Mangas

topmangas 22

TOP MANGAS 2022

Il est bon d’être fan de manga. Cette année nous régale vraiment. One Piece a fait revivre le feu sacré des fans en se lançant dans sa dernière saga avec un panache inégalé. Les animes de cette saison d’automne sont en train de redéfinir les standards de qualité de l’industrie. La surreprésentation de la fantasy est enfin en train de ralentir un peu pour laisser place à un peu plus de variété. Et cerise sur le gâteau, Hunter X Hunter fera son retour triomphal.

Les nouvelles sorties de cette année ne reflètent pourtant pas cet état d’esprit positif. J’ai eu l’impression que beaucoup de nouvelles œuvres abordaient des sujets sombres comme la mélancolie, le deuil et la perte de repère. Il semblerait que la société que le covid laisse derrière nous porte en elle un vent de désespoir qu’il est important d’aborder.
C’est donc sans surprise que les trois meilleures nouvelles sorties en librairie de l’année sont des œuvres adultes sombres réussissant à cristalliser ce besoin d’expression.

En première position, nous retrouvons la nouvelle œuvre de Sui Ishida (Tokyo Ghoul) que j’attendais avec impatience. Même si le récit prend un peu de temps avant de démarrer, l’auteur a clairement profité de sa pause pour raffiner encore ses dessins. D’ailleurs, les cases débordent de style et de personnalité. J’ai particulièrement hâte de voir la suite.

Ensuite, le nouvel opus de l’auteure du cultissime Dorohedoro. On a clairement affaire ici à un ovni. A contempler : des dessins très détaillés avec un style brut et crasseux. Un univers foisonnant, déjanté et mystérieux. Un récit où tenter de comprendre ce qu’il se passe ne sert pas à grand-chose, mais où on se laisse entrainer volontiers.

Enfin, présentons une surprise inattendue nommée Boy’s Abyss. Ce drame psychologique est une belle réussite. Pour un thème assez peu représenté (découvrez pas vous-mêmes), le dessin est très beau, bien qu’il manque un peu de personnalité. La poésie intrinsèque, la complexité de chacun des personnages, et surtout le rythme du récit exécuté parfaitement, réussissent à envouter le lecteur. –Pierre Reynders

TOP 3

  1. Choujin X – Sui Ishida

  2. Dai Dark – Q Hayashida

  3. Boy’s Abyss – Ryou Minenami

Cette année fut si particulière. Je ne me suis jamais autant intéressé aux bandes dessinées. Découvrant de fond en comble l’univers d’Urasawa, m’émerveillant encore devant les récits de CLAMP ou adorant l’inventivité subversive de Fujimoto, je suis optimiste quant aux futurs travaux des mangakas.

Actuellement, un et un seul défaut se note parmi leurs propositions artistiques. Un maudit thème revient sans cesse, jusqu’à lasser les plus passionnés de lecture… la chasse aux démons. O combien de mangas abusent de ce fil narratif ! On n’en peut plus ! Heureusement, quelques exceptions font encore rêver. Pensons à Chainsaw Man.
Mon classement s’éloigne donc de la thématique maintes fois répétées. Laissons savourer le goût du vomi aux fanatiques.

Le recueil de nouvelles de Tatsuki Fujimoto. La série riche en émotions de Kôhei Horikoshi. La dernière dinguerie de Q Hayashida. Mes coups de cœur de l’An ont de la gueule ! Ces lectures provoquent diverses sensations. Peur. Admiration. Soif de curiosité. Je ne demande qu’à découvrir les nouvelles planches de ces auteurs. Leurs aventures me font toujours rêver, qu’elles soient sordides ou émouvantes. –DRAMA

