King’s Game

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Depuis le phénomène Battle Royale, le survival game est devenu un véritable genre indépendant avec ses propres codes et clichés dans le panorama de la culture japonaise. Le genre est extrêmement populaire et a engendré de nombreuses œuvres, parfois excellentes, mais souvent peu originales. King’s Game est un symptôme typique de cette  » tendance ».

Nous suivons les péripéties de Nobuaki Kanazawa, (nommé d’après le scénariste, bizarrement… Petite crise de narcissisme?) un jeune lycéen qui avec toute sa classe se retrouve dans une situation pour le moins effrayante. Ils reçoivent un beau jour un message anonyme d’un certain « Roi » annonçant le début d’un tout nouveau jeu: chaque jour, un gage est donné à des personnes désignées par le Roi et si celui-ci n’est pas réalisé, ils subiront une violente exécution. Les étudiants, d’abord très amusés par le jeu, se désenchantent tout de suite lorsque deux de leurs camarades meurent pendus après avoir refusé de participer. Une bataille pour la survie démarre alors entre les élèves qui feront tout pour ne pas être la prochaine victime du Roi.

Côté scénario, on a la manifestation la plus primitive du survival game. Le principe du jeu du Roi est très simple et fait avancer le récit à un rythme très soutenu. Contrairement à la plupart des survival game qui sont souvent basés sur l’adrénaline et l’instinct de survie, ce jeu repose plutôt sur le stress psychologique et les mind games. Les épreuves, appelées aussi « gages », que doivent passer les élèves sont d’un sadisme effréné comme on les aime. Quant aux dilemmes présentés, ils suffiront à apaiser l’appétit de tout fan de thriller. Cependant, on sera déçu du gros manque de personnalité des personnages et du fait que sur cette classe de 32 personnes, seules 5 ou 6 d’entre-elles ont plus de deux lignes de dialogues.

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Mais je vais tout de même vous expliquer la fraude liée avec le dessin. Voyez-vous, les dessinateurs ont fait en sorte d’appâter le lecteur, en mettant en vitrine des couvertures extrêmement bien dessinées, avec des gros plans de personnages très détaillés et avec des design imaginatifs. Puis, quand on ouvre le manga, on est très déçu de s’apercevoir que le dessin est en réalité très pauvre. Lorsqu’ils éprouvent des émotions intenses, les expressions des personnages semblent beaucoup trop exagérées ou figées en grimaces inhumaines. Il y a aussi un nombre honteux d’arrière-plans vides.

Si le genre du survival game était une sandwicherie, King’s Game serait un jambon-beurre. Simple, efficace mais manquant cruellement de goût et d’originalité. Heureusement, la plupart de ses défauts s’oublient car cette série a le mérité d’être très courte (seulement 5 tomes) et de se boucler d’une manière satisfaisante.

Même en sachant ce qui allais arriver, même en sachant que c’était mal… Je n’avais d’autres solutions… Que de devenir un démon. – Nobuaki Kanazawa

Pierre Reynders

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