, de les lire. Et oui, il y a tout un tas de choses qui peuvent passer à travers la bande dessinée. Je trouve que c’est génial qu’on l’étudie de plus en plus, qu’on étudie aussi son histoire. Très longtemps, ce fut considéré comme un genre mineur par rapport aux autres arts. Alors qu’en fait, on se rend compte que, génération après génération, il y a énormément d’émotions et messages qui passent à travers la BD. On a tout intérêt à continuer d’en publier. Ouais.

⬆ I. Pouy dessine aussi des cartes
Interview menée par brunoaleas

Publié le 13 février 2026

The Big Short : leçon d’une économie qui s’effondre

L’économie, c’est super compliqué. Acheter un pain ou payer ses impôts, ça va encore. Mais dès qu’on parle de retour sur investissement, d’obligations ou de taux d’intérêts, on est déjà beaucoup à ne plus rien comprendre, ou à en avoir rien à fiche.

Or, l’économie a un rôle décisif dans notre quotidien. La façon dont les richesses et les ressources circulent influence notre confort de vie, notre position dans la société, et la date de notre mort.

Quand l’économie explose, pète un câble, entre dans une crise, beaucoup de gens en pâtissent. Sous le capitalisme, les riches sont généralement épargnés. Parfois, ces moments sont causés par ce qu’on appelle une « bulle ». En gros, les gens mettent beaucoup de sous dans des entreprises dans l’espoir d’en gagner davantage (c’est ce qu’on appelle un investissement), mais quand plein d’ultra-riches mettent des gros paquets de blé dans des entreprises qui n’ont aucun avenir, par engouement ou spéculation, c’est une bulle. Celle-ci peut exploser, et alors, pour je ne sais quelle raison, c’est les pauvres qui deviennent encore plus pauvres.

Certains gens très sérieux disent que l’IA générative est une bulle. Les entreprises qui la développent ne sont pas rentables, mais l’engouement technologique fait que plein de gens y placent de gargantuesques tas d’oseille. Un jour, ils vont tous se rendre compte en même temps qu’ils se sont fait.e.s baiser, et alors, c’est fini. Une situation similaire est arrivée en 2008. Tout le monde s’en souvient. Mais là, c’était encore plus compliqué, oulala que c’était compliqué…

Adam McCay est un réalisateur américain faisant à l’origine des comédies avec Will Ferrel (mais si, le grand mec bouclé qui a joué dans Elf). Entre 2015 et 2021, il réalise trois films aux tenants plus sérieux, et sur le thème de la politique : The Big Short, Vice et Don’t Look Up.

Le premier de cette triade, The Big Short, a un cast complètement fou. Steve Carell, Christian Bale, Ryan Gosling, Brad Pitt et Jeremy Strong sont une bande de traders complètement hors-sol, cherchant le bon coup de poker pour rapporter gros. En 2007, ils se rendent compte petit à petit que le marché de l’immobilier est au milieu d’une énorme bulle. Personne ne semble s’en rendre compte, même si certains essaient déjà de parier sur un effondrement pour faire du bénéfice.

Des gens achètent des maisons, et pour cela, iels contractent des prêts dans une banque. Celle-ci dispose donc de ce qu’on appelle une « obligation ». En gros, ça veut dire que quelqu’un lui doit de l’argent. Ces obligations sont mises par centaines dans des gros paquets, parfois, vendues. La personne qui achète un paquet est donc propriétaire de documents qui disent que plein de gens différents leur doivent de l’argent pour rembourser leur maison.

Le problème (si toute cette entreprise n’était déjà pas foireuse), c’est que ces paquets ont bien moins de valeur que ce que les traders pensent. On n’est vraiment pas certains que les types qui ont acheté des maisons vont pouvoir rembourser leur prêt. Ces paquets d’obligations incertaines sont pourtant vendues de plus en plus cher, jusqu’à ce que tout le monde se rende compte de l’arnaque, en même temps. Et là, c’est trop tard. Des millions de gens perdent leur emploi et leur maison, ne pouvant rembourser leur prêt.

