Quelle chance d’avoir découvert Dragon Ball, durant mon enfance. J’allumais la TV dans la cuisine ou j’empruntais des mangas dans la bibliothèque pour suivre une seule voie : connaitre le destin de San Goku. Ce jeune garçon vit seul dans les montagnes. Il rencontrera Bulma, sa future camarade de route. Personnage à la force hors norme, ce protagoniste est porté par la volonté de se dépasser.
Dès le début, Akira Toriyama dessine de vraies menaces. Démoniaques. Extra-terrestres. Humaines. Un régal pour les yeux. Sans oublier, le charisme des créatures. Leur personnalité est plutôt simple à analyser. Sur YouTube, Le Chef Otaku définit assez bien la motivation d’antagonistes mémorables comme Cell et Freezer. Ils prennent plaisir à dominer.
Revenons à Goku. Une fois adulte, ce combattant relève de nouveaux défis. L’auteur prend une direction artistique assez folle. Il définit et certifie les origines de son personnage principal. Il ouvre son univers à l’espace. Puis, il dévoile plusieurs ennemis impossible à arrêter. De fait, ces nouveaux adversaires sont assoiffés de pouvoir. D’ailleurs, ils ne craignent pas rivaliser contre Gohan, Vegeta et Goku.

Les enfants de ma génération furent alors captivés par l’ensemble d’antagonistes. Pourquoi en parler encore aujourd’hui ? Lire le manga dessiné par Toriyama est formateur. Dès le plus jeune age, me voici confronté à des images terrifiantes : Freezer prêt à génocider des peuples pour assouvir sa domination, Cell absorbant autrui afin d’atteindre la forme parfaite ou Majin Buu, aussi chaotique que menaçant. Inconsciemment, je dompte la peur de voir disparaitre mes persos préférés.
Soyons plus scientifiques. Michaël Stora, psychologe et psychanaliste, écrit dans un numéro spécial du 1. Il explique la raison derrière laquelle Dragon Ball formait les jeunes esprits.
La peur chez l’enfant est constitutive. En thérapie, un enfant qui n’a peur de rien est inquiétant. […] La violence des contes a donc une fonction essentielle dans ses effets de symbolisation qui vont permettre, par identification, d’en être le héros et d’éprouver les émotions et sentiments qui vont le constituer. Amour, traîtrise, jalousie, envie, détresse et peur, entre autres, nous font vivre des émotions souvent refoulées. Et c’est tout aussi vrai des contes de fée que de Dragon Ball.
Dompter sa peur peut devenir une expérience collective. Fondons un club lecture surnommé Kamehameha !
brunoaleas – Bannière ©Akira Toriyama