Albumism_MacDeMarco_HereComesTheCowboy_MainImage

Mac DeMarco – Here Comes the Cowboy

Vous pensiez vous endormir pour This Old Dog (2017), alors autant vous promettre le coma artificiel avec Here Comes The Cowboy ! Trève de plaisanterie. Il est évident que si l’on se moque de la douceur liée aux morceaux de Mac DeMarco, c’est pour pointer du doigt une précision. Au lieu d’évoluer vers une rage musicale, il semblerait que le Canadien s’adoucit d’année en année. Un zen mélancolique remplace l’aspect plus loufoque de sa musique.

Pour ce cinquième album, il y a de quoi savourer une espèce de piano bar, des guitares sèches et une voix posée.
Here Comes The Cowboy
s’écoute comme un album des Beatles visant à l’accalmie. D’ailleurs, lorsqu’on demande au compositeur quel morceau il aurait voulu écrire, il répond « A Day in a Life ». Les mélodies de « K » et « Hey Cowgirl » rappellent d’ailleurs d’anciens morceaux de Paul McCartney/John Lennon.

En dépit de morceaux qui décrédibilisent le ton de l’album (« Here Comes The Cowboy » et « Choo Choo »), les paroles témoignent d’un ton un tantinet plus sérieux. « Nobody » en est bel et bien la preuve (même si son clip cultive l’auto-dérision).

I’m a preacher. A done decision. Another creature. Who’s lost its vision.

Let it go. Reel it in. For the creature. On television.

There’s no turning back. To nobody. There’s no second chance. No third degree.

De cet album découle également un minimalisme jouissif. « Nobody » et « K » symbolisent ce trait particulier. Alors que le premier laisse tomber la reverb si attaché à Mac, le second ne contient que sa voix et son jeu à la gratte. Certains ingénieurs du son, tel que Rick Rubin (Eminem, Beastie Boys, Run DMC, Jovanotti), optent toujours pour l’enregistrement de sons très épurés procurant moult émotions. Cet aspect sonore colle parfaitement à une chanson comme « K », où l’auditeur ne se lasse jamais de cette ballade intimiste.

N’oublions pas les nombreux chœurs, assez inédits et agréables à quelques morceaux, amènent rondeurs et chaleurs aux notes chantées. Quant à la fin de l’opus, la superbe fin de « Bye Bye Bye » la clôture de façon ultra funky ! Faisant de ce morceau et de « Choo Choo » les deux titres les plus farfelus.

Du côté du visuel, il semblerait que l’artiste veuille provoquer. Au ton surnaturel et dérangeant, « On The Square » préoccupe de par ses séquences lynchéennes. « Nobody » nous offre un croco-mutant qui n’a rien de rassurant. Ces clips rompent avec la tendresse sonore de Mac… Rendant son univers encore plus fascinant et accrocheur.

Même s’il mérite plusieurs écoutes, ce dernier projet n’est pas le meilleur de sa carrière. On le retiendra comme l’histoire d’un cowboy bourré et perdu en plein désert. Le sourire aux lèvres et le colt muni de fleurs à la place des balles.

DRAMA

Spread the love

Laisser un commentaire