Pas sûre que j’aie tout compris, et pas sûre d’avoir tout bien expliqué, mais c’était très instructif. Ce que j’en tire ? La crise de 2008 a traumatisé toute une génération. Elle a pour cause les choix désastreux d’une bande de capitalistes, mais surtout, pointons le système qui les a propulsés à leur position de pouvoir. La spéculation ne doit pas être la colonne vertébrale de notre système économique. L’économie doit avoir la qualité de vie des gens du commun comme priorité.

Comme dans Vice (la guerre en Irak) ou Don’t Look Up (un astéroïde fonçant sur la terre), McCay s’intéresse aux tragédies évitables, aux situations qui, prises avec plus de responsabilité, auraient évité beaucoup de souffrance chez des gens qui n’avaient rien demandé.

« Ce qui compte, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage ». Ce n’est que quand on a la face sur le pavé qu’on se rend vraiment compte qu’on a trébuché. Or, il faut apprendre à placer ses mains devant soi pour se protéger et surtout, à regarder la route quand on se déplace. Espérons que pour la potentielle bulle de l’IA, les gens soient plus malins. Mais sous le capitalisme, il y a toujours une crise prête à émerger.

Lou

Publié le 11 février 2026

LA DURE A CUIRE #146

La Dure à Cuire est un concept né en 2018. Commentons l’actu rock de la plus douce, à la plus brutale. Puis, écoutons sa playlist !

Friko

Seven degrees
Just one more for you and me
We’re souls in a line
Waiting to meet
Waiting for that summer breeze

Buck Meek

Connu comme guitariste et choriste de Big Thief, Buck Meek sort un album, fin du mois. Son chant amène un côté vif à son style folk si électrique.

Young The Giant

Young The Giant revient pour un nouvel album. Le groupe fut l’une des meilleures découvertes Youtube de mon adolescence. Pouvoir écouter leur morceau est souvent une surprise inévitable, tant le chant est béni des cieux, tant leurs mélodies accrochent de la tête aux pieds.

brunoaleas

Publié le 9 février 2026

Kendrick Lamar – DAMN.

DAMN. est le quatrième album studio de Kendrick Lamar. Il est sorti en 2017, quelques mois après l’élection de Trump pour son premier terme. Très rapidement, il fut salué par les critiques : du point de vue des ventes physiques, des classements d’écoute et même d’institutions aussi élitistes que l’académie qui décerne le Prix Pulitzer (prix américain de littérature, journalisme et composition musicale).

C’est d’ailleurs le premier album de hip-hop qui l’a obtenu. Comment ? Est-ce que cette œuvre vieille de presque 10 ans peut-elle continuer à nous apprendre des choses sur notre époque ?

Grande amatrice de rap anglophone, je me suis rapidement jetée sur cet album. Comme pour ses deux albums précédents, Kendrick Lamar raconte une histoire dans une histoire. Chaque chanson peut être écoutée individuellement, mais toutes ensemble dans l’ordre inscrit sur la setlist, elles forment un tout, une narration cohérente.
Comme je l’ai écrit dans l’introduction, cette œuvre a vu le jour dans un climat politique particulier. Après des mois de campagne entre Hillary Clinton, celle qui avait pu ainsi devenir la première femme présidente des Etats-Unis, et l’agresseur sexuel notoire (maintenant, condamné coupable), Donald Trump.

Le pays est plus divisé que jamais. Comment expliquer cette dichotomie ? Lamar y répond avec une autre polarité. Son album force à se demander : « Est-ce que les souffrances que nous vivons sont dues à notre faiblesse ou à notre malice ? La violence est-elle une réponse motivée par nos traumas ou par une véritable volonté de nuire ? ».