TOP 3

  1. 17-21 – Tatsuki Fujimoto

  2. My Hero Academia – Kôhei Horikoshi

  3. Dai Dark – Q Hayashida

Illustration ©Antoine Wathelet

k1

Kobato, œuvre insignifiante de CLAMP ? Part 1

Vous avez peut-être déjà lu ou entendu parler des mangas Card captor Sakura, Tsubasa Reservoir Chronicle, XXXholic ou de X. Leur point commun ? Outre d’avoir été écrits par les mêmes auteures, les personnages, tout en ayant leur histoire propre, évoluent dans un multivers magique et intriguant où leur destin est lié. La plus grande force de ces autrices est d’arriver à susciter en nous une ferveur pour la vie de leur héros, un enthousiasme vis-à-vis pour leur parcours et un émerveillement pour les mondes qu’elles nous offrent à voir à chaque série qu’elles publient. L’une n’est pas le réchauffer de l’autre. Leurs mangas ensemble sont un peu comme une fratrie liée par la famille, où chacun diffère par sa personnalité.

kkk2

Kobato, écrit et dessiné par CLAMP en 2005, s’inscrit dans cette lignée. Il narre l’histoire de Kobato, jeune fille maladroite et attachante qui va devoir, pour pouvoir réaliser son vœux, remplir une bouteille de Sentiments Blessés. Tout cela accompagnée de son ami peluche Ioryogi qui lui crache des boules de feu quand elle casse quelque chose ou dit un truc de travers. Sa quête et son sens ne sont pas encore totalement développés pendant ce tome, je m’y pencherai lors de la seconde critique. Nous retrouvons très vite des similitudes avec les histoires de ses prédécesseurs, ce qui ne fait qu’accentuer cet aspect de connexion entre les mangas. Comment sont les traits de caractère des personnages principaux, l’ambiance ou l’humour ? Alors, d’où Kobato est-il différent ? Où se joue sa propre destiné dans ce multivers ?

N’étant qu’au tome 1, je ne vais pas pouvoir répondre à ces questions tout de suite. Désolé de vous décevoir. MAIS. Il y a une petite chose qui a attiré mon attention et qui est propre à cette œuvre (en tout cas, parmi celle que j’ai pu lire). Très vite dans les précédentes histoires, les personnages principaux sont entourés d’autres humains au courant de leur pouvoir, leur mission, et qui vont les accompagner dans leur destinée. Ici, nous sentons Kobato et Ioryogi très seules. Ce qui nous donne envie de les soutenir, de leur dire que tout se passera bien. A lecture du manga, nous avons une place un peu plus particulière. Comme si cette fois, c’était nous les acolytes des héros. Faire partie intégrante du l’histoire, avoir une place d’actrice dans l’intrigue, me pousse à continuer le manga. Non pas pour savoir si notre protagoniste va réussir à accomplir son rêve, mais parce que je veux l’y aider. Cependant, cela est-il suffisant pour faire la différence ?
Suite dans la prochaine critique !

Mouche

fuji

L’écriture de Fujimoto

Il faut donc la catastrophe pour que les choses rentrent dans l’ordre.

Chloé Thomas, spécialiste de littérature américaine, l’écrit dans la préface de Comment raconter une histoire. Ce recueil regroupe de courts récits de Mark Twain (1835-1910), notamment connu pour Les Aventures de Tom Sawyer. L’humour de Mark Twain concorde avec celui d’un jeune mangaka japonais : Tatsuki Fujimoto. Continuer la lecture

dororo3

Dororo

Dororo est un manga du légendaire Osamu Tezuka. Nous avons droit à une réédition sortie le 3 février 2021 chez l’éditeur Delcourt/Tonkam. Originellement parue dans les années 60, cette œuvre n’est pourtant pas la plus connue de celui qui est considéré comme ‘le dieu du manga’. Un anime du nom de Dororo to Hyakkimaru est diffusé en 1969. Mais l’initiative la plus connue de cette œuvre reste la réadaptation en anime de 2018. Produite par Mappa, celle-ci nous livre une animation plus moderne. Le manga original est le sujet principal de cette critique. Continuer la lecture

solo11

Solo Leveling : l’arrivée triomphante du webtoon en librairie !

