Anticipons les « Il y en a qui disent… ». Se réjouir, profiter des nouveaux albums ou des concerts de nos artistes préféré·e·s, avec tout ce qui se passe dans le monde, c’est fermer les yeux sur une réalité très négative ?
Si on ne doit se concentrer que sur ce qui se passe mal, comment sommes-nous censés tenir le coup ? Evidemment, il faut être à jour, manifester, faire du relais d’infos… mais il n’y aura plus personne pour le faire si on a aucune échappatoire. Et c’est le but de notre gouvernement aujourd’hui avec l’augmentation de la TVA, entre autres, dans le culturel, sur le sport, etc.
Personnellement, je ne saurais pas vivre sans concerts. Mais, entre le fait que les prix des billets sont de plus en plus chers et que le gouvernement belge n’en fait qu’à sa tête, il n’y aura bientôt que les riches qui pourront en profiter.

J’ai eu la chance d’aller voir Florence + The Machine, à l’AFAS Dome. Ce genre de concert me rappelle à quel point la musique doit rester accessible.
On connait déjà le talent de Florence grâce à « Dog Days Are Over », « Shake It Out », ou encore « Say My Name », cependant, c’est son dernier album Everybody Scream qui a vraiment donné vie à ce spectacle. Avec une scéno très « witchy » et un peu gothique, j’ai vu quelque chose de différent. Elle a transporté le public (majoritairement queer) dans son univers du début à la fin.

L’ouverture de concert avec les danseuses, appelées witchchoir, nous a tout de suite mis dans l’ambiance. Quant aux moments plus intimistes, où il n’y avait que Florence et son micro, ils ont permis une profondeur émotionnelle qu’on voit de plus en plus rarement chez les artistes.
Une autre artiste m’a étonnée. Paris Paloma était en première partie. Je la connaissais grâce à son titre très connu « Labour ». Elle était parfaitement en accord avec la direction artistique du groupe. Des textes féministes, engagés, ajoutés à ça, une énergie douce mais entrainante. Le public était conquis ! Elle a terminé son set avec « Labour » et c’est ce moment qui m’a le plus marqué. J’ai enlevé mes bouchons et j’ai juste eu une vague d’émotions, en entendant tout le public chanter le refrain de cette hymne féministe.
Et c’est ça aussi les concerts. Ça nous rappelle les raisons pour lesquelles on se bat contre le système actuel.
Erin Terlier – texte & photos