James Blake – The Colour In Anything

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MELANCOLIE ELECTRIQUE

Le son de James Blake m’évoque beaucoup de choses abstraites. En effet, il m’est arrivé de me représenter ce chanteur comme l’incarnation du personnage du  Voyageur contemplant une mer de nuages (1818), peint par Caspar David Friedrich, sortant du tableau pour nous chanter, immergé dans le brouillard, un air mélancolique sans jamais s’arrêter sur son chemin.

Ecouter son style, sa sonorité, est une délicieuse expérience que je conseille vivement.

Même si vous n’aimez pas cette musique, aventurez-vous dans ces sons doux et synthétiques. La magie de James Blake réside dans sa manière, qu’on le veuille ou non, d’instaurer toute une ambiance juste à la voix et au piano.

Ce que produit ce mécheux est quelque chose à vivre. Cette odyssée musicale me transporte vers des samples, beats, voix trop épatants et trop intéressants. Si vous êtes un amant fidèle de la musique et que vous aimez les expériences électros adoucissantes, ne passez pas à côté de James Blake.

Rien que cette introduction, ci-dessus, montre la joie qui va être mienne de critiquer le 3e album de ce jeune anglais.

S’il fallait retenir deux titres clés, j’opterai pour « Radio Silence » et « Timeless »

« Radio Silence » a des paroles qui renferment un chagrin où le chanteur n’arrive pas à croire que, du jour au lendemain, la personne qu’il aime puisse n’avoir plus aucun sentiment pour lui. C’est en chantant plusieurs fois « Just please, more time », en modifiant sa voix pour dire « I don’t know how do you feel » ou en disant que son cœur contient une radio silencieuse, que James Blakes nous embarque dans son incompréhension face à sa débâcle amoureuse.

Niveau son, vers la moitié, les cymbales se rajoutent à un beat qui se veut lent et à 1min35 débute l’envolée vers des couches électroniques qui font un va-et-vient, comme les répétitions lyriques.

« Timeless » est peut-être la chanson qui explique le mieux le titre de cette critique. Je me suis imaginé pleurer, rien qu’à l’écoute de la voix de James, mais mes larmes n’étaient pas ordinaires, elles étaient électriques. C’est ainsi que, coulant sur mon visage, mes pleurs m’électrifiaient à tel point, que je recevais des ondes de choc qui me donnaient envie de faire danser tout mon corps. Mais trêve de surréalisme, je caractérise cette chanson comme étant dansante car une voix suave, des samples, des basses et une alarme qui apparait vers le milieu, participent à l’être.

Il faut ajouter à cela que James Blake synthétise ce qui s’entend beaucoup de nos jours : une voix et un piano, c’est à dire un minimalisme qui sait charmer (comme celui d’Adele, qui fonctionne du tonnerre) ou une musique qui semble vide au niveau de l’instrumentation et qui évolue vers un crescendo de sons électroniques.

J’ai découvert la musique de cet artiste il y a quelques années, en écoutant « Retrogade ». Ce n’est que récemment qu’un de mes amis me donna goût au style de Blake avec la chanson « Everyday I Ran ». Je ne m’étais pas du tout approché de l’univers de James Blake, même après avoir aimé le son de « Retrogade », alors que maintenant, j’ai plongé dans sa discographie et appris que je pouvais aimer son style de musique.

Si j’insiste sur cette anecdote, c’est qu’il y a une raison : l’Art permet de découvrir de nouveaux horizons, de nouvelles perspectives et de nouvelles dimensions, mais c’est également découvrir de nouvelles choses sur soi.

DRAMA

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