Ça y est, ils sont là !

Si vous ne connaissez rien du concept webtoon, il est temps de vous mettre au jus !

Les webtoons sont des bandes dessinées coréennes destinées à la consommation sur internet. Présentés dans un format propice à la lecture sur téléphone ou tablette, ils contiennent souvent des histoires longues assez codées. Ces nouveaux produits culturels asiatiques se font une place de plus en plus dominante dans le marché de la bande dessinée.

C’est pourquoi, je ne suis qu’à moitié surpris de voir Solo Leveling, l’un des porte-étendards de ce nouveau mouvement, dans la vitrine de ma librairie locale. Alors, qu’est-ce que ça vaut ? Continuer la lecture

demonslayeur2

Demon Slayer et son succès monstrueux

Demon Slayer (titre original : Kimetsu no Yaiba) explose littéralement les ventes de mangas ! Il en va de même pour l’industrie de la japanimation avec son dernier film en date. Au Japon, le récit se termine pourtant en 23 volumes l’année dernière. L’aventure s’achève mais une question demeure : pourquoi, mais surtout comment réussit-elle à vaincre One Piece en 2020, en étant première du classement des ventes japonaises de mangas ?

Continuer la lecture

trigun3

La bonté de Trigun

Aimer la vie est facile quand vous êtes à l’étranger.
Là où personne ne vous connaît, vous tenez votre vie entre vos mains, vous êtes maître de vous-mêmes plus qu’à n’importe quel moment
. -Hannah Arendt

Cette citation pourrait s’apparenter au personnage de Vash lorsqu’on prend connaissance de ses origines. Ce n’est point le cas. Notre protagoniste traîne sur une planète désertique, où brûle deux Soleils, où prévaut souvent la loi du plus fort. Il évolue dans un univers assez dur, mêlant les codes de la science-fiction et du western.
Sa prime à 60 milliards de double dollars tombe lorsqu’il détruit la ville de July. Sauf que Vash n’a rien d’un monstre. Il subit une cruauté environnante qui ne cesse de l’entraîner vers de nombreuses catastrophes. Dès lors, les peuples lui collent l’étiquette de l’Ennemi Numéro 1. Heureusement, ses capacités à se défendre sont hors normes. Suffisent-elles à réduire le nombre de victimes sur son passage ? Pas vraiment.
Continuer la lecture

punpunpun6

Bonne Nuit Punpun

Captivant pour son caractère, son originalité et ses propres dénonciations, Oyasumi Punpun, en français littéralement Bonne Nuit Punpun, est un manga classé comme seinen et pour public averti. L’histoire est écrite et dessinée par Inio Asano (La Fille de la plageDead Dead Demon’s DeDeDeDe Destruction). Au total, treize tomes sont édités chez Kana, collection Big Kana, sous-branche destinée aux plus grands formats.

Ne vous attendez pas à une pointe d’optimisme dans ce récit. On y aborde des sujets sérieux et difficiles. Nous suivons l’aventure par le biais de Punpun, un petit oiseau à l’apparence random (toute la famille est comme ça). Le but du character design de ce personnage est de pouvoir directement s’identifier à lui. Ainsi, on le suit de l’enfance à la vingtaine. À noter que les personnages secondaires ne nous voient pas comme un oiseau mais bien comme un humain normalement constitué. Continuer la lecture

bluelock

Blue Lock

L’équipe nationale de football du Japon fait des résultats très décevants (un peu comme dans la réalité). Les sponsors et les fans se lassent ; plus personne n’attend rien des équipes japonaises C’est alors qu’apparait un homme aussi fou que brillant. Un analyste de génie qui promet dans un sursaut d’orgueil de créer lui-même le meilleur buteur que l’histoire n’ait jamais connue ! Continuer la lecture