Alchimie : science de la compréhension, déconstruction et reconstruction de la matière. Cependant, ce n’est pas un art tout-puissant. Il est impossible de créer quelque chose à partir de rien. Si l’on souhaite obtenir quelque chose, quelque chose de valeur égale doit être donné. C’est la loi de l’échange équivalent, la base de toute alchimie. Conformément à cette loi, il existe un tabou chez les alchimistes : la transmutation humaine est strictement interdite. Car qu’est-ce qui pourrait égaler la valeur d’une âme humaine ?
Citation tirée de FullMetal Alchemist
FullMetal Alchemist est un manga d’Hiromu Arakawa, publié entre 2001 et 2010. Il raconte l’histoire de deux frères alchimistes, Edward et Alphonse Elric. Ces derniers partent à la recherche de la pierre philosophale. Cet artefact légendaire pourrait rendre à Alphonse son corps et à Edward son bras et sa jambe, perdus lors d’une transmutation humaine interdite. Au fil de leur périple, ils découvriront un sombre complot qui remet en cause les fondements mêmes de leur nation.
L’œuvre a connu deux adaptation en anime : une en 2003 qui s’en détourne et une en 2009, surnommée Brotherhood qui suit fidèlement le manga.
Pour le contexte : FullMetal Alchemist est le tout premier manga vu de mes propres yeux. Enfin, pour être exact, c’est le premier qui n’était pas simplement un « dessin animé ».
Quand j’étais enfant et que passaient à la télé, plein de dessins animés, je ne faisais aucune différence entre Code Lyoko, Les Super Nanas et Dragon Ball. Tous étaient des dessins animés et rien d’autre. Mais un jour, en zappant, je suis tombé sur des séries animées sur MCM, une chaîne qui, d’habitude, était plutôt destinée aux grands. Et lorsqu’un dessin animé commence avec un générique en japonais, on comprend qu’on est en train de regarder quelque chose de différent. Quelque chose de plus mystique, de plus mature.

Et il faut bien avouer que j’étais bien trop jeune à l’époque ! FullMetal Alchemist (le premier du nom donc) est un anime plus inspiré qu’adapté de l’œuvre originale. Puis, c’est vraiment plus gore que le manga ! Mais les thèmes me dépassaient aussi : le génocide, la valeur de la vie humaine dans sa dignité, l’échange équivalent… je frémis encore, en repensant à certaines scènes de violences terribles : des sacrifices humains, chimères et corps qui se décomposent sous le coup de l’alchimie. Cela ne m’a pas empêché d’en être obsédé pendant des mois. Dans la cour de récréation, nous rejouions nos scènes préférées. Je remplissais mes journaux de classe de cercles de transmutation. Mon meilleur ami et moi, nous nous surnommions « Ed » et « Al », l’un l’autre. Nous étions plongés dans notre imagination. Nous avions l’impression que les personnages faisaient partie de notre quotidien, comme autant de camarades de jeu.
Cet amour ne m’a jamais quitté. J’ai pu revoir FullMetal Alchemist, récemment. Bien que j’aie lu la série, je n’avais jamais vu son adaptation fidèle : Brotherhood. J’ai retrouvé Amestris, comme on retrouve un vieux village d’enfance. Je suis retourné à Resembool, comme on revient visiter le village de ses grands-parents, après une vie d’absence.
FullMetal Alchemist est une œuvre à jamais intemporelle. Elle nous plonge dans un monde original dont on a envie de découvrir toutes les facettes étonnantes, et en même temps, elle nous semble familière. Cette familiarité, c’est l’humain.
Dans peu d’œuvres, on s’attache et aime autant les personnages aussi rapidement. Leurs motivations sont touchantes et leur empathie, leur sens des valeurs, nous poussent à les suivre, à les soutenir et à apprécier jusqu’à leurs erreurs.
FullMetal Alchemist est une masterclass, pensez juste à l’écriture des personnages. Le manga restera un culte immanquable, jusqu’à ce que la Terre entre en combustion.
Pierre Reynders