La Blue Wave de Londres

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Tout comme le grunge qui s’est formé autour de Seattle, la Motown basée à Chicago ou encore un blues extrêmement prononcé à Memphis, un courant musical est fortement présent au Sud de Londres. J’ai baptisé ce style de Blue Wave (également le style que donne King Krule à sa musique). Peut-être que l’étiquette perdurera dans le temps).

« Blue » pour ce qui est de sa teinte mélancolique et léger, symbolique de nombreux morceaux des artistes qui en portent les couleurs. « Wave » pour l’effet de reverb, nous laissant toujours planer via des compositions jazzy, utilisées à foison dans leurs chansons.

Plusieurs points communs reviennent toujours à l’écoute de ces jeunes londoniens, dont notamment une guitare au son épuré, qui nous embarque dans une vague qui fait écho à l’infini.

Il est intéressant de noter à quel point le déterminisme a toute son importance pour expliquer ce nouveau phénomène anglais.

Notons que l’écrivain français, Emile Zola, avait déjà cerné l’importance de l’influence et l’impact qu’ont l’endroit où l’on vit sur notre essence. C’est en désignant sa propre littérature de « naturaliste », mouvement de la première moitié du vingtième siècle, que cet auteur a bâti de nombreuses thèses pertinentes.

Les naturalistes reprennent l’étude de la nature aux sources mêmes, remplacent l’homme métaphysique par l’homme physiologique, et ne le sépare plus du milieu qui le détermine.

Cet extrait de son œuvre Une campagne (1881) démontre à quel point nous sommes conditionnés par tout ce qui nous entoure. De fait, la panoplie d’artistes dont il est question ont respiré un air londonien qui les a inspiré à faire une musique unique, qui cependant, se trouve sous une même bannière. Il se peut qu’il y ait une part d’inconscient en ce qui concerne leur processus de création, néanmoins, ils partagent tous des caractéristiques très communes, preuve qu’ils baignent consciemment dans une zone spéciale, où la musique a ses codes.

Citons un autre déterministe qui rejoint en quelque sorte les pensées de Zola :

Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être ; c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience.

Tiré du philosophe et économiste Karl Marx, ces phrases affirment que l’endroit où l’on naît à une immense importance par rapport à notre avenir. Trêve de citations et d’analyse de cet évènement britannique ! Passons en revue les grands acteurs de cette Blue Wave.

King Krule

Il est littéralement le plus connu de tous. Hipster pour certains, génie pour d’autres, Archy Marshall se fraye un chemin atypique dans le monde de la musique.
Tous ses projets sont incroyables. Ils méritent tous une écoute pour avoir une vue d’ensemble sur l’univers riche et intense de ce poète.

Même si entre son premier et deuxième album se sont écoulés 4 ans, impatient, je savais que son nouvel opus allait être une réussite.
King Krule rafraîchit toujours son style musical via des morceaux aux accords jazz et bossa nova. Il n’est pas trop tard pour écouter 
The OOZ, son ultime pépite.

Cosmo Pyke

I’m trying to get famous, get my name everywhere, make sure everyone sees. It’s a lot like graffiti : you want to get as many tags as you can all around the city until you own the city.

Ces paroles livrées au Guardian sont celles d’un artiste qu’on ne cesse de comparer à King Krule sur la Youtubosphère. Certes, ils partagent quelques caractéristiques semblables : une voix nonchalante, une capacité folle à rapper, et un jeu vif et direct à la guitare. Néanmoins, ce ne sont en rien des clones parfaits. L’univers de Cosmo Pyke est beaucoup plus coloré au niveau des ses sons, clips et paroles. Il n’y a qu’à comparer le clip de « Great Dane », à l’esthétique propre, chamarrée, professionnelle et « Dumb Surfer » qui lui est flou, crade, un peu plus amateur, donnant un visuel proche de ceux perçus des vieux VHS.

En d’autres mots, nous ne lui ferons pas l’affront de le surnommer Prince Krule.

Alex Burey

Piano, violons, flûte, saxophone et guitares à la sonorité western, rien n’a plus de secret pour ce jeune compositeur ! Un seul mot pourrait synthétiser les sonorités qu’il nous concocte : délicatesse.

Nick Hakim

Take this joint. C’est tout ce qu’il y a à retenir lorsqu’on écoute Nick Hakim.

Jamie Isaac

Jamie Isaac a déjà collaboré sur l’album très avant-gardiste,
A New Place 2 Drown d’Archy Marshall. C’est le genre d’artistes qui ne se limite pas à une seule façon de faire de la musique. Petite pause sur un gars qui propose un son posé.

DRAMA

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