Les plus faibles d’esprit sont attirés par les narcissiques. Sinon, comment expliquer la présence de sociopathes au gouvernement ? Plongés dans une faiblesse sans nom, nous sommes donc plus manipulables. Voici l’argument du vidéaste Mario Sturniolo. Je suis d’accord.
Heureusement, il existe des groupes comme Gorillaz. La bande fédère divers publics, en prônant les cultures et passions… à la différence de nos politiciens ! Gorillaz est incomparable. Il s’agit de dessins animés, symbole d’un univers assumé. Le projet de Damon Albarn et Jamie Hewlett ressemble bien plus à une famille sympatoche qu’à une crèche hystérique. Ces artistes mêlent les genres musicaux, dans des collectifs rarement atteints par d’autres groupes.
Mon expérience en quelques mots ? J’ai grandi avec 2-D, Noodle, Murdoc et Russel. J’aimerais d’ailleurs rendre hommage à Damon et Jamie, tant mon imagination fut stimulée grâce à leurs clips.
Encore aujourd’hui, j’accorde beaucoup d’importance à cet exercice. Le clip est souvent le prolongement artistique d’une musique. La vidéo sert souvent d’attraction enrichissante. C’est pourquoi, je nie les clips dévoilant des musiciens jouer en playback. Je recherche bien plus de créativité.
Ces dernières années n’étaient pas folles, en termes de propositions musicales. Il en va de même pour Gorillaz. Je déteste HumanZ, opus froid et cacophonique. The Now Now ne révolutionne pas grand-chose. Par contre, Meanwhile est une réussite. Puis, j’adore l’aventure nommée The Song Machine, un instant purement ludique, où les styles musicaux s’entre-choquent. Quant à Craker Island, j’évite son écoute… trop d’attentes, pas mal de déceptions – le feat avec Kevin Parker est si lassant –.
The Moutain apparait au bon moment ! Les conflits dans le monde démontrent le mépris de l’Occident envers l’Orient. TikTok façonne trop les formats et durées des zics, définissant le culte de l’attention. Les rockeurs et rappeurs tombent souvent comme des mouches car accusés d’agressions sexuelles… bref, The Mountain est un bol d’air frais. Comme si son écoute encourageait à aller de l’avant. Comment ? Pourquoi ?
Damon et Jamie partent en Inde. Là-bas, la mort n’est pas une catastrophe, mais une étape avant la réincarnation. Le concept de l’opus repose alors sur des chansons incluant les amis défunts : Tony Allen, Mark E. Smith, etc.
L’idée procure du réconfort à Jamie : « On n’avait jamais pensé à utiliser les voix de nos collaborateurs disparus jusque-là, mais on a senti que c’était une bonne chose que la famille Gorillaz reste rassemblée. Ils sont toujours là pour nous ». Puis, il détaille sa philosophie.
Nous avons travaillé avec des artistes qui viennent des quatre coins de la planète. L’album montre à quel point c’est merveilleux de réunir les gens et d’arrêter de vouloir constamment diviser tout le monde.
Mettons fin aux divisions. Acceptons la mort. Laissons de côté notre ego, afin de ne plus être absorbé par nos désirs, nos peurs et l’illusion de notre propre importance. En suivant, ou testant, ces croyances, les paroles de Damon deviendront plus limpides : « You will never recognise me again ».
brunoaleas
Photo ©Gorillaz & Reuben Bastienne-Lewis