Kendrick Lamar décrit son milieu, les violences physiques, verbales et systémiques qui ont fait de lui l’homme qu’il est. Il continue à toucher les afro-américains de manière disproportionnée. Les traumatismes qui ont été infligés à cette communauté sont les socles des Etats-Unis d’Amérique. De l’esclavagisme à la ségrégation raciale, en passant par l’incarcération de masse et les violences policières. Le rappeur met en lumière le fait que toutes les violences extérieures ont créé un climat de peur et de haine interne. Comment est-ce que les médias peuvent diaboliser les gangs, les émeutes, tout en crachant constamment sur les minorités (raciales ou autres) ?

A travers ces différents questionnements, Kendrick synthétise, avec beaucoup de poésie, l’époque et le milieu dans lequel il évolue. Sur des prods sublimes, il décrit, analyse et critique. Quand, j’ai écouté cet album pour la première fois, je bouillonnais de rage. Cet artiste légitimise sans inciter la colère. Son dernier titre, « Duckworth », montre comment un acte de bonté, même insignifiant, peut avoir un impact énorme sur nos vies.

En conclusion, je dirais que DAMN. est toujours pertinent car nous sommes, malheureusement, encore dans une période de tension. Trump est parti pour un second terme désastreux.
Mais chaque acte de bienveillance compte. Nous sommes parfois affaiblis mais jamais anéantis.

Marie-Henriette – Ecrit pour Scan-R

Publié le 9 février 2026

LA DURE A CUIRE #145

La Dure à Cuire est un concept né en 2018. Commentons l’actu rock de la plus douce, à la plus brutale. Puis, écoutons sa playlist !

Jadu Heart

Post Heaven, quel album fabuleux. Il faut écouter Jadu Heart. Pourquoi ? Pour comprendre qu’il existe d’autres artistes aussi talentueux que King Krule.

Crache

L’écurie Howlin’ Banana surprend toujours aujourd’hui ! Le groupe Crache sert un jeu vif et brut. Perdez-vous dans les bois, en écoutant leur musique, à la fois fanfaronne et terrifiante.

Avalon Bloom

Une personne ne peut pas changer le monde. Mais une personne peut nous changer. « Maya », composé par Avalon Bloom, semble l’affirmer !

Atum Nophi

First you’ll knock and I’ll let you in
You’ll say you’re cold and ask for tea
I’ll pick up the brandy

brunoaleas

Publié le 2 février 2026

LA DURE A CUIRE #144

La Dure à Cuire est un concept né en 2018. Commentons l’actu rock de la plus douce, à la plus brutale. Puis, écoutons sa playlist !

Pixies

Après Mac DeMarco, vlà un autre nom à oublier. Pixies ne fait plus d’effort. Difficile de rester debout, quand on sait que la bande partageait Surfer Rosa, en 1988… là, c’est bon !
La recette est la même depuis longtemps : chant cartoonesque, guitare aux échos prévisibles, et jeu à la batterie à peine mémorable.

Karnivool

You almost had the honesty
To lead us to the fall
The hardest part is fear, my friend,
We almost had it all

Arctic Monkeys

En 1995, la première compilation Help est pensée pour venir en aide aux populations touchées par le conflit dans l’ex-Yougoslavie. Aujourd’hui, les humains sont encore aussi demeurés et assoiffés de sang. Pire, ils ne comprennent pas qu’appuyer et financer une guerre est la plus grande des injustices. Arctic Monkeys compose alors un morceau nommé « Opening Night ». Elle sera présente sur la nouvelle compilation, censée sortir en mars. A quoi servira l’argent des ventes ? Assurer un avenir meilleur aux enfants dont la vie a été bouleversée par la guerre.
Et cette année marque les 20 ans d’un album mythique, Whatever People Say I Am, That’s What I’m No. Il faut fêter ! Pourquoi ? Ce disque demeure indémodable.

brunoaleas

Publié le 29 janvier 2026

Deux mots sur Spielberg / La Liste de Schindler

Les films de Steven Spielberg, est-ce possible de les critiquer, en deux mots ? Oui. Le réalisateur embrouille peu. Ses récits sont fascinants et accessibles. Après les focus sur Bo Burnham, Tim Burton et Spider-Man, place au Roi du Divertissement !

