Les albums décevants de 2017

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Queen of the Stone Age – Vilains

Qui aurait cru qu’un jour je me mette à écrire du mal d’un des meilleurs groupes de rock au monde? Il ne faut pas nier que les QOTSA comportent encore et toujours une formation dès plus dantesque, faisant de leurs concerts des performances très pointues, mémorables et respectables. Vilains, septième album de la bande du désert, ne m’a malheureusement pas séduit. Ce qui se sait, c’est que ce groupe avait la grande capacité de surprendre à chaque nouvel album. Une grande force que très peu de musiciens détiennent: celle de se réinventer.
On a bel et bien affaire à une soupe folle de guitares électriques, de synthés, de batterie et de basse pêchus comme je les aime. Mais l’ingrédient qui me manque énormément, c’est les côtés « bourrin » et « couillu » des morceaux de QOTSA.
Le mixage était aux commandes de Mark Ronson, un artiste qui fait littéralement partie du « circuit commercial » de l’industrie musicale, rendant l’opus très propre au niveau de ses sonorités. Même s’ils continuent d’être intouchables de par leur jeu et technique, ces musiciens ont perdu la force d’un album rock, qui, à l’instar de feu Kyuss, faisait suer chaque auditeur via de la distorsion, des riffs brutaux et des sons plus que pulsants.
Si au lieu d’un futur autre Mark Ronson, il y avait une collaboration entre QOTSA et l’ingénieur son hors norme, Steve Albini, l’alchimie des deux pourraient être extrêmement intéressante.
Vilains reste un album à écouter pour tout néophyte du groupe, une telle nouvelle découverte ne peut que satisfaire.
Le morceau que je retiendrai le plus est « Vilains of Circumstance » pour son atmosphère étrange, fait d’échos, de guitares et de percussions évoluant toujours au gré du morceau.

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Alt J – Relaxer

Dès que le single « 3WW » était sorti, mon impatience devant l’attente du troisième album d’Alt J devenait de plus en plus grande. Si l’on compare « 3WW » à « Hunger Of The Pine » ou encore à « Taro », il s’inscrit dans la lignée des chansons aux compositions très douces, faisant frisonner tout auditeur. D’ailleurs, l’esthétique de Relaxer, en référence à un monde cybernétique et aux codes binaires, fascinaient. Ajoutez à cela, la chanteuse de Wolf Alice à la voix de « 3WW » et la magie s’opère d’autant plus.
Il était agréable de retrouver ce groupe aux sonorités si reconnaissables, mais les 8 titres que composent cet opus ne sont pas à la hauteur de ce qu’ils ont pu nous offrir auparavant. Il faut déjà être un mélomane bien particulier pour accrocher à Alt J: des percussions foldingues, une voix à l’aune de celle d’un prépubère et le tout bercé parfois par des sons très minimalistes (guitare folk, piano).
Inutile d’écrire que des émotions se transmettent aisément via la musique de ces Anglais. Et pourtant, cette fois, Relaxer ne m’a pas transporté vers un Ailleurs, au contraire, il m’a ennuyé dans mon Réel. Les morceaux ne m’ont pas marqué, ils m’ont plutôt laissé dans une spirale infinie de sonorités à base de guitares folk et piano/synthé. J’avais l’impression d’écouter une couche sonore trop monotone, alors qu’Alt J a souvent su diversifier ses différents types de morceaux. Tout comme pour Vilains des QOTSA, ceux ne connaissant pas Alt J vont se contenter de ces 8 morceaux, mais je suis sûr que quelques fans ont eu un sacré rictus au retour de la bande britannique.

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Kasabian – For Crying Out Loud

Je n’ai jamais été vraiment « fan » de Kasabian. Certes j’ai adoré Velociraptor!, j’ai été fort surpris par 48:13, mais avec ce dernier opus, Kasabian perd tout intérêt.
For Crying Out Loud est ma plus grosse déception de l’année… Cet album me fait penser que Kasabian a atteint un niveau de ringardise incroyable, passant plus qu’inaperçu et faisant de cet opus une espèce d’œuvre d’un groupe lambda des années 80/90.
Il est vain que j’écrive encore et encore que quand un groupe/artiste ne sait plus mettre de nouvelles idées dans le domaine de la musique, il participe à son propre déclin. For Crying Out Loud se compose de chanson plus que basiques qui n’ont plus la part de risque que les deux précédents albums avaient: incrustation de sons électroniques très louches (« Switchblade Smiles », « eez-eh »), chansons intemporelles (« La Fee Verte ») ou aux refrains inoubliables (« Days Are Forgotten »).
Serait-ce le début de la fin pour Kasabian? Seul le temps pourra en décider.
Il n’est jamais trop tard pour (re)découvrir leur discographie.

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