L’économie, c’est super compliqué. Acheter un pain ou payer ses impôts, ça va encore. Mais dès qu’on parle de retour sur investissement, d’obligations ou de taux d’intérêts, on est déjà beaucoup à ne plus rien comprendre, ou à en avoir rien à fiche.
Or, l’économie a un rôle décisif dans notre quotidien. La façon dont les richesses et les ressources circulent influence notre confort de vie, notre position dans la société, et la date de notre mort.

Quand l’économie explose, pète un câble, entre dans une crise, beaucoup de gens en pâtissent. Sous le capitalisme, les riches sont généralement épargnés. Parfois, ces moments sont causés par ce qu’on appelle une « bulle ». En gros, les gens mettent beaucoup de sous dans des entreprises dans l’espoir d’en gagner davantage (c’est ce qu’on appelle un investissement), mais quand plein d’ultra-riches mettent des gros paquets de blé dans des entreprises qui n’ont aucun avenir, par engouement ou spéculation, c’est une bulle. Celle-ci peut exploser, et alors, pour je ne sais quelle raison, c’est les pauvres qui deviennent encore plus pauvres.
Certains gens très sérieux disent que l’IA générative est une bulle. Les entreprises qui la développent ne sont pas rentables, mais l’engouement technologique fait que plein de gens y placent de gargantuesques tas d’oseille. Un jour, ils vont tous se rendre compte en même temps qu’ils se sont fait.e.s baiser, et alors, c’est fini. Une situation similaire est arrivée en 2008. Tout le monde s’en souvient. Mais là, c’était encore plus compliqué, oulala que c’était compliqué…
Adam McCay est un réalisateur américain faisant à l’origine des comédies avec Will Ferrel (mais si, le grand mec bouclé qui a joué dans Elf). Entre 2015 et 2021, il réalise trois films aux tenants plus sérieux, et sur le thème de la politique : The Big Short, Vice et Don’t Look Up.
Le premier de cette triade, The Big Short, a un cast complètement fou. Steve Carell, Christian Bale, Ryan Gosling, Brad Pitt et Jeremy Strong sont une bande de traders complètement hors-sol, cherchant le bon coup de poker pour rapporter gros. En 2007, ils se rendent compte petit à petit que le marché de l’immobilier est au milieu d’une énorme bulle. Personne ne semble s’en rendre compte, même si certains essaient déjà de parier sur un effondrement pour faire du bénéfice.

Des gens achètent des maisons, et pour cela, iels contractent des prêts dans une banque. Celle-ci dispose donc de ce qu’on appelle une « obligation ». En gros, ça veut dire que quelqu’un lui doit de l’argent. Ces obligations sont mises par centaines dans des gros paquets, parfois, vendues. La personne qui achète un paquet est donc propriétaire de documents qui disent que plein de gens différents leur doivent de l’argent pour rembourser leur maison.
Le problème (si toute cette entreprise n’était déjà pas foireuse), c’est que ces paquets ont bien moins de valeur que ce que les traders pensent. On n’est vraiment pas certains que les types qui ont acheté des maisons vont pouvoir rembourser leur prêt. Ces paquets d’obligations incertaines sont pourtant vendues de plus en plus cher, jusqu’à ce que tout le monde se rende compte de l’arnaque, en même temps. Et là, c’est trop tard. Des millions de gens perdent leur emploi et leur maison, ne pouvant rembourser leur prêt.
Pas sûre que j’aie tout compris, et pas sûre d’avoir tout bien expliqué, mais c’était très instructif. Ce que j’en tire ? La crise de 2008 a traumatisé toute une génération. Elle a pour cause les choix désastreux d’une bande de capitalistes, mais surtout, pointons le système qui les a propulsés à leur position de pouvoir. La spéculation ne doit pas être la colonne vertébrale de notre système économique. L’économie doit avoir la qualité de vie des gens du commun comme priorité.
Comme dans Vice (la guerre en Irak) ou Don’t Look Up (un astéroïde fonçant sur la terre), McCay s’intéresse aux tragédies évitables, aux situations qui, prises avec plus de responsabilité, auraient évité beaucoup de souffrance chez des gens qui n’avaient rien demandé.
« Ce qui compte, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage ». Ce n’est que quand on a la face sur le pavé qu’on se rend vraiment compte qu’on a trébuché. Or, il faut apprendre à placer ses mains devant soi pour se protéger et surtout, à regarder la route quand on se déplace. Espérons que pour la potentielle bulle de l’IA, les gens soient plus malins. Mais sous le capitalisme, il y a toujours une crise prête à émerger.
Lou