L’horreur semble indescriptible. La libération des camps de concentration nazis s’est déroulée principalement en 1945. L’Armée Rouge libère Auschwitz, le 27 janvier 1945. Auschwitz-Birkenau fut le plus important des camps d’extermination nazis. Les films sont alors un excellent outil à exploiter pour ne pas oublier les atrocités du siècle dernier.

Parfois, des individus détestant le cinéma, pointent du doigt la propagande nauséabonde de certains réalisateurs – un ancien membre de notre équipe évite la filmographie de Kubrick car le cinéaste disséminerait de mauvaises idées pour notre petit cerveau –.
Soyons francs. Ne tombons pas dans le complotisme pur et simple. Lisons Edward Bernays pour capter un fait : « La propagande ne cessera jamais d’exister. Les esprits intelligents doivent comprendre qu’elle leur offre l’outil moderne dont ils doivent se saisir à des fins productives, pour créer de l’ordre à partir du chaos ».

La Liste de Schindler ne symbolise pas une propagande-crasse, mais un devoir de mémoire. Telle une stèle qui rappelle les massacres nazis, ce long métrage illustre la barbarie humaine et ses conséquences. On y suit un homme d’affaires, Oskar Schindler. Il arrive à Cracovie, en 1939. Après avoir rejoint le parti nazi pour des raisons politiques, il emploie des juifs dans son usine. Il ne restera pas indifférent au sort de ses ouvriers.
Comment le cinéaste conçoit ce drame historique, précisément ? L’image, noire et blanche, embrasse sobrement les yeux du spectateur. Quant aux personnages, ils gravitent brillamment autour de deux thèmes : la misère et le pouvoir. Et la musique s’adapte à la tristesse visuelle, sans jamais déranger.
Steven Spielberg partage donc une œuvre universelle et impressionnante, où un homme côtoie le Mal afin d’extraire des innocents de la mort. Quand le film se termine, une pensée ne cesse de résonner… sauver une vie équivaut à sauver le monde entier.

Une fois cette philosophie digérée, que reste-t-il ? Que faire, après ? Collectivement, quelle action mener ? La réponse se trouve dans les pages de Wilfried. Une chronique, signée Jeroen Olyslaegers, invite à la réflexion. Il ne faut pas se reposer sur les films, séries ou romans décrivant la Shoah. Il faut aussi commémorer correctement. Pourquoi ? Rien n’est acquis. L’écrivain belge le prouve en quelques phrases.

Commémorer signifie partir du principe que les mêmes atrocités peuvent se reproduire demain et que l’on ne doit surtout pas trop se faire confiance. […] Les bourreaux et les victimes étaient tous des être humains. Comme vous. Comme moi.

brunoaleas

Publié le 27 janvier 2026

TOP/FLOP ALBUMS 2025

Mon année 2025 a été rythmée par de nombreuses découvertes musicales. Les retours d’artistes qu’on n’avait plus entendus depuis un moment, comme Zara Larsson ou Lady Gaga, ont fait un bien fou et m’ont rappelé pourquoi j’aime autant la pop internationale.

De nouvelles sorties marquantes m’ont également séduite, avec des artistes comme Jade ou le groupe Lambrini Girls, qui ont su apporter fraîcheur et énergie à ma playlist. Cette année, je suis aussi tombée amoureuse de la pop française, féministe, grâce au dernier album de Solann, qui mêle textes engagés et mélodies accrocheuses. C’est clairement mon coup de cœur 2025.

