Clark suit une thérapie. Ce vendeur déprimé découvre un passage surnaturel, derrière un mur de son magasin. Il semble voyager vers un labyrinthe extra-dimensionnel. Le cauchemar démarre petit à petit.
Backrooms est réalisé par Kane Parsons. Le jeune homme débarque de YouTube. Ses images font rêver. Il appuie sur deux sensations : claustrophobie et incompréhension. C’est jouissif.
L’œuvre m’éjecte de ma zone de confort. D’ailleurs, cette année, je contemple aussi bien Backrooms au cinéma, comme Obsession chez ma sœur. D’habitude, je ne recherche pas les films d’horreur. Là, il faut être encore plus passionné afin de comprendre l’engouement autour de ces films. Quant à la réalisation de Parsons, elle provoque plusieurs questionnements, une fois son histoire terminée. Est-ce possible d’aider des personnes souffrant des douleurs que l’on ressent ? La curiosité est réellement un vilain défaut ? La solitude est si terrible à vivre ?

Bien sûr, je ne m’amuserai pas à répondre à chaque question. Une autre interrogation apparait encore plus pertinente ! Et si nous vivions déjà dans les backrooms ? Nous, impuissants, à l’image de Clark au début du récit. Puis, nous, dans le déni total, comme le protagoniste acceptant l’atrocité. Son labyrinthe ressemble vachement à notre société, où rien ne dure à cause de capitalistes sans foi, ni loi. De facto, en contemplant le long métrage, je me reconnecte à la triste réalité. Citons sa plus grande menace. Elle pèse sur nos têtes. Comment nier le réchauffement climatique ? Bref rappel de ses conséquences directes : la hausse de la température moyenne de la surface terrestre, la fonte généralisée des glaciers, l’élévation du niveau des mers, ainsi que l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, telles que les canicules, sécheresses et fortes précipitations…
Malgré ces peurs actuelles, gardons espoir. Andreas Malm est auteur de Comment saboter une pipeline. Quand je me promenais dans une librairie, je tombe sur une de ses phrases. Elle est sacrément lucide : « La violence comporte des périls, mais le statu quo nous condamne ». Le militant suédois lutte dans un monde en feu. Pourquoi ? Les médias traditionnels, les milliardaires ou la droite se foutent de la santé de citoyens ! L’écrivain lutte donc contre le changement climatique. Il ne se voile pas la face.
Nous dressons nos campements de solutions durables. Nous manifestons, nous bloquons, nous adressons des listes de revendications à des ministres, nous nous enchaînons aux grilles, nous nous collons au bitume, nous manifestons à nouveau le lendemain. Nous sommes toujours parfaitement, impeccablement pacifiques. Nous sommes plus nombreux, incomparablement plus nombreux. Il y a maintenant un ton de désespoir dans nos voix ; nous parlons d’extinction et d’avenir annulé. Et pourtant, les affaires continuent tout à fait comme avant – business as usual. À quel moment nous déciderons-nous à passer au stade supérieur ?
Revenons à Backrooms. Il s’agit d’une excellente expérience. A l’instar d’Andreas Malm, Kane Parsons ne se limite pas à effrayer… il pousse à conscientiser les problèmes pour survivre.
De notre côté, la bataille culturelle face à l’extrême droite est un devoir. Le climat ne sera jamais leur préoccupation. Les fachos préfèrent haïr leurs prochains. Il faut s’informer et se baser sur plusieurs sources d’infos pour argumenter sérieusement, se confronter au réel, exprimer sa colère et réfléchir au sabotage pour secouer les nantis.
brunoaleas