Et côté flop… disons que certains albums très attendus n’ont pas réussi à me surprendre, mais ça fait partie du jeu ! En résumé, 2025 m’a offert une année musicale pleine de surprises et de redécouvertes, et j’ai hâte de voir ce que 2026 nous réserve. Mention honorable pour l’EP de Keo, Siren, en boucle dans ma playlist depuis sa découverte. –Erin Terlier

TOP 5

1|LUX Rosalía

2|That’s Showbiz Baby Jade

3|Who Let The Dogs Out – Lambrini Girls

4|Méga BBL – Théodora

5|Mayhem – Lady Gaga

FLOP 3

1|The Life Of A Showgirl Taylor Swift

2|I Quit Haim

3|Man’s Best Friend – Sabrina Carpenter

Chaque année, il est facile de tomber sur des groupes inventant ou réinventant des univers frais et accrocheurs. 2025 fut assez pauvre. Peu de dingueries musicales en vue.
Tame Impala délaisse le rock. Kevin Parker singe alors Michael Jackson et plagie Beck, dans le plus grand des calmes… Damso, lui, s’exprime via des discours dignes d’une branlette intellectuelle. Quant aux membres de The Mars Volta, leur créativité est morte et enterrée, depuis 2022.

Soufflons. Je ne suis pas pessimiste. D’un côté, je contemple des artistes faussement engagés : Coldplay, Jovanotti, Radiohead. De l’autre, j’admire de belles promesses : Kneecap, Fontaines D.C., Colt, Idles, Ben PLG, Roger Waters, Youssef Swatt’s, Médine, BadBadNotGood, Greg Puciato, Caparezza, Bigflo & Oli, Nicolas Michaux, King Krule, Pile.

Quel est donc le rapport entre la qualité d’un album et l’engagement politique de ses musiciens ? Artistes, soyez à la hauteur. J’en ai marre d’être pris pour un débile profond.

On voit la difficulté de Thom Yorke à admettre qu’un génocide est documenté et filmé en Palestine, pfff… Coldplay ne cite pas une fois des peuples opprimés. A la place, la bande joue les écolo-bobos du dimanche… Jovanotti est convaincu de ne rien dire d’intelligent, au sujet du massacre à Gaza… je m’arrache les cheveux.

Alors, non, POST HEAVEN, quatrième opus des Jadu Heart, n’est pas un tract communiste ! Il me fait simplement rêver. Alors, oui, parfois il suffit juste de rester cohérent avec sa ligne directrice. Camarade Justin, merci pour cette découverte ! –brunoaleas

TOP 5

1|POST HEAVEN Jadu Heart

2|Sunshine and Balance Beams Pile

3|The Spin – Messa

4|Saveur cœur abîmé – Colt

5|DUMB – Flume

FLOP 3

1|Lucro sucio; Los ojos del vacio – The Mars Volta

2|BĒYĀH Damso

3|Deadbeat – Tame Impala

Illustration ©Antoine Wathelet

Publié le 19 décembre 2025

LA DURE A CUIRE #143

La Dure à Cuire est un concept né en 2018. Commentons l’actualité rock de la plus douce, à la plus brutale. Puis, écoutons sa playlist !

Loons

Elio, Antoine et Axel enrichissent l’univers de Loons, en sortant un premier album ! Ballades, frappes au ventre, énergie à vendre et revendre, Life Is est un disque sonnant comme une fusion entre It It Anita et Birds in Row. Est-ce le fruit du hasard ? Nan. Amaury Sauvé bosse depuis quelques années avec ces groupes. Cette fois, ce producteur façonne Life Is, un nouveau bijou rock, pas loin du nu metal.

Pile

Pile compose le meilleur opus de l’année. Tant mieux. Pourquoi ? 2025 fut giga pauvre. Les albums mémorables ne sont pas nombreux.
Le chanteur Rick Maguire décrit, lors d’une interview avec Mowno, ses principales inspirations. La musique des Talk Talk ou des Drive Like Jehu, stimule sa réflexion, empêche les beaux moments de paraître banals et laisse émerger des tensions dissonantes et singulières.

The Garden

Depuis 2020, The Garden prend un virage crasseux… dans le bon sens du terme ! Un groupe doit se renouveler pour mieux renaitre.
Le duo ne cesse de surprendre. « Ugly » annonce du beau à venir !

Die Spitz

In a field, with a fistful of your flowers
Sky is clear, but I still hear the sound of rain
Talk is cheap, but I’ll keep spending all my money
Talk to me, I wanna hear about your day

brunoaleas

Publié le 15 décembre 2025